Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Seth – La morsure du Christ

Dès 1998 et leur premier opus, Les blessures de l’âme, les Bordelais de Seth ont marqué les esprits. Avec cette collection de titres quasi parfaite, le quartet a tout de suite trusté les cimes du black-metal. Si les albums suivants restent dignes (en particulier L’excellence et Divine-X), le groupe s’embourbe dans des problèmes de line-up et peine à retrouver le sublime de son chef-d’œuvre initial. Après un hiatus de 10 ans, le groupe revient avec le surprenant The howling spirit, célèbre en concert les 20 ans des « blessures » et en annonce une suite directe : La morsure du Christ.

Dès le premier titre, Seth nous plonge dans une ambiance délicieusement blasphématoire. « La morsure du Christ » pose la thématique et l’ambiance qui suivra tout au long de l’album. Noire, implacable, sans retour, mais bien plus subtile qu’il n’y paraît. Les choses sérieuses commencent avec « Métal noir » qui embrase l’auditeur par ses paroles et une exécution musicale hautement qualitative.

Seuls membres d’origine, Alsvid (batterie) et Heimoth (guitares) ont bien préparé leur coup. Le nouveau line-up composé d’ex-membres de Glorior Belli, Wormfood ou encore Loudblast, a tout pour réussir. Niveau musical, c’est du solide et ça s’entend. Si nous mettrons en exergue les talents de Pierre Le Pape à distiller ambiances déliquescentes et respirations bienvenues, c’est sans compter la présence de Saint Vincent qui se révèle être, au fil de l’album, un vocaliste réellement habité.

La suite de l’album continue sur cette lancée. « Sacrifice de sang », « Ex-Cathédrale » et l’exceptionnel « Hymne au vampire (Acte III) » subliment la musique de Seth avec talent et conviction. Il s’agit de classiques immédiats qui rivalisent sans peine avec les morceaux phare d’antan. « Les océans du vide » et « Le triomphe de Lucifer » clôturent l’affaire avec brio.

La morsure du Christ, nouvelle pierre à l’édifice de Seth, est un grand album. Une œuvre que l’on s’impatiente déjà de voir sur scène. Une collection de morceaux qui resteront, au même titre que ceux des Blessures de l’âme, comme le pinacle du black-metal hexagonal.

Nico (9,5/10)

Site Officiel : https://innomineseth.fr

Season Of Mist-Les Acteurs de l’ombre /2021

01. La Morsure du Christ 02. Métal Noir 03. Sacrifice de Sang 04. Ex-Cathédrale 05. Hymne au Vampire (Acte III) 06. Les Océans du Vide 07. Le Triomphe de Lucifer

Vreid – Wild North West

En 2021, être musicien n’est pas forcément la panacée. Si les concerts ne se font que par le biais de live stream, les sorties d’albums continuent de s’enchaîner à un rythme respectable. Pour se démarquer, il faut être aventureux. Avec son neuvième album, Vreid propose une sorte de concept album (couplé à un moyen métrage) nous faisant voyager au cœur d’un univers froid et noir, le Wild North West.

Pas de doute, le quatuor reste dans la lignée de ses derniers albums. Vreid continue d’infuser metal noir et influences plus rock’n’roll. Dès le titre introductif (et éponyme), la messe est dite. L’auditeur n’est pas désarçonné ; il est en terrain connu. Les riffs sont efficaces, les mélodies accrochent l’oreille. La suite est du même tonneau.

« Wolves at sea » est méchant, « The morning red » montre que les Norvégiens ne manquent pas d’ambition, « Spikes of god » renoue avec les racines originelles, en plus d’être le morceau phare de cette nouvelle collection. Et le surprenant (de par son break presque funky) « Into the mountains » confirme notre idée que tous les morceaux de black-metal comprenant le mot « Mountains » ne peuvent pas être mauvais.

Un seul bémol : la production aurait mérité d’être un peu plus incisive.

Rien de grave au final, car Wild North West s’avère être un album accessible (« Dazed and reduced ») qui sera une belle porte d’entrée pour le néophyte et rassurera le connaisseur sur la bonne santé du quatuor norvégien.

Nico (8/10)

Site Officiel : https://vreidsom.bandcamp.com/

Season Of Mist /2021

01. Wild North West 02. Wolves at Sea 03. The morning red 04. Shadows of Aurora 05. Spikes of God 06. Dazed and reduced 07. Into the mountains 08. Shadowland

Evile – Hell Unleashed

Evile, toujours à la pointe du retro thrash metal des années 1980, n’a pas rangé aux oubliettes son amour inconditionnel de Metallica, les ex Metal Militia (ça ne s’invente pas) remettent le couvert en 2021.
Après huit de silence discographique, le combo britannique repart animé des mêmes intentions qu’auparavant : asséner des compos thrash à l’ancienne, forcément survitaminé et rapide, avec en guise de concession à la modernité une production en béton.

Ce cinquième album se révèle de ce point de vue sans surprise. La production est au poil, la section rythmique tabasse comme il se doit dans le style énergique, mais le chant laisse lui une impression un poil à désirer. Le guitariste Ol Drake prend le relais de son frangin au chant. Un chant abrasif, monotone, qui se révèle sur la longueur être le maillon faible des compositions du groupe. Alors que le reste du groupe varie les tempos, sort des solis de guitare relevés, Ol Drake reste imperturbable dans un seul registre qui est un poil ennuyeux. Rendez nous Matt, les gars, soyez raisonnables…

Cela dit on peut aussi s’interroger sur le choix du groupe de se cantonner dans une seule direction, en proposant des compositions qui se situent dans une même formule, avec des accélérations qui surgissent toujours de manière prévisibles (même si toutefois il faut accorder a Evile une certaine efficacité dans l’exécution).

L’invitation du comédien Brian Posehn qui chante sur le titre  » Gore  » n’apporte pas grand chose à l’affaire. Pas plus que la reprise du titre de Mortician, Zombie Apocalypse qui ne sort pas du lot.
C’est un tantinet dommage après tant d’années de revenir avec un album solide mais qui ne passe pas le cap de l’exceptionnel. De la à se demander si le groupe n’aurait pas fait le tour du rétro thrash, et qu’engoncé dans son costume de fan de Metallica des années 1980, il se retrouverait un peu coincé.

Hamster (6,5/10)

www.facebook.com/evileuk

Napalm Records, 2021
01. Paralysed 02. Gore (Brian Posehn) 03. Incarcerated 04. War Of Attrition 05. Disorder 06. The Thing (1982) 07. Zombie Apocalypse (reprise Mortician) 08. Control From Above 09. Hell Unleashed