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Stigmhate – Zodacare Od Zodameranu

Un nom avec “hate” dedans, un titre dans une langue difficilement identifiable et une intro/invocation en latin… Non, on ne va pas parler de fleurs et de bons sentiments sur cette galette. Stigmhate a opté pour le tabassage en règle des esgourdes, avec supplément de soufre et de blasphèmes. Zodacare Od Zodameranu, sur le papier, s’annonce donc plutôt bien pour l’amateur de Black Metal que je suis, mais entre la théorie et la pratique, il y a souvent une zone d’ombre qui vient transformer chaque chef-d’œuvre potentiel en une galette passable, voire minable.

Là où certains jouent la carte de l’ambiance quand il s’agit de se lancer dans le Black Metal, Stigmhate mise tout sur l’abattage massif. Prod en béton, riffs acérés, batterie supersonique et hurlements de gargouille, rien ne nous est épargné et je dois reconnaître que le premier contact est plaisant. Au niveau de l’efficacité et de la qualité d’exécution, on peut donc difficilement reprocher quoi que ce soit au groupe. Le problème réside davantage au niveau de l’originalité. J’ai eu beau écouter cet album à de nombreuses reprises, j’ai encore du mal à distinguer les morceaux. Zodacare Od Zodameranu s’avère rapidement une enfilade de morceaux de Black certes efficace mais aussi et surtout linéaire.

Au final, une écoute pourrait suffire. Si vous voulez une bonne dose de violence auditive, Stigmhate fera l’affaire. Si vous recherchez plutôt un disque qui s’inscrit dans la durée, je doute que vous trouverez votre bonheur ici…

Mister Patate (5/10)

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Bakerteam Records / 2014
Tracklist (48:49) 1.Aetherion 2.The Third Obsidian 3.Ave Averno In Genesi Nema 4.Mistress of Bone's Mounds 5.Pleroma Apocrifa Mistica 6.Adamas Ater 7.The Templethoth 8.Radiant Darkness 9.May the Cursing Be 10.Feralis Exercitus 11.XV 12.Abraxas (bonus track)

Wovenwar – Wovenwar

L’incarcération de Tim Lambesis sonnait le glas d’As I Lay Dying. Et j’ai envie de dire merci à la justice américaine. Parce qu’As I Lay Dying, à mes yeux, avait entamé une lente et pénible agonie, diluant de plus en plus son propos pour plaire au grand public, et avec Tim Lambesis en cabane, AILD disparaissait de facto.

Ouf.

Mais un ouf de courte durée, parce que les musiciens, orphelins de leur frontman accro aux hormones, ont décidé de ne pas baisser les bras et de monter leur propre projet avec un nouveau chanteur. Et j’en vois déjà dans le fond qui se frottent les mains. Parce que c’est Patate qui va s’occuper de leur cas et que ça va être dégueulasse.

Bande de petits polissons. Pas cette fois. Parce que Wovenwar a beau être une version encore plus édulcorée d’AILD, le groupe n’en a pas moins compris que l’homogénéité était la clé. Laissez-moi vous expliquer.

As I Lay Dying souffrait d’une double personnalité mal vécue. L’alliance Tim Lambesis et des musiciens ne collait pas vraiment. AILD était un gars qui gueulait JE SUIS UN TOUGH GUY AVEC DES BICEPS EN BÉTON et je m’endors tous les soirs avec son nounours qui sent bon le parfum de ma maman chérie JE FAIS DU CROSSFIT ET JE T’ARRACHE TA GUEULE sauf si t’as un chaton sur ton t-shirt, parce que les chatons, c’est trop mignon, ça me fait sangloter. Et cette fêlure rendait le tout difficilement appréciable. AILD était un patchwork rouge sang et rose bonbon.

Wovenwar, par contre, assume tout à fait son virage plus soft et ne cherche pas à tout prix à y ajouter des éléments plus brutaux. Bon, ok, l’album a la force de frappe d’un moustique si on le compare à de nombreuses autres formations Metalcore, mais curieusement, la sauce prend. Contrairement à AILD, One Way Mirror et tous ces groupes schizos, Wovenwar adopte une démarche cohérente. Ça ne plaira pas forcément à tout le monde, mais ça a le mérite de ne pas vouloir bouffer à tous les râteliers, quitte à s’aliéner une (grosse) frange de la fanbase de leur ancienne formation. Des mauviettes avec une paire de burnes bien accrochées, donc.

Wovenwar est incontestablement l’album de Metalcore « soft » le plus abouti depuis des années à mes yeux. C’est loin d’être l’album de l’année, c’est assez convenu (tout en évitant quelques écueils du genre), mais ça se laisse écouter à plusieurs reprises et les morceaux ont suffisamment de catchiness pour valoir le détour. Une excellente surprise.

