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oshy_07072013_Stol_MemorSTOLEN MEMORIES a été formé en 2007 suite aux démos de son guitariste. Le groupe sort en 2010 The Strange Order un premier album qui prouve déjà la passion de ses auteurs pour le métal progressif. Et c’est un pari courageux de se lancer dans le grand bain et dans un registre aussi difficile et exigeant techniquement. Les lyonnais ne sont pas épargnés par les changements de line-up mais continuent coute que coute à peaufiner leur style. Ces efforts se voient récompenser par la parution chez Brennus Music d’un second opus, Blind Consequence.

Dès les premières secondes, la guitare virevolte, bien secondée par les claviers et une solide section basse-batterie. L’influence d’un SYMPHONY X est d’emblée évidente à travers la complexité des riffs et le côté brut et tranchant des rythmiques. L’ombre d’un DREAM THEATER apparait aussi ici et là au niveau des breaks et des changements de rythme. Il s’agit là de belles références et STOLEN MEMORIES peut se les approprier sans avoir à rougir. Techniquement les musiciens sont au point et assurent chacun leurs parties avec talent et professionnalisme. Le chanteur n’est pas en reste derrière le micro et offre une solide prestation. Son chant manque de puissance et de caractère face aux ténors du genre mais il ne démérite pas.

La technique ne fait pas tout et STOLEN MEMORIES pêche un peu par manque d’efficacité. A quelques exceptions près (« Tormented ») les compositions ne sont pas assez catchy et peinent souvent à attraper l’oreille de l’auditeur. Et puis les influences sont très présentes et un peu trop évidentes. Il faut saluer la belle maitrise technique mais cela ne compense pas le manque flagrant d’originalité. Malgré l’introduction ici et là de touches plus expérimentales, tantôt prog, tantôt thrash, la lassitude s’installe et le dernier tiers de Blind Consequence s’avère plus poussif.

Nos compatriotes de STOLEN MEMORIES n’ont pas choisi la facilité et peinent à complétement convaincre. Le potentiel technique est là pour faire de belles choses. Ne vous privez pas de jeter une oreille sur cet album sympathique.

Oshyrya (06/10)

 

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Brennus Music / 2013

Tracklist (44:44 mn) 01. Tormented 02. Fake Romance 03. Scattered Man 04. Ironic Distress 05. Now and Beyond 06. Greed 07. Bird of Doom 08. Cross The Line

An Ocean of Void

oshy_07072013_A_Ocea_o_VoiIl est dimanche matin, le soleil brille, les températures sont déjà chaudes et je tiens dans les mains la première démo des Bordelais d’An Ocean of Void et je m’inquiète un peu. Alors que mon moral est au beau fixe, je regarde cette sombre pochette, inquiétante, et je m’interroge quant à l’opportunité de chroniquer cette démo dans contexte estival. Je prends mon courage à deux mains et j’enfonce la touche play sur mon lecteur Cd.

Le groupe existe depuis 2010 et précise évoluer dans des sphères musicales proche du Post-Rock, métal atmosphérique et rock progressif. Et à l’écoute de ces trois titres, on ne peut pas leur donner tort. Le disque s’ouvre par une intro très douce, quelques nappes de claviers et une guitare tissent une tapisserie musicale subtile et soignée. L’ombre d’un PINK FLOYD plâne sur ce titre finement ciselé. Les choses sérieuses commencent avec « Behind Red Clouds », un beau pavé de plus de sept minutes. L’ambiance reste assez sombre, mélancolique et pousse au recueillement. Entre douceur et violence la guitare mène les débats efficacement soutenue par une belle section rythmique et quelques claviers. L’auditer se laisse facilement happer et transporter par ces mélodies et ces changements de rythmes. Nous pouvons également gouter et apprécier à la performance de Floran Guillou derrière le micro. Dans un registre majoritairement extrême il fait des merveilles. En chant clair c’est aussi pas mal même si l’accent ressort un peu franchement. A mi-chemin entre PORCUPINE TREE et OPETH, « Behind Red Clouds » s’avère être très convaincant à l’exception de quelques longueur.

Deuxième morceau de bravoure de dette démo, « A Faded Light » et ses huit minutes au compteur. Autant précédemment la montée en intensité était progressive autant ici la plongée est immédiate via un riff lourd, puissant et un chant bien hargneux. AN OCEAN OF VOID continue de brouiller les cartes avec une section centrale plus rock, quasi-jazzy avec une basse omniprésente et un guitare tout en feeling. Cela ne dure pas et les hostilités reprennent très rapidement pour le plus grand plaisir de l’auditeur. Le chanteur s’égosille joyeusement aidée en cela de quelques touches de claviers.

