Dans cette interview, Stéphane revient sur la tournée avec Death To All, les 30 ans du groupe, le remastering des anciens albums et bien d'autres choses.
Mar 12
Dans cette interview, Stéphane revient sur la tournée avec Death To All, les 30 ans du groupe, le remastering des anciens albums et bien d'autres choses.
Mar 8
01. Quelques semaines avant la sortie de ce nouvel album, dans quel état d’esprit es-tu concernant cette nouvelle aventure ?
Je suis très fier de ce disque mais je ne veux plus jamais avoir à l’écouter. Mais c’est toujours ce que je ressens après avoir terminé un nouveau projet. Tu sais, j’ai passé près d’un an et demi à le composer, à l’arranger, à en faire des démos, à le répéter avec mon groupe, à l’enregistrer, à le mixer et à en faire le mastering. Je n’en peux plus et je ne veux plus l’écouter du tout. Mais j’en suis incroyablement fier car c’est une tâche extrêmement rude de sortir un album conceptuel car tu dois écrire de la bonne musique mais aussi t’assurer que le fil narratif tienne la route du début à la fin.
C’est comme écrire un film ou un script mais il faut que la musique soit en cohérence et reste en permanence de qualité. Et c’est pourquoi je ne m’attaque pas souvent à ce type de défi, il s’agit de mon premier album solo qui possède cette forte histoire narrative. C’est dur et c’est dur de le faire avec succès en atteignant tes standards de qualité. Mais la fierté est bien là.
02. Mais finalement combien de temps te faut-il pour recommencer à apprécier un album ? Peux-tu maintenant écouter avec plaisir ton précédent opus, The Raven That Refused To Sing (and other stories) ?
Non et la réponse à cette question est que je n’ai pas encore réussi à atteindre ce plaisir avec aucun de mes albums. Quand je dois revenir en arrière dans ma carrière à l’occasion de remastérisations par exemple, je trouve le processus extrêmement douloureux. Mon premier disque date de 1992 donc la période d’incubation me permettant d’apprécier un de mes disques doit être supérieure à vingt-trois ans. Et je ne sais combien de temps encore, il est même possible je ne parvienne jamais à apprécier un de mes albums.
03. Mais pourquoi ? Est-ce parce que tu n’entends que ce que tu aurais pu faire différemment ou parce que le Steven Wilson de 2015 a évolué et donc a changé sur le plan artistique ?
Et bien les deux. Et pour faire une comparaison, écouter ces vieux albums reviendrait pour moi à regarder une vieille photo de l’époque du lycée et tu verrais une affreuse coupe de cheveux, les vêtements un peu ridicules que tu portais alors à l’époque. Comment avais-tu pu penser que ces fringues et cette coupe de cheveux pouvaient avoir l’air cool ? Tu vois ce que je veux dire ?
Et bien c’est la même chose quand tu es un artiste. En écoutant un vieil album de toi, tu te dis "mais qu’est-ce que je pouvais bien penser à l’époque ?". Comme tu le disais, je ne peux que penser à quel point je ferais les choses différemment maintenant. Et mon instinct immédiat quand j’écoute de vieilles chansons devient systématiquement, « ah merde il faut vraiment que je réenregistre cela ».
04. Donc ton instinct te pousserait à un cercle vicieux où tu réenregistrerais tout ton passé en permanence avec tes standards modernes ?
Mais tu ne peux pas faire cela car ce que t’aliènes par rapport à la musique que tu as composé dans le passé peut aussi faire partie des éléments que tes fans aiment chez toi. Et j’ai des fans qui adorent mes vieux albums, sans doute beaucoup plus que mes travaux plus contemporains. Et ce qu’ils aiment dans ces chansons c’est justement cette naïveté. Je le sais car je fais de même avec certains artistes que j’apprécie personnellement.
J’aime les vieilleries de certains artistes justement car elles possèdent cette dimension naïve et je comprends que des gens pensent cela de moi disant "oui ta musique est devenue plus sophistiquée mais tu as perdu quelque chose au passage". Bien sûr j’ai perdu des éléments car je ne suis plus la même personne qu’à l’époque. Donc tu ne peux pas réenregistrer et tu ne devrais pas essayer de le faire.
05. Tu as créé cet album autour de l’histoire de Joyce Carol Vincent. Comme la plupart d’entre nous, as-tu peur de mourir seul ou en tout cas oublié de tous ?
L’histoire de cette femme m’a servi de fil conducteur. Il y a une grande ironie dans cette histoire, dans le fait qu’elle était complétement invisible dans sa vie et maintenant qu’elle est morte un film a été fait sur elle, une page Wikipédia lui est consacrée, un album maintenant. Cette ironie sur Joyce Carol Vincent est un exemple assez extrême de cette idée. Je pense que tous ceux qui ne sont pas particulièrement religieux, et je ne suis pas moi-même religieux, je ne pense pas que quelque existe après la mort. Si tu prends conscience de te mortalité, que finalement tout ce que tu fais dans la vie se mesure à l’aune de cette fin inéluctable, le temps qui passe et le tic-tac de cette horloge qui ne s’arrête jamais et qui retire du temps à ta présence très limitée sur terre, essayer de faire de ta vie quelque chose qui ait du sens, nous aspirons tous à cela sinon pourquoi vivre ?
