Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Pour quelqu’un qui découvrirait SINBREED avec cet album, que peux-tu nous dire sur le groupe ?

Nous sommes un groupe de power/speed métal originaire d’Allemagne. Dans ses rangs, vous y trouverez Frederik et Markus de BLIND GUARDIAN par exemple. Notre approche est un peu différente des autres groupes du genre, nous n’utilisons pas de claviers et nous structurons de façon très claire nos chansons, souvent d’une durée autour des quatre minutes… Et cela fait partie de nos caractéristiques qui font de SINBREED un groupe différent.

Beaucoup de groupes usent et abusent des claviers par exemple avec ce côté symphonique qui n’en fini pas sur des chansons de huit minutes… Nous avons réduit notre musique à l’essentiel pour revenir aux racines du heavy métal: un chanteur, un batteur, bassiste et deux guitaristes, c’est tout ! J’encourage vos lecteurs à découvrir SINBREED et je parie que vous allez adhérer à notre musique.

 

02. Tu es le musicien à l’origine du groupe, quelle a été ta démarche ?

J’ai débuté l’aventure SINBREED il y a de cela environ quinze ans et les chansons que tu peux entendre sur notre premier album datent de dix ans. L’album est paru en 2010 mais les premières chansons datent de 2000. Donc j’ai travaillé encore et encore toutes ces années avec ces chansons et quand je me suis senti prêt à aller plus loin, prêt pour présenter ces titres au public, je me suis entouré des bonnes personnes. Frederik a été le premier à nous rejoindre et il s’est parfaitement adapté à la musique proposée au niveau batterie. Je connaissais Herbie à travers SEVENTH AVENUE et j’adorais sa voix. Donc ce fut un rêve lorsqu’il a intégré SINBREED car je connaissais sa voix et savais qu’elle serait parfaite pour les chansons composées. Ce fut spécial quand nous avons joué pour la première fois ces compositions avec Herbie derrière le micro.

Par chance, nous avons pu décrocher un contrat discographique et sortir ce premier disque. Maintenant arrive ce deuxième disque, avec Marcus (Siepen) qui a pu nous rejoindre il y a environ deux ans de cela. Et donc le groupe a pu évoluer avec d’abord moi comme seul compositeur et maintenant un travail beaucoup plus collectif avec chacun apportant sa contribution. Ce fut un pas dans la bonne direction, une évolution cruciale dans notre développement. Pour ce nouvel album, nous sommes repartis d’une feuille blanche, j’avais utilisé toutes mes démos pour le premier disque, il nous fallait alors du matériel neuf. Tout le monde a contribué même si j’ai pu utiliser ici et là d’anciennes idées mais modifiées pour coller à nos choix artistiques.

 

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03. Comme tu le disais le choix du chanteur prenait une importance particulière pour un nouveau groupe comme SINBREED. Herbie sonne pour moi comme un mélange entre Udo Dirschneider (ex-ACCEPT, UDO) et Johnny Gioeli (AXEL RUDI PELL). Es-tu d’accord ?

L’élément clé pour moi est la puissance que dégage Herbie Langhans quand il chante nos chansons. La référence à Udo me plait bien. Si tu te souviens bien, il y a quelques années de cela, de nombreux groupes de speed métal sont arrivés d’Italie avec beaucoup de claviers et des voix assez aigües et une production assez cheap. SINBREED est un peu la réaction face à cela. Nos guitares sont très épaisses et puissantes, vraiment power métal presque thrash tout en restant absolument moderne. Herbie est la voix parfaite, la puissance dégagée, ils mettent leurs couilles sur la table.

Et Herbie a été très enthousiaste à la réception de nos démos, il s’est lui-même rendu compte que son style allait parfaitement nous convenir. Sur les démos, un ami à moi chantait donc il connaissait aussi les lignes mélodiques de la voix, il pouvait vraiment juger sur pièce ce que j’avais imaginé. Ensuite il a insufflé son interprétation à ces chansons. Il a encore amélioré ces compositions.

 

04. Que peux-tu nous dire des sessions d’enregistrement de Shadows ?

En studio tu ne peux te concentrer que sur l’enregistrement, tu n’as pas le temps d’expérimenter ou de faire de trop nombreux essais. C’est lors de la phase de préparation, lors de la réalisation des démos que tu fais tous tes choix. Nous échangeons entre nous des fichiers sons avec les idées des uns et des autres et ensuite nous nous retrouvons pour en discuter et nous construisons petit à petit notre répertoire ainsi. Quand tout es prêt, nous ne changeons plus rien une fois en studio. Pour Shadows nous avons travaillé environ un an à la composition et c’est plutôt bien pour nous.

