Archive for septembre, 2014

Son : Très bon.

Lumières : Bonnes.

Affluence : Soutenue.

Ambiance : Bon enfant.

Moments forts : Dagoba, Kreator, Malevolent Creation.

 

Depuis 2007, le Motocultor est un festival qui ne cesse de grandir. Avec sa programmation audacieuse, éclectique et son ambiance décontractée, cette célébration du metal est devenue un rendez-vous incontournable. Pour votre site préféré, il était impossible de rater cet événement, tout comme les 17 000 personnes présentes lors de ces trois jours de fête métallique. Voici le résumé non exhaustif de cette 8e édition.

Huata_15.08 (1027)

Le site de Kerboulard nous accueille sous un torrent de pluie. Ce qui n’empêche personne d'assister au concert des doomsters de Huata. Le groupe rennais brave les éléments avec beaucoup de courage. Il nous sert sur un plateau un stoner/doom du plus bel acabit. Leur musique, raccord avec la météo, nous fait même oublier ces pénibles conditions. Ironie du sort, à la fin du concert, une bénévole commente avec justesse : « Doom fini, pluie partie ».

T.A.N.K_15.08 (49)

C'est au tour des Franciliens de T.A.N.K de nous asséner son death mélodique. Efficace, le quintet ne ménage pas son public. C'est rapide, puissant, dévastateur. Dommage qu'un incident écourte le set de quelques chansons. La formation, menée par Raf Pener (chant), ne se démonte pas et envoie tout ce qu'il lui reste d'énergie. Le public répond présent et fait honneur à ce groupe prometteur.

Copie de Havok (8)

Havok est un groupe dont la musique est ancrée dans le passé. Avec ses guitares affûtées, son chant aigu et bon nombre de mosh-part, plus aucun doute : Havok fait du thrash old-school. Le retour dans les années 80 est immédiat et le public adhère massivement. Les gars de Denver sont heureux d'être là et dispensent leur bonne humeur à qui le veut. Havok n'invente rien, mais produit un chouette concert qui fout la banane.

Mononc Serge (1099)

Changement de ton et d'ambiance avec l'arrivée sur les planches de la Dave Mustage de Mononc' Serge. Jovial et content d'être là, l'allègre Canadien nous propose ses meilleurs titres. Du cultissime « Les patates » à « L'âge de bière » en passant par « La maladie du préjugé », c'est un carton plein pour le chanteur qui, brièvement, se fait accompagner des trublions Andréas et Nicolas.

Dagoba (3)

Qu'on l'aime ou qu'on le déteste, on ne peut nier que, sur scène, Dagoba est une véritable machine de guerre. Les Marseillais le prouvent encore. Les musiciens sont au taquet (Werther à la basse en particulier) et le public le leur rend bien. Entre un Wall Of Death démesuré et une suite ininterrompue de Circle pits, l'audience finit cet épique concert sur les rotules. La sécurité (sympathique au demeurant) n'a pas chômé. Dagoba impressionne et prouve qu'il faut toujours compter sur lui.

Andreas & Nicolas (15)

C'est au tour d'Andréas et Nicolas de prendre possession de la Supositor Stage. Les deux mutins n'y vont pas de main morte. Accompagnés du fameux singe batteur et d'un coq (!) repassant le linge, Andréas et Nicolas font découvrir à un public médusé (mais amusé) les titres de leur dernier méfait : Singes du futur. Le spectacle est vif, frais, amusant. Les tubes sont repris comme un seul homme par le public répondant à un Andréas déchaîné. C'est une vraie bouffée de fraîcheur dans un monde de brutes.

Ensiferum (48)

Pas question de rigoler avec Ensiferum. Désespérément sérieux, le groupe de Markus Toivonen peine à convaincre. Malgré les efforts du bassiste Sami Hinkka pour rendre l'ensemble dynamique, le set est poussif, plat et on s'ennuie. Dommage que le souffle épique du dernier album Unsung heroes ne soit pas ici présent.

Cancer (24)

Retour vers le passé : ce premier concert en France de Cancer, groupe récemment réactivé, est une réussite. Fer de lance du death metal britannique, le désormais trio nous sert sur un plateau divers hymnes tirés de leur deux indispensables : To the gory end et Death shall rise. C'est un véritable et réjouissant come-back. Le groupe a bonne mine et ne se fait pas prier pour maltraiter nos oreilles. Un retour gagnant donc, en attendant les rééditions des deux albums pré-cités, et pourquoi pas un nouvel album.

