Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Ingested – Call Of The Void

En 2015, je disais ceci au sujet de nos amis d’Ingested et de leur album The Architect Of Extinction  : « Penance », un interlude instrumental bien plus posé que le reste de la galette, en rupture totale… et honnêtement, je serais curieux de voir ce que le groupe pourrait proposer s’il se lançait dans cette voie plus « mélodique » sur un album entier.

À l’époque (et jusqu’à l’année passée), le groupe officiait dans le Deathcore/Slam de haut niveau, avec tout ce qui fait le « charme » du genre, et les rares tentatives du groupe de faire autre chose laissaient entrevoir un potentiel réel. Quatre ans plus tard, nous voici donc avec Call Of The Void, nouvel EP sorti chez Unique Leader Records (on pourra dire que le passage des Anglais chez Century Media Records a été très bref). Nouvelle identité visuelle, nouveau label, nouveau logo… et nouvelle orientation musicale. Ingested frappe fort, mais pas là où on l’attendait.

Ingested offre ici un EP plus sombre, où la brutalité sonore laisse la place à davantage d’atmosphère, d’ambiances lourdes et de mélodies. Il semble bien loin, le temps où le groupe assénait des titres bourrins et « cons » comme « Skinned And Fucked ». Ici, pas une trace de ces growls inhumains ni de breaks pachydermiques, mais bien 3 titres et un interlude qui dévoilent une autre facette du groupe. La pièce maîtresse de cet EP est clairement le diptyque Eternal Kingdom et, plus particulièrement, son deuxième volet tout en mélodie. Le groupe ose, le groupe évolue, mais cette évolution est clairement maîtrisée et semble naturelle.

Est-ce là le début d’une reconversion du groupe ? Il est trop tôt pour le dire, mais avec ce qu’Ingested vient de dévoiler en un peu moins de 20 minutes, il serait dommage que le groupe ne persévère pas dans cette direction, quitte à perdre en chemin une frange de son public.

Mister Patate (9/10)

Facebook officiel

Unique Leader Records / 2019
Tracklist (17:21) 1. Mouth Of The Abyss 2. Eternal Kingdoms (Part I) 3. Eternal Kingdoms (Part II) 4. The Empyrean Creed

Nostromo – Narrenschiff

Nostromo est un groupe culte. Ecce Lex, album indispensable et sommet de sa carrière, l’a installé au Panthéon des groupes suisses, au même titre que Coroner ou Celtic Frost. Frondeurs, les Genevois se sont embarqués dans toutes sortes d’aventures musicales (Hysteron-Proteron) ; ils s’en sont toujours tirés la tête haute. Après un hiatus de quatorze années, Nostromo ouvre le second chapitre de son existence avec Narrenschiff.

En dix-neuf minutes et quelques secondes, Nostromo démontre par A+B qu’il n’est pas là pour beurrer des tartines. « The drift » nous embarque pour un rollercoaster qui va droit au but : nous mettre une mémorable branlée. Les musiciens sont véloces. Avec « Taciturn » la précision est au rendez-vous ; les riffs atteignent toujours leur cible. La violence est à son comble avec Javier qui hurle à s’en déchirer les cordes vocales (« As Quasars collide »). L’ensemble dégage un sentiment d’urgence qui excite les sens.
Et quand le rythme ralentit (« Narrenschiff »), le groupe s’embarque dans un metal-indus qui évoque le Napalm Death de « Morale ». Les connaisseurs apprécieront.

Le quatuor effectue un retour gagnant. Nostromo tabasse encore plus qu’à la grande époque. Il continue d’impressionner. On les attend donc désormais sur un format album, qui s’il est du même acabit que cette Nef des fous, risque d’être un nouvel incontournable du metal extrême.

Nico (9/10)

Site Officiel : https://nostromogva.bandcamp.com/

[noiz’aedikt] /2019

01. The Drift 02. Taciturn 03. Superbia 04. As Quasars Collide 05. Septentrion 06. Narrenschiff

Avec une belle régularité, Sebastian revient régulièrement nous voir. Et il fait preuve à chaque fois d’une belle générosité car il ne se présente jamais les mains vides. Après At the Dawn of Twilight en 2013 et A Flood of Strange Sensations en 2016, la prescription de 2019 se présente sous la forme d’A Forest of Rainbows, un nouvel opus affichant douze titres et plus d’une heure de compositions originales au compteur. Les deux albums précédents nous ayant bien plus, c’est avec une confiance certaine que nous nous immergeons dans ce nouveau chapitre.

Immersion, c’est bien le mot tant la musique d’AMPHETAMIN va demander quelques efforts à l’auditeur consciencieux. Pour pleinement apprécier la subtilité des mélodies, l’épaisseur des textures sonores et les atmosphères délicatement tissées, rien de mieux que de s’allonger, avec les yeux fermés et le casque sur les oreilles. Dans la continuité de ses précédents travaux, Sebastian continue sa profonde introspection artistique, il explore des paysages emprunts de mélancolie, de tristesse et de recueillement. Les titres s’enchainent avec naturel dans ce registre rock progressif / post rock qui fait le charme du groupe. Difficile de ne pas se laisser séduire par ces mélodies ciselées et ce chant très expressif. A Forest of Rainbows affiche une grande variété de rythme et d’intensité. AMPHETAMIN n’hésite pas à accélérer et à durcir le ton quand cela s’avère nécessaire pour transmettre une nouvelle émotion. La base rock du groupe est constamment enrichie par les multiples nappes de claviers permettant de fixer le décor musical et d’approfondir les atmosphères. Cet album contient son lot de pépites comme « Aether », « Ayamarca (festival of the dead) » ou encore « Hephaestus ». Au petit jeu des ressemblances et des influences, la palette est large. Citons pêle-mêle THE INTERSPHERE, CULT OF LUNA ou encore KATATONIA complété de toute la scène cold wave.

Nous n’avons jamais été déçus jusqu’à présent et avec ce troisième opus, A Forest of Rainbows, AMPHETAMIN continue son sans-faute. Sebastian nous dévoile encore une fois une partie de son âme et sa démarche s’avère être particulièrement digne d’admiration. Le tout est disponible sur le bandcamp du groupe ainsi que sur toutes les bonnes plateformes digitales.

Oshyrya (08/10)

 

Site Officiel
Facebook Officiel

 

Autoproduction / 2019
Tracklist (62:15 mn) 01. Aether 02. Ayamarca (festival of the dead) 03. Kyrrð (An empty space) 04. Shapeshifter 05. Medusa 06. Lull-a-bye (Interlude) 07. Hephaestus 08. A dream in our sky 09. Mazemerize 10. Sad eyes 11. Thelxinoe 12. Winter’s heart