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The Black Dahlia Murder – Everblack

372996Dix ans après la sortie d’Unhallowed, le premier véritable album du groupe, Trevor et sa bande reviennent vers nous avec un sixième album. En dix ans, bien des choses ont changé pour le groupe, tant au niveau du line-up (remplacement de toute la section rythmique en 2012) que du statut à proprement parler de TBDM, qui a su se positionner comme une valeur sûre du Death mélodique made in USA. Après un Ritual qui n’avait pas tout à fait conquis notre ami Kadaf, les revoici donc avec un Everblack à mes yeux plus abouti.

Tout d’abord, il y a cet opener, « In Hell Is Where She Waits For Me », efficace en diable et dont les textes abordent, pour la première fois, l’histoire du Dahlia Noir, ce meurtre qui a donné son nom au groupe. Sans perdre la moindre seconde, TBDM nous plonge dans le bain, avec un Trevor en excellente forme et un groupe qui n’est pas en reste. La mélodie a beau toujours être au rendez-vous, on sent aussi une volonté de frapper plus fort, de renforcer la brutalité du propos, et cette évolution convient parfaitement au groupe. Par ailleurs, TBDM joue aussi davantage sur les ambiances sombres, comme en témoigne ce passage central de « Into The Everblack » parfaitement maîtrisé. On en redemande, encore et encore… et le groupe l’a bien compris en enchaînant sur « Raped In Hatred By Vines Of Thorn », avec son petit clin d’œil à Evil Dead et sa touche mélodique sublime (le meilleur morceau de l’album selon moi).

Dès la première écoute, Everblack vous place en terrain connu. The Black Dahlia Murder a su se forger un style, un son propre. Les mauvaises langues diront qu’aucun autre chanteur n’imite le chien écrasé aussi bien que Trevor, mais vous pouvez enlever tous les passages de chant de cet album et tout de même reconnaître la touche Black Dahlia. Ritual vous avait laissés sur votre faim ? Everblack devrait vous réconcilier avec le groupe. Plus brutal tout en restant mélodique, cet album permet au groupe de passer avec brio le cap de la décennie.

Mister Patate (8,5/10)

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Metal Blade Records / 2013
Tracklist (44:33) 1. In Hell Is Where She Waits for Me 2. Goat of Departure 3. Into the Everblack 4. Raped in Hatred by Vines of Thorn 5. Phantom Limb Masturbation 6. Control 7. Blood Mine 8. Every Rope a Noose 9. Their Beloved Absentee 10. Map Of Scars

 

Torture Division – The Worship

378573S’autoproclamer « le meilleur groupe de Death Metal au monde » et ne sortir que des démos : voilà une attitude qui pourrait faire froncer quelques sourcils et susciter une certaine incompréhension… Et pourtant, depuis 2008, Torture Division a opté pour cette démarche et nous livre aujourd’hui une neuvième démo. Les points communs avec les précédentes : trois titres (bon, j’avoue, Evighetens dårar III en comptait quatre, mais c’est la seule sortie qui déroge à cette règle de trois) et une qualité supérieure.

Torture Division semble avoir trouvé la formule parfaite pour ne proposer que des sorties dignes d’intérêt : la concision. En trois morceaux et une dizaine de minutes, le groupe se doit de captiver son auditeur. En effet, la moindre faute se paierait cash, mais avec un line-up aussi doué, je pense que nous pouvons encore attendre longtemps avant un faux-pas de ces trois furieux.

Une fois de plus, Jörgen Sandström nous livre une prestation proprement bestiale au chant, à tel point qu’il vient tout doucement se placer parmi mes beugleurs favoris. Son chant respire la colère, la violence, l’ours en rut qui aurait été nourri au yaourt pendant un mois. Ajoutez à cela un son de basse nourri au grain (merci, Dan Swanö), un riffing foutrement efficace (Lord K, vendeur de rêve depuis 2008) et une section rythmique en béton armé (en même temps, avec un Tobben derrière les fûts, on pouvait s’y attendre) et vous avez en effet trois des meilleurs morceaux de Death à tendance brutale de l’année. Ca semble simple, en fait, tant les trois morceaux coulent de source. Efficace, bourrin, to the point, The Worship est, à nouveau, une réussite. Et en plus, c’est gratuit (même si tous les dons sont les bienvenus)… Pourquoi s’en priver !

Mister Patate (9/10)

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Autoproduction / 2013
Tracklist (09:41) 1. I Wanna Beat Somebody 2. All Rise 3. Håll Käften

 

Dagoba – Post Mortem Nihil Est

377606« La scène française regorge de talents », dit-on souvent. À juste titre, d’ailleurs, tant on constate une montée en puissance des groupes gaulois. Toutefois, demandez au metalleux moyen de vous citer le premier groupe français qui lui passe par l’esprit et vous aurez invariablement la même réponse : Gojira. Et derrière ? On vous citera souvent Loudblast, Hacride, One Way Mirror et Mnemic (Guillaume Bideau oblige), les arbres qui cachent la forêt… (1). Cependant, comme le dit un proverbe flamand, « Hoge bomen vangen veel wind ». Plus un arbre est grand, plus il offre une prise au vent et plus il risque d’être déraciné lorsque la tempête se lève, et c’est un peu ce qui est arrivé aux groupes précités. Parmi les gros noms de la scène française, un seul a su se maintenir. Un groupe sur lequel je n’aurais pas misé un balle. Dagoba.

Avec Post Mortem Nihil Est, Dagoba est en effet parvenu à éviter les écueils dans lesquels se sont vautrés ses concurrents. Là où Gojira et Hacride se sont égarés en expérimentations hasardeuses et en redondances, Dagoba a su rester affuté. Les compos ont beau être dans l’ensemble assez longues et travaillées, elles parviennent à capter davantage l’audition qu’un Enfant Sauvage. Par ailleurs, contrairement aux projets de Guillaume Bideau, Dagoba est plus mordant, moins apprivoisé. One Way Mirror noyait son propos dans le sucré, Dagoba relève le sien avec la petite pointe de tabasco qui donne de la saveur sans pour autant arracher désagréablement la gueule.

Et pourtant…

Malgré ses qualités, Post Mortem Nihil Est n’est à aucun moment en mesure de truster les premières places dans les classements des albums de l’année 2013, et ce à cause de son incapacité à s’inscrire dans la durée. Là où certains albums mettent du temps à se dévoiler et nécessite plusieurs écoutes avant d’être totalement apprivoisés, Dagoba nous livre une galette directement consommable. Si j’étais méchant, je parlerais même « d’album Kleenex » : une écoute et puis s’en va prendre la poussière sur l’étagère… Une fois la première impression positive passée et malgré son côté ambitieux (le son Logan Mader, les petites touches symphonico-instrumentales), Post Mortem Nihil Est perd vite de son charme. D’ici trois mois, je doute très fort que je me réveille un matin en me disant « tiens, je me ferais bien le dernier Dagoba, il dépote quand même bien ». D’ici trois mois, par contre, je risque certainement de me lever un matin en ayant une furieuse envie de réécouter le dernier Svart Crown… C’est un peu comme ça qu’on distingue un « bon album » d’un « grand album ».

Mister Patate (6/10)

 

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Verycords / 2013

Tracklist (50:53) : 1. When Winter… 2. The Realm Black 3. I, Reptile 4. Yes, We Die 5. Kiss Me, Kraken 6. Nevada 7. The Great Wonder 8. The Day After the Apocalypse 9. Son of a Ghost 10. Oblivion Is for the Living 11. By the Sword 

(1) les plus radicaux citeront parfois Svart Crown et Benighted, avouons-le.