01. Peux-tu présenter à nos lecteurs PORN ? Vous parlez de Murder Rock, qu’entendez-vous par là ?

Un peu comme les Murder ballads dont les thèmes sont le meurtre, ou encore les chansons folklorique mexicaine qui narre des histoires de meurtres, de braquages… L’essentiel de cette trilogie musicale débuté avec The Ogre inside et dont le second volet sort en ce moment « The darkest of human desires – Act II », est basée sur la thématique de la pulsion homicide. Par ailleurs, le titre de ce second volet y fait directement référence. Car il me semble que la pulsion, le désir homicide soit le plus sombre des désirs.

 

02. Quel a été ton parcours musical avant le groupe ? En tant que musiciens, qui sont tes références/modèles ?

Avant PORN, j’étais vierge de toute réelle expérience musicale. PORN est mon premier véritable groupe. Je n’y pense pas souvent, mais en réalité c’est de plus en plus rare… J’ai tout appris ans PORN. En réalité je ne savais même pas jouer d’un instrument le jour ou PORN est né. Au tout départ, à la genèse, il y avait un proto-groupe qui s’appelait Transmission ( en hommage à JOY DIVISION, c’est le nom d’un de leur morceau) et puis en quelques semaines le projet c’est muté en PORN. Le nom devenait un hommage à THE CURE et leur album Pornography. PORN se transformait en groupe rock-indus et quelques mois âpres sortait la première démo du groupe, et nous voilà plusieurs années après…ici !

 

03. Quelle était la démarche originelle ? Aviez-vous les mêmes influences ?

L’idée était de créer une musique qui soit tout à la fois sombre et sensuelle, sauvage et sexy. J’aimais beaucoup toute cette scène communément appelé rock-indus du début des années 90. Je voulais créer une musique qui soit comme un joli fruit avec un rasoir à l’intérieur. Un cadeau empoisonné et libérateur, une porte ouverte vers la démence et la réalité.
Au tout départ du groupe nous avions je pense des influences assez similaires. Mais en réalité je composais pratiquement l’ensemble des titres… Sur le premier album j avais composé 80 % des chansons… Sur le deuxième album, j’ai travaillé essentiellement seul. Ensuite pour le démarrage de la trilogie actuel, Erwan est entré petit a petit dans le processus de composition, rajoutant des synthé, des guitares par ci par là… J’étais vraiment satisfait de notre duo de travail avec An Erotic end of Times (notre projet parallèle à tout deux) , du coup il contribué a The Ogre Inside et nous avons continué sur The Darkest of Human Desires. Et nous comptons continuer notre association de malfaiteurs pour la suite…

 

04. Comment synthétiser la période The Ogre Inside – Act I de fin 2017 ?

Je dirais que c’est le début d’une nouvelle ère tout d’abord. Une nouvelle ère musicale et artistique. J’ai voulu travaillé et conceptualiser cette trilogie qui naissait avec The Ogre inside comme une œuvre complète, un héritage, pour que si jamais tout devait se finir avec l’Act – III, il n’y ait pas de sentiment d’inachevé. Bien évidement cela n’est pas l’œuvre de toute une vie, mais c’est une œuvre dans un carcan prédéfinie. Dans un cadre et une thématique donnée. Après cet Act III, je passerai à autre chose. Et je me dirais que ceci est achevé.

 

05. Une sortie tous les 2 ans, est-ce votre rythme créatif naturel ?
Ça l’est depuis peu. Mais j’ai été très occupé par ailleurs… En 2011, on sortait le deuxième album. Durant le processus d’écriture de cet album m’est venu le concept du roman Contoyen (dans lequel l’ogre intérieur fait son apparition), je me suis attelé a son écriture, puis en 2015 on sortait Deconstruct (des remixes et reprises ) en 2017 l’album de An Erotic end of Times , en 2017 également The Ogre inside, et en 2019 The darkest of human desires. On ne s’est pas roulé les pouces … ! Je pense que c’est un bon rythme en réalité car cela permet de rester concentré, de garder un fil conducteur, une énergie, une sensibilité…

 

 

06. Quel est le processus typique de création d’un titre ?
Il n’y en a pas vraiment, cela varie… Il a le concept, l’ambiance générale qui importe. Il faut que le morceau corresponde à l’atmosphère de l’album. I y a un concept, une histoire, des personnages et un personnage central : Mr Strangler. Mr Strangler est un tueur. On peut considérer que le premier volet, The Ogre inside, traître de son enfance et adolescence. C’est une période trouble durant laquelle la personnalité de chacun se forme. Et parfois cette personnalité peut être en conflit, en collision avec ce que le monde attend de vous. Le futur Mr Strangler sent qu’ il est un tueur. Il est donc tiraillé par ce qu’il ressent, ce qu il est et ce que la société attend de lui. J’ai matérialisé cet état conflictuel par L’ogre intérieur. Cette colère, cette frustration, cette douleur qui vous ronge de l’intérieur. L’Ogre est la personnification du mal être. De ce biais qui existe entre ce que l on est et ce que la société nous impose d’être. J’ai voulu l’album sombre, limite claustrophobique par moment pour illustrer l’état de cet adolescent qui est en train de devenir Mr Strangler.

