Archive for octobre, 2005

Annihilator – Schizo Deluxe

Annihilator_schizo_deluxeUne petite intro dans le style zapping de radios, tandis que le grondement de la bête se fait entendre, la bête est lachée, on n'ose y croire après un "All For You" qui laissait une impression mitigée, et pourtant Jeff Waters met les choses au point d'entrée : ce onzième album sonne le retour du groupe agressif, qui ne fait aucun quartier. Et "Maximum Satan" démarre très fort, rythmique monstrueuse, chant de David Padden bien plus convaincant, aux fûts Tony Chappelle cogne sévèrement, tandis que les guitares et la basse sont assurées de main de maître par le sieur Waters. Tout porte à croire les propos du canadien qui affirme qu'il s'agit d'un pur album de metal, sans ballade, et l'un des meilleurs efforts de son projet à ce jour.

On retrouve assez rapidement un Annihilator classique et dévastateur, le second morceau "Drive", ultra rapide est une vraie boucherie. Jeff Waters n'a rien perdu de sa maîtrise légendaire à la guitare, et il se paie le luxe de faire également entendre ses talents à la basse. Et n'imaginez pas une seconde que le démarrage percutant de "Schizo Deluxe" finit par s'essoufler, "Warbird" entretient le pilonnage, avec une intro mid tempo surpuissante, pas de doute on sent bien l'envie d'en découdre et on croise déjà les doigts en espérant que cette fois ci le groupe va de nouveau arpenter les scènes en Europe, vu les nouvelles munitions on peut s'attendre à un carnage jouissif pour nos conduits auditifs. Passons sur les paroles, un vrai hommage aux clichés metalliques… On retient de ce morceau les variations de tempo, qui ne nuisent en rien à n'énergie déployée pour nous aplatir.

"Plasma Zombies" n'a rien non plus d'une ballade romantique, ça part vite en trombe et ça colle aux murs, et se prend vite au jeu, si vous résistez à l'envie d'hurler le titre de la chanson (en guise de refrain), alors c'est que le volume n'est pas assez fort ! Un petit moment de finesse s'est glissé dans le morceau mais il ne s'agit que d'un petit répit, le pilonnage reprend très vite ses droits. On frole l'excès de vitesse à la batterie et le blast à tout va…. Puis le téléphone sonne, Jeff Waters ayant collectionné tout une série de petits bruits en guise d'intro, "Invite It" est également bloquée sur l'accélérateur dès l'intro. David Padden fait une démonstration de chant mélodique plutôt réussie, chose rare au milieu de ce carnage ou il donne libre cours aux vocalises agressives. Un jeu de mot facile pour une compo du meilleur cru ? Jeff Waters en est capable, ici pour le meilleur, "Like Father, Like Gun" qui sonne comme un classique, là encore l'efficacité est maximale, en dépit d'un tempo un poil plus lent (le refrain évoquant un soupçon de Pantera).

"Pride" ne déroge pas à la règle, pas d'intro champètre mais du riff de guitare lourd et accompagné d'une batterie écrasante, puis tout s'accélère, un refrain mélodique au milieu de la cavalcade, une bonne tornade thrash musclée. "Too Far Gone" prend le relais, intro de guitare en sourdine, et attaque rythmique très classique, suivie d'une harmonie de guitare a faire fondre le moindre fan d'Annihilator, le chant de Padden se fait malsain… "Clare" est sans doute la chanson la plus évidente de l'album, la plus calme, ou en dépit de son chant clair, David Padden semble à la limite de faire exploser un chant malsain, les guitares sont crasseuses et les riffs plus simple qu'a l'accoutumée, mais c'est bien mal connaître mossieur Waters qui a vite fait de dynamiter le morceau en l'accélérant, et qui lache des coups percutants à la moitié du morceau, ponctués par des envolées de guitares mélodiques dignes des grands classiques du groupe. En guise de conclusion, "Something Witchy" n'a rien d'apaisant, David Padden hurle à s'en péter les cordes vocales, suivi par une rythmique de pachyderme mid tempo, un refrain mélodique surgit tout de même, mais la rythmique reprend le dessus. Fin ? Pas tout à fait, Jeff Waters prend le temps de pousser une série de gloussements, histoire de graver pour l'éternité les moqueries dont il faisait preuve à l'égard de sa soeur, charmant n'est-il pas ? Néanmoins, après l'ère Joe Comeau, un nouveau chapitre prend vraiment forme avec cet album en tous points réussi et convaincant. Vivement le retour sur scène en Europe.