Chacun trouvera sa propre réponse, pour certains, il faut avoir fondé une famille, pour certains ce sera de devenir un homme d’affaires riche et puissant et pour moi bien sûr c’est d’écrire de la musique. C’est ma façon de faire de ma vie quelque chose de plus que simplement 70, 80 ou 90 ans passés au hasard à subir les évènements de la vie. Et quand tu entends parler d'une histoire comme celle de Joyce Carol Vincent, quelqu’un qui choisi d’une certaine façon d’être invisible et je ne pense pas que cela la rendait malheureuse. Je ne suggère pas que cela la rendait folle de joie mais elle ne me semblait pas en être malheureuse. D’une certaine façon, elle a fait le choix de s’isoler et elle se sentait bien mieux ainsi. Et nous pouvons tous d’une façon ou d’une autre comprendre cette idée.
Nous faisons tous cette expérience quand nous sommes invités à une soirée, un dîner ou un concert et que tu as envie de tout sauf de cela. Tu préfèrerais largement être devant la TV, tranquille chez toi tout seul. Et c’est un sentiment agréable et rassurant. Mais en même temps nous ne sommes pas des iles isolées, nous avons besoin de l’interaction avec les autres, ces interactions sont importantes et c’est pourquoi je suis ici présent devant toi à discuter et pas seulement au téléphone.
06. Mais tout ce processus de création autour de cette histoire a-t-il changé ton propre comportement ? Tu prends plus régulièrement des nouvelles de tes proches… ?
Dans le fond cela n’a rien changé profondément. L’art en général, que ce soit de la peinture, de la musique ou un film ne te bouleversera pas profondément. On dit parfois que cela revient à tenir un miroir devant soi. La question alors devient, tu reconnais-tu toi-même dans ce miroir et aimes-tu ce qut tu vois ? Pour certaines personnes, internet est l’invention du siècle, ce n’est finalement pas si grave si les gamins restent devant les écrans devant Skype ou Facebook au lieu de sortir et de socialiser avec les autres enfants.
Certains trouveront cela génial mais ce n’est pas mon cas, ce n’est pas génial de mon point de vue. Mais je ne veux pas faire la leçon et partir dans un prêche pour dire aux gens ce qu’ils devraient faire et ne pas faire. Et donc je tiens ce miroir devant toi et je te dis qu’il s’agit peut-être d’un sujet intéressant et qu'il vaut la peine d'en discuter. Et c’est ce que nous faisons en ce moment même, nous en parlons. Nous ne pouvons pas faire plus que de soulever cette question et inviter les gens à y réfléchir.
07. A quel point a-t-il été important pour toi de travailler sur ce disque en étant entouré des mêmes musiciens que sur le précédent album ?
Je n’ai pas besoin de cette stabilité mais cela change mon approche du travail. Tu agis forcément différemment quand tu collabores avec de nouvelles personnes et sur ce disque aussi certains contributeurs sont nouveaux. J’ai collaboré avec des chanteuses que je ne connaissais pas avant ou avec un chœur de garçon et c’était la première fois. Un des guitaristes est un nouveau collaborateur pour moi… Donc, il y a des petits nouveaux et d’autres qui me sont familiers pour avoir travaillé avec eux sur le précédent disque.
Et ce que je veux dire c’est que comme il s’agit de la deuxième fois que je travaille avec une grande partie de ces musiciens, parfois même la troisième fois, je suis plus à même à les pousser à sortir de leur zone de confort. Je les connais bien et donc je suis heureux et ils sont aussi heureux que je les pousse à faire des choses inhabituelles qui peuvent les déstabiliser au moins au début. Ils ne le feraient pas naturellement ainsi mais je sais qu’ils en sont capables. Sur The Raven That Refused To Sing (and other stories), je les ai laissé faire ce qu’ils voulaient comme ils le voulaient.
Mais cette fois-ci je les ai poussé, et en particulier pour Guthrie le guitariste, à faire des choses qu’ils ne feraient pas habituellement. Et cette démarche devient possible avec le temps, en connaissant les gens. Il te faut une relation établie, de confiance avec la personne pour pouvoir se permettre cela, pouvoir dire essayons, oui cela peut sembler ridicule mais essayons d’aborder ceci comme cela et on verra. Et tu es prêt à tenter l’expérience si tu connais bien la personne.
08. Te souviens-tu de la première chanson que tu as composée pour ce disque et penses-tu que cette chanson a donné une coloration particulière au reste du disque ?
