Archive for novembre, 2009

Ensiferum – From Afar

C’est un album admirable que ce quatrième opus des finlandais Ensiferum. Un album dense et fouillé qui nécessite une bonne dose d’écoutes pour être appréhendé à sa juste valeur. Nul doute que l’auditeur risque de se sentir un peu submergé par les informations, une fois la douce –et longue- introduction acoustique passée, et le titre éponyme lancée à toute vitesse. From afar démarre en effet très fort et plonge d’emblée l’auditeur dans une folle épopée, épique, pour ne pas dire symphonique, ou chaque morceau déploie une richesse assez dingue et varie les changements de rythme.

Un album long, un album dense, disais-je, dont la longueur et la densité pourront d’ailleurs être rédhibitoires pour les auditeurs les moins réceptifs à la musique du groupe. Pour les autres…un pur plaisir. Le travail d’Ensiferum sur ce nouvel opus ne peut qu’être loué tant les morceaux sont fouillés et efficaces. Le mélange des instruments folk, l’omniprésence du clavier, les guitares Death mélodique avec leurs riffs rapides et tranchants, l’alternance des chœurs, du chant Death, du chant clair déploie quelque chose de guerrier, d’épique, et de festif par moments. Un gros travail de composition, pour des compos qui vont faire leur effet en live « From afar », « Twilight tavern » par exemple risquent de faire très mal dans le pit et de mettre une ambiance du tonnerre- .

Non vraiment, tout y est, From afar ne se résume pas à un simple Viking Metal, mais va beaucoup plus loin, en s’aventurant dans des contrées plus Heavy, comme sur « Heathen throne » par exemple. On se sent réellement happé par cet univers qu’arrive à créer le groupe, à l’image d’une bande originale de film. Il faut dire que la dimension symphonique est très développée sur cet album, qui d’autre part est très homogène, bien qu’Ensiferum varie les plaisirs en proposant des morceaux tous un peu différents. Le travail sur les orchestrations, les chœurs notamment, est excellent et apporte une grande profondeur à l’ensemble.

Ce qui fait de From afar un grand album ? Cette capacité du groupe à nous proposer des compositions si riches, et qui pourtant font appel à tant d’éléments, que ce soit concernant les vocaux, mais aussi les différents instruments utilisés –quoique la proportion d’instruments folk est à la baisse-. Tout se marie à merveille, s’imbrique naturellement, et coule de source, lisse, sans défauts, c’est pourquoi les morceaux passent si bien et sont si agréables à l’écoute –même quand le groupe se permet un solo de banjo suivit d’un excellent solo de guitare dans un « Stone cold metal » à l’ambiance western !-. Ensiferum à le talent nécessaire pour alterner, au sein d’un même morceau et en quelques instants, les passages très rapides avec un chant écorché et des guitares tranchantes aux passages calmes à base de choeurs et de flute, pour d’un coup rebondir sur une tonalité festive et épique, et tout cela sans créer le moindre décalage. Impressionnant, tant cela leur semble facile. Une vraie leçon pour qui aime ce style de musique et le pratique.

Du haut niveau qui place, qui confirme devrais-je dire, Ensiferum en leader de la scène Viking/Folk finlandaise. Chapeau !

Sheol (8,5/10)

 

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Spinefarm Records – Replica / 2009

Tracklist (56:43 mn) 01. By the dividing stream 02. From Afar 03. Twilight tavern 04. Heathen throne 05. Elusive reaches 06. Stone cold metal 07. Smoking ruins 08. Tumman virran taa 09. The longest journey

Dark Age – Acedia

Dark_Age_-_AcediaDark Age a eu des difficultés pour lancer Minus Exitus, son précédent album, sorti en 2008 alors que l'album était prêt dès 2006. Pour ne pas perdre l'effet de leur « retour » ils se sont rapidement remis à composer pour proposer en cette fin d'année 2009, leur sixième full-lenght en dix ans.
Dark Age avait connu un succès d'estime en 2004 avec son album éponyme et n'avait pas forcément récolté tout le mérite avec Minus Exitus.
Acedia perpétue le death mélo modernisé mis en branle précédemment avec des riffs doublés par des samples.
L'ennui est que Acedia ne décolle jamais, il navigue entre metal et aspect rock où le chant death peu hargneux se joint au très présent chant clair mainstream.
Les allemands s'assagissent de plus en plus, il conserve et perfectionne leur propre son, une prod un peu surfaite et sans âme véritable. 
J'ai la désagréable sensation que Dark Age se rapproche de la scène  où l'on retrouve Sonic Syndicate, un truc qui claque bien grâce à une basse bien présente mais qui évite de trop écorcher les oreilles des plus jeunes.

