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Indicative

oshy_06082013_IndicativAvant d’entamer cette chronique, à la lecture de la biographie du groupe, je m’inquiète. D’abord il s’agit d’un projet instrumental et le groupe annonce évoluer dans un registre Post Math Rock. Sans faire les rabats joie, pour moi cette expression est souvent synonyme de projet arty, sans queue ni tête, super technique et stérile. N’est pas LIQUID TENSION EXPERIMENT qui veut, et encore j’avais tendance à saturer malgré la maestria des américains. Et puis le Rubik's Cube, même vert, m'a toujours bien gonflé (oui je suis un mauvais joueur). Pour revenir à nos moutons, INDICATIVE est un groupe italien né en mars 2007 à Palerme, en Sicile. Pour paraphraser, la bio du groupe, « INDICATIVE propose un son et une sensation qui frappe l’intérieur, sans frontière de style ou de genre, libre d’être mené par l’intuition vers différentes solutions ». Bref, mes inquiétudes se confirment. Cet album éponyme est le premier des italiens et il sort chez Qanat Records (non moi plus je ne connais pas).

Je presse le bouton play de ma platine avec un tube de Lexomil bien en évidence sur mon bureau. En neuf composition et plus de 71 minutes, les transalpins tentent d’impressionner. Ils proposent un métal teinté de progressif ici et là avec de nombreux changements mélodiques et rythmiques, les thèmes s’enchainent et les breaks se multiplient. Contrairement à d’autres disques instrumentaux (les guitares héros par exemple), un instrument ne prend pas l’ascendant sur les autres et le tout gagne en cohérence. L’ajout du chant serait aisément possible. Parfois plus rock que métal INDICATIVE tisse progressivement sa toile. Le résultat n’est pas franchement désagréable, certains bons passages peuvent procurer du plaisir. On signalera en particulier « Why ? Because… » et « Sospeso ». Le son de batterie sonne un peu cheap à mes oreilles mais ce n’est pas rédhibitoire. Par contre, malgré les bons moments, Dieu que c’est long. Difficile de rester concentrer sur la totalité des 70 minutes de musique proposée.

La biographie précise que la musique d’INDICATIVE est destinée aux fans de DON CABALLERO, BLACK FLAG et HÜSKER DÜ. Ne connaissant pas ses groupes, je ne me permettrais pas de confirmer ou d’infirmer les plus pointus d’entre vous s’y retrouveront. On est loin de la catastrophe annoncée et INDICATIVE se laisse écouter en fond sonore. Quelques compositions mériteraient même de connaître une deuxième vie avec du chant cette fois-ci. L’exercice de l’album instrumental est quand même très particulier et me laisse franchement dubitatif.

Oshyrya (6,5/10)

 

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Qanat Records / 2013

Tracklist (71:56 mn) 01. Watt69 02. Elastic 03. Why? Because… 04. Sospeso 05. An Indicative Experience 06. Tuning 07. Wolfsong 08. Tutto 09. St. Anthony’s Fire

Max Pie – Eight Pieces One World

TITRE.EPSLe roi Philippe peut être fier de ses sujets, quand ils ne perdent pas leur temps dans des débats linguistique stériles, les belges jouent une belle carte sur la scène métal européenne. En plus de posséder de belles salles, la Belgique est forte de très nombreux groupes talentueux qui parcourent sans cesse Flandres et Wallonie. Et pas que dans l’extrême contrairement aux clichés. Aux côtés des ABORTED, ADAMO et ENTHRONED, un petit nouveau, MAX PIE, tente de se frayer une place dans la veine power mélodique/époque. On leur souhaite bien du courage tant ce style est exigeant. Fondé en 2005, ils jouent d’abord un hard rock classique proche d’un DEEP PURPLE, WHITESNAKE. Mais petit à petit, aidé en cela par différents changements de line-up, les belges durcissent le ton, hausse le jeu au niveau de la technique et évolue vers un son plus puissant et épique. En 2012, ils franchissent le Rubicon et sortent un premier album Initial Process avec en invité Emmanuelle Casali (DGM, ASTRA) aux claviers. Un an plus tard, les voici de retour avec Eight Pieces One World. Comme la filière italienne leur a porté chance, ils invitent cette fois-ci Simone Mularoni (DGM, EMPYRIOS) à leur côté. Ce dernier assure d’ailleurs également le mixage et le mastering dans ses Domination Studios de San Marin.

