Satan, haine, misanthropie… La scène Black Metal a souvent tendance à tourner en rond quand il s’agit de trouver des thèmes à aborder dans ses textes et son imagerie. Dans ce microcosme, Darkspace se démarque clairement du lot en ayant choisi pour thème l’espace… et pourtant, quand on y réfléchit bien, ce choix d’un univers glacial et hostile à toute forme de vie est logique. Mais Darkspace ne se distingue pas seulement par son imagerie, et ce nouvel opus vient une nouvelle fois dévoiler le talent de ces Helvètes.
Parce que leur trip à eux, ce sont les morceaux interminables, hypnotiques, qui s’articulent autour d’un riff ou d’un pattern de guitare. Le genre de truc qui, sur papier, s’annonce chiant comme la pluie, et c’est justement à ça que l’on reconnaît un groupe doué : même avec une seule idée maigrichonne, il est possible de proposer quelque chose d’ambitieux, de passionnant. Darkspace III I est clairement un album difficile à appréhender de par sa conception, mais une fois que l’on est entré dans cet univers, que l’on a su s’ouvrir à ce genre, on se laisse happer par la musique, quitte à perdre tous ses repères.
Une nouvelle fois, Darkspace livre un monolithe sonore, froid comme la mort, déshumanisé au possible, et une nouvelle fois, le charme opère pour moi… même si sincèrement, je comprendrais tous ceux qui n’adhèrent pas au concept. Aucun compromis, une orthodoxie à toute épreuve : voilà un groupe qui a su rester original et se forger un style tellement personnel qu’il joue toujours seul dans sa division, à des années-lumière des autres.
Mister Patate (8,5/10)
Avantgarde Music / 2014
Tracklist (64:19) 1. Dark 4.18 2. Dark 4.19 3. Dark 4.20
On ne donnait pas cher de la peau des Belges d’Emeth après les changements (ou devrais-je dire bouleversements ?) au niveau du line-up, mais c’était sans compter sans la persévérance et la ténacité du groupe qui aura donc su renaître de ses cendres avec un line-up solide et un talent intact. Telesis est aujourd’hui bien loin dans les mémoires, Aethyr vient rappeler Emeth à notre bon souvenir.
Et ouais, ami lecteur, il va falloir t’y faire : il y aura, des fois, du rap dans ces colonnes. Privilège accordé par sa majesté le Hamster, moi j’ai droit. Et, qui plus est, La Canaille mérite que tu daignes ouvrir tes esgourdes à ces sonorités empruntes, discrètement, de rares funk mais aussi de touches aristocratiques de claviers, riffs perlés de guitare… La Canaille, c’est un groupe de hip hop de Montreuil, ville chère au cœur de celui qui tient cette plume ; un groupe fondé par Marc Nammour, aux antipodes des exigences commerciales qui font que tu abhorres, en général, ce style bien trop formaté. Et que tu as raison.