C’est une bonne question. La première chanson composée s’avère être « Ancestral » et c’est le titre le plus long de ce disque, le titre qui est le plus connecté à ce qu’était The Raven That Refused To Sing. Et bien sûr cela reste finalement assez logique, comme un pont entre les deux albums. Et, à posteriori, après avoir composé ce titre, je me suis senti plus libre d’être plus expérimental. Mais comme chaque album doit se valoir pour lui-même, n’as-tu pas eu l’envie de mettre de côté ce titre pour justement couper les ponts entre les deux albums ? Oui bien sûr que j’y ai pensé mais c’est une composition vraiment super et je n’imaginais pas l’abandonner. Mais tu as tout à fait raison, cette idée m’a traversé l’esprit et je me suis posé la question. Je trouvais l’album un peu long et comme « Ancestral » sonnait un peu trop comme le précédent… Mais à la fin de la journée j’ai compris que cette chanson était très forte et qu’elle avait toute sa place sur le disque.
09. Corriges-moi si j’ai tord mais pour le précédent disque tu as partagé la production avec Alan Parsons…
(il m'interrompt) Non pas vraiment, Alan a joué le rôle de l’ingénieur son mis je crois qu’il y avait une clause contractuel qui faisait qu’il devait apparaitre en tant que producteur exécutif. Mais en réalité il a été ingénieur-son et il a fait un travail remarquable. Je pense sincèrement qu’à cette étape de ma carrière, il n’est plus possible pour moi d’être produit pas une personne extérieure. Toute personne qui viendrait et tenterait de me produire passerait un très mauvais moment car je sais ce que je veux. Mais pourtant n’est-ce pas intéressant pour toi d’avoir ainsi un avis extérieur ? Oui tu as raison cela serait très intéressant mais je ne pense pas pouvoir le faire. Je ne pense vraiment pas pouvoir le faire. J’ai le son dans ma tête et il est difficile pour moi de faire des compromis. Et je pense que dès que tu amènes quelqu’un dans un processus créatif, tu dois faire des compromis, il le faut car l’autre à sa propre vision. Et donc tu n’es pas forcément d’accord avec cela mais je fais un essai même si je n’y crois pas vraiment. Je ne pense pas en être capable, je n’ai pas essayé mais je ne pense vraiment pas en être capable.
10. Et pourtant tu fais, toi-même, de la production pour d’autres groupes comme récemment ANATHEMA. Donc tu proposes aux autres ce que tu n’accepterais pas pour toi-même ?
Oui et c’est ce que font la majorité des producteurs. La plupart d’entre eux seraient eux-mêmes incapables d’être produits par un autre. Pourrais-tu imaginer quelqu’un produisant Phil Spector ? Non c’est impossible ! Et pourtant parfois j’ai l’impression de vivre cette expérience car il arrive que mes musiciens proposent quelque chose que je n’avais pas anticipé, un truc totalement inattendu. Et je peux trouver cela génial ! Mais là réside la plus important, je garde toujours la possibilité de dire, « non je n’aime pas cela ». Si tu te fais produire par un producteur extérieur, d’une façon ou d’une autre, tu donnes une partie de ce pouvoir de décision à cette personne. Et donc le producteur peut faire quelque chose que tu n’aimes pas mais comme c’est le producteur il faut faire avec.
11. Et d’ailleurs il est souvent triste de lire des groupes dire qu’ils n’aiment pas la production de leur disque et pourtant il est a été publié en l'état par leur label. C’est fou !
Oui c’est fou et je n’en suis pas capable. C’est mon pire cauchemar, sortir un album dont je n’aime pas le son, un album à qui je ne fais pas entièrement confiance et qui est pourtant sorti comme cela à cause du label ou du fait qu’il s’agisse du travail d’un grand producteur… Il y a toujours une raison. Tu prenais l’exemple d’ANATHEMA tout à l’heure. Oui j’ai produit le disque, j’ai proposé ma vision de la, chose et si Danny (Cavanagh) n’avait pas aimé, cela n’aurait pas été utilisé ! Il reste le producteur donc il a toute la liberté pour dire, « non je n’aime pas cela fait ainsi ». Et beaucoup de gens se sont retrouvés dans la situation que tu mentionnais précédemment, ils n’avaient pas le choix de dire non. Mais si je travaille avec un grand producteur comme Brian Eno ou Phil Spector, je n’aurais plus ce choix.
Donc à ce moment de ma carrière je n’essayerai même pas de travailler avec ces gens-là. Mais si nous reprenons l’exemple d’ANATHEMA, pourrais-tu facilement accepter qu’ils ne disent qu’ils détestent ce que tu as proposé ? Oui et en plus cette situation s’est déjà produite, cela arrive même très souvent. Je mixe pour beaucoup de gens et parfois, ils n’aiment pas. Et cela me va. S’il ne s’agit pas de ma musique, je ne le prends pas mal. Cela me va si ce que je propose ne convient pas car je peux voir la situation des deux côtés et je me mets à leur place. Si c’était moi, je voudrais pouvoir dire, « non je n’aime pas ». Les gens ne disent pas que j’ai mal travaillé, simplement j’ai dû faire des choix qui ne sont pas les leurs. Cela ne sonne pas comme cela devrait à leurs oreilles. Et si j’étais à leur place cela aurait aussi une importance cruciale, que cela sonne comme je le souhaite. Je n’ai pas un problème avec cela, je peux être déçu mais ce n’est pas que mon travail était merdique, juste que cela ne correspond à leur vision.