Comme je le mentionnais précédemment, pour le premier, le processus avait duré beaucoup plus longtemps, une décennie. Donc travailler dans un délai si court et été un vrai défi mais les autres gars apportant des chansons, cela a facilité et accéléré le processus. Et nous espérons pouvoir sortir beaucoup plus régulièrement de nouveaux albums. De mon point de vue, déjà les quatre années qui séparent When Worlds Collide de Shadows représentent un laps de temps trop long. Nous restons un nouveau groupe même si deux de nos membres sont célèbres. De nos jours il faut sortir des nouveautés très régulièrement donc nous espérons la suite d’ici deux, trois ans maximum.

 

05. Si l’on revient un moment sur la période When Worlds Collide. Que retiens-tu de cette époque ?

Tu devines que c’est toujours une période spéciale pour un musicien de voir sortir son premier album. Quand j’ai reçu les premiers exemplaires du label ce fut une sacrée poussée d’adrénaline. Le premier disque est sorti sur un petit label suédois, Ultérium Records. Mais l’anecdote assez cool c’est qu’un de mes amis est pilote pour Lufthansa et il était alors en voyage au Japon, à Osaka. Et il m’a alors envoyé une photo de lui-même achetant When Worlds Collide, version japonaise donc, chez Tower Records. En ce qui concerne le groupe, nous avons joué au ProgPower XIII à Atlanta, États-Unis en 2012. Et ce fut une belle expérience de se produire ainsi aux Etats-Unis, au sein d’un festival aussi connu avec seulement un album sous le bras. Et cela s’est super bien passé, nous étions le groupe d’ouverture et les fans ont bien aimé notre démarche et notre musique et tout le monde a été très enthousiaste. Nous sommes directs donc parfait pour ouvrir un tel festival.

 

06. Vous avez accueilli de nombreux invités sur When Worlds Collide. Qu’en est-il pour ce nouveau disque ?

Nous avons le plaisir d’accueillir deux invités sur ce nouvel album. Un des soli est assuré par Kai (Mühlenbruch ex-GALLOGLASS, ex-SEVENTH AVENUE) qui nous avait déjà donné un coup de main sur When Worlds Collide. L’autre est Andreas Gutjahr de TANKARD, tu sais le groupe de thrash allemand qui assure également un solo. C’est tout car il était important pour nous d’établir SINBREED comme un groupe à part entière, surtout avec Marcus comme nouveau membre. Nous ne sommes pas un projet donc pas de chanteur invité, juste nous cinq… Et pas de compositeur invité, notre musique est notre identité et doit venir des membres de SINBREED.

 

07. De ton point de vue, quelles sont les plus importantes évolutions entre When Worlds Collide & Shadows ?

Comme je le disais, nous nous sommes débarrassés de toutes les parties de claviers. Rien ici et nous voulions avancer ainsi car avec Marcus intégrant le groupe, avec un second guitariste nous étions capables de produire des mélodies plus complexes, des harmonies à deux. Donc nous n’avions plus besoin d’instruments supplémentaires. Et nous voulons pouvoir tout jouer en live sans avoir besoin de faire appel à des musiciens supplémentaires ou pires des bandes préenregistrées. L’autre grosse évolution est le fait que nous avions entièrement mis en boite Shadows nous-mêmes.

Pour le précédent, nous étions en studio avec Markus Teske mais ici tout a été fait sans aide extérieure et ce fut donc un beau défi. Markus Teske est intervenu sur le mixage car nous étions très satisfaits de son travail sur le premier opus. Nous avons tout fait comme un groupe, de la composition jusqu’à l’enregistrement et enfin laisser le mixage à des professionnels. Et le son est très puissant, très clair.

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08. Inconsciemment peut-être n’avez-vous pas voulu retirer tous les claviers, les orchestrations pour ne pas prêter le flanc aux comparaisons avec BLIND GUARDIAN ?

