Archive for septembre, 2014

Evergrey – Hymns For The Broken

evergrey-hymnsQue la carrière d’Evergrey n’ait pas toujours été une partie de plaisir, c’est une évidence. Galères en tous genres, manque de reconnaissance, le groupe est sans doute passé par tous les désagréments et frustrations possibles en l’espace de presque deux décennies.  Les changements de line up en font partie.  Pas moins d’une dizaine d’anciens membres du groupe pourraient en témoigner.
Toutefois l’annonce du grand retour triomphal du line up des jours d’antan est à prendre avec des pincettes.  Le guitariste Henrik Danhage et le batteur Jonas Ekdahl sont de retour au bercail. Eux qui avaient pourtant juré il n’y a pas si longtemps qu’Evergrey était une page définitivement tournée.
Ne soyons pas mauvaise langue, pas de fausse note dans les retrouvailles d’amis qui rejouent ensemble. A la basse Johan Niemann (ex Therion) est toujours là, tandis que Rikard Zander aux claviers demeure celui qui aura le plus longtemps résisté à Tom S Englund. L’album démarre avec une intro chuchotée, un faux air de Masterplan, le coup de maitre du groupe sorti en 2001.
Puis Evergrey se jette dans l’arène. « Kings OF Errors » sonne bien et frappe juste dans les tripes de tout amateur du groupe. « New Dawn » hausse un poil le ton, la frappe bien ajustée de Jonas Ekdhal de retour à la batterie, fait son effet. Autre retour remarquable, à la guitare Henrik Danhage. Solis relevés et riffs acérés sont efficaces. Pour autant s’il l’on peut se féliciter du retour à la maison des deux musiciens dont le savoir faire est indéniable, on s’interrgoe, la marque de fabrique s’entend, les musiciens assurent, mais du côté de l’inspiration le doute persiste. Qu’on ne se méprenne pas, « Hymns For The Broken » déroule, le combo aligne des compos qui devraient interpeller sans l’ombre d’un doute les fans inconditionnels du groupe.
Mais il y a un poil de torpeur qui ici et là, Tom S Englund à beau dire que le groupe crève la dalle, on reste sur notre faim. un Wake A change se laisse écouter, mais elle manque d’énergie, de souffle épique. En revanche le son dépote, forcément avec Jacob Hansen aux manettes, et son CV long comme le bras … d’Aborted, à Destruction, en passant par Primal Fear, ou Tyr. Pour n’en citer que quelques uns.

Et puis on s’interroge sur la tracklist, d’une manière générale on souffle le chaud et le froid, mais là Evergrey nous sort après le mollasson « Wake A Change » un « Arcaic Rage » ne se réveille qu’après trois minutes de mollesse. « Barricades » se traine. On retrouve un peu d’emphase avec un Black undertow grandiloquent. Enfin c’est le titre « The Fire » qui démarre en trombe qui rappellera qu’Evergrey est capable de tout renverser sur son passage. « Hymns For The Broken » en dépit de son solo de guitare relevé et d’un Tom qui met ses tripes aux chant, l’hymne ne convainc pas. « Missing You » aura même tendance à me faire décrocher. « The Grand Collapse » va réveiller l’auditoire avec une bonne dose de gros riffs qui sonnent comme un Henrik Danhage reprenant du Diamond Darrel de Pantera. Mais chez Evergrey on ne se contente pas d’une recette simpliste, l’ensemble des arrangements, claviers, chant, guitares rendent ce morceau plus accrocheur que les précédents. Avec une dose de tension et d’énergie qui manquaient un peu jusqu’à présent. En résumé lapidaire : trop d’Inner Circle et pas assez de Masterplan au menu. Pour autant si cet album permet de relancer un groupe qui a frolé l’interruption définitive, on peut espérer le meilleur pour la suite ?

