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Lenght Of Time – Antiworld

Length of Time traîne ses guêtres depuis plus de cinq ans dans le milieu metal-hardcore. Le quatuor Bruxellois a déjà sorti deux albums et un mini passés relativement inaperçus au niveau international, mais rassemblant bon nombre de fans dans l'underground, d'une part grâce à la qualité de leur musique mais aussi grâce à la 'notoriété' du leader Michel Kirby, impliqué notamment dans Deviate et Arkangel. Ce nouvel album pourrait constituer un tournant dans la carrière de L.O.T. Pour la première fois, le groupe va bénéficier d'une campagne de promotion à grande échelle grâce à Roadrunner.

Il était temps d'ailleurs, sinon ce groupe original et intéressant aurait pu rester confiné dans les oubliettes de l'underground Belge. Antiworld est un bon album. Dans la continuité logique de son prédécesseur How Good The World Could Be Again, globalement un peu plus mélodique peut-être. L'ambiance est désespérément sombre et pessimiste, prenez en pour preuve les titres des chansons et des albums. La fin est proche… Musicalement, la base du son de L.O.T reste metal-hardcore : mosh-parts écrasantes et parties speeds s'enchaînent à volonté. La voix de Ross alterne hurlements typiquement HxC et quelques grognements death. Mais là ou cet album fait la différence, c'est au niveau de la mélodie. Effectivement, le groupe a développé cet aspect de son répertoire et les parties chantées, éparses autrefois, foisonnent maintenant.

A mi-chemin entre Life of Agony et Alice in Chains, celles-ci donnent une dimension mélancolique supplémentaire à ce CD, This Is Not Fear en est l'exemple parfait. Les riffs et les chansons elles-mêmes sont plus variées également, n'hésitant pas à s'éloigner des clichés HxC pour se rapprocher de Black Sabbath par exemple. En résumé, on peut dire que L.O.T a porté à maturité sur cet Antiworld ce qu'ils avaient mijoté sur leurs précédents opus. Un point négatif cependant, la production de l'album est étrange, très crue, et manque un peu de puissance. La qualité des compositions rattrape heureusement le tout. Un album qui devrait plaire aux amateurs de metal-hardcore pas fermés d'esprits ainsi qu'aux fans de groupes tels que Life of Agony ou Kilgore. Les autres peuvent lui donner une chance aussi, sous réserve d'aimer la musique énergique et sombre.

Rano (07,5/10)

I Scream records – Roadrunner / 2003

Track listing (..:..) 1. This is Not Fear 2. One Lies Leads to Another 3. Antiworld (Death of a Rockstar) 4. The Truth (It's Just a Feeling) 5. Men into Gods 6. Was it Heaven ? 7. Anger to Believe 8. Lifereform 9. I had to Know 10. Babylon Starz

deathwitch-vbsBeaucoup de choses donnent envie de tailler à propos de cet album. Ne serait-ce que le nom du groupe, le titre de la galette et des chansons ou la pochette d'une laideur insensée. Quand, en plus, on se rend compte que le mot 'Fuck' apparaît en moyenne une phrase sur deux, ça n'arrange pas les choses ! Le comble demeure cette mention à l'arrière du CD : "Avis aux journalistes : Deathwitch se bat les couilles de ce que vous pensez". 
J'avoue, j'avais envie de résumer ma chronique à ces mots : "Je m'en bat les couilles de cet album". La provoc c'est cool, ça fait metal, evil et tout… Mais quand on se tamponne le coquillard de l'avis des 'journalistes', on ne leur envoie pas de CD's promos, bande de putes ingrates ! ( Elle est pas belle ma provoc à moi ? C'était crédible niveau evilitude ? )
Bon, en tout cas ça a le mérite d'être drôle et de placer le chroniqueur dans une situation idéale vis à vis du groupe, à savoir s'attendre au pire. Car à l'écoute de cet album il faut se rendre à l'évidence, l'effet de surprise fonctionne, c'est du tout bon !
Entre thrash, death et black, le tout en mode old-school. C'est violent, malsain, basique voir primaire, ça dégouline de haine et de vulgarité, bref c'est metal. Le son est caverneux mais assez propre tout de même pour apprécier ces torrents de vomi.
En tout cas Deathwitch reprend avec succès tous les ingrédients qui ont fait le succès des premiers groupes extrêmes il y a une quinzaine d'années. Ca sent la nostalgie et, quelque part, ça fait du bien.
Pour la peine on leur pardonnera leur âge mental resté bloqué lui aussi 15 ans auparavant, quand ils avaient la gueule pleine de boutons à cause des débuts de la puberté. Bande de petits chenapans, il est bon votre album, on le recommande chaudement même si vous vous en foutez !