Oui bien sûr. Même si nous ne pourrons pas faire grand-chose si les gens veulent comparer BLIND GUARDIAN ET SINBREED. Mais inconsciemment peut-être tu as raison. De mon point de vue, au niveau des chansons et des méthodes de composition, il existe d’énormes différences entre les deux groupes, nous ne travaillons pas du tout comme eux et notre approche est différente. Même Marcus ne compose pas de la même façon selon le projet auquel il participe. En tant qu’artistes nous ne pouvons que faire ce qui nous semble correspondre le mieux à SINBREED, nous laissons les comparaisons aux autres. Le choix reste aux fans.

 

09. La pochette est très réussie. Vous avez travaillé avec Felipe Machado Franco. Comment cela se passe-t-il en général avec l’artiste en charge de la pochette ?

Il a déjà travaillé sur le premier disque pour nous. Nous étions en confiance avec lui et ce fut un bel avantage. A chaque fois, nous avons appliqué la même recette, j’écris le concept que je veux voir illustrer, une description de la scène. Pour cet album, l’image est construire sur le refrain de la chanson « Shadows ». J’ai eu l’idée de ramener du premier album ce personnage sombre. Et ce n’est pas une mascotte pour anticiper ta question. Je voulais un lien entre les deux disques. La présence d’un personnage s’imposait, pas juste un paysage par exemple.

Et Felipe a vraiment fait des miracles en donnant corps à ce que j’avais en tête, le refrain. Dès le premier dessin, il avait capturé l’esprit. En plus de la pochette, nous lui avons demandé plus pour illustrer les versions spéciales de l’album, le digipack mais aussi les versions vinyles, vertes et noires. Et il a réalisé des dessins supplémentaires pour donner à l’ensemble une certaine homogénéité graphique. C’est très important pour le site web et aussi peut-être du merchandising. Et nous aimons ces produits limités nous-mêmes en tant que fan. Pour la version japonaise, il existe un titre bonus, une version live de la chanson « Reborn » que nous avons joué lors du concert au ProgPower. Tout le show a été enregistré pour de futur bonus peut-être. Et j’espère voir rapidement, selon le succès de ce nouvel album, une réédition de notre premier opus, beaucoup plus difficile à trouver, avec des bonus…

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10. Quelles sont tes principales influences, à tes débuts et maintenant ?

En ce qui me concerne, je cite volontiers RIOT, je les aime beaucoup, VICIOUS RUMORS aussi, les américains et bien sûr JUDAS PRIEST. Ce fut d’énormes influences en tant que fan et comme musicien. Ils représentent à quoi le heavy métal devrait ressembler. J’apprécie aussi le côté le travail de composition à la guitare, les mélodies, les harmonies, une grande leçon pour tous les guitaristes.

 

11. J’avais plutôt RUNNING WILD en tête…

(Et là Flo relève son sweat shirt pour découvrir un T-Shirt de RUNNING WILD)

Mais tu as raison, les racines sont les mêmes et chacun a digéré différemment les mêmes influences que ce soit GAMMA RAY, HELLOWEEN… Et j’ajoute le côté rentre-dedans et direct des américains de VICIOUS RUMORS. J’aime ICED EARTH aussi mais ce n’est pas du Power métal, une autre approche avec le style de Schaffer très spécifique, agressif… Et sur la chanson « Shadows », le riffing n’est pas très éloigné d’ICED EARTH. Nous faisons du Power-métal avec une agressivité, une certaine brutalité.

 

12. Vous vous êtes principalement produits jusqu’à présent en festivals. Peut-on espérer vous voir vous embarquer sur une tournée en Europe ?

Nous sommes actuellement en discussions sur les opportunités qui pourraient se présenter à nous. Nous voulons absolument défendre ces nouvelles chansons sur scène. Nous espérons une tournée mais en attendant nous nous concentrons sur des dates ici et là, les week-ends pour nous aguerrir encore et accumuler de l’expérience, des festivals…

Le fait d’être pour la première fois en France, ici à Paris pour faire de la promo est un premier très bon signe pour nous et nous restons très confiants. Nous sommes très proches venant de Francfort. Et nous sommes amis avec VANDEN PLAS qui marche bien en France. Le lien est a cherché du côté de Markus Teske qui s’occupe aussi d’eux.

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

“Painkiller” de JUDAS PRIEST

 

2. Premier album acheté ?

Et ce n’est pas une blague mais il s’agit du Somewhere Far Beyond de BLIND GUARDIAN. C’est dingue quand je suis sur scène, le mec à côté de moi c’est Marcus Siepen ! J’ai dans mon groupe 50% de BLIND GUARDIAN !

