Le black-métal est un genre en constante évolution. Et cela ne plaît pas à tout le monde. Depuis les années 2010, deux camps s’affrontent. D’un côté, la seconde vague « canal historique » (Tsjuder, Destroyer 666 et consorts) perpétue une tradition héritée de Quorthon et des premières démos de Mayhem. De l’autre, une bande de nouveaux venus effrontés (Deafheaven, Myrkur, Boss De Nage) qui n’hésitent pas à casser, avec audace, les codes d’un genre ultra balisé. Au milieu de cette bataille sanglante se trouvent les Allemands de Der Weg Einer Freiheit. Les seuls capables de faire le pont entre ces deux fratries irréconciliables.
Der Weg Einer Freiheit nous offre, avec Finisterre, son album le plus accompli. Prolongement naturel de Stellar, ce quatrième album navigue sans cesse entre modernité et tradition. Le quatuor capte l’essence même de ce qu’est le black-metal (riffs, mélodies, hurlements) et la fait fusionner avec quelques digressions subtiles (passages ambient, shoegaze…). Finisterre commence pourtant de façon classique avec « Aufbruch ». « Ein letzer tanz » est plus surprenant de part son accroche post-rock. Mais trois minutes suffisent pour que le métal noir reprenne ses droits. La voix de Nikita Kamprad peut alors de nouveau déchirer l’espace sonore. S’ensuit le diptyque « Skepsis » qui nous emmène dans un voyage musical passionnant où l’album atteint son summum dans sa seconde partie. « Finisterre » est un morceau époustouflant qui clôt, avec brio, cet album presque parfait où l’intensité ne baisse jamais.
Finisterre est un cap, un pic, la péninsule de la discographie de Der Weg Einer Freiheit. Un groupe formidable qui regarde l’avenir du black-métal sans rien renier de son passé. Le défi pour ces jeunes allemands va être extrêmement difficile. Pourront ils faire mieux ?
Nico (9,99/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
Season Of Mist / 2017
01. Aufbruch 02. Ein letzter Tanz 03. Skepsis Part I 04. Skepsis Part II 05. Finisterre
Stone Sour a pour une fois pris son temps. Le groupe de Corey Taylor (Slipknot) a mis quatre ans pour accoucher de son sixième album. Un temps nécessaire pour se reconstruire suite au départ de James Root. L’écoute d’Hydrograd rassure : la machine semble repartie pour surfer sur le succès.
Pourtant, Hydrograd n’est pas une révolution. La surprise n’est pas au menu mais le savoir-faire est toujours au rendez-vous. Le trio Taylor/Mayorga/Rand arrive encore à nous concocter de solides chansons. Si on excepte l’inutile intro « Ysif », il n’y a pas grand-chose à jeter sur cet album. Façonné pour plaire au plus grand nombre, Hydrograd touche sa cible quasiment à chaque fois. L’ultra dynamique « Knievel has landed » et ses « oh oh » putassiers fait bien le boulot ; par contre, « Song#3 » est LA fausse balade obligatoire. Quant à « Taipei person / Allah tea », c’est l’accroche parfaite pour un début de concert. Toutes les figures imposées sont respectées, on n’en demande pas plus. L’enthousiasme des zicos se fait sentir et promet de belles prestations live.
Corey Taylor et son groupe se sont refait une santé. Le gus n’a jamais aussi bien chanté et ses acolytes (nouveaux et anciens) sont toujours aussi compétents. Le metal (très) mainstream du groupe a encore de beaux jours devant lui.
Nico (7,5/10)
Site Officiel : http://www.stonesour.com/
Roadrunner / 2017
01. Ysif 02. Taipei Person/Allah Tea 03. Knievel Has Landed 04. Hydrograd 05. Song #3 06. Fabuless 07. The Witness Trees 08. Rose Red Violent Blue (This Song Is Dumb & So Am I) 09. Thanks God It’s Over 10. St. Marie 11. Mercy 12. Whiplash Pants 13. Friday Knights 14. Somebody Stole My Eyes 15. When The Fever Broke
La scène noise-rock française se porte bien. Si Pneu, Brume Retina, Marvin, Papier Tigre ou encore les vétérans de Kill the thrill ont donné leurs lettres de noblesse au genre, une nouvelle génération de groupes débarque pour inscrire son nom au tableau. Avec Kind words, les Quimpérois de Corbeaux incarnent le renouveau.
Kind words est un album exigeant ; qui demande beaucoup d’investissement de la part de l’auditeur.Quelques écoutes sont nécessaires pour en saisir toutes les nuances. Si les influences sont évidentes (Refused, Neurosis, Cult of Luna), Corbeaux se fiche des genres ; metal, noise, hardcore et post-rock s’entre-choquent avec bonheur. Il est difficile de qualifier cette musique abrasive. Pourtant, ce troisième album est un bloc qui s’enfile d’une traite. Corbeaux nous entraîne dans un maelström musical infernal. Des digressions post-metal de « The light has voice » à la furie tellurique du diptyque « Old tired horse/Old dying horse » en passant par les grands espaces du final « Twig », impossible de stopper l’écoute.
Les sept titres de Kind words placent Corbeaux en pôle position de cette scène post-hardcore-noise hexagonale. Bluffant, Kind words est un brûlot incandescent qui ne mérite qu’une chose : qu’on le porte au pinacle en se le passant en boucle. Album de l’année ?
Nico (9/10)
Site Officiel : https://corbeauxrock.bandcamp.com/
Blue Wave / 2017
01. Corpse pose 02. Old tired horse 03. Old dying horse 04. The light has voice 05. Helena Markos 06. Mouth shut 07. Twig