Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Hideous Divinity – Cobra Verde

Après Devangelic qui ne m’avait que très modérément convaincu et Bloodtruth qui avait déjà su me séduire davantage, voici un troisième groupe transalpin, formé lui aussi d’anciens de Fleshgod Apocalypse et de Hour Of Penance et également animé d’une envie et d’une énergie à revendre. Après un premier album plutôt sympa (mais qui n’a jamais été chroniqué, faute de temps), Hideous Divinity revient avec un deuxième album sorti chez Unique Leader Records, un label qui a souvent su proposer des plaques de qualité par le passé… et ce Cobra Verde ne fait pas exception à la règle.

Au programme : un Death brutal qui, on s’en doute, a des difficultés à masquer sa filiation avec les deux ogres DM italiens que sont Hour Of Penance et Fleshgod Apocalypse. Cependant – et bien que je reproche souvent le manque de personnalité propre de nombreuses formations –, Hideous Divinity s’en sort avec les honneurs et nous livre une prestation des plus convaincantes. Les compos sont ravageuses, le son est bien équilibré, et cette formation surpasse avec une facilité presque insolente les autres groupes italiens évoqués ci-dessus (à l’exception notable de Hour Of Penance qui reste, à mes yeux, ZE groupe italien du moment, loin devant un Fleshgod Apocalypse qui n’a pas su digérer ses apports symphoniques). En bonus, on notera le guest de Mister Dallas Toler-Wade (Nile) sur « Alonest Of The Alone » pour un résultat des plus percutants.

Originalité très limitée mais force de frappe intacte : les petits gars d’Hideous Divinity viennent rejoindre le club des brutes italiennes qui portent fièrement l’étendard du DM qui ramone les esgourdes. Voilà une galette qui se laisse écouter avec plaisir !

Mister Patate (8/10)

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Unique Leader Records / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. In My Land I Was A Snake 2. The Somber Empire 3. Cobra Verde 4. Salt In The Martyr's Tear 5. Sinister and Demented 6. Desolation Within 7. The Alonest of the Alone (featuring NILE's Dallas Toler-Wade on vocals) 8. Adijnakou 9. The Last and Only Son (originally written by RIPPING CORPSE)

 

Solstafir – Ótta

Voilà un groupe qui n’a pas eu froid aux yeux. Un groupe qui a su, depuis Í Blóði og Anda, mener sa barque comme il l’entend, quitte à changer radicalement de cap, quitte à faire des déçus pour mieux séduire d’autres. Un groupe libre, qui ne se laisse enfermer dans aucun carcan, et qui frappe cette année un grand coup avec un des albums les plus touchants de l’année. Le genre de galette qui a su me détourner de toutes les sorties brutales de l’année suffisamment de fois pour que je me dise que ce groupe a quelque chose de spécial, que cet album a vraiment quelque chose d’unique.

Les forces d'Ótta ? Elles sont nombreuses. Tout d’abord, il y a ce chant en islandais. Cela peut sembler stupide, mais un album dans une langue que l’on ne maîtrise pas du tout peut prendre une envergure différente. Ici, on ne tente pas de suivre le texte, de reconnaître les paroles. Le chant devient un autre instrument, et on se laisse porter par ces mélopées incompréhensibles prononcées par un frontman au chant superbe.

Mais limiter Solstafir a un seul chanteur serait un affront cinglant aux autres membres du groupe, à tous ceux qui, par une ligne de piano, un soupçon de violon, une touche de banjo ou au moyen d’instruments plus « classiques », ont su insuffler dans cet album une certaine mélancolie, une ambiance particulière, jamais tout à fait sombre, ni totalement claire, et ce alors que l’album est subdivisé en huit pistes représentant chacune une tranche de la journée, une manière plus « large » de diviser une journée et de compter le temps.

Le temps : voilà le principal protagoniste de cet album. Ótta appelle au calme, au repos. Il se savoure idéalement quand on prend le temps de l’écouter. Pour tout vous dire, contrairement à presque tous les autres albums que j’écoute en nomade dans le train ou au bureau, Ótta fait partie de ces rares albums (avec la plupart des albums d’Ulver) pour lesquels je prends le temps. Pas question de faire autre chose en même temps et de le confiner à l’arrière-plan, en musique de fond. Cet album est unique. Ce groupe est unique, un peu comme Ulver d’ailleurs. Et qui dit groupe unique dit traitement de faveur. Prenez le temps d’écouter cet album, confortablement installé, avec un bon casque… et évadez-vous.

Mister Patate (9/10)

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Season Of Mist Records / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Lágnætti 2. Ótta 3. Rismál 4. Dagmál 5. Miðdegi 6. Nón 7. Miðaftann 8. Náttmál

 

oshy_24102014_Nic_Bor_HomelanDans la famille BACKYARD BABIES, après le guitariste, je voudrais le chanteur. Nous avions déjà eu droit l’année dernière à un album solo de DREGEN (chronique ici) et voici donc le nouvel album en solo de Nicke Borg membre fondateur du groupe suédois. Il n’est pas à son premier essai car pendant les pauses que s’accordaient BACKYARD BABIES, Borg a travaillé de son côté et monté son projet appelé NICKE BORG HOMELAND. Sous cette forme, il a déjà publié un EP, Chapter 1 puis un album complet, Chapter 2, en 2012. Cet opus, deuxième album solo, Ruins of a Riot, a été publié l’année dernière en Suède.

On ne fera pas de remarques désobligeantes sur la pochette franchement ridicule de ce disque pour se concentrer sur la musique proposée. Nicke Borg a clairement fait le choix de revenir en solo à ses racines hard rock. La musique se doit d’être inspirée, « couillue », mélodique et bien produite. Pour cela, le suédois s’en entouré d’une fine équipe avec Mats Valentin aux guitares, à la production et au mixage et Jojo Borg Larsson comme parolier. Borg parle lui-même d’une version américaine des BACKYARD BABIES.

Malgré ses airs de bad boy, couvert de tatouages, les chansons savamment distillées tout au long de ce Ruins Of a Riot restent gentilles et accessibles à un large public. D’ailleurs Borg atteint souvent le sommet des charts dans son pays. Cela laisse rêveur vu de de l’hexagone. Les compositions ne tombent pas dans le superflu, tout est dit entre trois et quatre minutes. Le suédois animant lui-même une émission de radio dans son pays, il connait bien toutes les ficelles pour passer sur les ondes et a su calibrer les chansons dans cet esprit-là. Sa voix assez nasillarde pourrait en rebuter certains mais il compense en mettant dans ses prestations beaucoup d’énergie et de conviction.

Ruins Of a Riot passe comme une lettre à la Poste, sans fausse note ni faute de goût. Le souvenir qu’il en reste n’est pas impérissable même si ces dix titres rock ne déméritent pas. Il faudra attendre « Borrowed Feathers » pour un peu s’enthousiasmer avant que le disque ne retombe dans une sympathique routine sans grand relief. NICKE BORG HOMELAND joue la sécurité et livre la marchandise (trop) attendue. Ruins Of a Riot s’avère être un peu trop sage et calibré pour remporter notre adhésion.

Oshyrya (06/10)

 

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Gain Music / 2014

Tracklist (35:14 mn) 01. This Army 02. Makin´ Out With Chaos 03. Midsummer Mad 04. End Of The Rainbow 05. Borrowed Feathers 06. Out Of Line 07. Revolution 08. Heartless Hooligan 09. Ruins Of A Riot 10. Devil Angel Mother