Et cela passe bien sûr par de longues conversations avec les artistes pour savoir ce qu’ils veulent et que j’aille dans la bonne direction, pour eux. Certains sont très spécifiques sur ce qu’ils veulent et certains n’en n’ont aucune idée. Je n’avais pas grand-chose pour travailler sur les titres d’ANATHEMA, pas d’instructions précises. Ils ne le savaient pas eux-mêmes. Ils m’ont donné des titres avec des centaines d’overdubs, beaucoup trop, et j’ai fait moi-même le choix de ce que je voulais entendre et je leur ai présenté le résultat. Et par chance, ils l’ont aimé. Vinny était un peu déçu car j’avais coupé des séquences dont il était très fier. Chacun est fier de tel ou tel passage mais je leur ai expliqué qu’il y avait trop de chose et que j’avais dû faire des choix. "je sais que tu l’aimes mais tu ne peux pas le mettre". Et si j’avais été à leur place, j’aurais trouvé cela très difficile et je n’aurais pas pu accepter cela. Je n’aurais pas pu l’accepter, je le sais.
12. Mais ne tenterais-tu pas l’expérience par curiosité ? Donner une chanson à un autre et voir ce qu’il en fait ? Cela pourrait t’apporter une nouvelle perspective sur tel ou tel titre ?
Oui et c’est ce que je fais avec mes musiciens. Souvent j’ai des démos et donc je sais que je veux les claviers ainsi, la batterie comme ça… Et mes musiciens me disent « nous avons que tu as vue cela comme ceci mais nous pouvons te proposer d’agir plutôt comme cela ». Et là je peux trouver l’idée cool car je n’y avais pas pensé ainsi. Et c’est une très bonne idée que je n’avais pas anticipé. Maie encore une fois, je garde la liberté de dire oui ou non. Et si je reviens à mon idée de départ, si tu engages un producteur extérieur, tu risques de te trouver dans la situation où tu ne peux plus agir complétement librement.
13. Sachant comme tu fonctionnes, comment as-tu pu même accepter de faire partie d’un groupe comme PORCUPINE TREE où les compromis devaient être permanents ?
Non pas vraiment car en réalité j’étais toujours en contrôle. Et j’ai toujours pu faire ce que je voulais et cela me rendais parfois impopulaire. Par exemple, j’ai pu choisir de ne pas utiliser tel ou tel éléments que les gens avaient mis beaucoup de temps à faire et construire. Et pour cela, les autres pouvaient me détester et nous avons eu de nombreuses disputes à ce propos. Mais je reviens à mon propos originel, je ne pense pouvoir être cette personne qui soit dans l’obligation de faire des compromis. Mais en fait dans la majorité des groupes, même si de l’extérieur tu peux avoir l’impression qu’il s’agit d’une unité démocratique, un des membres prend les choses en main et prend la responsabilité du groupe.
Je pense que cela s’applique à tous les grands groupes. Par exemple THE WHO avec Pete Townsend, PINK FLOYD avec Roger Waters, THE BEATLES avec Paul McCartney, une personne prend toujours le rôle du dictateur. Et je ne pense qu’il ne s’agit là que d’une tradition mais c’est bien mieux ainsi. Si tu imagines un groupe complétement démocratique, et par exemple Danny est bien cette personne au sein d’ANATHEMA, il obtient ce qu’il veut à la fin de la journée. J’en ai moi-même été témoin à plusieurs reprises, il obtient ce qu’il veut. C’est un jeu de stratégie, de politique et de diplomatie interne à chaque groupe. A la fin quelqu’un est le patron, une dictature bénigne.
14. Et c’est toujours le cas même quand tu partages un projet à deux comme STORM CORROSION avec Mikael Akerfeldt (OPETH) ?
Tu as mis le doigt là sur l’exception qui confirme la règle. Tu parles d’un projet entre deux musiciens qui ont l’habitude d’être les patrons dans leurs groupes. Mais parce que nous sommes si proches, que nous sommes amis et que nous nous connaissons si bien, cela a pu, comme par magie, fonctionner. Nous aurions pu imaginer un choc des Titans… Mais l’inverse s’est en réalité déroulé car chaque idée qu’il suggérait me semblait brillante et inversement concernant mes suggestions. Et cela vient du fait de notre proximité, toutes les idées que j’avais même les plus ridicules faisaient sens pour lui, il les comprenait et même chose pour moi. Mais cela reste exceptionnel et je n’imagine aucun autre artiste avec lequel je pourrais avoir une telle connexion. Il s’agit d’une ftraernité artistique étonnante.
