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Savoir se faire désirer, c'est savoir se faire attendre dit-on… Initialement prévu pour octobre 2003, repoussé à la fin février 2004 pour des problèmes d'artwork, voici que débarque enfin le nouvel opus de My Dying Bride.
 
Affichant d'emblée la couleur avec un titre d'album (" Songs of Darkness, Words of Light") aussi alléchant que fidèle à sa direction musicale d'origine, ce dont – seul des "Peaceville three" (MDB, Anathema, Paradise Lost) – MDB peut encore s'enorgueillir de nos jours, on s'attend légitimement à découvrir un nouvel opus sombre à souhait…
 
…Et ce n'est certe pas les premières notes de l'album qui décevront nos espoirs ! "Espoir", mot d'ailleurs totalement inapproprié pour décrire la musique de My Dying Bride, assommant dès les premières notes l'auditeur sous un flot continu de guitares plombées, que martèle inlassablement la batterie de Shaun Steels… Et quand bien même l'on croit pouvoir respirer quelques instants, qu'une nappe d'orgue vous prend immédiatement à la gorge, vous hérisse le poil, vous met les larmes aux yeux.
 
Ainsi s'enchaînent, avec leur lenteur infernale, les trois premiers titres de l'album – implacables – avant de voir poindre enfin (?) une petite lueur d'espoir dans ce monde de ténèbres… Répit de très courte durée, le groupe revenant bientôt dans les lourds sillons tracés dès les premières notes de l'album, et n'en dérivera que rarement – lors de quelques passages plus éthérés – que pour mieux encore y replonger l'auditeur.
 
Sur le plan strictement sonore, le groupe s'inscrit en parfaite continuité avec "The Dreadful Hours". Pas vraiment d'innovations de ce coté donc, si ce n'est une plus grande variété dans l'utilisation de la voix d'Aaron, et une nette progression dans la "lourdeur" du clavier. On note aussi la discrète, parcimonieuse, mais très efficace utilisation d'effets sonores.
 
Sur le plan musical, on note par contre une évolution qui, si elle s'inscrit plutôt logiquement dans la lignée des deux albums précédents ("The Light At The End Of The World" & "The Dreadful Hours"), risque – par l'utilisation de signatures rythmiques plus complexes et par des progressions d'accords moins évidentes qu'à l'accoutumée – de dérouter certains, et en tous cas rend le dernier-né de My Dying Bride plus difficile d'accès que ces prédécesseurs.
 
Remarquez à ce propos que le Doom-Metal n'a jamais été un style "easy listening", mais les efforts de l'auditeur en sont plus que largement récompensés, car cet album est du coup franchement passionnant.
 
Au final, on sort de l'écoute de "Songs of Darkness, Words of Light" convaincu que My Dying Bride réalise ici un coup de maître, démontrant à tous qu'il est bien encore – et on l'espère pour longtemps – l'un des tout meilleurs groupes de doom-metal du monde, tout simplement !
 
Doom Fredo (09/10)
 
 
Music For Nations – Wagram / 2004
 
Track listing (59:14)
1. The Wreckage Of My Flesh 2. The Scarlet Garden 3. Catherine Blake 4. My Wine In Silence 5. The Prize Of Beauty 6. The Blue Lotus 7. And My Fury Stands Ready 8. A Doomed Lover
 

Anata – Under A Stone With No Inscription

anata_underastoneAnata n'est pas japonais, mais nous vient de Suède et pour les quelques amateurs de Death metal qui avaient déjà savouré les exploits discographiques de ce groupe (qui affiche tout de même 8 ans d'existence au compteur), les avis sont à peu près les mêmes : une divine surprise, un groupe qui mèle virtuosité technique (très haut niveau) et furie basique et tout ce qu'il y a de plus brutale. Hurlements gutturaux d'outre tombe,, un batteur tentaculaire, et des guitares qui alignent tour à tour des mélodies harmonies et rythmiques implacables.
Le groupe s'ingénie à alterner passages techniques alambiqués, et moments de folie qui blastent tout se qui se trouve à leur portée de tir. Le tout porté par une production imposante, Anata vient de lacher l'album (le troisème) qu'il fallait pour sortir de l'ombre. Quelque part entre Cannibal Corpse et Morbid Angel, Anata se paie le luxe de se hisser au meilleur niveau de ses illustres prédécesseurs, tout en proposant des compos qui sortent des sentiers battus, en somme il renouvelle (un peu) le genre avec brio et mérite absolument qu'on y prète attention.

Hamster (08/10)

www.anata.se 

myspace.com/anata

Wicked World –  Earache – M10 / 2003

Track listing (44:59)
01. Shackled to guilt 02. A problem yet to be solved 03. Entropy within 04. Dance to the song of apathy 05. Sewerages of the mind 06. Built on sand 07. Under the debris 08. The drowning 09. Leaving the spirit behind 10. Any kind of magic or miracle

 

Last Tribe – The Uncrowned

Et de trois ! Encore une merveille mélodique lachée par le groupe suédois Last Tribe. Alors attachez vos ceintures et préparez vous à une cavalcade épique, mélodique et progressive exécutée avec soin. Magnus Karlsson donne d'entrée de jeu le ton à la guitare, avec des rythmiques accrocheuses et puissantes, ponctuées de solis à tomber. Une fois encore, il s'est attelé avec brio à la production – énorme – , donnant un sentiment de fluidité à l'écoute de l'album. Last Tribe survole avec classe les styles néo classiques, heavy, progressif, sans jamais sombrer dans le ridicule (ce qui n'est le cas de nombre de confrères germaniques en particulier, qui semble t-il sont tout à fait conscients que le ridicule ne tue pas justement…).

Tout au plus (l'effet de surprise n'est plus là), pourrait-on tiquer sur les nombreux plans de guitare rythmique, les passages aux claviers qui ne sont pas sans rappeler Dream Theater, à ceci près que le groupe conserve en permanence une dynamique accrocheuse et des influences heavy (lesdites rythmiques – ne sont pas non plus sans évoquer Rage au sommet de sa forme), sans tomber dans le piège de la démonstration (@ Baptiste, si si, l'onanisme du manche de guitare…). Côté chant Rickard Bengtsson, oscille entre le hard rock et le heavy (sans frayer avec les excès de la plupart des vocalistes qui s'acharnent à tenter de péter les carreaux du voisinage avec leur organe). Last Tribe possède une telle assurance qu'il ferait presque oublier l'absence d'originalité dont souffrent certains passages. Avec The Uncrowned, il est vraiment temps que Last Tribe reçoive la consécration qu'il mérite.

Hamster Forever (08/10)

 

Frontiers records – M10 / 2003

Track listing (51:29) : 1. Healer 2. The Chosen One 3. Sacrifice 4. The Uncrowned 5. Otherworld 6. April Sky 7. Sound Of Rain 8. Only the Innocent 9. Full Moon 10. Call of The Tribe