 

3. Dernier album acheté ?

Le dernier TESTAMENT

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

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01. Difficile de l’imaginer mais pour quelqu’un qui découvrirait BRAINSTORM avec cet album, que peux-tu nous dire sur le groupe ?

Nous faisons vraiment du heavy métal, une musique avec beaucoup de force, de puissance, un chant qui hurle, des guitares aussi qui hurlent également. Et si tu veux toucher du doigt l’essence du heavy métal, tu te dois d’écouter et de donner sa chance à cet album, Firesoul. Selon moi, nous proposons vraiment un album typique, représentatif du style heavy métal ancré dans les années 80. J’ai moi-même grandi avec cette musique. C’est un album très pur.

 

02. Si l’on revient un moment sur la période On The Spur Of The Moment. Que retiens-tu de cette époque ?

Je pense que ce disque, On the Spur of the Moment était la bonne voie à prendre, dans la bonne direction après beaucoup d’essais et de choses assez différentes sur Downburst (2008) et Memorial Roots (2009). Tout n’était pas parfait mais il fallait que nous continuions alors à avancer. On the Spur of the Moment est un pas de plus. Tu trouveras sure ce disque de supers chansons mais en même temps d’autres titres auraient pu être encore bien meilleurs. Il est évident pour moi que nous aurions dû consacrer plus de temps à ces chansons dans notre local de répétition, travailler encore et encore même sur d’autres chansons. Avant d’entrer en studio, nous avions environ soixante-dix pour cent des chansons composées et nous pensions que c’était suffisant, que nous pourrions boucler le reste en studio directement.

Mais ce ne fut pas si simple. Quand tu es en studio et que tu enregistres, tout sonne très bien avec le matériel disponible, tu manques finalement de recul pour te rendre compte si tel ou tel titre n’est pas si bon. Et nous avons changé cela pour le nouveau disque Firesoul où nous avons fait mieux, nous avons progressé. Nous sommes restés en répétition jusqu’à ce que nous soyons sûrs que chaque note était bien à sa place et que nous proposions des chansons qui mettent en valeur tout ce qui fait BRAINSTORM. Nous avons fait beaucoup plus de démos, avec beaucoup de plus de détails et le tout en répétition, pas en studio. Et nous avons réservé le studio pour une période plus longue que précédemment, pour justement éviter la pression et avoir le temps de ciseler chaque titre et soigner la production.

Mais rien que la période en répétition a duré facilement six mois, nous avons joué encore et encore ces nouvelles compositions jusqu’à être persuadé que nous avions épuisé tout le potentiel. La tournée et les festivals autour de On the Spur of the Moment ont été géniaux, très cool pour être honnête. Et cela a confirmé que malgré ses imperfections, ce disque était venu au bon moment et représentait un pas dans la bonne direction.

 

03. De mon point de vue, vous avez une certaine apogée artistique et également commerciale avec l’album Liquid Monster (2005). Après cela, comment continuer encore à progresser avec les albums suivants ?

Liquid Monster a été effectivement en termes de succès et de vente le sommet de notre carrière en particulier avec le single « All Those Words » à ce moment-là en 2005 à sa sortie. Et c’est pourquoi nous avons voulu ensuite évoluer, nous dire que pouvons-nous changer dans notre musique pour ne pas répéter encore et encore le même disque. Donc nous avons changé de producteur, que nous sommes allé vers Wolfsburg et nous nous sommes rapprochés des producteurs locaux comme Sascha Paeth et Miro. Et je pense que Downburst reste un super album mais à mes oreilles, certaines parties m’apparaissent comme surproduites, nous allons trop loin dans la veine symphonique. Et puis Memorial Roots est arrivé l’année suivante et là nous avons péché, selon moi, à l’inverse avec un disque sous-produit. Parfois le son était très brut, trop brut pour nous BRAINSTORM. A la fin nous ne finissions que par réagir face à notre album précédent.