15. Quelle importance accordes-tu à l’aspect visuel comme la pochette de tes albums et comment travailles-tu avec l’artiste en charge de sa réalisation ?
C’est très important pour moi et dès que j’ai terminé de travailler sur une chanson, l’idée d’un visuel associé apparait dans mon esprit. Et donc j’ai toujours ressenti une connexion très forte entre la musique et les films. Et donc dès que j’ai terminé une chanson je commence à travailler avec l’artiste, Lasse Hoile, en charge de mes visuels avec qui je travaille depuis des années. Il fait de la photographie et c’est des trois réalisateurs qui travaillent sur des films pour ce disque. Parfois je lui donne des instructions très précises et parfois je lui laisse une grande liberté. Je lui donne quelques options mais il revient toujours avec des idées innovantes, sans que je ne lui demande.
Parfois j’aime ces suggestions impromptues et des fois non. Les pochettes de mes différents albums sont très différentes mais c’est le cas également musicalement parlant. La pochette est le reflet du concept développé sur le disque. Pour The Raven, le disque évoquait de ces contes fantastiques, ces histoires de fantômes de la fin du XIXème siècle. Donc tu as cette illustration gothique. Pour Hand Cannot Erase nous sommes bien ancrés dans le XXIème siècle avec un visuel beaucoup plus moderne qui prend sa source dans le disque.
Donc les visuels que j’imaginais pour chaque disque n’avaient rien à voir l’un avec l’autre. T’est-il déjà arrivé d’acheter un album uniquement pour sa pochette sans en avoir écouté une note ? Oui absolument. Je me souviens avoir acheté un album d’HATFIELD AND THE NORTH dans mon magasin du coin en 1985 et tombé sur ce visuel avec des toits de maison perdus dans la brume et de drôles de figues angéliques dans les nuages. Et je ne connaissais pas le groupe et j’ai acheté et j’ai adoré.
Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:
01. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?
Là tu es dur car je pourrais pouvoir te fournir une liste d’une centaine de chansons que j’adore. C’est trop dur car dès que je pense à une je me dis qu’il doit en avoir d’autres… Mais je peux te donner beaucoup plus facilement mon film préféré: il date de l’année dernière et il s’appelle Under the Skin avec Scarlett Johansson. Tu dois voir ce film !
02. Premier album acheté ?
Animals de PINK FLOYD
03. Dernier album acheté ?
J’achète mes disques par paquet de vingt, je fais une razzia quand je suis au magasin. Je viens d’acheter le Fisherman's Box de THE WATERBOYS avec dix cds de toutes leurs sessions.
04. Quel son ou bruit du quotidien aimes-tu ?
Mon petit chien en train de jouer avec un jouet qui couine.
05. Quel son ou bruit du quotidien détestes-tu ?
Le son de la musique venant de la voiture des gens. Tu n’entends alors que les rythmes et les basses. Cela me rend dingue !
Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)
Chronique de l'album ici
Mar 1
01. Nous avions eu l’occasion pour votre précédent opus de vous rencontrer également pour une interview. Donc quoi de neuf ces deux dernières années ?
Emmanuel Rousseau : Quoi de neuf ? Eh bien quelques concerts et surtout un nouvel album dans les bacs depuis quelques jours, Deadly Scenes. Cela représente un nouveau tournant pour nous car ce disque marque la fin de notre collaboration avec Arno Strobl, et donc nous ne sommes plus en configuration 6:33 et Arno Strobl, nous sommes passés en 6:33 solo. Nous avions rencontré Rorschach pendant l’enregistrement avec Arno de The Stench from the Swelling (a True Story), et donc depuis tout ce temps, il attendrait son heure, tapi dans l’ombre.
Et donc ce nouvel album revêt un caractère encore plus important pour nous car c’est le premier avec Rorschach au complet au chant. Le temps avait passé et il fallait passer à un nouveau chapitre. Cette transition a finalement été assez naturelle. Tu sais, dans l’histoire du groupe, il y a eu ce premier album dans l’histoire du groupe en 2011, avec déjà un autre chanteur qui nous a alors quitté peu de temps après. Et nous avons dû alors affronter une petite crise de panique en ayant plus de chanteur pour continuer à avancer, progresser sur scène ou en studio. Nous avions vraiment peur de ne pas trouver de chanteur et donc de rester immobile et de stagner.
Nous avons donc commencé à solliciter des chanteurs, à faire des auditions et en attendant, car nous pensions que cela allait prendre beaucoup de temps, nous avons recontacté Arno qui avait déjà contribué à un titre du premier album histoire d’assurer à court terme la vie du groupe. Ce ne devait être que pour un EP gratuit, Giggles, Garlands & Gallows, mais devant le plaisir que nous avons pris tous ensembles, cela a abouti finalement à mettre en boite tout un disque. Nous espérons désormais ne plus avoir rien à changer, un chanteur différent pour chaque album n’est pas un concept voulu mais a été une nécessité de par les difficultés que nous avons rencontrées.
