Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Depuis la fin des eighties et son entrée dans le rock’n’roll business, Phil Anselmo s’est forgé une réputation de type qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Connu pour sa participation à Pantera et au super-groupe Down, le Texan est devenu une icône. Hélas, ce véritable stakhanoviste du metal s’est aussi perdu dans une multitude de groupes sans intérêt (Viking crown, Christ Inversion…). Devenu une sorte de bouffon pathétique, Anselmo enchaîne pantalonnades inintéressantes (Walk through exits only) et lamentables provocations d’alcoolique.

Choosing Mental Ilness As Virtue ne change pas la donne. Les dix morceaux de cette mascarade sont lamentables. Incohérent du premier au dernier morceau, ce second album prouve l’incapacité d’Anselmo à composer de la musique. Les riffs tournent à vide et Phil vocifère comme un veau en phase terminale. Nous sommes loin de l’époque où il chantait avec talent et conviction « Cemetary gates ». Plus l’album se déroule, plus l’écoute devient un calvaire. Le point de non-retour est atteint avec l’abominable « Deliquent » et son refrain indigent. Quatre minutes, vingt sept secondes de douleur… La suite est du même tonneau : à oublier. A l’image de sa très laide pochette, Choosing Mental Ilness As Virtue amène l’auditeur au bord de la folie et risque de ne marquer que les esprits les plus masochistes.

Choosing Mental Ilness As Virtue est un album raté ! Même si Phil Anselmo reste digne sur les derniers excellents E.P de Down, il est effrayant de constater l’inexorable descente aux enfers de cet acteur incontournable de la scène ayant joué sur plusieurs chefs d’œuvre du genre (Nola, Vulgar display of power…).

Nico (2/10)

Site Officiel : https://www.facebook.com/Philipillegals

Season Of Mist/2018

01. Little Fucking Heroes 02. Utopian 03. Choosing Mental Illness 04. The Ignorant Point 05. Individual 06. Delinquent 07. Photographic Taunts 08. Finger Me 09. Invalid Colubrine Frauds 10. Mixed Lunatic Results

Bienvenue à la réunion des amateurs français d’albums instrumentaux hard-rock métal, mélange subtil entre virtuosité et sens imparable de la mélodie. Ok, nous ne sommes que cinq dans tout le pays mais cela fait plaisir de nous retrouver ici dans cet espace virtuel. Rendons grâce à Alessio Berlaffa et à son label Lion Music qui ont initié cet événement en publiant ce nouvel album, Electric Mist.

Berlaffa a commencé à jouer de la guitare au début des années 90 en autodidacte et se forme progressivement aux principales techniques en écoutant les maîtres Eddie Van Halen, Paul Gilbert pu encore Steve Vai. A partir de 2003, il intègre les rangs de DOOMSWORD, groupe de heavy metal transalpin, et enregistre deux disques. Depuis, il poursuit une carrière d’enseignant et se lance dans la carrière solo avec ce premier opus.

Electric Mist se présente sous la forme d’un album instrumental concept évoquant la grandeur et la majesté de la Nature qui nous entoure. Toutes les compositions sont liées entre elles et prennent la suite l’une de l’autre avec grâce et naturel. Notre ami italien a choisi la modestie et déploie son talent à travers des titres courts et calibrés autour des quatre minutes. Il évite ainsi d’ennuyer l’auditeur par de longues plages stériles et démonstratrices. La guitare joue bien entendu un rôle central et prépondérant mais Berlaffa a travaillé consciencieusement chacune de ces chansons pour leur apporter de l’épaisseur et de la variété.

Il aborde ainsi de nombreux styles, du hard rock typé années 80 aux sonorités « ambient » en passant par des touches progressives et AOR. Le choix de la simplicité a primé, les différentes mélodies se mémorise aisément et n’agressent pas l’auditeur. L’ambiance générale s’avère plutôt douce et heureuse. Que ce soit à la guitare électrique ou encore à l’aide d’une guitare sèche, Alessio Berlaffa affiche un très joli savoir-faire et une technique solide. Pour mener à bien son projet et obtenir la qualité d’interprétation souhaitée, il a su s’entourer d’une fine équipe. Mentionnons la présence d’Alessandro Del Vecchio pour un solo à l’orgue Hammond par exemple.

Dans l’ensemble, Electric Mist se laisse facilement dompter et vous caressera avec entrain les oreilles. En quarante minutes la messe est dite et vous ne verrez pas le temps passer. Les titres s’enchaînent sans temps morts et affichent une palette très large de styles et de couleurs évitant tout ennui prématuré. Alessio Berlaffa fait ici une entrée remarquée dans le monde des guitar heroes et possède un joli potentiel.

