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387552En 2009, nous avions rencontré un groupe en plein questionnement après la sortie de son troisième album. Problèmes de line-up et de motivation, on sentait leur frontman un peu dépité et presque résigné à mettre la clé sous le paillasson. Au final, la moitié du line-up aura été remplacée en 2012 (on note d'ailleurs la présence du bassiste de Cradle Of Filth), mais le propos, quant à lui, est toujours aussi radical.

Et pourtant, il aura fallu redoubler d'efforts dans le camp de Man Must Die et recourir au crowdfunding pour pouvoir enregistrer cet album. Un comble, quand on connaît leurs efforts précédents, parfait mix de brutalité et de technique. Comme quoi, on peut s'appeler Relapse Records et laisser filer un poulain prometteur dès le premier signe de faiblesse. C'est Lifeforce Records qui récupère un groupe plus affûté que jamais et prêt à prouver à tous ceux qui n'ont pas cru en eux qu'il faut compter avec leur énergie et leur hargne. 

Après "Congregation", la brève intro mélodique, Joe lâche les chiens avec un "Hiding In Plain Sight" ravageur. Le chant est rageur tout en restant intelligible, la section rythmique déboîte sans tomber dans le linéaire et, cerise sur le gâteau, le travail réalisé au niveau des guitares est tout bonnement hallucinant. C'est hargneux et violent tout en restant ultra-mélodique, on tient presque le compromis idéal, l'album qui séduirait à la fois les brutes radicales et les amateurs de mélodies.  L'album a beau durer près d'une heure, il saisit par la gorge et ne lâche sa proie qu'à la fin, sans véritable temps mort, si ce n'est un bref interlude plus posé avant une nouvelle plongée dans le pilonnage.

En 2009, nombreux sont ceux qui ont enterré le groupe un peu trop tôt. Ce retour aux affaires avec un album qui s'inscrit dans la droite lignée des trois premiers opus (qui étaient déjà de qualité supérieure) leur donne tort à tous. Et on en redemande.

Mister Patate (9/10)

Facebook officiel 

Lifeforce Records / 2013
Tracklist (54:50) 1. Congregation 2. Hiding in Plain Sight 3. Patriot 4. The Hell I Fear 5. Dissolution 6. Absence Makes the Hate Grow Stronger 7. Sectarian 8. The Price You Pay 9. Antisocial Network 10. Abuser Friendly 11. On the Verge of Collapse 12. The Day I Died

 

Le 31 octobre, c'était Halloween … et le passage de Queensrÿche en Belgique à la Brielpoort de Deinze. Une soirée remplie de musique avec quatre (!) premières parties. Au menu: Methusalem (Pays-Bas), Alpha Tiger (Allemagne), After All (Belgique), Max Pie (Belgique) et Queensrÿche (Etats-Unis). Quatre groupes en première partie, c'est beaucoup… Résultat : les groupes n'ont pas beaucoup de temps pour jouer, dommage…

Pour Methusalem, c'est vraiment dommage : ils doivent ouvrir la soirée et quand ils montant sur scène, la salle est presque encore vide. Dommage car les jeunes donnent tout ce qu'ils ont et le progrès fait depuis la dernière fois où je les avais vus. Un bon petit groupe du Heavy, j'ai surtout bien aimé 'Frisian Metal Warriors'.

Setlist:
– Heliopolis
– Sentenced To Rock
– Frisian Metal Warriors
– Armed With Axes
– We're Riding Out
– Heavy Metal Gods

Alpha Tiger ensuite, les jeunes allemands sont déjà passés en Belgique en première partie de W.A.S.P. et j'avais beaucoup aimé. Cette fois, ça manquait un peu d'énergie, ça bougeait moins et ils avaient l'air fatigué… mais malgré tout, ce fut court et efficace ! 

Setlist:
– Along The Rising Sun
– Waiting For A Sign
– Men or Machines
– Beneath The Surface

Finalement, le public commence a arriver pour After All… Je les ai déjà vus plusieurs fois et comme d’habitude, ils balancent la sauce ! Un set comprimé et fort, ils se donnent à fond et terminent fort avec une reprise de Painkiller (Judas Priest pour les incultes).

Setlist:
– Timeless Machine
– Betrayed By The Gods
– Digital War
– Parasite Within
– Painkiller

Finalement, pour préparer le public pour Queensrÿche, un bon petit groupe de Prog belge : Max Pie reprend le relève de After All et je suis bluffé par le progrès du groupe depuis la première fois où je les ai vus. Ils ont commencé comme groupe de reprises et font maintenant du prog de haute qualité. 