C’est la vie d’un groupe. Dès que nous avons commencé l’enregistrement de The Stench from the Swelling (a True Story), nous savions qu’Arno allait ensuite voler vers d’autres horizons.
02. Si l’on revient un moment sur la période The Stench from the Swelling (a True Story). Que retiens-tu de cette époque ?
Moi ce qui m’a marqué c’est la rencontre avec Arno. C’est un peu bête à dire comme cela mais au moment de se retrouver pour enregistrer l’EP, nous ne nous étions jamais vu. Pour le featuring qu’il avait fait sur le premier, tout c’était passé par internet, via des échanges de fichier. Là pour l’EP, il est venu chez moi, dans le studio et nous avons fait connaissance à ce moment-là. Et ce fut vraiment une rencontre géniale. Artistiquement parlant nous avions beaucoup de points communs mais surtout humainement ce fut assez fort.
Je garde vraiment de cette période le plaisir de cette rencontre, l’enthousiasme de Niko et moi au moment de la découverte de ce qu’il avait préparé. Personnellement j’ai commencé à écouter finalement assez tard du métal et un des premiers albums de ce genre qui ait su vraiment me séduire reste le Viva la Vida de CARNIVAL IN COAL. Donc en travaillant avec lui j’ai l’impression d’avoir un peu bouclé la boucle et encore plus après quand j’ai intégré à la demande d’Arno sa reformation de CARNIVAL IN COAL pour assurer les claviers. On a fait entre dix et quinze concerts à jouer Viva la Vida en totalité et j’ai pris mon pied.
03. Que pouvez-vous nous dire des sessions d'enregistrement de Deadly Scenes ? Avez-vous changé votre façon de travailler par rapport à The Stench from the Swelling ?
L’enregistrement a été assez rapide l’air de rien, nous avons dû commencer à mettre cela en boite en décembre 2013 pour finir, et cela peut sembler long comme cela mais malheureusement nous ne pouvons pas faire que cela, en avril ou mai 2014. Ce n’est pas si énorme si l’on considère l’ampleur de la tâche à accomplir. Pour te donner un exemple, l’album doit comporter quelque chose comme 1800 pistes. Ce fut un gros travail d’équilibrage. Donc tout a été fait à la maison, nous avons tout mis en boite dans mon studio et j’ai assuré l’enregistrement et le mixage de l’album.
04. Ce DIY relève de l’obligation financière ou de la démarche artistique ?
Les deux en fait car c’est une musique qui, de part sa nature, reste très personnelle, très pointue car nous avons une vision très précise de ce que nous avons envie de faire et de la façon doit cela doit sonner. Je pense vraiment que nous ne pourrions par gérer un producteur extérieur qui ajouterait forcément sa patte et cela ne nous conviendrait pas. Et je ne me vois pas m’amuser à filer à un mec mon paquet de deux cents pistes on lui disant, « vas-y amuses toi avec cela ! ». Nous avons une idée trop précise du résultat à obtenir. Déjà bosser avec un mixeur extérieur ce serait impossible et en plus ce n’est pas vraiment dans la philosophie.
Je pense vraiment pouvoir dire cela, dans ma démarche, je ne conçois pas de ne pas le mixer. Il n’y a qu’une chose que nous ne faisons pas et c’est le mastering. J'ai fait pourtant personnellement pour d’autres groupes que j’enregistre mais je leur précise bien à chaque fois que ce n’est pas ma spécialité, je le fais si je dois le faire. C’est là je pense la principale différence avec l’album précédent, entre temps j’ai travaillé, j’ai appris et donc j’ai progressé au niveau de mes aptitudes, mes skills en langage World of Warcraft. Autant pour The Stench from the Swelling (a True Story) je m’en suis chargé et avec le recul j’aurais mieux fait de le filer à quelqu’un d’autre.
Là, à la fin du mixage de Deadly Scenes, nous étions rincés et donc nous étions la tête dans le guidon à maquer de recul. Nous nous sommes alors dit que là se posait peut-être le bon moment de filer cela à quelqu’un d’extérieur qui aura une paire d’oreille neuve mais si cela me chagrinait un peu. Nous étions vraiment contents du mixage et nous voulions donc un mastering à la hauteur, le niveau mérité par ce disque. Donc c’est Bruno Gruel, d’Elektra Mastering, qui l’a pris en charge. Très satisfait car je retrouve mon mix. Il a été dans le même sens que moi en corrigeant ou en enjolivant ce qui devait l’être.
05. Comment se construit un morceau puis un album au sein de 6:33 ? Comme ce monstrueux patchwork peut-il prendre forme ?
Au niveau de la composition, Niko il a ce mode de fonctionnement qui est que, quand il commence à travailler sur un nouveau morceau, il y va à fond. Quand tu reçois le mp3 pour écouter, tu n’auras peut-être que vingt-cinq secondes de musique mais tu auras déjà tout. Ces vingt-cinq secondes comporteront déjà quatre-vingt pistes avec les chœurs, les synthés, les arrangements de guitares. La cohérence de cet ensemble touffu vient du fait que cela ne vient que du cerveau d’une seule personne.
