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Nader Sadek – The Malefic : Chapter III

In The Flesh avait fait l’effet d’un coup de tonnerre dans un ciel bleu : un line-up hors du commun regroupant quelques pointures du Metal extrême, tous horizons confondus, un premier album sorti chez Season Of Mist qui nous proposait une synthèse presque parfaite de Mayhem époque Ordo Ad Chao et de Morbid Angel… On pouvait difficilement faire mieux comme premier effort. L’annonce de la sortie d’un live sur une base indépendante m’avait dès lors assez surpris, et c’est à nouveau sur une base indépendante que Nader Sadek nous livre un nouvel EP d’une petite vingtaine de minutes.

Seul changement notable par rapport aux sorties précédentes : l’arrivée d’un nouveau frontman, en la personne de Travis Ryan (Cattle Decapitation, Murder Construct), assurément un des chanteurs les plus versatiles et les plus intéressants du Metal extrême actuel. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’on y gagne au change, tant la prestation de son prédécesseur était convaincante, mais Travis apporte encore un petit plus, une diversité vocale qui donne une dynamique supplémentaire à cette sortie. Pour le reste, les musiciens de Nader Sadek poursuivent dans la voie dans laquelle ils s’étaient engagés, avec un Death teinté de black et d’ambiances poisseuses (ambiances encore renforcées, sur plusieurs passages et plus particulièrement au début de « Descent », par la prestation de Travis Ryan). Une nouvelle fois, le plus impressionnant à mes yeux dans ce line-up est Flo Mournier, le cœur battant de ce projet, qui livre une prestation à la fois musclée et aérienne. Cependant, éclipser le reste du line-up serait honteux, tant les parties de guitare et de basse viennent se greffer au squelette rythmique pour former une entité solide et dévastatrice.

Nader Sadek continue son petit bonhomme de chemin en affichant une forme insolente. Avec quatre maigres morceaux, le projet parvient à éclipser bon nombre de groupes de Death. On finirait même par se demander pourquoi un projet d’une telle qualité travaille en indépendant, à moins que ce ne soit voulu. Quoi qu’il en soit, label ou pas, le groupe semble se focaliser sur la destruction sonore, et le contrat est à nouveau rempli !

Mister Patate (9/10)

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Autoproduction / 2014
Tracklist (20:09) 1. Deformation By Incision 2. Carrion Whispers 3. Entropy Eternal 4. Descent

« En cas de doute, mieux vaut s’abstenir » est une phrase répétée à maintes reprises par bon nombre de gens, mais rarement appliquée malheureusement. Dans le cas présent, elle aurait cependant dû l’être non pas une mais deux fois : de ma propre part tout d’abord, au vu de ma relation d’amour et de haine avec le doom métal, mais également et surtout de la part de Lucifer’s Fall qui, autant le dire tout de suite, aurait clairement dû s’abstenir d’amener sur le marché déjà ô combien saturé du metal, leur premier album éponyme dont strictement rien n’est à garder.

Ouch, dur comme intro. Certes, certes. Mais si dans la majorité des cas, prendre du recul, des pincettes et toutes les mesures nécessaires et suffisantes afin de tenter de trouver du bon dans un album, tel qu’il soit, s’avère être la manière d’appréhender les choses la plus sage… de temps en temps, certains groupes s’enfoncent tellement dans la médiocrité qu’on dirait simplement qu’ils y trouvent un plaisir apparent. Voilà l’impression de donne le premier album des Australiens de Lucifer’s Fall à l’écoute. Rien, absolument rien, allant de la production aux riffs en passant par la composition et l’agencement des titres n’est non seulement digne d’intérêt, mais un tant soit peu correct. C’est banal, c’est vide et creux, c’est sans âme, et ça tire en longueur. Et le pire, à savoir le chant, n’a même pas été mentionné et après mûre réflexion ne le mérite même pas car à ce niveau là, on ne s’enfonce même plus dans la médiocrité. Non, a touché le fond depuis longtemps et on continue à creuser.

Vous l’aurez compris, si vous cherchez un bon album en 2014 d’une part, et un bon album de doom d’autre part, n’essayez même pas Lucifer’s Fall. A moins d’être masochiste ou que vous trouviez ça drôle, épargnez-vous un long moment pénible et écoutez quelque chose qui vous fera plaisir.

Lisa (2/10)

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Autoproduit / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. The Suffering Wizzard 2. Lucifers Fall 3. The Summoning 4. Unknown Unnamed  5. A Sinners Fate 6. Deceiver 7. Death March

oshy_27102014_Fi_An_Fir_IdlCe split vinyle entre deux groupes cristallise la bonne entente anglo-allemande. L’histoire aura montré que ces types d’alliance se sont presque systématiquement montés contre le France. Espérons pour nos esgourdes qu’il ne s’agit pas là d’une arme de dissuasion massive entre la perfide Albion et la non moins perfide Germanie.

FIGHTS AND FIRES est né en 2008 dans la petite bourgade de Worcester en Grande Bretagne. Dans un mélange entre les classiques rock à la THIN LIZZY et MOTORHEAD et des influences hardcore, les britanniques ont su année après année se constituer un beau tableau de chasse avec deux albums, un EP, un split record et une démo. De son côté, IDLE CLASS est originaire de Munster, de l’autre côté du Rhin. Ils sont moins expérimentés que leurs ainés, ne comptant qu’un album, The Drama's Done, sous le bras dans une veine punk rock. Faisant partie du même label et disposant chacun de quelques nouveaux titres, ces fans de vinyles ont naturellement proposé de publier un split record mettant en valeur deux chansons chacun.

Bien qu’ils s’y soient mis à deux, nos amis anglais et allemands ne cassent vraiment pas des briques et ne risquent pas de rentrer dans les annales vers ce split. Il faut saluer l’enthousiasme et l’énergie déployée ici mais quitte à casser des choses ils ont décidé de nous briser menues les oreilles. FIGHTS AND FIRES sonne un peu bêtement bourrin et s’épuise pour rien sur des riffs très basiques et un chant pas très inspiré. Alors oui cela fait beaucoup de bruit mais à moins d’avoir cinq grammes d’alcool dans le sang, vous allez vite vous ennuyer. Les choses s’arrangent un peu avec les allemands qui montrent un talent supérieur sans que cela ne vole quand même bien haut. Là aussi cela sonne de façon assez basique avec des riffs peu convaincants. Cette musique devrait être attrayante hors l’ennui prédomine rapidement. Le chant n’est pas idéal non plus du côté des allemands, hurler dans un micro c’est bien mais ici cela se transforme rapidement en bouillie indigeste.

Donc deux groupes très moyens ensembles ne vont pas faire des miracles. Ce split record célèbre la tournée commune qui se déroule en ce moment pour les deux groupes en Europe. Qu’ils en profitent car nous n’espérons avoir de sitôt de leur nouvelles. Ou alors on croise les doigts pour constater de gros progrès.

Oshyrya (03/10)

 

FaceBook Officiel : https://www.facebook.com/fightsandfires & https://www.facebook.com/idleclass

 

Blackstar Foundation / 2014

Tracklist (14:14 mn) FIGHTS AND FIRES 01. Happy 02. Maps IDLE CLASS 03. Die Trying 04. What Would Bukowski Do ?