Rano (08/10)

http://deathwitchsweden.bandcamp.com

www.facebook.com/deathwitchofficial

Wicked world – Earache – M10 / 2003

 

Track listing (41:46) 1. Intro 2. Flamethrower 3. Total Morbid 4. Blood Sucking Fuck 5. Abhorrent Sadistic Tormentor 6. Lord of Ymodos 7. Witch of Death 8. Necrosodomizer 9. Bitchfinder 10. Violence Blasphemy 11. Coffin Fornicator 12. Worthless Scum 13. Fuck Off And Die 14. Death maniac

ANaturalDisasterRS-anathemaLe bateau n'a toujours pas sombré, voguant au gré des tempêtes. Les avaries ont été nombreuses, entre querelles internes et reconnaissance du public assez limitée, Anathema n'a pas vraiment été gâté au cours de ce périple de bientôt 15 ans. Pourtant les joyeux drilles de Liverpool ont toujours été plébiscité par la presse. Ce n'est sûrement pas ce neuvième opus qui va changer la donne, car c'est une merveille. Une petite perle qui, espérons le, ne finira pas une fois de plus perdue au beau milieu de l'océan.

Premier constat, l'album est globalement beaucoup plus sombre que son prédécesseur, A Fine Day To Exit, avec lequel le groupe avait mis la barre à tribord, vers des horizons définitivement rock. A Natural Disaster est nettement moins immédiat, beaucoup plus torturé et nécessite plusieurs écoutes attentives avant de captiver l'auditeur. Pas vraiment de 'hits' sur cet album à part peut-être 'Flying', seule chanson comportant une ligne de chant 'dramatique' comme celles auxquelles Vinny Cavanagh nous a habitués sur des titres tels que ' One Last Goodbye ' ou ' Fragile Dreams '.
Certes, on est bien loin des premiers efforts doom-metal du groupe mais, et ce pour le plus grand plaisir des fans, A Natural Disaster est globalement beaucoup plus lourd voir parfois agressif que ce qu'on aurait pu attendre de la part d'un groupe ayant tellement évolué au cours des dernières années, nous y reviendrons dans le descriptif chanson par chanson, un descriptif nécessaire tant cet album est varié.
Comme une famille de nouveau soudée après un drame, le clan Cavanagh ( Vinny au chant et à la guitare, Danny à la guitare et Jamie à la basse, ainsi qu'une de leurs cousines sur un des titres ), toujours épaulé des fidèles John Douglas et Les Smith, respectivement batteur et claviériste, nous assènent donc une véritable bombe d'émotions profondes. Le tout sur une solide base rock planant agrémenté de metal.
La production , comme à l'accoutumée, est quasi-parfaite et l'artwork, somptueux. Les textes sont une fois encore intimes, touchants voir bouleversants. Que dire de plus si ce n'est qu'on peut retrouver sur cet album des éléments de tous les précédents depuis The Silent Enigma. Une façon d'évoluer positivement sans pour autant renier son passé.
Un palier de plus a été franchi vers le sublime. Espérons qu'ils en franchiront d'autres dans les 15 années à venir.

A Natural Disaster chanson par chanson :

Harmonium : Intro aux nappes de clavier envoûtantes, un beat sombre arrive progressivement avec la voix de Vinny et la guitare lead tout en larsens mélodiques de Danny, comme à l'époque d'Eternity. La chanson s'emballe en cours de chemin quand les grosses guitares et la batterie entrent en jeu. On assiste alors à un subtile jeu d'harmonies vocales, de riff lourd et de mélodie planante. Danny assure un contre-chant envoûtant sur ce titre. Une atmosphère qui peut rappeler le dernier The Gathering.