Et au moment de l’enregistrer, nous travaillons vraiment par couche successive et pour le mixage c’est pareil, nous intégrons les éléments un par un. On commence toujours par la batterie puis on fait un bloc avec tous les pistes de synthés, il y a souvent énormément de pistes de claviers. Nous essayons de trouver le bon équilibre entre tous ces claviers et on continue progressivement. Chaque élément est injecté et on voit ce qui se passe. Tout est enregistré indépendamment puis nous ajoutons ingrédient par ingrédient pour enrichir la recette.
06. Ne ressens-tu pas une certaine frustration à te dire qu’une partie de ce travail ne s’entend pas ? Que certaines pistes sont importantes et pourtant ne ont pu ou pas perçues par l’auditeur ?
Je ne ressens pas de frustration car au sein du groupe je me charge des aspects techniques de l’enregistrement et du mixage mais la création vient de Niko. Mon but est de rendre hommage à ce qu’il a créé en lui offrant le meilleur écrin. Moi je m’occupe de mettre en place et d’arranger des orchestrations symphoniques ou arrangements de cuivres. Mais 95% du travail est fait car Niko, même les claviers mais il ne pense pas en tant que claviériste mais en tant que compositeur. Il met des couches et s’il estime qu’il faut mettre ici juste une petite note, une petite merde mais qu’elle s’avère nécessaire, on le fait et ce ne l’empêche pas de dormir.
Ma seule contribution reste les batteries, c’est moi qui les compose de A à Z mais c’est tout. Au moment de l’enregistrement en studio je ne me pose pas toutes ces questions. Par contre, au moment de préparer le live, là je dois finement analyser ce que je dois jouer, ce que je mets dans le sampler… Lors de l’enregistrement, je pense en producteur pour dénicher les bons sons… mais pas en claviériste.
07. Tu l’as dit, Niko reste la force créatrice du groupe mais l’arrivée de Rorschach a-t-il modifié d’une façon ou d’une autre le son de 6:33 par rapport à la période Arno Strobl ?
En fait je ne suis pas sûr que Niko compose avec un chanteur en tête donc difficile pour moi de mesurer l’impact que peut avoir sur l’album le fait d’avoir su que Rorschach prenait le main à la place d’Arno. Je ne pense pas que cette donnée ne le bride ou ne l’influence particulièrement. Et Niko il est même allé beaucoup plus loin dans cet album, car dés fois il a envoyé des démos à Rorschach en ayant déjà posé dessus des petites lignes de chant, même du yaourt si besoin mais quand il avait des idées et qu’il pensait que ce serait bien et il les incluait dans sa démo. Parfois Rorschach a conservé l’idée de Niko et parfois il a proposé complétement autre chose.
Parfois même c’est la voix de Niko au final qui a été réenregistré mais elle s’adaptait alors mieux. Nous avons parfois abordé la chose comme un peu une comédie musicale donc la diversité des voix, la richesse des arrangements des chœurs… avaient une grande importance. Rorschach en fait énormément mais Niko en fait aussi beaucoup, une chanteuse est présente, une chorale de dix personnes, beaucoup d’harmonisations…
08. Et parlant toujours de différence de dynamique entre Arno et Rorschach, pas d’impact sur le son du groupe mais et sur scène ? Arno est une grosse personnalité…
Rorschach est très très très à l’aise sur scène, il vient du milieu de la fusion, dans quotidien de tous les jours il fait des reprises dans les bars, il est quand même bien speed, une vraie pile électrique, il a pris un truc un jour quand il était petit et il n’est jamais redescendu depuis. Sur scène c’est une bombe atomique ce gars, et il a une énorme habitude de la scène par exemple dans les Guinness Tavern où tu n’as pas beaucoup de place et tu dois faire le show de 22h à 4 ou 5h du mat.
Donc tu lui donnes une scène un peu plus grande et 45 minutes ou une heure pour faire son show, c’est tranquille, c’est la récré pour lui. Il est super à l’aise et je le dis, pas parce qu’il s’agit du chanteur de mon groupe, mais Rorschach c’est un artiste qui mérite d’être vu sur scène. Vraiment impressionnant.
09. Tu le disais, on note des interventions de chant féminins et divers chœurs tout au long de l'album. Qui sont les intervenants ?
Contrairement à ce que beaucoup pourraient penser, il y a ici que très peu de samples nous avons fait appel, dans la majorité des cas à des intervenants extérieurs. Pour les parties de chœurs typées chant grégorien nous avons bien sûr utilisé des banques de sons mais pour le reste où il y a des textes, tout a été enregistré par nos soins en studio. Tu trouveras vraiment sur ce disque des tonnes de pistes de chant. Tout était maquetté, ils avaient tous leur témoin en mp3, en studio avec leur casque pas chez moi car c’est beaucoup trop petit mais dans le studio d’un ami qui bénéficie d’une grande salle pour faire cela.
