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Pig Destroyer – Mass & Volume

Ca y est, ils l’ont refait ! Après Natasha, l’EP aux confins du sludge et du doom, les furieux de Pig Destroyer remettent le couvert avec un nouvel EP qui s’écarte franchement des rivages grindcore du groupe et nous emmène dans un univers pesant et radicalement plus lent. On connaît l’efficacité de Pig Destroyer en grindcore, mais le groupe a encore tout à prouver en doom. Alors, pari réussi sur ce Mass & Volume (enregistré à l'époque de Phantom Limb et sorti maintenant sur un vrai format physique dont les recettes iront à la famille d'un employé de Relapse récemment décédé) ?

Oui et non. Dans un sens, cette galette de Pig Destroyer vaut le détour, avec son lot de riffs pachydermiques qui annihilent les esgourdes (on pousse le volume à fond et on fait trembler les murs) et ce chant déformé/torturé presque aussi féroce que le registre plus habituel notamment utilisé sur Book Burner. Mass & Volume, du haut de ses 25 minutes, a donc une force d’impact plutôt efficace.

Toutefois, si on y regarde plus près, on constate que le propos a beau être écrasant, il est aussi plutôt minimaliste. Même si je suis de ceux qui estiment qu’il ne faut pas forcément un mille-feuilles de notes et une armée de musiciens pour sortir un album qui vaut le détour, j’avoue que je reste quelque peu sur ma faim, et d’autres ont déjà su, par le passé, proposer un résultat bien plus convaincant sur la durée avec aussi peu d’éléments. Natasha avait su me convaincre à l’époque, Mass & Volume ne parvient pas à susciter chez moi le même engouement, sans pour autant être vraiment décevant

Mister Patate (5/10)

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Relapse Records / 2014
Tracklist (25:40) 1. Mass & Volume 2. Red Tar

Exodus – Blood In Blood Out

Avant de commencer, je vais directement me soulager d’un fardeau : j’aimais bien ce bon vieux gros redneck de Dukes. Un bourrin hors pair, taillé comme une montagne, un frontman badass as fuck qui savait mettre le feu à un pit en moins de deux, et chaque concert d’Exodus auquel j’ai assisté avec lui au poste de chanteur m’avait mis une mandale XXL. Son départ, combiné à l’annonce du retour de ce bon vieux Souza, ne m’avait donc pas vraiment empli de joie, au contraire. Dans une scène Thrash ricaine où le Big 4 ne vit que par sa réputation et où les seconds couteaux que sont Testament et Overkill semblent affûtés comme jamais, Exodus – qui partage désormais Gary Holt avec Slayer – allait donc devoir se retrousser les manches pour espérer faire aussi bien, voire mieux.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’opener « Black 13 » ne m’a pas rassuré. Long comme un jour sans pain, faussement énergique et la voix de canard écrasé de Souza : on fonce droit dans le mur. Toutefois, passé l’écueil de ce départ mollasson, Exodus lâche les chiens avec un morceau éponyme qui tabasse dans les règles de l’art (et j’ai beau n’apprécier que moyennement le chant de Souza, j’avoue qu’il passe très bien) pour finalement enfin prendre un rythme de croisière plus convaincant. En bref, et pour faire simple : Exodus avoine correctement… pendant 60 minutes.

Et c’est là que le bât blesse. 11 morceaux, plus d’une heure de musique. On frôle donc la moyenne de 6 minutes par morceau, et sur un album de thrash à vocation « tabassage en règle », ça ne signifie qu’une chose : du filler. Pas de morceaux superflus, non, juste des passages qui auraient gagné en efficacité s’ils avaient été raccourcis, des morceaux qui auraient pris une toute autre dimension s’ils avaient été écourtés et rendus plus compacts, plus violents. À l’époque de la sortie de Death Magnetic de vous-savez-qui, un petit malin avait tripatouillé une version light de l’album, supprimant les redondances, etc. et le résultat final était loin d’être dégueu. Si quelqu’un a son adresse, qu’il lui envoie le dernier Exodus et on va prendre un train de marchandises en pleine gueule. Là, avec le produit final, je suis un poil déçu. Heureusement, il reste Overkill pour aligner les albums de Thrash sans concessions ni temps mort.

Mister Patate (6,5/10)

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Nuclear Blast Records / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Black 13 (featuring Dan the Automator) 2. Blood In, Blood Out 3. Collateral Damage 4. Salt the Wound (featuring Kirk Hammett) 5. Body Harvest 6. BTK (featuring Chuck Billy) 7. Wrapped in the Arms of Rage 8. My Last Nerve 9. Numb 10. Honor Killings 11. Food for the Worms

 

Hideous Divinity – Cobra Verde

Après Devangelic qui ne m’avait que très modérément convaincu et Bloodtruth qui avait déjà su me séduire davantage, voici un troisième groupe transalpin, formé lui aussi d’anciens de Fleshgod Apocalypse et de Hour Of Penance et également animé d’une envie et d’une énergie à revendre. Après un premier album plutôt sympa (mais qui n’a jamais été chroniqué, faute de temps), Hideous Divinity revient avec un deuxième album sorti chez Unique Leader Records, un label qui a souvent su proposer des plaques de qualité par le passé… et ce Cobra Verde ne fait pas exception à la règle.

Au programme : un Death brutal qui, on s’en doute, a des difficultés à masquer sa filiation avec les deux ogres DM italiens que sont Hour Of Penance et Fleshgod Apocalypse. Cependant – et bien que je reproche souvent le manque de personnalité propre de nombreuses formations –, Hideous Divinity s’en sort avec les honneurs et nous livre une prestation des plus convaincantes. Les compos sont ravageuses, le son est bien équilibré, et cette formation surpasse avec une facilité presque insolente les autres groupes italiens évoqués ci-dessus (à l’exception notable de Hour Of Penance qui reste, à mes yeux, ZE groupe italien du moment, loin devant un Fleshgod Apocalypse qui n’a pas su digérer ses apports symphoniques). En bonus, on notera le guest de Mister Dallas Toler-Wade (Nile) sur « Alonest Of The Alone » pour un résultat des plus percutants.

Originalité très limitée mais force de frappe intacte : les petits gars d’Hideous Divinity viennent rejoindre le club des brutes italiennes qui portent fièrement l’étendard du DM qui ramone les esgourdes. Voilà une galette qui se laisse écouter avec plaisir !

Mister Patate (8/10)

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Unique Leader Records / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. In My Land I Was A Snake 2. The Somber Empire 3. Cobra Verde 4. Salt In The Martyr's Tear 5. Sinister and Demented 6. Desolation Within 7. The Alonest of the Alone (featuring NILE's Dallas Toler-Wade on vocals) 8. Adijnakou 9. The Last and Only Son (originally written by RIPPING CORPSE)