Si tu regardes On the Spur of the Moment sonne de façon très bruyant, simplement fort et bruyant. Mais à la fin, avec le recul, Firesoul me semble être un de nos tout meilleurs albums, parmi les meilleurs que nous ayons jamais enregistrés et produits. Mais il fallait avoir d’autres expériences, dans d’autres lieux, avec d’autres personnes pour que puissions revenir vers ce qui nous a rendu fort dans le passé. Donc retravailler ici avec Achim Köhler nous a beaucoup aidé et nous a permis d’obtenir un résultat fantastique. C’est cool de l’avoir avec nous à nouveau en studio, il a su vraiment nous aider. Nous avons vraiment refait les choses comme à la bonne époque Soul Temptation (2003) et Liquid Monster. Nous sommes restés longtemps en répétition, la même équipe nous entoure. Pour avancer de deux pas, il peut être nécessaire parfois de faire un pas en arrière d’abord. Firesoul est excellent de mon point de vue et prend vraiment la suite de Liquid Monster en terme d’énergie.

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04. Quelle était votre idée à l’aune de la composition de Firesoul ?

C’est n’est pas vraiment nécessaire d’avoir de longues réunion entre nous pour savoir quelle direction nous allons prendre pour le prochain disque. Notre musique est en nous et sortira que cela sera nécessaire. Par contre avoir le ressenti ou l’avis des fans restent important à nos yeux. En tant qu’artiste, tu as toujours une vision forcément un peu particulière sur ta propre création et recueillir l’avis des autres est précieux. Donc nous prenons bien le temps en tournée et lors des festivals pour parler avec les gens et savoir ce qu’ils pensaient de On the Spur of the Moment par exemple. Ils disaient à chaque fois avoir bien appréciés nos derniers disques mais ils leur manquaient sur super album, l’étincelle. Comme sur Liquid Monster, une claque, un vrai « whouaah ! ».

Et donc là tu t’interroges, tu cherches pourquoi ces trois derniers albums n’ont pas eu le même impact que les précédents. Qu’est-ce qu’il pouvait bien manquer ? Et donc en parlant entre nous sommes posé encore et encore la question et certains ont répondu qu’ils regrettaient le temps où nous passion énormément de temps dans notre local de répétition à peaufiner encore et encore les chansons à l’époque. C’est comme cela que nous avions commencé, c’était alors notre façon de faire. Et donc nous avons essayé de revenir à cette idée, rester en répétition, essayer, jammer, improviser longtemps avant d’envisager le studio. Revenir à nos racines et cela était aussi en plus quand enfin nous étions prêts à enregistrer. Le sentiment alors est très étrange, différent de nos expériences récentes mais si proches de notre approche vieille de quinze ans. J’avais alors à nouveau 25 ans…

 

05. Si nous prenons un peu de recul sur les dix dernières années, as-tu modifié ton approche au niveau de ton chant, ta façon de travailler ?

Oui j’ai un peu changé. Que ce soit en studio, mais surtout en tournée, je me déplaçais avec une valise remplie de pilules diverses, des vitamines… J’étais vraiment une pharmacie ambulante. Mais depuis quelques années, je crois vraiment dans la bonne forme physique, un « fitness » s’avère nécessaire. Et donc si tu bois beaucoup d’eau et être que tu es en bonne santé au niveau physique doivent te permettre d’assurer l’enregistrement ou la tournée à venir. Je fais beaucoup de sport, comme du jogging par exemple, cela te donne une deuxième bouffée d’oxygène sur scène et te permet de donner vraiment le meilleur. Etant en forme, je n’ai pas besoin de pousser à la limite ma voix et donc je conserve ce capital sans avoir à forcer. Parfois dans le cadre de festival, tu vas jouer avec des températures de trente-cinq ou quarante degrés. Tu n’as rien fait que tu commences déjà à transpirer.

Si ta forme laisse à désirer, tu forces ta voix et tu le paieras le lendemain. En plus de cela, il faut bien entendu faire attention à ce que tu manges et ce que tu fais la veille. Encore une fois boire beaucoup beaucoup d’eau. Je n’utilise plus de pilule et donc je fais de sacrées économies aussi de ce côté-là ! Les tournées et les festivals ont toujours, depuis mes débuts, représentés une grosse source de stress pour moi. Les autres mecs sont très heureux et enthousiastes car cela dignifie des semaines de fêtes et de beuveries. Pour moi, cela représente des semaines d’une discipline assez stricte. Se réveiller, ne pas trop parler, boire de l’eau… le cauchemar serait de ne pas pouvoir assurer le concert du soir même.

