Archive for novembre, 2009

Suicide Silence – No Time to Bleed

suicidesilence-notimetobleedDans ce grand merdier qu’est devenu la catégorisation des groupes, Suicide Silence remporte la palme de l’extrême. Double sens, attention, puisque le groupe a tenté de mélanger le plus de styles possibles, tout en restant, je vous le donne en mille, dans le domaine le plus extrême et le plus rentre-dedans que peut engendrer notre très chère musique. 
Grindcore, death mélodique à l’américaine, à la suédoise, brutal death, metalcore… Ce mélange pourrait résonner comme une grosse blague si le groupe californien ne nous mettait pas une énorme claque dans la gueule avant même qu’on ai eut le temps de songer à sourire.
Si en 2007 avec The Cleansing, son premier album, le groupe avait pu nous prendre par surprise et nous en foutre plein la tronche sans qu’aucune riposte ne soit envisageable, No Time to Bleed était attendu au tournant. Nos oreilles étaient prêtes, notre nuque échauffée, et surtout les critiques était toutes prêtes pour accueillir ce skeud qui a la lourde tâche de succéder à une des meilleures révélations de ces dernières années !
Prêts ou pas, on ne peut que hocher la tête d’un air entendu sur le tube grind qui ouvre l’album. Wake Up est là pour nous en foutre plein la vue avant de laisser place à l’alchimie si particulière du reste de l’album. Le groupe n’a rien perdu de son tranchant, ce qui est une très bonne nouvelle tant on avait aimé se faire lacérer les oreilles par la brutalité aiguisée de The Cleansing. Ici le son est toujours aussi percutant, aussi floridien dans l’âme, aussi précis dans sa logistique dévastatrice (avec Machine aux manettes pour la production, forcément…) mais il gagne une subtilité d’une conséquence assez épanouissante.

Le groupe semble plus conscient de son propre style, plus mature dans sa violence, plus serein au niveau de ses influences. Ainsi les morceaux développent une atmosphère plus concrète qui culmine en quelque sorte dans une composition complètement fantastique intitulée …And Then She Bled, un véritable condensé de violence basé sur un instru accompagné de samples de films d’horreurs qui dépose devant nos yeux ébahis une ambiance assez phénoménale et suffocante en plein milieu de l’album. 
Dans sa globalité, cette nouvelle production tant attendue nous permet de mieux cerner ce qui nous est envoyé en pâture, des breaks mélodiques posés qui sonnent à la Hypocrisy des très bons jours aux blasts grind qui viennent s’emmêler autour de chorus façon metalcore sous amphétamine ; on sait au moins à quoi s’en tenir et cela fait du bien.

La section rythmique est toujours aussi incisive dans son son et sa précision, le chant de Mitch Lucker est toujours aussi puissamment équilibrée entre des passages d’un grind moderne plutôt excellent et des passages brutal death qui nous rappellent ces racines américaines si impressionnantes… On ne se lasse pas de réécouter cet album qui vient nous révéler de nouveaux degrés de violence à chaque écoute. Si The Cleansing nous avait fait découvrir un jeune groupe dont on attendait énormément, No Time to Bleed vient simplement nous montrer que nos attentes n’étaient pas encore assez hautes de l’avis du groupe, et que Suicide Silence est bel et bien là pour nous mettre de vraies bûches dans la tronche pendant quelques temps !

Necrogunslinger (08/10)

www.suicidesilence.net

www.facebook.com/suicidesilence

Century Media / 2009
Tracklist (37:45) : 01. Wake up 02. Lifted 03. Smoke 04. Something invisible 05. No time to bleed 06. Suffer 07….And then she bled 08.wasted
09. Your creations 10. Genocide 11. Disengage

 

69_chambers2009Peu d’écoutes suffisent pour pouvoir affirmer que 69 Chambers a de gros arguments en sa faveur. Ce trio Rock/Metal à en effet tout pour plaire au plus grand nombre : outre un leader charismatique en la personne de la charmante Nina Treml, chanteuse guitariste « couillue » par ses riffs puissants et catchy, et femme fatale par ses vocalises angéliques, le groupe suisse peut se targuer de sortir un premier album en béton, avec une production made in Hell de Tommy Vetterli (Coroner, Kreator…). Un son puissant et clair, des compos efficaces et rapidement mémorisables, des lignes de chant Popisantes qui ne sortent plus de la tête, et qui font le contrepoint de guitares très Metal, une section rythmique solide, bref, tout y est. Et ce qui pourrait être le petit plus du groupe, ce qui pourrait lui permettre de se démarquer un tant soit peu des autres groupes du même acabit, est justement cette virilité au niveau du son de guitare et du riffing d’une lourdeur définitivement Metal, qui s’acoquine à la féminité apportée par le chant de Nina Treml.

C’est d’ailleurs la chanteuse-guitariste qui est très largement mise en avant dans la promotion du groupe – je ne parlerai pas de la cover de l’album qui est assez démonstrative de ce fait, la fiche de présentation du label en oublie quant à elle carrément les autres membres du groupe et joue a fond la carte Nina Treml en en faisant ses louanges en long en large et en travers à grand renforts de repères biographiques…- à juste titre finalement car la belle est l’atout majeur du groupe, soyons honnête. Mais n’oublions pas que les deux autres musiciens font partie intégrante du résultat, et qu’ils exécutent leur tâche avec justesse et maitrise. Cela dit, « War on the inside » commence très fort avec de très bons titres, et se défend plutôt bien sur la longueur d’un point de vue qualitatif. Je regrette toutefois que l’album perde un peu de sa saveur sur la fin, en devenant plus mou et en faisant la part belle à la dimension Pop.

Une grosse partie des titres présents sur ce premier album ont un potentiel commercial certain, mais la seconde partie de l’album perd un peu de ses couilles si je peux me permettre, ce qui atténue l’enthousiasme induit par les premiers titres. Avec des titres comme « Wind feeds fire », «Dead letter office », l’album perd un peu de son intérêt dans la mesure ou il se glisse dans un moule commerciale, avec des morceaux un peu plus formatés, et une légère impression de déjà vu, en particulier sur les refrains. Dommage que la lourdeur des premiers morceaux disparaisse peu à peu sur la fin, que le côté Metal s’atténue fortement, et c’est tout au désavantage du groupe selon moi, car il rejoint d’un coup d’un seul une myriade de groupes jouant dans la même cour! Heureusement pour 69 Chambers, quoiqu’on en puisse dire, la qualité est belle et bien là et le potentiel reste palpable tout du long.

Sheol (06.5/10)

Site Officiel: www.69chambers.com

MySpace Officiel: www.myspace.com/69chambers

Silverwolf Productions – La Baleine – SPV / 2009

Tracklist (55:44)
1. The day of the locust 2.Bloodaxe 3. Thinking about you 4. On the inside 5. Ex nihilo 6. Return of the repressed 7. Judas goat 8. The collapse of time and space 9. Wind feeds fire 10. Dead letter office 11. Final memento 12. Automatic automata 13. A ruse