Hamster (06/10)

www.evergrey.net

www.facebook.com/Evergrey

AFM records / 2014

Tracklist (60 minutes) 1. The Awakening (intro) 2. King of Errors 3. New Dawn 4. Wake a Change 5. Archaic Rage 6. Barricades 7. Black Undertow 8. The Fire 9. Hymns for the Broken 10. Missing you 11. The Grand collapse 12. The Aftermath

Uriah Heep – Outsider

16215-outsiderLe sort a été bien injuste envers Uriah Heep : alors que les apports musicaux du groupe de Mick Box au heavy metal sont indéniables, ces derniers sont peu reconnus. Si on ne peut dire qu’Uriah Heep a inventé les tempos échevelés, les chœurs majestueux et emphatiques, les claviers grandiloquents, les influences symphoniques et les références ésotériques, c’est sans doute le groupe qui les combina le plus systématiquement. Il est d’ailleurs significatif que Kai Hansen voue un véritable culte à Uriah Heep dont il a reprise l’excellent « Look At Yourself » sur le premier disque de Gamma Ray. Hélas : Uriah Heep n’a jamais supplanté Deep Purple ou Rainbow et consorts dans les années 70. De nos jours il mène une carrière assez tranquille, structuré qu’il est autour du guitariste et seul membre originel, Mick Box. Les deux autres piliers du groupe, le légendaire Ken Hensley, et le chanteur historique, David Byron ne sont plus de la partie, le dernier étant décédé et le premier se consacrant à sa carrière solo. Par ailleurs, le groupe a perdu il y a quelques années son bassiste émérite, présent depuis 1976 en son sein, Trevor Bolder. 

Dans ma chronique d’Into The Wild, le disque précédent du groupe, je m’interrogeais sur la pertinence de conserver en vie Uriah Heep alors que Mick Box n’était pas le principal compositeur du combo et que le remplaçant de David Byron, Bernie Shawn lui était bien inférieur malgré son professionnalisme évident. Or, si Into The Wild tenait déjà bien la route, Outsider prouvera sans aucun doute que la formation actuelle d’Uriah Heep est totalement légitime d’un point de vue musical.

C’est très simple à constater : il n’y a rien à jeter sur Outsider. Les compositions se succèdent, les solos s’enchaînent, les riffs se répètent et l’on ne trouve rien à redire. Outsider est tout simplement excellent. Certes, on repérera quelques titres plus saillants comme l’hymne qu’est « Jessie » doté d’un riff à réveiller un mort et d’un refrain à le faire jaillir de sa tombe. Ou bien l’ultraefficace « One Minute », qui après une bienheureuse introduction mélodique sur laquelle Bernie Shaw est impérial, se lance dans un mid-tempo majestueux puis de déboucher sur un refrain à l’avenant. L’esprit de Demons And Wizards (1972) est ici totalement présent et c’est une excellente nouvelle. Manifestement la paire de compositeurs que forment Phil Lanzon et Mick Box fonctionne parfaitement.

Cherchons quelque sombres au tableau : l’artwork d’Outsider est élégant et intéressant mais quand même déprimant ; les durées des morceaux sont un peu trop ramassées et on aurait apprécié quelques pièces plus ambitieuses, dépassant donc les six minutes. On aurait aimé plus de nuances et de variété donc, même si le propos aurait été moins « hard rock ». Disons-le clairement : un peu plus de « progressif » n’aurait pas été pour déplaire. On remarque en outre parfois du plus quelconque comme ce « Rock The Foundation », agréable mais trop évident. Sinon le reste est bon, tout bon. Si ce disque pouvait permettre au groupe de revenir au premier plan, il accomplirait totalement toutes ses promesses. Il en a le potentiel.

Baptiste (8/10)

Site officiel

Frontiers / 2014

Tracklist : (45:00) 1. Speed Of Sound 2. One Minute 3. The Law 4. The Outsider 5. Rock The Foundation 6. Is Anybody Gonna Help Me ? 7. Looking At You 8. Can’t Take That Away, 9. Jesse 10. Kiss The Rainbow 11. Say Goodbye

Et proposent tous les deux de jolies nouvelles vidéos (ça rime, la classe !)

TRUCKFIGHTERS:

https://www.youtube.com/watch?v=eEdlGIKbdq4

Chronique de l’album ici

 

GUT-SCRAPERS

Chronique de l’album ici