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J’attaque la rédaction de ces quelques lignes avec une énorme pression sur les épaules. Reprendre ainsi le flambeau de notre Patate adorée est une sacrée gageur. Vais-je moi aussi réussir, à me mettre 50% de la scène métal française à dos ? On pense bien à toi Kartoffel (oui c’était son petit nom dans la rédac), alors que nous te savons en train d’écumer tous les bars du plat pays avec ton tribute-band/crossover LOUDNIC (en hommage à LOUDBLAST et MNEMIC) pour rembourser les frais d’avocats engendrés par ton verbe assassin. Vous allez dire que j’ai bien commencé puisque suite à ma chronique du THERION (ici), les fans vengeurs de Sylvie Vartan à la sauce métal opéra m’en veulent à mort. Bref revenons à nos moutons et à ce septième album de nos compatriotes de MASS HYSTERIA.

On ne va pas se raconter d’histoire, je ne vais donc pas essayer de vous faire gober que je suis archi fan du groupe depuis l’origine. Notre nouvel ami Guillaume Bideau va encore hurler car selon lui si tu n’es pas fan tu n’es pas objectif. Je dois quand même avouer avoir été souvent intrigué par le groupe, sa longévité sur la scène française et la grande énergie que MASS HYSTERIA déploie sans cesse sur scène. Le live récent publié (Mass Hysteria:Live en 2011) est la preuve éclatante des qualités de nos compatriotes en condition live.

L’habit ne fait pas le moine mais saluons d’entrée le superbe travail graphique effectué sur L’armée des ombres. Je trouve la photo ornant la pochette de l’album absolument superbe, si sombre tout en restant à la fois mystérieuse, ouverte à l’interprétation, et tellement séduisante. J’adore ! Musicalement, MASS HYSTERIA ne fait pas de quartier dès les premières notes de « Positif à Bloc ». Si vous êtes équipé d’un bon système audiophile, les murs de la maison vont trembler sous les coups de boutoir des franciliens. Les riffs sont brutaux et tranchants, la section rythmique s’en donne à cœur joie aidée en cela de nappes de claviers hypnotisantes. Mouss Kelai n’est pas en reste et chante avec rage et conviction. Cette première chanson est trop courte, un condensé de pure énergie balancée sans sommation sur l’auditeur imprudent. La deuxième offensive ne tarde pas via un « L'homme s'entête » du même tonneau. L’introduction de nombreuses éléments électro est une vraie réussite et enrichit considérablement la musique de MASS HYSTERIA. Le ton de L’armée des ombres est très sombre et cette noirceur, froide et implacable, est renforcée par les éléments indus intégrés ici et là. Coup de chapeau donc à Olivier Coursier pour ses interventions. Le coup de génie des français est d’avoir su rester très mélodiques, presque catchy surtout au niveau des refrains, tout en conservant puissance et agressivité. Bizarrement le chant en français rebute un peu un début de l’écoute, il faut dire que cela devient de plus en plus rare. Après quelques minutes tout rentre dans l’ordre et les chansons s'enchainent naturellement.

Il serait idiot de ne pas constater que L’Armée des ombres est un album solide et franchement réussi. MASS HYSTERIA propose de très bonnes compositions bourrées d’énergie. Pour faire le difficile, on regrettera que Mouss Kelai reste toujours un peu dans le même registre au niveau de son chant et n’expérimente pas un peu plus. Autre petit défaut, l’album souffre d’un coup de mou au milieu avec des titres plus basiques et moins enthousiasmants (« Sérum barbare », « Raison close », « Pulsion » et « Vertige des mondes »). Tout en restant efficace, le groupe tombe parfois dans le bourrin un peu bête.

Donc pour résumer, bonne musique, super production, magnifique artwork, la messe est dite pour ce septième album d’un MASS HYSTERIA en pleine forme. Nous ne saurions trop vous recommander de jeter une oreille sur ce disque. Objectivité mon c… cher Guillaume, quand les groupes français offrent un travail de cette qualité, nous sommes les premiers à le reconnaitre et à les féliciter !

Oshyrya (08/10)

 

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Verycords / 2012

Tracklist (44:42 mn) 01. Positif à bloc 02. L'homme s'entête 03. Commedia Dell' Inferno 04.Même si j'explose 05. L'esprit du temps 06. Tout doit disparaître 07. Sérum barbare 08. Raison close 09. Pulsion 10. Vertige des mondes 11.La valse des pantins (Bonus) 12. Soyez vous-même (Bonus)

Paragon – Force of Destruction

Je vois arriver ce nouvel album des allemands de PARAGON sans grand enthousiasme. Depuis vingt ans, le groupe représente le speed/power métal de son pays de façon presque clichée. Plus classique et traditionnel, tu meurs ! Ce n’est pas un défaut en soit mais on sait qu’il n’y aura aucune surprise à l’écoute d’un nouveau disque et que PARAGON finira par lasser. La pochette semble elle aussi être toujours la même. Law of the Blade, Forgotten Prophecies et Force of Destruction, même combat.

Voici donc le dixième album poétiquement nommé Force of Destruction. Après un hiatus de 5 ans, un groupe en partie renouvelé remet le couvert et reprend l’histoire exactement où il l’avait laissé en 2009 avec Screenslaves (chronique ici) : gros riffs, rythmiques typées rouleau-compresseur, thématiques guerrières et refrains virils. On pense bien sûr à ACCEPT et à GRAVE DIGGER à cause du timbre de voix de Andreas Babuschkin mélange entre de Chris Boltendahl et Udo Dirkschneider. Les musiciens sont loin d’être des manchots et donc connaissent par cœur toutes les ficelles pour écrire des compositions solides à même de plaire aux fans. Mais il faut quand même faire beaucoup d’effort pour trouve son compte en 2012. Dans le genre, un HAMMERFALL, même pas très fringuant comme maintenant, parvient à créer plus d’émotions que les allemands de PARAGON.