Dans The Darkest of Human desires, Mr Strangler n’est plus en lutte, il n’y a plus de conflit intérieur. Il a accepté sa nature de tueur. On peut dire qu il est en « roue libre ». Avec son équipe il s’adonne à son passe-temps favori : tuer. En quelque sorte l’Ogre a disparu. On peut se dire qu il l a vaincu ou qu il est devenu l’Ogre. L’album est donc plus énergique, moins lugubre peut être, il y a plus d’entrain. Tout en restant tout de même très sombre. Chaque morceau doit trouver ça place dans l’histoire de Mr Strangler …

 

07. Que peux-tu nous dire des sessions d’enregistrement de ce  » The darkest of human desires – Act II  » ? Comment comprendre le titre ?

L’enregistrement c’est effectué directement derrière celui de The Ogre inside. Il n’y a quasi pas eut d’arrêt. On s’est seulement accordé une petite pause avec l’enregistrement de la reprise d’AEROSMITH « Dream On », que l’on a fait masterisé par Chris Harms de LORD OF THE LOST. D’ailleurs tout de suite après le mastering de ce second opus, nous avons enchaîné sur la composition de l’Act III !
Pour le mastering de The Darkest of human desires – Act II, nous avons travaillé avec Tom Baker, qui a masterisé les plus grands albums du style comme ceux de, NINE INCH NAILS , MINISTRY MARILYN MANSON, ROC ZOMBIE… Et avec lesquels il bosse toujours d’ailleurs, pour la plupart. Et c’est une super fierté d’avoir bossé avec Tom Baker.

 

08. Comment avez-vous bossé la pochette ? (David SC ?)
On travaille avec David depuis The Ogre inside. Il fait un travail remarquable. Aussi bien pour les albums que pour les singles. Je voulais créer une homogénéité visuelle pour cette trilogie. Il était donc important d’avoir la même personne avec nous sur les visuels, comme un membre à part entière du groupe. Je lui explique le concept de l’album, du single et il me fait des propositions. Puis on peaufine cela ensemble.

 

09. Vous avez fait un clip pour « Here for love ». Comment cela s’est-il passé ? Qu’avez-vous dans les tuyaux ?
Nous avons tourné avec Mattéo de VD Pictures, qui est aussi le frontman du groupe Hell Boulevard. Nous avons travaillé avec lui sur plusieurs clips de The Ogre inside – Act I : Close the window, She holds my will, You will be the death of me….

C’est un réalisateur du « milieu », je veux dire par là qu il est de la scène rock metal . C’est à lui que l’on doit les derniers clips de POWERWOLF, les clips de LORD OF THE LOST et nombre d’autres groupes allemands… Il comprend notre univers, donc tout est plus facile… Nous avons tourné un nouveau clip à Los Angeles en janvier, il devrait sortir courant mars. Nous avons bossé avec Industrialism films, je suis impatient de dévoiler ce nouveau clip !

 

10. Quels sont tes espoirs et tes attentes pour PORN ? Qu’espérer pour 2019 ? Quel est l’avancement de la 3ème partie ?

On espère finir l’Act III et surtout être satisfait du résultat ! On prépare aussi un petit EP de reprises qui devrait sortir avant l’été. D’autres clips sont en postproduction… Nous aimerions tourner également. Des dates devraient voir le jour en Allemagne et en France.

 

11. Que peux-tu nous dire de la scène métal française vue de Lyon ?

Pour être honnête, même si je suis basé à Lyon, je passe beaucoup de temps à l’étranger et la plupart de mes contacts, partenaires … sont en Allemagne ou aux USA… Je dirais que la scène française est peut-être trop focalisée sur l’aspect « festif » ou « comique » à mon goût. Mais elle à l’air de très bien se porter. Il en faut pour tous les goûts.

 

 

Et enfin « Le Quizz De Metal Chroniques Quizz » pour terminer cette interview:

1. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques,…) ?

Dur , dur… je dirais FIELDS OF THE NEPHILIM “Wail of Sumer & And There Will Your Heart Be Also”

2. Premier album acheté ?

Ça doit être Mystic Places of Dawn de SEPTIC FLESH ou De mysteriis dom sathanas de MAYEHM en 94 …

3. Dernier album acheté ?

Symbol of life de PARADISE LOST. J’achète bcp de cds, plusieurs par mois. Beaucoup de vieux albums…

4. Quel son ou bruit aimez-vous ?

J’aime le son en général.

5. Quel son ou bruit détestez-vous ?

Le polystyrène. Ça me donne des envies de meurtre.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

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