Ils écoutaient le passage instrumental puis une démo avec juste la ligne de chant, en démo et on enregistre une prise, deux prises, trois prises puis ils écoutent une autre ligne de chant car le tout était harmonisé et c’est parti, enregistrement, une prise, deux prises, trois prises… Donc à la fin je réécoute tout, je fais du tri si besoin et surtout nous utilisons souvent plusieurs prises en même temps pour que tout soit en stéréo pour donner de l’ampleur, augmenter l’intensité.
10. Était-ce votre volonté dès le processus de composition de Deadly Scenes que d'incorporer et de mettre plus en avant ces éléments 70s qui étaient un peu moins présents sur vos précédentes réalisations ?
Oui, je ne sais pas vraiment. Je pense que ce devait-être le feeling du moment, encore une fois il n’y a rien de très calculé là-dedans. Cela devait sembler naturel au moment où cela a été fait. Et effectivement, je ne sais pas si tu fais référence à ce passage là mais moi je pense à particulier à ce passage dans « Deadly Scenes », vers la fin de la première partie, où tu seras confronté à un mélange très bizarre entre du YES et du DAFT PUNK. Difficile de savoir comment cela s’appréhende.
11. Cela peut sonner bien en studio mais être un cauchemar à reproduire sur scène non ?
En tout cas je peux dire que pour ce passage là, au niveau des batteries, j’étais alors dans une grande période YES, et je m’en suis beaucoup servi, période Close to the Edge et The Fragile pour trouver des breaks auxquels que je n’aurais pas pensé… J’ai quelques batteurs fétiches que j’utilise pour me ressourcer et trouver de nouvelles idées. Je ne suis finalement batteur que dans ma tête, tu me donnes une batterie et je ne sais pas en jouer. Mais tout reste composé note par note. Mais je vérifie quand même que cela reste possible physiquement, que ce pourrait être joué par un vrai batteur. Même dans le son, cela doit rester organique. C’est bizarre je sais, je n’ai pas envie d’avoir un vrai batteur dans le groupe et pourtant je veux que ma batterie programmée sonne de façon ultra-bluffante.
Oui sur scène nous utilisons beaucoup de samples, ne serait-ce que pour la batterie, mais nous ne voulons pas que cela revienne finalement à appuyer sur des boutons une fois sur les planches. On fait tout que le spectateur puisse vérifier que nous jouons bien et que si on lève les mains tout ne continue pas comme si de rien n’était. On est très soucieux de cela. Nous avons fait énormément marche arrière pour ce disque-là. Niko a tout composé mais moi j’ai eu un peu le rôle du filtre. Il m’a fait vraiment confiance là-dessus. Il me faisait tout écouter chaque fois qu’il composait un truc et parfois je disais « cette partie-là je la sens pas ». Alors il grognait un peu, retirerais la partie et repartait sur autre chose. Et puis deux jours après, il confirmait ma suggestion en trouvant que la partie modifiée sonnait mieux et lui convenait mieux.
12. Le travail sur l'artwork est une nouvelle fois très réussi: à l'image de votre musique sophistiquée et décalée. Quel a été votre cahier des charges cette fois-ci ?
Et bien nous avons réutilisé la même équipe que pour le précédent, Vincent Petitjean de Dehn Sora. Nous lui avons donné un idée assez abstraite au départ, car il faut que tu partes d’une question pour construire l’identité d’un album. Cela peut paraitre un peu con mais notre question était de connaître le rôle de l’acquis et de l’inné, savoir si l’homme nait déjà pourri avec tous les mauvais instincts imaginables ou si la corruption vient du monde extérieur. Et c’est pourquoi il y a aussi le jeu de mot en anglais avec entre « Scenes » (scènes) et « Sins » (péchés). Donc on peut comprendre « scènes mortelles » ou « péchés mortels ».
Nous avons donc grosso modo cette idée là en, tête avec l’idée d’une poussette mais sans trop savoir comment agencer tout cela. Donc on a donné tout cela à Dehn Sora en lui disant que nous voulions conserver ce côté classieux, à la fois et élégant comme il sait si bien le faire avec un côté inquiétant à la Tim Burton, ou Famille Adams pas gore ou thrash. Et nous sommes très contents du résultat.
Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview
01. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?
Ce serait un titre de Michael Jackson, un artiste que j’adore et que j’ai beaucoup écouté, sans doute trop même. Mais je ne sais pas quel morceau, disons « Smooth Criminal ». Et j’ajoute aussi « Roundabout » de YES. Fais ton choix.
02. Premier album acheté ?
Thriller de Michael Jackson
03. Dernier album acheté ?
Le dernier MASTODON, Once More 'Round the Sun
04. Quel son ou bruit aimes-tu ?
L’eau qui bout
05. Quel son ou bruit détestes-tu ?
Le papier qui se déchire, cela me fait un truc dans le nez, très désagréable…
Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)
Chronique de l'album ici