Quelques titres parviennent à émerger de l’ensemble comme « Gods of Thunder » dont le refrain s’incruste dans la tête très facilement ou encore « Secrecy » mais c’est à peu près tout. Mais cette impression de déjà entendu reste très vivace et gâche un peu le plaisir. La production signée Piet Sielck (IRON SAVIOR) est excellente, puissante et limpide à souhait. Dommage que les chansons ne suivent pas.

Sans vouloir être méchant avec PARAGON, je n’attendais pas grand-chose de Force of Destruction et je suis servi. Si vous appréciez le groupe depuis ses débuts, vous en aurez pour votre argent. Sinon, passez votre chemin. A déguster uniquement en festival, si possible en Allemagne, complétement bourré.

Oshyrya (5,5/10)

 

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Napalm Records / 2012

Tracklist (53:21 mn) : 01. The Last Day On Earth 02. Iron Will 03. Tornado 04. Gods Of Thunder 05. Bulletstorm 06. Blood & Iron 07. Blades Of Hell 08. Dynasty 09. Rising From The Black 10. Demon´s Lair 11. Secrecy

Therion – Les Fleurs du Mal

Mesdames et Messieurs, nous sommes réunis ce matin dans le chagrin et la tristesse pour commémorer une bien triste nouvelle. Le suicide, j’ose employer le mot, de notre ami THERION reste une douleur encore vive dans nos cœurs. Comment imaginez une telle tragédie ? Comment pensez qu’une personne comme Christofer Johnsson, apparemment sain d’esprit, puisse ainsi basculer dans l’horreur et commettre l’irréparable ? Ce dernier geste, Les Fleurs du Mal, reste incompréhensible, une énigme pour nous tous. THERION s’enfonce ainsi dans le ridicule et ne laisse derrière lui que des torrents de larmes.

Malgré notre chagrin, il faut se pencher sur cet objet maudit pour que cela ne puisse plus jamais arriver. Le refus du label du groupe, Nuclear Blast, de sortir l’objet montre le choc que l’album a pu générer. Sincèrement, à la première écoute, j’ai cru à un plaisanterie, un montage made in YouTube. Si seulement cela avait pu être vrai. Mais nous devons boire le calice jusqu’à la lie et je suis obligé de faire face à la réalité, Johnsson a osé faire Les Fleurs du Mal de plein gré.

Sur le site officiel du groupe il s’explique longuement. Il précise qu'il s’attend à faire face aux mêmes difficultés, aux mêmes incompréhensions qu’à l’époque de Theli. J’ai du mal à en croire mes oreilles. Je pense qu’il se trompe totalement. Theli imposait un changement de style radical mais il renfermait de superbes joyaux. Et surtout, le disque ne tournait pas le groupe en ridicule. Avec les Fleurs du Mal la démarche m’échappe totalement. Pourquoi faire un album de reprises de chansons françaises remixées à la sauce THERION ? Déjà que le groupe ne fait pas preuve d’une grande créativité après avoir sorti le dyptique magique Lemuria/Sirius B mais là c’est un pari absolument délirant. C’est simple, à part la pochette et la production, TOUT est raté sur Les Fleurs du Mal.

Quinze titres et quinze épreuves plus douloureuses les unes que les autres. Allez franchement, en tant que français, on sourit, quoi ? 30 secondes à l’écoute du tube de France Gall et ensuite ? Et ensuite on se dit que ce n’était qu’un clin d’œil amusant et on espère que le meilleur reste à venir. Et bien non, ces chansons passées à la moulinette THERION sonnent toutes de façon pitoyable. Le chant type opéra sonne artificiel dans ce contexte, les orchestrations dégoulines et on voit arriver la catastrophe à grands pas. J’en suis sincèrement navré, je ne pensais jamais devoir être aussi sévère avec un album de THERION. La reprise du « Summernight City » d’ABBA avait déjà fait la preuve des limites de cet exercice. Les titres s’enchainent et aucune lumière ne vient briller au fond du tunnel pour nous laisser un peu d’espoir. Il fallait être compléter bourré pour imaginer un mec du groupe (genre Snowy Show) chanter « Les sucettes » en français sur un disque. Stefan Glaumann a encore fait des merveilles au niveau production avec un son clair et puissant mais c’est vraiment de la confiture donnée aux cochons. Franchement, des reprises de Sylvie Vartan et Marie Laforêt, est-ce bien sérieux ? Il s’agit d’un des albums les plus ratés de la décennie avec le Lulu de METALLICA & Lou Reed. Un potentiel énorme et une bouse monstrueuse à la sortie.

Johnsson a raison d’écrire qu’il a pris lui-même les risques financiers pour assouvir son idée, son projet et nous lui souhaitons de réussir son pari, non pas à cause de la qualité franchement pitoyable de l’album mais pour qu’il rembourse les frais engagés et que ce projet fou ne mette pas en danger l’avenir de THERION. Un accident industriel, affligeant !

Oshyrya (01/10)

 

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Autoproduction / 2012

Tracklist (47:55 mn) 01. Poupée de cire, poupée de son 02. Une fleur dans le cœur 03. Initials B.B. 04. Mon amour, mon ami 05. Polichinelle 06. La Maritza 07. Soeur angelique 08. Dis-moi poupée 09. Lilith 10. En Alabama 11. Wahala manitou 12. Je n'ai besoin que de tendresse 13. La licorne d'or 14. J'ai le mal de toi 15. Les sucettes