Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

oshy_16112014_Th_Lo_Freque_i_SterA force de voir passer des disques nous oublions souvent que toute cette musique est, à quelques exceptions près, composée avant tout pour être jouée sur scène, en direct. Combien de fois avez-vous été agréablement surpris en concert de redécouvrir des chansons qui vous avaient pourtant par bien fadasses sur cd ? Alors que j’entame cette chronique, je garde à l’esprit cette expérience, espérant trouver un peu de lumière dans l’océan de doute et d’interrogation qui m’avait submergé devant la musique de THE LOW FREQUENCY IN STEREO. Leur dernier opus, Pop Obskura (chronique ici) m’avait laissé dans le noir complet.

Fort de cette méthode Coué j’attaque l’écoute de ce disque qui redonne vie au concert donné par les Norvégiens au Molde Jazz Festival en 2009. A cette occasion, ils étaient accompagné de Kjetil Møster, qui comme personne ne sait dans l’hexagone, est un jeune saxophoniste prometteur lui aussi norvégien. Et bien l’alliance des deux ne m’aide pas vraiment. Et je reste toujours aussi coi devant ce rock très planant, psychédélique, made in 70s, teinté ici d’un beau verni jazz. Le côté hypnotique de certains titres comme « Desert » intéresse, interpelle même, mais le sens général m’échappe. J’ai besoin d’un fil rouge et les Norvégiens m’en privent. A la surprise suit l’incompréhension puis enfin arrive l’ennui. Ces longues digressions sans queue ni tête apparemment me passent au-dessus de la tête et il lfaut attendre les compositions les plus courtes et classiques comme « Man Don't Walk » reprendre quelques couleurs et enfin retomber sur ses pieds. Mais cela ne dure que quelques minutes.

Les musiciens semblent savoir ce qu’ils font mais ils m’ont définitivement abandonnés en cours de route. Désolé mais je ne parle pas le THE LOW FREQUENCY IN STEREO et nous risquons de nous regarder longtemps en chiens de faïence avec les Norvégiens. Maintenant si vous aimez le groupe, vous ne serez pas déçu, la prise de son est bonne et ce disque représente un beau témoignage de la performance offerte ce soir-là.

Oshyrya (05/10)

 

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Long Branch Records / 2014

Tracklist (76:35 mn) 01. The Money Shot (Kjetil Moster Solo) 02. Texas Fox 03. Geordie La Forge 04. Desert 05. Element 06. Man Don't Walk 07. Solar System 08. Die Electro Voice 09. Atreides

Grorr – The Unknown Citizens

Je ne vais pas vous mentir ou vous faire languir très longtemps. Je suis passionné depuis plus d’un an par la musique de Grorr. Leur précédent album Anthill (2012)  m’avait littéralement scotché ! Ces palois mettaient déjà énormément de cœur à l’ouvrage en nous concoctant un Metal  versatile, expérimental et très intense aux effluves folkloriques, ethniques et progressives. Un fait notable : leur musique restait très accrocheuse malgré leur démarche conceptuelle très marquée puisque Anthill était un album concept à la musique et au propos « storyboardés » évoquant la vie d’une fourmilière. C’était la grande force de Anthill de rester cohérent mais très fouillé ! J’attendais donc énormément de ce nouvel album surtout quand j’ai réalisé que le label suédois ViciSolum Productions qui les a récemment signés était le label d’autres pointures comme Persefone ou Diabolical (swe).

 
Comme pour Antill donc, The Unknown Citizens suit une trame où tous les morceaux sont liés les uns aux autres et forment un tout. Je vous invite d’ailleurs à lire l’interview sur notre site pour en savoir plus sur le thème et l’histoire développés sur ce nouvel opus.  Cependant, Grorr arrive encore à nous surprendre avec une nouvelle corde à son arc ! Le groupe met en exergue une volonté symphonique et ce dès l’entame du premier morceau ! Boum ! Une réussite de plus ! On ne l’attendait pas celle-là ! Sur les 3 premiers morceaux Pandemonium, Facing Myself et le terrorisant mais entêtant Oblivion on navigue entre ambiance martiale et lyrisme symphonique. Ça donne des morceaux puissants avec beaucoup de caractère et toujours ce Metal extrême aux structures rythmiques complexes et riches.  La musique est toujours fortement alimentée de polyrythmies et des riffs de guitares massifs et saccadés. J’ai souvent pensé à l’Indus Metal ou à  Meshuggah mais contrairement à ces derniers,  Grorr ne tombe jamais dans des plans chiants à mourir, prolixes et trop démonstratifs.

 
On peut aussi retrouver dans la musique de Grorr l’intensité et la puissance de frappe d’un Gojira au meilleur de sa forme. Quand la musique ne se fait pas martiale et symphonique elle nous invite au voyage avec une multitude d’instrumentations folkloriques voire carrément tribales et ethniques. Dès le quatrième morceau Don't Try To Fight…. et jusque à la fin,  Grorr nous hypnotise sournoisement ! Je peux dire tranquillement qu’il va devenir un fer de lance du  Metal Progressif et Folk/Ethnic à l’instar d’un Orphaned Land et des regrettés Betray My Secrets ou Gigandhi. J’ai même pensé à la puissance tellurique et onirique de [Ex-uvies]  l’album le plus avant-gardiste de Stille Volk. C’est vous dire si c’est le pied ! Un dernier élément m’a énormément plu et il  est remarquable tout au long de l’album :  c’est le chant qui est aussi diversifié que la musique ! Il va de vocalises hurlées aux Death growls profonds en passant par un timbre proche de ceux de certains chanteurs stoner  comme le chant puissant et mélodique de Zakk Wylde . La production est en béton armé et ne néglige aucunes des composantes de la musique de Grorr.

