Archive for décembre, 2009

Caliban – Say Hello To Tragedy

caliban-tragedyCaliban, ou l’itinéraire d’un groupe qui, à une époque, était devenu presque indissociable d’un autre fer-de-lance du Metalcore européen, à savoir Heaven Shall Burn. Deux groupes aux chemins très proches (ce qui débouchera notamment sur deux splits). Cependant, contrairement à Heaven Shall Burn qui est parvenu à passer la vitesse supérieure, il semble que Caliban soit resté coincé dans l’ornière de la facilité.

Certes, il serait malvenu de ne pas reconnaître la maîtrise de chaque musicien. On sent un groupe bien en place, qui maîtrise son sujet et sait comment nous pondre le riff qui bute, le solo (comme sur The Denegation of Humanity), la rythmique qui déboîte les cervicales ou le break bien écrasant avant une nouvelle accélération qui fait du bien par où elle passe. 

« Où est le problème ? », me direz-vous… Eh bien, il est simple : Caliban dispose de tous les atouts pour pondre des albums aussi dévastateurs que Heaven Shall Burn, mais il manque un petit quelque chose qui permettrait au groupe de se propulser à un niveau supérieur. Say Hello To Tragedy a beau proposer quelques morceaux bien énergiques (« 24 Years », par exemple, qui aborde l’affaire Fritzl), il donne furieusement l’impression de vouloir profiter au maximum de cette vague de Core-à-mèche qui fait fureur à l’heure actuelle : un artwork moche (une véritable constante chez tous ces groupes), du riff en béton armé, une batterie qui tabasse, des breaks archi-prévisibles, le chant hésitant entre le porcelet castré, le petit communiant pour le chant clair et l’ours pubère à mi-chemin entre le rut et la mue vocale et l’indispensable balade-à-minettes pour satisfaire les p’tites djeunz fans du groupe. 

À trop vouloir surfer sur cette vague, Caliban se retrouve désormais noyé au milieu d’un océan de groupes « interchangeables » qui se soucient davantage de leur image que de leur originalité… Sacré gâchis…

Mister Patate (03/10)

calibanmetal.com

Century Media / 2009

Tracklist (47:01) : 1. 24 Years 2. Love Song 3. Caliban's Revenge 4. End This Sickness 5. Walk Like The Dead 6. No One Is Safe 7. Liar 8. The Denegation Of Humanity 9. Unleash Your Voice 10. All I Gave 11. In The Name Of Progression 12. Coma

 

Fear Factory – Mechanize

Fear_Factory_mechanizeAprès avoir assisté, au fil des mois, à une succession de come-backs impressionnante, j’en étais arrivé à un stade où plus rien ne m’étonnait : « Un nouvel album d’Immortal ? Normal, ca fait deux ans qu’ils sont remontés sur scène, il faut bien des nouvelles compos. Beherit se remet au Black Metal ? Ca devait arriver, mine de rien. Kiss nous sort Sonic Boom, 18 ans après son dernier album ? Pas de raison de s’affoler, un petit coup de pompe à fric dans les poches des fans pour s’assurer une retraite heureuse en Floride… ». Le verdict venait de tomber, grave et fatidique : Patate était devenu un vieux con blasé.

La surprise fut dès lors d’autant plus grande lorsqu’une rumeur insistante parvint à mes oreilles il y a quelque temps : Burton C. Bell et Dino Cazares auraient enterré la hache de guerre et seraient en train de monter un projet ensemble. Ma curiosité était piquée au vif, et les informations glanées au fur et à mesure ne firent que l’aiguiser : ce projet ne serait qu’une nouvelle mouture de Fear Factory, avec Burton au chant, Dino à la gratte et Byron Stroud (SYL) à la basse. Enfin, pour ce pilier de la scène Metal Industriel tendance « industrie lourde », il fallait une machine, un monstre de la batterie capable de rivaliser avec tout marteau-piqueur pour imprimer un rythme pesant et implacable, « The Atomic Clock », Gene Hoglan. La moitié du line-up de SYL qui s’accouple avec la moitié de celui de Fear Factory ? Le rêve mouillé de tous les fans du genre vient de se réaliser, et la surprise est de taille !

Il y a quatre ans, lorsque j’avais chroniqué Transgression, dernier album en date, j’étais déçu, à tel point que j’avais abandonné tout espoir de voir Fear Factory nous proposer à nouveau un album ne fût-ce que correct, et je restais donc relativement sceptique avant l’écoute de ce Mechanize. Aussi ai-je dû rapidement reconnaître, après quelques écoutes, que Fear Factory est bel et bien de retour. 