Plus j’écoute AN OCEAN OF VOID plus je trouve que la démarche des Bordelais se rapproche d’un OPETH. Le groupe présente comme les suédois deux visages bien distincts, sombre dans tous les cas mais parfois dur, agressif et parfois doux, tout en retenue. Ces deux dimensions sont habilement mêlées au sein de chaque composition mais on préféreraient parfois que nos compatriotes choisissent entre l’un et l’autre. Ils pourraient ainsi faire la preuve éclatante de tout leur potentiel.

Mais ne boudons pas notre plaisir, cette démo est très réussie, avec un son limpide, et laisse entrevoir de riches lendemains pour AN OCEAN OF VOID. Amis bordelais, ne ratez pas l’opportunité de les applaudir près de chez vous. Il va falloir maintenant se jeter à l’eau et proposer un album !

Oshyrya (08/10)

 

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Autoproduction / 2012

Tracklist (18:08 mn) 01. Intro 02. Behind Red Clouds 03. A Faded Light

Edenbridge – The Bonding

oshy_07072013_EdenbridQuoique fassent ou proposent les autrichiens d’EDENBRIDGE, leurs détracteurs ne manqueront pas de les clouer au pilori. Et pourtant, malgré cette étiquette tenace de seconds couteaux et ils poursuivent une belle carrière et proposent chez SPV un huitième album intitulé The Bonding. Pas mal après 15 ans de carrière… Il faut quand même bien avouer que ces critiques sont parfois justifiées tant les albums du groupe sont inégaux. Les chansons vont du meilleur au très moyen selon les cuvées. Au moins un single fait mouche à chaque fois (« Higher » pour le précédent) mais cela ne suffit pas à faire un bon disque.

Cette fois-ci, EDENBRIDGE a mis les petits plats dans les grands avec neuf titres représentant presque une heure de musique. Ils ont fait appel à un orchestre pour les épauler et donner encore plus d’emphase à leur métal symphonique. Cela renforce d’autant les ressemblances avec un NIGHTWISH par exemple mais bon, pourquoi pas. La recette n’a toujours pas changé d’un iota, Lanvall et Sabine Edelsbacher continuant à tenir fermement la barre. Sa voix continuera d’en hérisser un certain nombre, moi elle ne me dérange pas. Seul changement de personnel par rapport à Solitaire (2010), un nouveau bassiste, Wolfgang Rothbauer (DISBELIEF, GODHATECODE…).

Musicalement, la fusion entre le métal symphonique et l’orchestre est assez étrange car les instruments classiques ou les chœurs ne sont pas présents en permanence et n’interviennent que dans certains passages. L’effet patchwork est maximum, on croirait avoir découpé et remonté ensemble une BO symphonique et la musique des autrichiens. Cela sonne beaucoup moins naturel et entremêlé que pour les finlandais cités ci-dessus. Bizarre, bizarre. Sinon dans l’ensemble les chansons se tiennent et on sent qu’EDENBRIDGE a fait preuve d’une grand ambition pour cet album. « Mystic River » ou le single « Alight A New Tomorrow » sonnent bien à défaut d’être hyper efficaces et catchy. Attention quand même aux refrains et aux lignes mélodiques qui commencent à sentir le réchauffer et à se ressembler. Le morceau du roi se trouve en fin d’album avec la chanson éponyme de plus de quinze minutes. Assez complexe et très orchestrée, cette chanson étonne un peu pour EDENBRIDGE. Edelsbacher partage, un peu, le micro (Erik Mårtensson de WET et ECLIPSE) et les passages acoustiques/classiques s’avèrent convaincants.

EDENBRIDGE a su être ambitieux et relever son niveau de jeu. La musique proposée est plus complexe et aboutie que sur ses derniers opus. Pas sûr que cela suffira à atteindre les sommets mais mes autrichiens peuvent être fiers du travail accompli.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Steamhammer – SPV / 2013

Tracklist (58:51 mn) 01. Mystic River 02. Alight A New Tomorrow 03. Star-Crossed Dreamer 04. The Invisible Force 05. Into A Sea Of Souls 06. Far Out Of Reach 07. Shadows Of My Memory 08. Death Is Not The End 09. The Bonding