Alors certes, l'expérience des allemands leur permet d'amener leur musique là où il le souhaite mais la clientèle ne devrait pas s'y tromper, il y a comme un air d'opportunisme là dessous.
Ce ne sont bien évidemment ni les premiers, ni les derniers qui arpenteront ce chemin sinueux, après tout c'est à la mode, le soucis provient surtout du fait qu'Acedia est peu intéressant. C'est un flot continu de morceaux hésitant entre le côté virulent apporté par les rythmiques et le saupoudrage de douceur rock assez pauvre.
Cet opus se déroule péniblement sans laisser de souvenir impérissable. Alors que pour Minus Exitus, j'écrivais qu'il « mérite et doit bénéficier de plusieurs écoutes pour bien cerner la finesse et la grande tenue des compositions. ». Ici il est bien difficile de s'enchaîner les écoutes car Acedia ne donne pas vraiment envie de s'y perdre.

Clayman (05/10)

www.facebook.com/darkage

www.dark-age.de

AFM Records / 2009

Tracklist (:) 1. Kingdom Nevercome 2. Devote yourself to nothing 3. Neon Gardens 4. Snake of June 5. Zeitgeist (Ghost in a Machine) 6. 10 Steps to Nausea 7. Halo Meridian 8. Underneath these Burdens 9. All the Unfullfilled 10. Babylon Riots 11. Myself heretic 12. Vampyre

 

Pour prendre le contrepied du slogan célèbre, WHYZDOM où le groupe que l'on adorerait aimer… Il s'agit d'une formation de métal symphonique français, avec chant féminin et ce n'est pas si courant dans nos contrées. Rappelons que le groupe a été fondé en 2007 par Vynce Leff, l'un des guitaristes. Il recrute rapidement des musiciens pour l'entourer, dont Telya Melane, la chanteuse. Ils proposent, dès l'année suivante, un premier EP Daughter of the Night qui reçoit un beau succès d'estime. Cette fin d'année est marquée par la sortie de leur premier album, From The Brink Of Infinity sur le label britannique Ascendance Records. Notons que WHYZDOM continue à engranger de l'expérience sur scène. Ils ont assuré la première partie des néerlandais de DELAIN et ont participé également au Metal Female Voices Fest.

Avec cet album on rentre dans le grandiloquent, chœurs puissants, orchestrations à foison. Le groupe déploie progressivement sa toile, rythmiques de plomb, riffs puissants et chant tantôt percutant tantôt lyrique. Le titre avance et malheureusement le soufflé retombe inexorablement. Le groupe varient les ambiances et les orchestrations mais on perd en cohérence, il manque un fil conducteur. L'introduction ici et là d'un chant hurlé n'apporte pas grand chose (« The Witness », « Daughter Of The Night part II »…). Ce schéma se répète titre après titre. Les thèmes développés sont souvent assez intéressants mais l'habillage laisse à désirer. On se noie désespérément dans un enchevêtrement de couches instrumentales et d'ambiances différentes De plus, les mélodies vocales sont aussi parfois ratées, trop basiques pour être efficaces (« The Train » ou « The Seeds Of Chaos »).

Pffff… qu'il est difficile de chroniquer cet album… On sent le potentiel des français. Prises individuellement, les prestations de chacun des membres de WHYZDOM sont réussies, cela joue vite et plutôt bien techniquement mais, pour poursuivre ma métaphore culinaire, trop d'ingrédients viennent enrichir la sauce jusqu'à l'écœurement. N'est pas THERION qui veut. Les français ont semble-t-il fait preuve d'une certaine démesure. Un sentiment de malaise envahit l'auditeur devant les efforts et l'énergie déployés vainement par WHYZDOM… Certaines séquences sont réussies, mais cette étincelle disparait rapidement.

Un p… de gâchis il me semble. Mettons cela sur "la jeunesse" du groupe qui ne compte tout de même que 2 ans d'existence. Pour paraphraser un manufacturier de pneu, "sans contrôle, la puissance n'est rien".

Oshyrya (5,5/10)

 

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Ascendance Records / Innovative Promotion – 2009

Tracklist (65:09 mn) 01. The Witness 02. The Train 03. Everlasting Child 04. The Power And The Glory 05. Freedom 06. Escaping The Ghosts Of Reality 07. Atlantis 08. The Old Man In The Park 09. The Seeds Of Chaos 10. Daughter Of The Night part I 11. Daughter Of The Night part II 12. On The Wings Of Time