Oshyrya (08/10)

 

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Lion Music / 2018
Tracklist (39:58 mn) 01. Overture: Into the Mist 02. Big Sky 03. Seasons 04. Sunrise & Sunset 05. Echoes of my Land 06. Electric Mist 07. As the River Flows 08. Elements 09. Down to Earth 10. Way to the Sun 11. Electric Rain

 

 

Machine Head – Catharsis

J’ai découvert Machine Head avec le clip de « From This Day ». Vous vous souvenez, Dave McClain et sa teinture léopard, Robb Flynn en jumpsuit et avec une coiffure de virus du SIDA… Le premier album du diptyque Nu Metal, principale cause de descente d’organes chez les fans inconditionnels de Burn My Eyes. Puis il y a eu Supercharger, LA galette qui m’a définitivement scotché, qui a propulsé la bande à Robb au sommet de mes groupes préférés de l’époque. Et paf, le doigt dans l’engrenage, la découverte tardive des premiers méfaits du groupe, puis Through The Ashes of Empires en guise de retour à du « vrai » Machine Head, une belle ascension sur quelques albums avant la déconvenue Bloodstone And Diamonds. Machine Head était tombé bien bas. Le groupe allait-il trouver les ressources nécessaires pour taper du pied au fond de la piscine et revenir à la surface ?

J’ai rarement été aussi déçu par un groupe. Vraiment. J’ai beau me raccrocher à un riff ou une mélodie ici et là, j’ai du mal à concevoir que cet album est bel et bien une galette de Machine Head. Enfin, si, c’est une galette de Machine Head, mais en mode « concentré de tout ce que nous avons fait de pire » agrémenté de quelques pincées de fausses bonnes idées. En quinze titres et plus de 70 minutes, Robb a su cristalliser tout ce qui polarisait les fans du groupe : morceaux trop longs et peu inspirés, bouffées de Nu Metal avec chant rappé (putain Robb, on est en deux mil putain de 18, t’es pas Jon Davis, tu ne sais pas pondre du Nu Metal encore pertinent… pour autant que le Nu Metal soit encore pertinent), poussées geignardes, grognements pseudo-menaçants (comme sur « Trephination », mais avec quelques balais en plus et beaucoup moins de conviction).

You’re gonna watch me crumble

Robb, tu crois pas si bien dire. Je peux compter sur les doigts d’une main de Hollandais victime d’un accident de feu d’artifice le nombre de morceaux dignes d’intérêt. Et encore, quand je dis « digne d’intérêt », je ne parle même pas d’un morceau entier, mais plutôt de bonnes idées qui auraient mérité d’être utilisées différemment. « Volatile », par exemple. Si on fait abstraction des trois premiers mots des lyrics, cet opener tient la route… jusqu’au refrain ou Robb beugle comme un veau qui se serait coincé les couilles dans une porte d’étable. Ou « Kaleidoscope » après son entrée en matière sur fond de claquements de mains… Ca tient presque la route, malgré le refrain pas forcément mémorable et l’ajout de violons (nan, mais c’est une manie, ces putains de violons). Le reste est un naufrage, avec un frontman quinqua qui balance des « fuck the world » et des « middle fingers in the air » comme un ado attardé. C’était déjà ridicule à la fin des nineties, ça en devient clairement pathétique.

Vous me direz que je suis dur, qu’il faut être ouvert d’esprit, qu’il faut respecter l’audace d’un groupe qui ose se remettre en question, explorer de nouvelles voies… Et je respecte cette orientation. Je respecte cette volonté de Machine Head de ne pas s’enfermer dans un carcan rigide. Mais par cette audace, le groupe expose le flanc aux critiques, et il doit à son tour accepter que tout le monde ne se secoue pas la verge jusqu’à l’explosion séminale à l’écoute de cet album médiocre. Oui, cet album est médiocre. Entre un « Beyond The Pale » et sa resucée du riff d’entrée de « Love ? » de SYL, un « Bastards » qui ajoute une touche celtic punk improbable et mal maîtrisée à l’album, un « Triple Beam » qui pue la B-side coupée au montage de Supercharger et l’obligatoire intermède « larme à l’œil » – malheureusement bien pauvre – sur l’enchainement « Behind A Mask » – « Heavy Lies The Crown » (et je ne soufflerai même pas un mot sur les purges que sont « Eulogy » et « California Bleeding »), il n’y a pas grand-chose à sauver.

Il y a quelques années déjà, j’avais évoqué la théorie des diptyques Machine Head. Burn My Eyes – The More Things Change formaient la première paire, deux bonnes baffes dans la gueule. Puis The Burning Red et Supercharger, le duo Néo. Ensuite TTAOE et The Blackening, le retour en force. Unto The Locust et Bloodstones & Diamonds formaient, selon moi, le diptyque « grandeur et décadence ». Si ma théorie se vérifie, Catharsis est le premier volet d’une douloureuse période de disette pour les fans du groupe.  Rendez-vous dans quelques années pour vérifier si cette théorie tient la route. Pour autant que le groupe parvienne encore à nous convaincre de jeter une oreille à leurs prochains méfaits.

Mister Patate (Smash All Your Sacred Cows/10)

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Nuclear Blast Records / 2018
Tracklist (74:17) 1. Volatile 2. Catharsis 3. Beyond the Pale 4. California 5. Triple Beam 6. Kaleidoscope 7. Bastards 8. Hope Begets Hope 9. Screaming at the Sun 10. Behind a Mask 11. Heavy Lies the Crown 12. Psychotic 13. Grind You Down 14. Razorblade Smile 15. Eulogy