Mister Patate (8/10)

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Metal Blade Records / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Foreword 2. All Rise 3. Death To Rights 4. Tempest 5. The Mason 6. Moving Up 7. Sight Of Shore 8. Father/Son 9. Profane 10. Archers 11. Ruined Ends 12. Identity 13. Matter Of Time 14. Prophets 15. Onward

 

 

Son : bon
Lights : sympa
Affluence : sold out
Ambiance : chaude. Une chaleur de trou de balle
Moment fort : ça a dû commencer vers "Imperium"… jusqu'à "Halo".

"Oui, nous avons décidé de faire une tournée dans les petits clubs, dans des villes où nous  n'avons pas été depuis longtemps, pour nos fans, les vrais". Ouais Robb. Pour les fans. Et ton portefeuille aussi, non ? Avouons quand même que cette mini-tournée quelques mois avant la sortie de l'album, juste pour le fun, sent aussi l'opération Marketing bien rôdée. Mais bon, ne boudons pas notre plaisir, Machine Head en live, c'est toujours une fête.

"- C'est qui, la première partie ?
– Un groupe qui a payé très cher pour être là"

C'est moche à dire, mais je crains qu'il y ait un fond de vérité dans cette phrase. Dead Man's Curse n'était pas vraiment à sa place. Ajoutez à cela une file colossale à la caisse des tickets boissons et vous comprendrez pourquoi nous n'avons pas du tout suivi la prestation de ce groupe. Et puis, on est venus pour Machine Head, pas pour eux.

Machine Head, donc, qui revient pour la première fois en Europe avec son nouveau bassiste et avec une setlist sans la moindre prise de risque. On pioche dans tous les albums, avec de temps en temps une petite surprise (du genre "Bite The Bullet") ou une vieillerie qui fait toujours son petit effet ("Old" parmi les trois morceaux du rappel). Et y'a pas à tortiller du cul, tournée "remplissage de caisses" ou pas, Machine Head a su nous en mettre plein la gueule, en démarrant pied au plancher avec un "Imperium" ravageur. La salle chante avec Robb, que dis-je, hurle avec Robb, j'en ai les oreilles qui sifflent après un morceau, le pit s'ébranle immédiatement et tourne en joyeux bordel. On enchaîne sur un "Beautiful Mourning" où les majeurs se dressent vers le ciel, le groupe est on fire. Je les ai vus 5 fois et mis à part un concert mémorable à l'Ancienne Belgique avec Lamb Of God, je ne les ai jamais vus aussi affûtés, aussi efficaces. Les morceaux récents cognent juste, les anciens sont toujours aussi efficaces… On regrettera juste l'intro de Darkness Within tirée en longueur, Robb ayant a priori envie de taper un peu la discute avec les fans. C'est sympa, Robb, mais on est venus pour s'en prendre plein la gueule, alors envoie la mousse !

Bon, au risque de me répéter, cette tournée fleurait quelque peu l'opération mercantile, à plus forte raison lorsque l'on sait que le groupe reviendra en fin d'année pour promouvoir son futur album. Ajoutez à cela les prix du merch (30 EUR pour un t-shirt, vous avez vu la Vierge ou quoi, les gars ?) et vous comprendrez mon petit sentiment d'être pris pour une vache à lait. "T'étais pas obligé d'y aller", me direz-vous. Certes. Mais malgré tout, Machine Head m'a rappelé à quel point ce groupe est important à mes yeux. Pour la première fois en des années, j'ai passé ma soirée à gueuler tous les refrains. Parfois même des morceaux entiers, à m'en faire péter les cordes vocales. On est dimanche, le concert était jeudi, je parle encore comme Yoda. C'était épique. On pourrait pinailler sur la setlist, échanger un "Locust" contre un "Take My Scars", ajouter un "Block" au lieu de "Bulldozer" (qui est pourtant tiré d'un de mes albums préférés du groupe), voire remplacer un "Darkness Within" par un "Descend The Shades Of Night"… mais cela prouve aussi, à quel point ce groupe a su aligner des albums de qualité et qu'il pourrait jouer trois heures en nous proposant une setlist en béton armé.

Merci, Machine Head, rendez-vous en fin d'année !

Setlist
Imperium
Beautiful Mourning
Locust
The Blood, the Sweat, the Tears
Bite the Bullet
Ten Ton Hammer
Darkness Within
Declaration@Tape
Bulldozer
Killers & Kings
Davidian
(rappel)
Aesthetics of Hate
Old
Halo