Et cela m’est arrivé une seule fois, la première date de la tournée, ce devait être pour Memorial Roots. Nous étions au Danemark et nous avions donc voyagé en bus et au moment de prendre le ferry vers Copenhague, je sens que ma gorge se contracte et s’assèche. Toute la journée mon état a empiré et j’ai dû tout arrêté après trois chansons. J’étais alors incapable même de parler. J’avais choppé quelque chose comme une grippe et il m’a fallu deux jours pour me remettre sur pied. Cela a failli m’arriver plus tard en allant à Osnabrück et là j’ai vu un docteur qui comptait aussi parmi ses patients Klaus Meine (THE SCORPIONS).

 

06. L’album devait à l’origine sortir en mars pour être finalement décalé à avril. Que s‘est-il passé ?

Vraiment à l’origine, la sortie était prévue pour novembre dernier, six mois plus tôt. Puis la sortie fut fixée à janvier etc… Et ce retard et de notre fait, ce n’est pas la décision du label. Nous avons dit, tant que nous ne serons pas satisfaits entièrement, nous ne le sortirons pas. Nous avons repoussé le moment d’entrer en studio et donc la sortie d’autant. Les gens du label commençaient à s’inquiéter. Je leur ai dit : « nous avons beaucoup de bonnes nouvelles mais aussi une mauvaise ». J’ai commencé par la mauvaise en leur annonçant que nous ne pourrions être prêts pour une sortie en janvier, en février ou en mars. Et j’ai dû leur expliquer que tout n’était pas encore à notre goût.

Et avec le recul, ce fut la bonne décision et nous sommes supers fiers de Firesoul. Le label peut comprendre notre point de vue tant que tu ne joues pas trop à ce jeu de repousser sans cesse la date de sortie. A un moment, les managers du label se seraient inquiétés de mon santé mentale.

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07. A quoi peuvent s’attendre les fans en ce qui concerne les release shows en Allemagne début avril ?

Nous leur proposerons une grosse surprise, nous travaillons dessus justement. Bien sûr ce sera un nouveau show au niveau visuel mais pas seulement. A chaque fois, avant la tournée, nous sommes tous réunis dans notre local de répétition et nous devons définir les chansons que nous allons interpréter sur la tournée. Et souvent nous décidons d’inclure dans le set quatre chansons du nouvel album. Mais chacun de nous avait un choix différent et c’est un problème. Et donc nous avons décidé d’agir différemment pour ces concerts de lancement: commencer par trois de nos hits plus anciens ensuite jouer le nouveau disque en totalité et finir par des hits plus anciens à nouveau. Nous n’avons jamais fait cela, nous sommes trous très excités et impatients de voir la réaction du public.

Quand tu rentres en studio, tu sais déjà que certaines des chansons que tu t’apprêtes en mettre en boite, tu ne les rechanteras plus jamais. Et c’est un triste car tu travailles si dur sur chacune d’elle. Nous pensons graver dans le marbre ces concerts en les enregistrant pour une prochaine sortie. Nous ne prendrons pas la même option pour la tournée à venir mais en ayant ainsi joué ces dix chansons sur scène déjà, nous pourrons modifier les quatre nouvelles chansons interprétées chaque soir de la tournée selon notre envie. Certains de fans nous suivent sur plusieurs dates et ils ne verront donc pas à chaque fois le même show. Donc cela rendra cela beaucoup plus intéressant de notre point de vue et aussi surtout pour les fans.

 

08. En plus de ces concerts organisés pour fêter la sortie du disque, peut-on espérer voir BRAINSTORM assurer une tournée en Europe à la rentrée ?

Nous sommes en plein dans les discussions pour monter effectivement cette tournée européenne à la rentrée après les festivals estivaux. Pour la France, trois concerts sont sur nos tablettes : Paris, Strasbourg et Lyon. Rien n’est encore confirmé mais la France est bien présente au contraire de l’Espagne. Cela représente de longues heures de voyage et beaucoup d’argent pour un nombre réduit de concerts. L’Espagne s’avère assez éloignée des autres pays que nous traverserons. Comme des dates à Bordeaux ou Toulouse ne sont pas programmées, cela devient difficile. Comme il y a deux ans de cela, nous ferons l’Espagne séparément, en dehors de la tournée principale. Nous prenons l’avion, assurons les shows là-bas et rentrons à la maison.

