Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Ecr. Linf – Belluaires

Le black metal hexagonal est reconnu à travers le monde. Au fil des ans, d’Anorexia Nervosa à Blut Aus Nord, le savoir-faire « made in France » s’est considérablement développé. Un nombre incalculable de formations œuvrent pour la cause du metal noir. Dans cette masse, il est difficile de se distinguer. Pourtant, à l’écoute de Belluaires, nous devinons qu’Ecr. Linf (comprendre « écraser l’infâme », en référence à Voltaire) a tous les atouts pour faire la différence.

Ecr. Linf annonce d’emblée la couleur. « Le désespoir du prophète » est grandiloquent, quasi cinématographique. Le groupe exécute sa partition au millimètre. Il connaît tous les codes du black metal : riffs et mélodies entêtantes, voix d’écorché, batteries percutantes. Ici, tout est grand et puissant (« Le royaume du vide »). Normal, le line up n’est pas né de la dernière pluie. Composé de membres de Demande à la poussière, d’ex Svart Crown, de musiciens participant aux concerts d’Igorrr, Ecr. Linf possède une assise musicale maîtrisée.

« Tribunal de l’âme » est le morceau le plus frénétique tandis que « La danse des crânes » surprend avec son accordéon. Du même acabit, la suite déroule du câble au kilomètre.

Au pire, nous pourrions trouver cela trop propre, mais puisque le talent et une personnalité en devenir sont bien présents, nous passerons outre. Belluaires est cohérent ; une suite logique de titres vers lesquels nous ne manquerons pas de revenir.

Nico (8,5/10)

Site Officiel : https://www.facebook.com/Ecr.LinfOfficiel

My kingdom Music – Source Atone /2023

01. Le désespoir du prophète 02. Tribunal de l’âme 03. La danse des crânes 04. Missive 05. Le royaume du vide 06. Ultime projection 07. Valetaille 08. Feu pâle

Dirty Black Summer se définit comme un groupe de Blackened 90’s Rock du sud de la France Depuis trois ans, la formation a écumé les routes et s’y est forgé une solide réputation live en délivrant un post-grunge enthousiasmant.

Mais visiblement avec Dirty Black Summer, rien n’est simple. A peine ce premier album sorti, le groupe annonce que : « Pour des raisons internes et personnelles au groupe, nous avons pris la décision de mettre Dirty Black Summer dans un hiatus indéterminé… ».

Une décision surprenante car Gospel of your sins possède tous les attributs d’une réussite : une personnalité affirmée,  des influences de qualité, un potentiel et un savoir faire que l’on devine à chaque minute écoulée (Jb Le Bail, Igorrr, ex Svart Crown est aux commandes).

Dirty Black Summer annonce la couleur d’entrée avec « All saints » ; une musique noire qui nous replonge dans les nineties où il n’était pas rare d’entendre un Alice in Chains ou un Soundgarden à la radio. Le quintet connaît sa partition sur le bout des ongles : riffs plombés, voix ténébreuse et mélodies irrésistibles sont au programme. La suite embraye sous un déluge de guitares (« Love funeral ») mêlant deux ambiances ; une tambouille rock grunge et gothique qui n’aurait pas fait tache sur la bande originale du film « The crow ».

Dirty Black Summer se paye le luxe d’enchaîner les brûlots (notre préférence ira vers « Black Pills & Death Mask » et au poignant titre éponyme) jusqu’au solide « Last confession » qui clôture ce premier long format prometteur. En espérant qu’il ne s’agisse pas du dernier.

Nico (9/10)

Site Officiel : dirtyblacksummer.bandcamp.com

Nova lux production /2023

01. All Saints 02. Love Funeral 03. Black Pills & Death Mask 04. Toxic Boy 05. At The Devil’s Night 06. Gospel Of Your Sins 07. Spit On My Grave 08. Belladonna 09. Nothingness 10. Last Confession

Eihwar – Ragnarök

Putaing cong, ils ont définitivement pété un boulard chez Season Of Mist. À croire que vivre à Marseille est devenu tellement déprimant qu’ils se sont mis à rêver du Nord. Et au lieu de simplement se faire une coloc’ avec Listenable dans le 5-9 (ou le 62, c’est pareil), ils ont signé Eihwar.

Eih-qui ? Eihwar, par Thor, straight outta Toulouse, la plus scandinave des villes françaises. Le Heilung low-cost du Puy du Fou, un duo dont la musique est pompeusement estampillée « Viking War Trance » alors que son énergie ferait passer Amon Amarth pour du Agoraphobic Nosebleed.

Odin, que c’est pauvre ! Les compos sont aussi lisses que l’armure de cosplay du Jean-Leif qui leur sert de grogneur, n’en déplaise au chargé de comm’ du Hellfest qui nous annonce « un mélange hybride pour une transe chamanique muant la Temple en dancefloor ». Le seul truc un tant soit peu subversif de ce projet, c’est le blackface de la chanteuse attifée en Bullerskydd (59,99 EUR au rayon couvertures d’Ikea, plaid effet fourrure garanti 100 % polyester sans souffrance animale). Elle va être belle, la Temple en plein aprèm, avec une horde de wannabe Ragnar qui ondulent du kilt en lampant de la Kro tiède dans leur corne en résine made in China pour séduire une Valkyrie (et comme le dit le proverbe : « Valkyrie, à moitié dans ton lit »). Le genre de spectacle à vouloir se faire crever les yeux par Hugin et Munin (les corbeaux d’Odin pour les non-initiés, histoire de rester dans le thème).

Ragnarök fait l’effet d’un spectacle cheapos dans un parc d’attractions pseudo-médiéval : on voit toutes les ficelles, on sent l’odeur plastique du « vrai cuir » des armures, les épées et les haches sont aussi émoussées que les compos poussives.

Season Of Mist avait déjà « l’original » dans ses artistes avec Heilung, les Phocéens viennent ajouter une pâle doublure qu’on nous survendra à gogo dans les fests comme « la sensation Viking » de 2024. Une belle leçon de marketing cynique de la part d’un label qui nous avait habitués à tellement mieux (et à Gronibard) par le passé. Ni énergique, ni dansant, Ragnarök est une musique d’ascenseur vers le Valhalla pour des cosplayers du froid transis depuis la fin de Vikings.

(skål/10)

Facebook officiel

(Season Of Mist / 2023)
Tracklist (45:36) 1. Berserk 2. Fenrir 3. Ragnar’s Last Raid 4. Ragnarök 5. Skjaldmö 6. The Feast of Thor 7. The Forge 8. The New Vikings 9. Valhalla 10. Yggdrasil’s Renewal