Balance : Dans la continué d'Harmonium, Balance est un titre en deux parties. Le calme avant la tempête. D'abord une progression assez planante rappelant Radiohead au niveau des lignes de chant puis l'arrivée des guitares saturées et une montée en puissance violente et déchirante qui se termine en une envolée vocale harmonisée caractéristique. Le solo de fin ne déroge pas à la règle : Une progression pour atteindre l'apothéose.

Closer : La fin de Balance se fond dans le début de Closer. Voici un titre absolument hypnotique, basé autours d'une ligne de clavier oppressante et, une fois de plus, une progression dans la densité du son. La voix est entièrement passée au vocoder, ce qui donne un côté légèrement electro au morceau. Et tout se fini dans une certaine fureur avec les guitares et la voix hurlée de Vinny, à la sauce ' Silent Enigma ' d'une certaine manière.

Are You There ? : Magnifique ballade principalement axée autours de la guitare acoustique et du clavier. Danny chante sur ce titre. sa voix , fluette, est beaucoup plus posée que celle de son frère et colle parfaitement à l'ambiance du titre. Le delay sur la caisse claire rend l'ensemble très planant et la mélodie de guitare rappelle un peu ' Angelica '.

Childhood Dream : Instrumental à la lourde signification cependant. Une nappe de clavier très grave en fond, des arpèges de guitare acoustique tristes et agrémentés d'une reverb glaciale. On entend un enfant jouer avec sa mère qui chante en fond. Une ambiance qui glace le sang…

Pulled Under At 2000 Metres A Second : Voici un titre parfaitement trouvé. Après une intro de basse cinglante et de chant scandé assez intimidant, on se retrouve littéralement projeté au sol par cette déflagration. Le tempo est endiablé, les riffs mélodiques mais inquiétants, et Vinny chante à s'en fendre le cœur sur le refrain qui reste gravé dans la tête dès la première écoute, notamment grâce à ce jeu d'écho si cher au groupe. Incontournable en live !

A Natural Disaster : Soyons francs, cette chanson est très influencée par Portishead. Ce ne sont pas la rythmique typiquement trip-hop et la guitare wah-wah qui me feront mentir ! Une cousine de la famille chante sur ce titre et force est de constater qu'elle à une voix sublime, assez soul dans l'esprit. Danny chante également à la fin

Flying : Voici donc le 'tube ' de l'album. Des couplets très Buckley et un refrain imparable ! La chanson la plus aboutie au niveau du chant sans aucun doute. Des harmonies vocales déchirantes et un solo de fin hypnotisant une fois de plus. Un petit côté ' Judgement ' se dénote de part la spontanéité de ce morceau.

Electricity : Un peu sur la même formule que ' Are You There ? ', voici une subtile ballade dominée par le piano et la guitare acoustique. Danny est encore au chant, et c'est toujours aussi adéquat. Quel bonheur quand la section rythmique fait son entrée. Mention spéciale à la ligne de basse très mélodique.

Violence : On ne pouvait rêver meilleure façon de conclure l'album. Un instrumental de près de 11 minutes et découpé en 3 mouvements. Tout d'abord une mélodie de piano très triste et minimaliste rappelant l'ambiance dépouillée de l'album ' Alternative 4 ' puis tout se fond dans une montée en puissance ( et oui, encore ! ) insoutenable qui aboutit à un déluge de violence mélodique et parfaitement maîtrisée comme Anathema ne nous y avait jamais habitué. Une batterie au taquet à la limite de la rupture d'anévrisme soutenue par un riff rappelant les meilleurs moments de ' Judgement ' et surtout ces notes de guitares tout en delay et en sustain qui dresseront le poil sur les bras de tous les fans d'Eternity. Après l'orage revient le calme, et l'album se termine dans la plénitude totale grâce au synthé au son d'orgue qui reste bloqué sur le même accord un long moment, laissant la guitare nous murmurer quelques dernières complaintes … En attendant le prochain !

Rano (09/10)

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Music For Nations – Wagram / 2003

Track listing (55:25) 01. Harmonium 02. Balance 03. Closer 04. Are You There ? 05. Childhood Dream 06. Pulled Under At 2000 Metres A Second 07. A Natural Disaster 08. Flying 09. Electricity 10. Violence