Hamster (08.5/10)

 www.annihilatormetal.com 

 www.myspace.com/annihilatorofficial

AFM records /  2005
 
Tracklist (49:51 mn) :
01. Maximum Satan 02. Drive 03. Warbird 04. Plasma Zombies 05. Invite It 06. Like Father, Like Gun 07. Pride 08. Too Far Gone 09. Clare 10. Something Witchy

 

metal_kartoon_stChristophe godin s’amuse. Encore et toujours. Son nouveau groupe, Metal Kartoon, offre un mélange plus foutraque qu’avant. Du metal, de la chanson, du rap, du mambo, du jazz-rock, et la liste pourrait continuer. Le problème c’est qu’avec ce gloubi-goulba fortement dosé en shred, Metal Kartoon ne pourra pas contenter le fan de metal en dehors des esprits très très ouverts. Le groupe offre un album de fusion un peu gentil, avec parfois des réminiscences des précédents projets de Godin. Ainsi, les instrumentaux évoquent le Morglbl Trio, du jazz rock metal de première classe (« The dance of the fat boy », « Metal kartoon » et « Morglbled again »), certaines chansons rappellent Gnô, comme « The Little Voice». Un titre incroyable qui mélange le mambo-rock façon Joe Jackson et le metal choral de King’s X. Une influence toujours aussi audible.
Le reste est plus barré, avec des réussites, comme l’instrumental quasi klezmer « Au pays de Gandhi » (avec la citation de la musique des Simpsons !) ou « Nancy & Joe », la rencontre du David Lee Roth jazzy et de Jeff Beck !

Par contre, « Le triangle des bermudas » pêche par un refrain faiblard, et « L’expérience » fait trop VRP du pauvre (un groupe chanson/alternatif de la fin des années 80). Dans « When we were kings », Christophe Godin joue au crooner. Outre la voix un peu limite pour un titre aussi capiteux, la chanson irait beaucoup mieux à une femme !

L’excellence instrumentale suffit à recommander cet album, de même que des grooves jouissifs, mais je persiste à penser que Maître Godin pourrait obtenir une bien plus grande reconnaissance en publiant des albums instrumentaux sur les labels spécialisés, à l’image d’un Rondat.

David Taugis (07/10)

www.metalkartoon.com

Nocturne / 2005

Tracklist (47:28 mn) :
1. Introduction 2. Le triangle des bermudas 3. Nancy & Joe 4. The dance of the fat boy 5. The 70’s 6. Expérience 7. Metal kartonn 8. Sapaïechi 9. David vincent 10. The little voice 11. Au pays de Gandhi 12. When we were kings 13. Mörglebled again

Hartmann – Home

hartmannQue cette carrière solo du talentueux Oliver Hartmann s'avère plaisante ! Après avoir officié dans des groupes aux genres musicaux souvent heavy et techniques (At Vance, Heat, Merlin, Genius…), le chanteur, depuis deux disques, a choisi d'entamer une carrière solo orientée vers le rock hard mélodique. À la suite d'un Out In The Cold remarqué et de quelques prestations scéniques qui témoignaient de l'enthousiasme d'Hartmann pour soutenir sa musique, notre homme réalise ici un deuxième album globalement du même niveau que son prédécesseur.

Au chant, à la guitare, à la composition et à la production – là aux côtés de Sascha Paeth – Hartmann atteint dans ces différents domaines respectifs une qualité très solide : ce qui frappe d'emblée à l'écoute de ce Home est la cohésion et le professionnalisme de l'interprétation et de l'écriture. La clarté et la dynamique du son s'associent à une instrumentation très assurée et surtout à la voix déterminante d'Hartmann. On savait les capacités de ce dernier très variées mais on conclura cette fois que c'est bien dans le registre du hard mélodique qu'il excelle : puissance, lyrisme et nuance caractérisent le marquant « Coming Home To You », la jolie ballade « Everything Is You » ou le vigoureux « Somewhere, Someday ». Les amateurs remarqueront par ailleurs des touches hard FM très convaincantes sur un « Just For You » très séduisant, même si les nombreuses influences e ce musicien se revendiquant de la musique des années 70 et 80 sont introduites avec beaucoup de discrétion.

Quelques esprits chagrins décèleront un fléchissement de l'inspiration en fin de disque, ainsi qu'une certain absence de variation dans les sonorités et dans le ton général, plus mélancolique que léger. Ils n'auront pas tort sur ces deux points, mais il n'en demeure pas moins qu'Hartmann signe ici une nouvelle fois un disque méritant et très agréable, contenant plus d'un moment fort justifiant tout à fait l'intérêt de l'auditeur.

Baptiste (8/10)

 

Frontiers / 2006

Tracklist : 1. Coming Home To You 2. The Sun's Still Rising 3. My Everything Is You 4. Somewhere Someday 5. Just For You 6. I Don't Want To Know 7. Higher Than Me 8. Why Do I 9. Millionaire 10. Crying 11. Lay Your Love On Me