Entombed_A (01)

Attendu comme le loup blanc, Entombed A.D. n'a pas déçu. Lars Goran Petrov a fait son boulot ; il reste le Ozzy Osbourne du swedeath qu'il a toujours été. Le reste du groupe est plus dans la demi-teinte. On regrettera les interprétations mollassonnes de « Chief angel rebel » et « Eye for an eye » pour retenir les superbes versions de « Left hand path », « Serpent speech » et même « Kill to live », tiré de Back to the front. Bilan globalement positif, mais nous sommes encore loin du Entombed de la grande époque.

Kreator_15.08 (9)

Kreator, tête d'affiche du jour, est un groupe constant. Abrupte, direct et efficace, le panzer germain concasse tout sur son passage. Rythmiques bulldozers, vocaux abrasifs de Mille, tubes mythiques (« Pleasure to kill », « Enemy of god », « Phobia »…)… Tout y est. La quintessence du thrash allemand dans toute sa splendeur. Il serait pourtant apprécié que le quatuor varie un jour sa set-list. Kreator se repose sur ses lauriers. Rien de grave, tant que c'est efficace.

Malevolent Creation_15.08 (1006)

C'est à Malevolent Creation de clôturer la journée. Brett Hoffmann et ses boys s'en tirent à merveille. Leur death/thrash evil a toujours été de qualité. Les morceaux phares sont joués (« Eve of the apocalypse », « Multiple Stab Wounds ») avec force et enthousiasme. Malevolent Creation mérite donc d'être réévalué à la hausse. Et nous terminons ce premier jour avec un excellent concert.

Nico.

Toutes les photos du Motocultor 2014 sont ici .  

Babymetal – Babymetal

Se pencher sur le cas de Babymetal n’est pas évident : entre les fanboys qui vouent au groupe une admiration sans faille qui frise la masturbation et les haters qui n’en finissent pas de déverser leur bile et de dire tout le mal qu’ils pensent de ce projet, il semble qu’il soit aujourd’hui obligatoire de choisir son camp. Ma curiosité ayant été aiguisée au fil du temps par plusieurs facteurs (notamment ces bons vieux rosbifs de Carcass qui prenaient la pose avec les filles de Babymetal au Sonisphere), je me suis penché sur ce phénomène tout droit sorti du pays du soleil levant. Je vous entends déjà, les gars : « ouais, Patate s’attaque à des ados parce qu’il sait qu’il ne risque pas de représailles ». Mouais, des pseudo-rockstars qui habitent à moins de 300 bornes de chez moi menacent aussi de me casser la gueule depuis 3 ans après une chronique, et elles ne sont toujours pas venues me rendre visite non plus.

Babymetal, donc.

Au risque de vous surprendre/décevoir, je dois reconnaître que Babymetal est une bonne surprise. Babymetal est peut-être même le coup Marketing le plus fumant depuis Ghost. Voire même depuis Slipknot, dont l’un des principaux arguments de vente était cette image de tarés dangereux. Parce que Babymetal a su à la fois saisir quelques lignes directrices du Metal pour les « pervertir » à sa façon et exploser toutes les barrières du genre en y ajoutant tout ce qui leur passe par la tête. Electro, dubstep (avec un résultat équivalant à la collaboration entre Korn et Skrillex), pop japonaise, flow rap, même une touche de reggae : rien n’est trop fou, rien n’est exclu, tout est permis. Dans un univers du Metal qui, à quelques exceptions près, tourne majoritairement en rond, Babymetal se distingue par sa liberté totale, son attitude « no limits ». En fait, à ce niveau, Babymetal a plus de couilles que la majeure partie des groupes actuels qui se contentent de reprendre les quelques ingrédients standard éculés du Metal. C’est frais, c’est osé, c’est catchy as fuck sur certains morceaux et ça, ça fait plaisir. À part Diablo Swing Orchestra, je ne vois pas quel groupe m’a autant surpris depuis au moins 5 ans.

Et pourtant, je ne comprends pas tout à fait comment on peut tant porter ce groupe aux nues. Ok, c’est super bien foutu (pas mal de groupes de Metalcore devraient en prendre de la graine, d’ailleurs), l’album contient son lot de morceaux mémorables et efficaces en diable, mais de là à faire de Babymetal un album excellent, il y a un sacré pas que je ne franchirai pas. Ainsi, certains éléments (je pense surtout à l’incursion reggae sur « 4 No Uta » ou au passage rap sur « li ne! ») auraient pu être mieux intégrés aux morceaux. Ici, ces idées affaiblissent justement ces morceaux en cassant leur dynamique. À vouloir être à tout prix original, l’album souffre donc d’un manque d’homogénéité au niveau de la qualité, et le très bon côtoie donc le très moyen.

