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Devildriver – Winter Kills

379094Qu’on le veuille ou non, Dez Fafara est devenu un pilier de la scène Metal, dans un premier temps avec Coal Chamber qui masquait son manque d’originalité par une efficacité sans faille (l’album Dark Days, touchant de simplicité avec ses riffs à deux balles et ses rythmiques connes comme une table) et ensuite avec Devildriver, le frangin énervé de la Chambre à Charbon, la machine à torgnoles qui fait voler les chicots avec une solide dose de groove. En 6 albums, Devildriver est devenu une valeur sûre, et c’est donc avec une pointe de surprise que je retrouve la bande à Dez chez Napalm Records (la Division 2 derrière Nuclear Blast, Metal Blade et les autres grosses écuries). Enfin, qu’importe le label, pourvu que la musique soit à la hauteur des attentes… et une fois de plus, c’est le cas.

Ne vous attendez pas à une évolution radicale par rapport aux efforts précédents du groupe : le son Devildriver, le groove, la puissance des rythmiques, la hargne du chant… tous les ingrédients habituels d’un album de la bande à Dez sont bien présents. Les évolutions sont subtiles (les mauvaises langues diront même que rien n’a changé), mais la force de frappe reste intacte. La machine à claques se met en route un poil plus lentement que sur les efforts précédents, mais on sent que le groupe en garde sous le pied et monte en puissance au fil des compos. Ça cogne fort, ça cogne juste, avec juste ce qu’il faut de mélodie et de groove pour faire passer la pilule.

En quelque sorte, Devildriver a su reprendre l’efficacité enfantine d’un Coal Chamber et la retransposer dans un groupe bien plus hargneux et plus doué musicalement. Winter Kills ne séduira pas les détracteurs du groupe, c’est pour ainsi dire acquis. Les fans, par contre, risquent fort d’à nouveau passer un bon moment. 

Mister Patate (8/10)

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Napalm Records / 2013
Tracklist (49:19) 1. Oath of the Abyss 2. Ruthless 3. Desperate Times 4. Winter Kills 5. The Appetite 6. Gutted 7. Curses and Epitaphs 8. Carings Overkill 9. Haunting Refrain 10. Tripping Over Tombstones 11. Sail

Gorguts – Colored Sands

379853Dans le registre des « comebacks qu’on attend depuis longtemps, mais pas trop non plus parce qu’on a peur d’être déçu », Gorguts a fait fort, très fort. Après 12 ans sans le moindre album (et près de 5 ans après son comeback en live), les Canadiens, épaulés maintenant par John Longstreth (le cogneur d’Origin), nous livrent un album tout en richesse et en détails qui, s’il ne sera pas à la portée de tout auditeur, risque malgré tout de faire parler de lui.

À une époque où la musique est devenu un consommable qui doit séduire à la première écoute, où les morceaux doivent être pour ainsi dire prémâchés, prédigérés pour être savourés immédiatement, Gorguts n’a pas dérogé d’un iota à ses habitudes et nous livre un album monolithique et de prime abord imperméable. « Le Toit du Monde » ouvre les hostilités brutalement, 6 minutes et 33 secondes de pur Death technique implacable aux rythmiques compliquées (il a combien de bras, Longstreth ?). On en ressort étourdi, sonné par une telle avalanche, mais ce n’est que le début d’une bonne heure de montagnes russes à la sauce death technique canadien. Chaque écoute dévoile de nouveaux détails, de nouveaux éléments, ce qui augmente radicalement la durée de vie de cet album par rapport à celle d’un Facebreaker ou d’un Ulcer qui dévoilent leurs atouts d’une traite. Ici, l’écoute au casque est de rigueur, sous peine de passer à côté de ces petits trucs qui font la différence. 

Par ailleurs – et c’est là qu’on reconnaît la maîtrise du groupe –, le tout bénéficie d’un son et d’une production parfaits : tout est clair, précis, chaque élément ressort parfaitement. Tout le contraire d’un Fleshgod Apocalyse sur Labyrinth, quoi. Au niveau de la précision du mix, je pense qu’un des rares groupes en mesure de rivaliser avec Gorguts est Meshuggah (autre amateur de rythmiques déstructurées et de musique monolithique, d’ailleurs).

Au petit jeu de « qui sortira l’album technique de l’année ? », Gorguts a abattu ses cartes et présente de nombreux atouts. Reste à voir ce que les Néo-Zélandais d’Ulcerate nous ont réservés. Le combat entre ces deux poids lourds du Death technique risque d’être passionnant.

Mister Patate (9/10)

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Season Of Mist Records / 2013
Tracklist (62:49) 1. Le Toit du Monde 2. An Ocean of Wisdom 3. Forgotten Arrows 4. Colored Sands 5. The Battle of Chamdo 6. Enemies of Compassion 7. Ember's Voice 8. Absconders 9. Reduced to Silence

Apolokia – Kathaarian Vortex

apoJ’ai cru à une blague en mettant cet album pour la première fois dans le mange-disques. Vraiment, j’étais persuadé qu’Oshyrya et le reste de la rédac avaient bidouillé des morceaux de Black Metal existants pour en faire une bouillie dégueulasse et inaudible, le genre de truc tellement inécoutable et underground qu’il ferait gerber un bouc adorateur de Baphomet. Raté, Apolokia est sérieux. Très sérieux. On ne rigole pas avec le Black Metal. Ça tombe bien, cette bouse ne me donne pas envie de sourire.

Kathaarian Vortex n’a rien pour plaire : son pourri, mix pourri, compositions linéaires. L’argument de vente ? L’orthodoxie. Le jusqu’au-boutisme. Des Trve du Kvlt dans toute leur splendeur. Vous me direz que Darkthrone et Ulver, in illo tempore (ouais, je sais, du latin, ça claque toujours dans une chro de Black Metal, ça fait trop dark), avaient aussi proposé des albums au son dégueu… mais cela n’enlevait rien à la qualité intrinsèque des morceaux. Ici, la qualité du son est proportionnelle à celle des compos. C’est nul. C’est chiant. Ça me donne presque envie d’écouter du Metalcore. C’est dire.

Apolokia aura le mérite de rappeler un principe fondamental : dans le Metal, l’important n’est pas l’étiquette, c’est la qualité. On peut faire du Black de merde, comme on peut faire du Metalcore de qualité.

Mister Patate (1/10)

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My Kingdom Music / 2013
Tracklist (41:26) 1. Consolamentum 2. Post Kristus Daemonolatry 3. In Figuram Baphometis 4. Order of the Nine 5. Malignant Asphyxiation 6. Kathaarian Vortex 7. Signum Satani 8. Coil of Nihilism 9. Pure Imperial Darkness MMXII