Setlist:
– The Side Of A Dime
– I'm Sealed
– Earth's Rules
– Vendetta
– Don't Tell Me Lies

Finalement, après quatres groupes, c'est l'heure de Queensrÿche ! Quand Geoff Tate a été viré par le groupe en 2012, j'étais inquiet. Queensrÿche avait par le passé pondu quelques-uns de mes albums préférés et Queensrÿche sans Geoff, ça va donner quoi ?! Toutefois, après leur concert au PPM Fest 2012 avec Todd La Torre (ex Crimson Glory) mes inquiétudes ont vite disparu et ce set avait été un des moments forts du PPM… Je m'attendais donc à du lourd… Mais hélas… Il y avait toujours peu de monde et l'ambiance manque dans la salle… Dommage !

Ils auront tout de même sorti un show solide. La setlist n'était pas parfaite mais le show était génial ! 

Setlist:
– Queen of the Reich
– Speak 
– Walk in the Shadows 
– The Whisper 
– Enforcer
– Child of Fire 
– Warning 
– X2 
– Where Dreams Go to Die 
– A World Without 
– The Needle Lies 
– NM 156 
– Roads to Madness 
– Fallout 
– My Empty Room 
– Eyes of a Stranger 
– Empire 
Encore:
– Jet City Woman 
– Take Hold of the Flame

Son : bon
Lumières : très basiques
Affluence : pas mal de monde pour un dimanche soir à Waregem
Ambiance : bon enfant
Moment fort : toute la soirée, en fait

Les photos :
Psychobolia
Beheaded
Internal Bleeding
Disgorge

Dans la série des salles improbables qui proposent des affiches démentes, je pense que le Gasolina de Waregem décroche la palme. En effet, il ne peut même pas être question d’une salle, mais simplement d’un café. On pousse les tables, on met un podium au fond, une petite installation pour le son, quelques spots et le tour est joué. Déconcertant à première vue, mais le déroulement de la soirée prouvera que l’on peut toujours avoir une bonne surprise.

Le premier groupe à ouvrir les hostilités ce soir était Psychobolia. Partager l’affiche avec de telles pointures peut sembler un rêve pour tous les petits groupes, mais avouons que ce n’est pas un cadeau. Les Parisiens ont beau proposer quelque chose d’assez sympa, on sent clairement le fossé entre leur niveau et le reste de l’affiche. C’est sympa, donc, la chanteuse ne ménage pas ses efforts, les musiciens sont bien en place, mais il manque encore un petit quelque chose.

Les Maltais de Beheaded, par contre, étaient bien remontés. Dans des conditions radicalement différentes de celles du DFOA 2011 (où j’avais découvert ce groupe), on sent que le groupe est prêt à mettre le feu. Le public a beau être « clairsemé » (même si la salle est pleine comme un œuf, il y a moins de 90 personnes), Beheaded ne fait pas dans le détail. Brutal sans être linéaire, avec cette petite touche de mélodie qui fait passer le tout, ils vont lentement mais sûrement faire monter la température avant un monument du NYDM : Internal Bleeding.


J’avoue : je connaissais très mal le groupe. Mal m’en a pris. L’ambiance monte encore d’un cran (même si les réactions aux petits speeches du chanteur étaient très timides), certains se lancent même dans un mini-pit (le genre de truc particulièrement hasardeux dans un petit café où les bières sont servies dans des verres et pas dans des gobelets en plastique), le groupe alterne entre classiques et nouveaux morceaux (l’album est prévu pour l’année prochaine)… Une bonne prestation, qui sent un peu le trop peu (je pense même qu’ils ont skippé un morceau), mais l’heure tourne et il est temps de prendre une tornade made in San Diego : DIS-FUCKING-GORGE.

Angel Ochoa est un monstre. Un frontman hors normes, un croisement entre Jésus et un catcheur, le genre de gars qui monte sur scène pour se l’approprier. Il arpente les planches, se secoue la crinière à s’en arracher la tête et ce growl… HAAAA ce growl, caverneux à souhait, sans la moindre variation mais tout bonnement inhumain. Une bête. À 5 sur une micro-scène, le bestiau aurait pu se sentir à l’étroit, mais ses zicos se contenteront de coller les murs pour laisser de la place à leur frontman. Et c’est parti pour une débauche de brutalité. Originalité zéro, Disgorge envoie de la meule sans discernement, pour le plus grand plaisir des fans qui ont fait le déplacement.


 
Une telle affiche aurait pu mériter une salle plus « prestigieuse ». À Tilburg, par exemple, Disgorge fera arrêt au 013. En Belgique, il aura fallu se perdre dans la campagne flamande pour voir une affiche scandaleuse. Heureusement que des gars comme Filip (un passionné, un vrai, sans qui nous n’aurions aucune de ces affiches) prennent encore des risques. Thanks, Filip !