Au final, j’aurais donc envie de me positionner entre les deux camps. Sans être parfait, Babymetal parvient à être plus convaincant que bon nombre de groupes purement Metal, et je suis persuadé que l’effet « pop » n’y est pas étranger, car ces compos sont taillées sur mesure pour être catchy et mémorables… et contrairement au Metalcore de base, elles sont originales.

Par ailleurs, ce groupe est clairement le fruit d’une opération marketing énorme (on voit aussi les efforts au niveau visuel dans les clips réalisés avec des images live, rares sont les groupes de Metal capables de proposer une telle expérience audioVISUELLE) et à la différence d’un Ghost, il a su conserver un peu plus de Metal dans ses veines… mais si on en parle aujourd’hui hors du Japon, ce n’est pas en raison des qualités musicales du groupe, mais bel et bien parce que ce groupe a eu la chance, contrairement à des centaines d’autres, de bénéficier d’un arsenal Marketing énorme. Sans ce petit coup de pouce, la déferlante Metal débridée de Babymetal n’aurait probablement jamais atteint nos côtes…

Mister Patate (5/10*)

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Universal Music Japan / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. BABYMETAL DEATH 2. Megitsune 3. Gimme Choko!! 4. Ii ne! 5. Benitsuki -Akatsuki- 6. Do・Ki・Do・Ki☆MORNING 7. Onedari Daisakusen 8. 4 no Uta 9. U.ki.U.ki★Midnight 10. Catch me if you can 11. Akumu no Rinbukyoku 12. Headbanger!! 13. Ijime, Dame, Zettai

* oui, c’est donc un point de plus que le dernier Behemoth. Vous ne rêvez pas.

Engineers – Always Returning

oshy_31082014_EngineeDepuis sept ans que je sévis dans ces pages, me voici pour la première fois confronté à un groupe appartenant à la scène dite « shoegazing ». Késako me direz-vous ? Ce terme décrit un courant musical appartenant au rock alternatif, proche du courant dream pop. Il est apparu au sud de l'Angleterre à la fin des années 1980 et se caractérise par une approche à la fois bruitiste et mélodique de la musique. Bref, nos amis d’ENGINEERS proposent une musique très accessible, douce et planante qui met l’accent sur la mélodie et une certaine légèreté.

ENGINEERS avait fait son petit effet au sein de la scène rock indé/alternative avec la sortie de son premier album éponyme en 2005. Des chansons évanescentes, toutes en subtilité comme « Home » avait alors su charmé un nombreux public. Depuis, les britanniques continuent sur le même chemin avec Three Fact Fader en 2009 et In Praise of More l’année suivante. Après un hiatus de quatre ans, les voici de retour avec ce quatrième opus, Always Returning. Après une décennie d’existence, il ne reste qu’un seul membre originel, Mark Peters, le chanteur / bassiste / guitariste et claviériste du groupe qui a su s’entourer de nouveaux camarades de jeu à partir de 2010.

Vous l’aurez compris, nous sommes assez loin ici des terres heavy-métal que nous parcourons habituellement. ENGINEERS se rapprochent par contre de certains groupes progressifs touche à tout dont nous nous délectons régulièrement. Certaines chansons récentes d’un ANATHEMA présente un son et une démarche assez proche de cette scène shoegaze. Le dyptique « Firelight » et « Distant Satellites » colle assez bien à cette étiquette. Avec Always Returning vous touchez à une horlogerie de précision, fragile et subtile. Les britanniques tissent différents voiles sonores, très doux et accessibles, sans vagie ni violence et l’auditeur peut s’immerger apaisé dans cette océan de douceur et de volupté. Les mélodies se déploient avec grâce et s’épanouissent au sein d’un rock/pop sucré et accessible. Les plus sensibles y trouveront leur compte, les autres risquent de s’ennuyer ferme.

J’ai beaucoup pensé au groupe français AIR en écoutant ce disque. La patte électroc est moins présente au profit d’une approche peut-être un peu plus rock mais les démarche sont finalement assez similaires. Si vous aimez les ambiances très calmes et atmosphériques qui ne tombe pas rapidement dans une noirceur mélancolique, ENGINEERS saura vous faire vibrer. Cette musique douce, sucrée et colorée fait beaucoup de bien en cette rentrée déprimante. Always Returning s’apparente à un bon remède fasse aux déprimes post-estivales.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Kscope / 2014

Tracklist (41:24 mn) 01. Bless The Painter 02. Fight Or Flight 03. It Rings So True 04. Drive Your Car 05. Innsbruck 06. Searched For Answers 07. Smiling Back 08. A Million Voices 09. Smoke And Mirrors 10. Always Returning