Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Chainfist – Scarred

oshy_27102014_ChainfisDire que l’opus précédent de CHAINFIST n’avait pas enthousiasmé la rédaction est un bel euphémisme. Si vous ne me croyez pas, la chronique se trouve ici. Trop bavard, trop attendu, trop cliché, rien de ce que les danois proposaient n’avait trouvé grâce aux yeux de notre camarade Nico et il prouvait en deux leçons. Il faut croire que nous avons été entendus car le communiqué de presse qui accompagne ce nouvel album s’avère très succinct et surtout il ne fait plus mention d’un pseudo « groove metal ». Ici on parle plutôt thrash old-school avec quelques touches de modernité ici et là dans une veine MERCENARY ou DISTURBED.

Et effectivement ce Scarred débute sur les chapeaux de roue avec un « Scars of Time » franchement énervé et particulièrement tranchant. Les riffs proposés font plutôt office de tronçonneuses et le chant (clair) alterne entre passages agressif refrains plus mélodiques. Bon comme sur Black Out Sunday n’attendez pas à être surpris plus que cela, les compositions proposées tiennent la route mais ne devrait pas générer non plus un tourbillon d’enthousiasme dévorant. Mais au mieux, il n’y a pas ici tromperie sur la marchandise, le produit correspond bien à l’étiquette. A la limite l’essentiel des ingrédients nécessaires sont bien présents, des guitares bien affutées, une section rythmique qui ne connait pas les mots doux et lents et un chanteur en voix cherchant à exprimer colère, rébellion et douleur. Maintenant, chacun de nous pourrait citer cinquante groupes proposant la même recette ni bonne ni mauvaise. CHAINFIST fait de son mieux mais les danois peinent à émerger de la masse et à se singulariser des tonnes de groupes heavy/thrash qui pullulent chaque mois. Après trois ou quatre écoutes, je serai bien incapable de siffler une mélodie ou de chantonner un refrain. Le son est propre, la production signée Jacob Hansen (PRIMAL FEAR, VOLBEAT, PRETTY MAIDS) est un peu sale mais tout à fait adapté au style de CHAINFIST.

Saluons le (petit) progrès constaté depuis Black Out Sunday. On ne tente plus de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Mais le problème de fond demeure, CHAINFIST génère rapidement de l’ennui à travers une musique trop convenue, sans âme. Sans maîtrise la puissance n’est rien disait jadis une publicité….

Oshyrya (05/10)

 

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Mighty Music / 2014

Tracklist (50:54 mn) 01. Scars of Time 02. 1000 Ways to Bleed 03. Black Rebel Noise 04. Another Day in Hell 05. Poison Moon 06. 10.000 07. Know You Hate 08. Seven Minutes of Pain 09. Statement 10. Mass Frustration 11. Black Rebel Noise (acoustic)

Saille – Eldritch

Et dire que j’ai honteusement skippé Ritu à sa sortie, après une ou deux écoutes distraites, la faute à un emploi du temps chargé et des tonnes d’albums à chroniquer. Avec le recul, je suis passé à côté d’une bonne tranche de Black Symphonique, trop occupé que j’étais à m’arracher les cheveux sur de médiocres galettes de Metalcore. Cette fois, aucune excuse, Eldritch a su immédiatement capter mon attention, et il est hors de question de le laisser passer.

En effet, d’un point de vue qualitatif, les Belges de Saille nous livrent un album de Black sympho de très haute levée, le genre d’album qui n’a rien à envier aux dernières productions d’un Dimmu Borgir (pourtant reconnu comme un des fers de lance de la scène). Chaque compo est recherchée, finement ciselée, avec juste ce qu’il faut d’ajouts symphoniques pour enrober le tout, pour le rendre encore plus prenant. Prenez « Walpurgis », la deuxième piste : à mes yeux, Dimmu Borgir n’a pas sorti un morceau aussi bon sur son dernier album. Il y a vraiment tout ce qu’il faut : une section rythmique en béton armé, un riffing agressif, l’impression d’être entouré par un chœur de violons sans pour autant qu’ils ne viennent empiéter sur la partie purement Metal, le chant de gargouille avec un chant clair en contrepoint… On a beau suivre les codes du genre à la lettre, il faut reconnaître que le résultat final est à tomber par terre, et quand le groupe se paie le luxe d’une intro à rallonge sur son dernier morceau, « Carcosa », avant une ultime explosion, on touche au sublime.

En Black sympho, cette année, je pense qu’un seul groupe aurait pu rivaliser sur un plan purement musical : Akroma. Cependant, Saille parvient à se démarquer grâce à son frontman dont le timbre est peut-être plus passe-partout que celui du chanteur d’Akroma, mais aussi et surtout bien plus en osmose avec la musique. On connaissait déjà les grands noms du Black Sympho, mais à partir de maintenant, il faudra aussi se souvenir de celui de Saille qui vient de sortir l’album de la confirmation.

Mister Patate (9/10)

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Code666 Records / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Emerald 2. Walpurgis 3. The Great God Pan 4. Aklo 5. Cold War 6. Eater of Worlds 7. Red Death 8. Dagon 9. Carcosa

Pig Destroyer – Mass & Volume

Ca y est, ils l’ont refait ! Après Natasha, l’EP aux confins du sludge et du doom, les furieux de Pig Destroyer remettent le couvert avec un nouvel EP qui s’écarte franchement des rivages grindcore du groupe et nous emmène dans un univers pesant et radicalement plus lent. On connaît l’efficacité de Pig Destroyer en grindcore, mais le groupe a encore tout à prouver en doom. Alors, pari réussi sur ce Mass & Volume (enregistré à l'époque de Phantom Limb et sorti maintenant sur un vrai format physique dont les recettes iront à la famille d'un employé de Relapse récemment décédé) ?

Oui et non. Dans un sens, cette galette de Pig Destroyer vaut le détour, avec son lot de riffs pachydermiques qui annihilent les esgourdes (on pousse le volume à fond et on fait trembler les murs) et ce chant déformé/torturé presque aussi féroce que le registre plus habituel notamment utilisé sur Book Burner. Mass & Volume, du haut de ses 25 minutes, a donc une force d’impact plutôt efficace.

Toutefois, si on y regarde plus près, on constate que le propos a beau être écrasant, il est aussi plutôt minimaliste. Même si je suis de ceux qui estiment qu’il ne faut pas forcément un mille-feuilles de notes et une armée de musiciens pour sortir un album qui vaut le détour, j’avoue que je reste quelque peu sur ma faim, et d’autres ont déjà su, par le passé, proposer un résultat bien plus convaincant sur la durée avec aussi peu d’éléments. Natasha avait su me convaincre à l’époque, Mass & Volume ne parvient pas à susciter chez moi le même engouement, sans pour autant être vraiment décevant

Mister Patate (5/10)

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Relapse Records / 2014
Tracklist (25:40) 1. Mass & Volume 2. Red Tar