Archive for septembre, 2014

The Haunted – Exit Wounds

430597Après un Unseen plus que décevant, l’EP Eye Of The Storm avait fait l’effet d’un excellent retour aux affaires pour The Haunted, et je m’étais surpris à espérer un retour de la facette la plus brutale du groupe, la fameuse époque Made Me Do It – One Kill Wonder, quand The Haunted et Marco alignaient les mandales par paquets de 12. Voici donc le premier album de la deuxième période Marco, et j’avoue que je suis à la fois impatient et nerveux. Impatient parce que Marco, à mes yeux, assure mieux que Peter malgré son registre plus limité, mais aussi nerveux, parce qu’un EP de qualité est plus facile à réaliser qu’un album entier qui risque, tôt ou tard, de montrer une faille dans sa tracklist.

Et c’est exactement ce qu’il s’est passé avec Exit Wounds.

En guise d’opener, The Haunted frappe fort avec un « Cutting Teeth » ravageur. Le riff est bourrin, Marco se rappelle à notre bon souvenir (bon, ce n’est pas aussi percutant qu’un « Godpuppet », mais on n’en est pas si loin) et on se prend à rêver d’un album de cette trempe… mais au final, le soufflé remonte assez rapidement, laissant la place à un groupe qu’on pourrait presque qualifier de « convalescent » après son épisode expérimental. Certes, les ingrédients de l’époque One Kill Wonder sont toujours là, mais avec une force de frappe moindre, comme si le groupe se cherchait encore. Là où l’EP faisait mouche grâce à sa durée limitée, l’album sombre rapidement dans l’écueil du « coup de mou de milieu d’album », et on retiendra ici et là quelques morceaux plus nerveux, comme « My Enemy » et son solo que n’aurait pas renié Kerry King (encore un clin d’œil à la grande époque du groupe, dont le solo Slayerien de « Godpuppet » justement).

Au final, Exit Wounds s’avère donc une petite déception. J’attendais un groupe remonté à bloc et prêt à en découdre et je me retrouve face à une formation qui peine à retrouver son premier souffle après le premier assaut. Un retour aux affaires certes encourageant, mais il en faudra plus pour revenir vraiment au niveau de qualité auquel le groupe nous avait habitués à l’époque…

Mister Patate (6,5/10)

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Century Media Records / 2014
Tracklist (44:08) 1. 317 2. Cutting Teeth 3. My Salvation 4. Psychonaut 5. Eye of the Storm 6. Trend Killer 7. Time (Will Not Heal) 8. All I Have 9. Temptation 10. My Enemy 11. Kill the Light 12. This War 13. Infiltrator 14. Ghost in the Machine

Sick Of It All – Last Act Of Defiance

sickofitalllastactcdUn dixième album, déjà, pour les infatigables ricains de Sick Of It All, et toujours cette pêche, cette énergie, comme si le temps n’avait aucune emprise sur eux, comme si le hardcore était un élixir de jouvence par excellence (remarquez, quand on voit les baisses de régime de certaines autres formations du genre, on peut se dire que SOIA a développé une recette bien à eux et ne compte pas la partager). Dès l’opener, Last Act Of Defiance nous place en terrain connu, celui du NYHC, des moshpits à volonté, des gang vocals qu’on reprend en chœur à s’en flinguer les cordes vocales, des morceaux qui mettent la banane et collent un sourire indélébile aux lèvres. La recette est simple, mais Sick Of It All fait partie des rares formations qui parviennent encore, malgré l’âge et une discographie fournie, à sonner frais, à frapper juste.

D’un point de vue purement objectif, Sick Of It All n’a pas réinventé quoi que ce soit sur ce dixième opus… mais à quoi bon ? Last Act Of Defiance compte son petit lot de pépites survitaminées, tantôt rageuses (« Sound The Alarm »), tantôt plus souriantes (« Losing War » et ses woo-hoo qui rappellent « Us Vs Them », « Never Back Down » ou « DNC » et ses oï oï) mais toujours justes.