Certes, Fear Factory n’est peut-être pas encore parvenu à revenir à son niveau d’antan, lorsque chaque album faisait l’effet d’une bombe H et non d’un pétard mouillé (Transgression et sa reprise de U2), mais le groupe est tout de même revenu sur le droit chemin. Gros riffs saccadés estampillés Dino Cazares, une section rythmique impitoyable et écrasante (pas étonnant, la section rythmique de SYL n’est pas réputée pour sa finesse) et Burton, qui nous livre une très bonne prestation au chant et propose un registre aussi varié que maîtrisé : Fear Factory vient d’éviter l’écueil du come-back moisi…

Mais cet album de Fear Factory est-il pour autant indispensable ? Soyons honnêtes : malgré ses nombreuses qualités, Mechanize n’est pas tout à fait en mesure de rivaliser avec les albums de l’« âge d’or » du groupe. Cependant, il serait dommage de bouder son plaisir : sans être énormissime, Mechanize reste malgré tout un très bon album, permettant ainsi à Fear Factory de rejoindre le club des « happy few » étant parvenus à revenir sur le devant de la scène avec un album correct.

Mister Patate (07/10)

www.fearfactorymusic.com

www.facebook.com/fearfactory

AFM – Candlelight Records / 2010

Tracklist (44:43) : 1. Mechanize 2. Industrial Discipline 3. Fear Campaign 4. Powershifter 5. Christploitation 6. Oxidizer 7. Controlled Demolition 8. Designing the Enemy 9. Metallic Division 10. Final Exit

 

 

Megadeth – Endgame

En voilà un titre d'album bien choisi ! Endgame, fin de partie ? Alors on va (enfin) débrancher Rattlehead ? On ne va pas tergiverser, cela fait un bail que Dave Mustaine ne fait plus l'unanimité parmi ses fans, si l'on devait citer un album qui mettait tout le monde d'accord, il faudrait remonter le temps jusqu'en 1992, année de sortie de l'album Countdown To Extinction. C'est à se demander si l'on n'assiste pas à la lente dégradation d'un « groupe » dont on approcherait peut être du stade terminal… À moins que sa motivation principale soit bien de remplir le plus possible son plan d'épargne retraite avant d'aller au paradis des « new born christian ».

Youthtanasia en 94 plaisant pour la majorité des fans laissait entrevoir un ramollissement qui s'est confirmé par la suite. Un album médiocre en 97, Cryptic Writings, et la sortie de route avec Risk en 99. 

Il y aura bien une embellie en 2001 avec The World Needs A Hero (avec le changement de line up, le sang frais pouvait laisser croire à un redémarrage), et là ce fût le drame, l'annonce de l'arrêt de sa carrière par Mustaine. Le voilà rétabli avec un nouvel équipage et les albums suivent The System Has Failed en 2004 et United Abominations (2007).

Endgame est structuré de la même manière que les deux albums précédents : deux ou trois titres valables (pas ébourriffants, faut pas déconner non plus, c'est tout de même du recyclage plus ou moins habile de titres des années 86-92, un tiers mollasson mais pas non plus indigent, et un dernier tiers à zapper (de la soupe tiède comme dirait Murder One). L'intro passable ne fera pas oublier l'originale sortie de So Far… So Good, So What ? (1988), mais admettons que Mustaine ne soit plus capable de montrer la moindre inspiration.

« This Day We Fight » laisse croire qu'on pourrait retrouver le Mustaine venimeux d'antan, mais non, en revanche on pourra apprécier le talent du guitariste Chris Broderick (Jag Panzer) qui montre autant de brio que tous ses prédécesseurs (faut bien l'avouer, les guitaristes qui sont passés dans l'écurie Megadeth n'étaient pas des manchots), cela reste encore au dessus de la ligne de flottaison, écoutable en somme, mais désolé Dave ce n'est pas avec ça qu'on fait un album meilleur que le dernier Metallica…

On retiendra « 1.320 », « Bite The Hand » et « Head Crusher », un poil plus dynamiques sans être originaux, de quoi remplir un EP un poil velu. Le reste est poussif, indigent, du metal d'ascenseur, bref à éviter. Souhaitons une bonne retraite à Dave Mustaine et surtout qu'il ne sente pas obligé d'en sortir encore un ! 

 

Hamster (3,5/10) 

 

Roadrunner Records / 2009

Tracklist : 01 Dialect of Chaos (Instrumental) 02. This Day We Fight 03. Bite the Hand That Feeds 04. Nothing Left to Lose But My Mind 05. How the Story Ends 06. El Pistolero Solitaire 07. The Hardest Part of Letting Go… Is Saying Goodbye 08. 1,320 09. Headcrusher 10. 44 Minutes 11. Endgame