 
Chapeau bas les mecs ! Vous m’avez une nouvelle fois chopé par le colbac et emmené là ou vous le souhaitiez ! Il vous faut à tout prix découvrir la musique que nous offre si généreusement Grorr. Je parle au publique Metal au sens large ! Rarement un groupe ne m’a autant transporté et fait vibrer ! Pour moi, avec la confirmation qu’est The Unknown Citizens,  Grorr mérite largement sa place au panthéon du Metal contemporain aux côtés des S.U.P/Supuration, Gojira, Hypno5e, Trepalium ou Orphaned Land. Son avant-gardisme, son catchy et sa puissance de frappe peuvent même en faire un leader au niveau international ! Oui je me mouille ! La seule incertitude que j’ai est de savoir si vous allez lui laisser une chance de vous convaincre. La balle est dans votre camp. Quant à moi j’attends avec impatience de pouvoir les voir sur les planches car s’ ils abordent les lives avec autant de rigueur que leurs albums, cela devrait être un spectacle d’une grande intensité.

 

FalculA  (09,5/10)

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ViciSolum Productions / 2014 


Tracklist (47 minutes) 1. The Fighter – Pandemonium 2. The Fighter – Facing Myself The 3. Fighter – Oblivion 4. The Worker – Don’t try to fight… 5. The Worker – You Know You’re Trapped… 6. The Worker – But Still Hope… 7. The Dreamer – Unique 8. The Dreamer – A New Circle 9. The Dreamer – Alone At Last

Liv Kristine – Vervain

oshy_16112014_Li_KristiAh quel bonheur de retrouver Liv Kristine avec ce nouvel album… Evacuons tout de suite l’accessoire, oui cet album est génial, le meilleur disque publié de la décennie, je vous enjoins à en acheter chacun dix exemplaires pour faire la fortune de la belle. Concentrons sur l’essentiel, Liv Kristine elle-même. Qui oserait me contredire quand j’affirme que voici la perfection faite femme ? Franchement elle a tout pour elle. Pour avoir eu l’immense honneur de la rencontrer une fois en interview, il s’agit d’une artiste simple, humble, gentille et attentionnée. Elle est d’une intelligence rare, tout à fait consciente de ses (nombreuses) qualités et de ses (rares) défauts ainsi que des hauts et des bas de sa carrière. Elle n’a pas toujours fait les bons choix mais elle assume. Et puis quel physique ! Cela ne se fait pas de donner l’âge d’une dame, mais à trente-huit ans, elle peut en montrer à plus d’une jeunette… Il suffit de voir la pochette de ce disque pour s’en convaincre, elle reste plus que jamais superbe, même photoshopée. Moi je craque…

Alors bizarrement je sens le regard lourd de Hamster et Mister Patate au-dessus de mon épaule alors que j’écris ces vérités immuables. Le son de ces grenades que l’on dégoupille près de moi commence doucement à m’inquiéter. Comment ça je tombe dans l’hagiographie ? Mais pas du tout, tout est absolument véridique ici. Et la musique ? Mais on s’en fout, c’est Liv Kristine dont on parle !

Bien bien, donc sous la contrainte physique de mes camarades, je suis obligé de redevenir bassement terre à terre en vous parlant Vervain en détail. La norvégienne ne chôme pas deux ans après la sortie de son précédent opus solo, Libertine (chronique ici). Surtout qu’entre-temps son groupe, LEAVES’EYES, a publié Symphonies of The Night (chronique ).

La première surprise vient de l’orientation plus rock/métal choisie pour ce disque. Les précédent opus lorgnaient plutôt du côté d’un rock très pop souvent très chiant. Là, dès « My Wilderness » un ton plus dur, sombre voir mélancolique est adopté. Je rassure les fans transis, cela reste très accessible. J’expliquais, lors de la sortie de Libertine, que Liv Kristine avait clairement décidé de mener deux carrières en parallèle avec deux orientations très différentes. Vervain fusionne les deux approches et certaines de ces chansons auraient très bien pu apparaître chez LEAVES’ EYES, le côté folklorique norvégien et fantastique en moins. Le retour aux sources avec des influences plus gothiques et sombres évoquant forcément THEATRE OF TRAGEDY ou son premier opus solo Deus Ex Machina (1998) est évident. La chanson « Love Decay » en duo avec Michelle Darkness d’END OF GREEN ne laisse planer aucun doute. Signalons également un autre duo avec, cette fois-ci, la talentueuse Doro Pesch sur « Stronghold of Angels ». Le mélange de ces deux voix très différentes est une excellente idée et offre un très bon moment.

J’aime, j’adore Liv Kristine. Alors que je craignais de devoir à nouveau défendre l’indéfendable, je suis surpris de trouver un disque sombre, inspiré et franchement réussi. Si comme moi vous avez connu et aimé la belle norvégienne lors de sa période THEATRE OF TRAGEDY, vous serez aux anges devant ce retour en arrière. Vervain est loin d'être simplement de l'eau chaude (drôle hein ?), le disque synthétise sa carrière au sein de son ancien groupe, distillant à la fois une atmosphère pesante, emprunte de recueillement évoquant Aégis (1998) mais n’oubliant pas les touches plus modernes, électro de Musique (2000) et Assembly (2002). De façon assez inattendu, sans quand même atteindre les sommets du passé, Vervain en surprendra positivement plus d’un.

Oshyrya (08/10)

 

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Napalm Records / 2014

Tracklist (44:11 mn) 01. My Wilderness 02. Love Decay (feat. Michelle Darkness) 03. Vervain 04. Stronghold of Angels (feat. Doro Pesch) 05. Hunters 06. Lotus 07. Elucidation 08. Two and a Heart 09. Creeper 10. Oblivious