MAX PIE ne cache pas ses influences et on sent bien qu’ils ont beaucoup écouté Michael Romeo et consorts ses dernières années. On retrouve cette même virtuosité technique à la guitare, ces rythmiques assassines et ce temps sombre. Damien à la guitare assure avec classe et enchaine les morceaux de bravoure malgré les difficultés. En plus de SYMPHONY X, je crois déceler ici et là une pointe de NEVERMORE par exemple dans un « Vendetta » très efficace, à la fois plein de hargne et diablement mélodique. Les belges n’ont pas choisi le plus facile en proposant un album très dense et ramassé en huit chansons entre six et huit minutes. Ils prennent leur temps pour poser leurs atmosphères et développer leur univers. Et franchement il faudrait être difficile pour ne pas prendre son pied ici, MAX PIE a donné le meilleur et Eight Pieces One World s’avère être assez convaincant. Mention spéciale aussi au chanteur Tony qui assure avec les honneurs et Dieu sait que ce n’est pas facile vu que la barre a été placée très haute.

Sans faire beaucoup de bruit, MAX PIE vient du mettre un coup dans la fourmilière du métal prog et s’installe d’emblée comme un groupe à surveiller de près. Il ne manque pas grand-chose pour tutoyer les meilleurs, un caractère plus affirmé et un peu de distance par rapport aux influences. Le groupe reste jeune et l’expérience accumulée dans les festivals va bientôt payer. Prometteur…

Oshyrya (7,5/10)

 

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Mausoleum Records – Rock n’Growl / 2013

Tracklist (54:42 mn) 01. Cage Of Sins 0 2. I’m Sealed 03. Earth’s Rules 04. I’m In Love 05. Vendetta 06. The Side Of A Dime 07. Addictions 08. Don’t Tell Me Lies

George Bellas - Astral ProjectionLe stakhanoviste de la six cordes américains George Bellas refait parler de lui en proposant un nouvel album toujours chez Lion Music. Enfin stakhanoviste, disons qu’il s’est calmé depuis quelques années puisque 3 ans séparent Astral Projection de son prédécesseur The Dawn of Time. Habitué à sortir quasiment un nouvel opus par an, Bellas a pris son temps pour celui-là, travaillant sur d’autres projets et donnant des leçons aux wanabees guitaristes du monde entier (cf son site pour des détails). Rappelons que Bellas est un musicien de session expérimenté, il apparait sur d'innombrables albums depuis le milieu des années 90 avec Moog/Way, John West (ex-ROYAL HUNT) ou encore Vitalij Kuprij… A l'époque, il était sous l'aile protectrice de Mike Varney de label Shrapnel Records. Sa carrière solo a véritablement commencé en 1997 avec Turn Of The Millennium et se poursuit depuis à un beau rythme

L’américain semble beaucoup aimé la science-fiction et l’espace en général. Les sphères célestes s’avèrent être son terrain de jeu depuis de nombreuses années maintenant, cela l’inspire. Il suffit de lire les titres des compositions de ce nouvel album ou des précédents pour s’en persuader. Et effectivement en plus de la guitare qu’il maitrise à merveille, Bellas s’occupe aussi de la basse et surtout des claviers. Et il n’est pas avare avec ces derniers, notre ami virtuose aime jouer avec les orchestrations, les cœurs et les nappes de claviers pour illustrer son propos et accompagner la guitare. La six cordes est même parfois à l’arrière-plan, c’est assez étonnant.

Avec tous ces éléments, on peut ici véritablement parler de rock progressif épique et atmosphérique. La guitare n’écrase pas tout, elle mène les débats mais ne constitue pas le seul acteur de cette aventure. L’écoute d’Astral Projection me rappelait parfois les longues plages instrumentale et progressives d’un Lucassen (AYREON). Encore une fois, Bellas a choisi Marco Minnemann à la batterie pour l’épauler. Ce n’est pas une mince affaire tant le guitariste américain aime varié les thèmes et les rythmes. Les compositions sont dans l’ensemble courtes, dans les trois-quatre minutes à l’exception notable d’un « Interdimensional Travel » de plus de onze minutes. Plus ambitieux, laissant plus nettement la place aux orchestrations, ce titre est solide et sonne presque comme un BO de film. Le résultat donne un petit côté épique pas désagréable. Ces titres courts et cette pièce de résistance, malgré leurs qualités n’empêche pas la lassitude de s’installer et le dernier tiers de l’album est plus laborieux à écouter.

Finalement très classique dans sa démarche, Bellas continue son petit bonhomme de chemin et apporte une pierre de plus à son édifice. Son talent et sa maîtrise technique ne font pas de toute et Astral Projection n’apportera pas de démenti sur ce point-là. Ensuite l’exercice de l’album instrumental me parait toujours un peu vain et ce disque ne révolutionnera pas le genre. Un bon album mais qui n’est réservé qu’à petite frange du public rock/métal.

Oshyrya (6,5/10)

 

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Lion Music / 2013

Tracklist (71:23 mn) 01. Into The Unknown 02. Dimensional Portal 03. Out of Body 04. Fabric of Space and Time 05. Hyperspace 06. Rip In The Continuum 07. Curiosity 08. Apparition 09. Magnetic Anomaly 10. Tipler's Cylinder 11. Visiting An Alien World 12. Interdimensional Travel 13. Heightened Awareness 14. On The Other Side 15. Transcendental