Chaque genre a ses fers de lance. Sick Of It All en fait partie pour le hardcore, et ce nouvel album vient s’ajouter à une discographie déjà foutrement efficace. Après autant d’années, toujours sonner aussi frais et honnête est une prouesse rare. Vivement une tournée pour pouvoir vivre ça en live !

Mister Patate (8,5/10)

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Century Media Records / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Sound The Alarm 2. 2061 3. Road Less Traveled 4. Get Bronx 5. Part Of History 6. Losing War 7. Never Back Down 8. Facing The Abyss 9. Act Your Rage 10. Disconnect Your Flesh 11. Beltway Getaway 12. Sidelined 13. Outgunned 14. DNC

In Flames – Siren Charms

409154Quelle mouche a bien pu piquer In Flames, autrefois un des fleurons du Death mélodique suédois (et, dès lors, du Death mélodique tout court) ? En 8 ans et depuis Come Clarity (le dernier album d’In Flames potable à mes yeux), la bande à Anders s’est lentement mais sûrement enlisée dans un Metal de moins en moins percutant, de plus en plus mainstream, et ce Siren Charms marque ici une nouvelle évolution vers un propos adouci et de moins en moins convaincant. Venant d’un groupe qui a pondu des albums majeurs comme Colony et Clayman, ce nouvel opus est une amère déception, une gifle pour les fans de la première heure.

Et pourtant, on devrait souligner la capacité du groupe à se renouveler, à oser le changement. À l’époque de Reroute To Remain, par exemple, In Flames aussi avait changé son fusil d’épaule, mais la différence entre cette époque et aujourd’hui est la maîtrise de cette mutation. Reroute To Remain, même s’il a dû secouer pas mal de fans à l’époque, restait tout de même bien efficace (c’est d’ailleurs grâce à cet album que j’ai découvert In Flames sur le tard avant de me plonger avec délice dans leurs méfaits antérieurs). Siren Charms, par contre, affiche clairement les limites du groupe, et plus particulièrement de son frontman. Dans le registre hurlé, Anders force à outrance et semble en difficulté sur chaque passage plus énervé. Pour compenser, il tente donc de privilégier un chant davantage chanté… mais si Anders était vraiment aussi bon chanteur qu’il était un bon hurleur, cet album pourrait encore faire illusion. Hélas, là aussi, il peine à convaincre et tire l’album vers le bas. Bordel, on dirait presque un Bono de troisième division sur certains passages ! Au niveau musical, on retiendra quelques soli assez convaincants et l’un ou l’autre riff plutôt appréciable… si l’on fait abstraction du fait qu’ils proviennent du même groupe que celui qui a pondu « Bullet Ride », « Pinball Map », « My Sweet Shadow » et j’en passe un sacré paquet.

In Flames a succombé aux charmes des sirènes du mainstream… et le feu sacré du groupe n’y a pas survécu. Je vais écouter Clayman et prétendre que cet album n’existe pas. The Haunted avait touché le fond avec Unseen, In Flames est tombé aussi bas avec ce Siren Charms. Espérons que, à l’instar de la bande à Marco Aro, In Flames sache tirer les leçons de cet échec et que, après avoir touché le fond, le groupe puisse donner un bon coup de talon pour remonter à la surface… parce que les fans d’In Flames méritent tellement mieux que cette galette qui lorgne plus vers le rock insipide que vers le Melodeath des débuts. Je me demande ce que ressent Jesper maintenant : la joie de ne plus être impliqué dans « son » groupe qui prend l’eau de toutes parts ou la tristesse de voir son héritage entaché par des sorties à l’intérêt plus que discutable…

Mister Patate (2/10)

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Epic Records / 2014
Tracklist (44:30) 1. In Plain View 2. Everything’s Gone 3. Paralyzed 4. Through Oblivion 5. With Eyes Wide Open 6. Siren Charms 7. When the World Explodes 8. Rusted Nail 9. Dead Eyes 10. Monsters in the Ballroom 11. Filtered Truth