 

09. Le line-up du groupe est étonnamment stable. Comment l’expliques-tu ?

Pas sûr que d’autres groupes pourraient nous supporter ! Nous avons que nous pouvons compter les uns sur les autres et c’est très important pour nous et pour l’équilibre dans un groupe. Nous avons chacun notre rôle défini dans le groupe à côté de la musique. Par exemple, je m’occupe de toute la partie promo ainsi que du marketing, merchandising, du design de la scène, Torsten (Ihlenfeld – guitares) gère la partie tournée et le bus, Milan (Loncaric – guitares) gère notre local de répétition, Dieter (Bernert – batterie) gère les aspects financiers, Antonio (Ieva – basse) gère le site web… Nous sommes tous complémentaires les uns des autres et chacun contribue au groupe. Les fans s’intéressent au chanteur ou aux guitaristes mais l’ensemble fonctionne grâce à la combinaison de notre travail à tous les cinq. Si tu retires l’un de nous, le groupe ne sonnera plus de la même façon. Nous sommes des amis.

 

10. A l’époque tu menais de front de nombreux projets en parallèles (SYMPHORCE, IVANOE…).Ne risques-tu pas de t’ennuyer avec simplement BRAINSTORM ?

Cette image que je peux avoir n’est pas tout à fait exacte. J’ai surtout mené un projet à la fois. Au début je chantais uniquement au sein d’IVANOE, puis j’ai fait SYMPHORCE pour un ou deux disques et enfin j’ai rejoint BRAINSTORM. Donc au maximum, j’ai assuré deux groupes en parallèle, rien de plus. J’ai fait attention de ne pas me disperser alors que j’ai reçu de nombreuses offres. Mais j’ai toujours choisi de me concentrer sur quelques projets pour pouvoir vraiment donner le meilleur de moi. Entrer en studio et assurer simplement son chant sans plus d’investissement, cela ne me convient pas.

Donc j’ai arrêté SYMPHORCE il y a quelques années de cela car j’ai senti que nous avions fait le tour de la question après de supers albums mais j’ai ressenti le besoin de me concentrer alors sur BRAINSTORM. Mais je comprends que les fans me voient partout pendant une certaine période. Si je fais le compte j’ai sortis près de dix-sept albums… donc à certains moments, un album par an sortait avec mon chant. On verra ce que l’avenir me réserve, j’ai parfois un peu de temps libre et je compose, si tu vois ce que je veux dire (rires)… !

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11. La pochette est très réussie. Vous avez travaillé avec Felipe Machado Franco. Comment cela se passe-t-il en général avec l’artiste en charge de la pochette ?

C’est la première fois que nous travaillons avec lui, avant nous avions collaboré principalement avec Tom Thiel. Felipe Machado Franco est un gros fan de BRAINSTORM, il nous propose ses services depuis des années. En fait pour nos pochettes, je fais un petit schéma de ce que je voudrais et je l’envoie à l’artiste en lui expliquant vers quoi je tends. Felipe a fait la pochette mais aussi des visuels à l’intérieur de la pochette, pour illustrer chaque chanson. Ces visuels internes sortent de son imagination à partir des paroles des chansons. C’est assez génial.

Les pochettes des premiers albums d’IVANOE étaient de véritables peintures donc très peu modifiables finalement. C’est avec Soul Temptation que je me suis rendu compte de l’apport des techniques digitales au niveau du graphique. Si tu prends le personnage féminin sur ce disque, elle arborait une énorme poitrine et je trouvais cela génial, je la voulais encore plus grosse. Mais les promoteurs américains nous ont dit que cela allait être alors difficile à sortir outre-Atlantique et donc nous avons fait machine arrière. Là j’ai compris que tout pouvait être facilement modifié selon le besoin. Pour Firesoul, je voulais que le visage soit très beau, très soigné avec de nombreux détails. 

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

« Photograph » de DEF LEPPARD. J’ai dû l’écouter des milliers de fois, j’adore !

 

2. Premier album acheté ?

No Rest for the Wicked par le groupe canadien HELIX.

 

3. Dernier album acheté ?

Hydra par WITHIN TEMPTATION

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

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Taux de remplissage: Pas excellent mais correcte.
Son : Un peu trop élevé mais plutôt bien en place malgré quelques petits problèmes.
Lumière : Rien de bien transcendant dans une si petite salle.
Ambiance : Conviviale
Moments forts : Une reprise de « Radar Love » endiablée qui se finit mal pour la batterie et « Home Sweet Home » pendant laquelle le public ne laisse pas vraiment l'occasion à Brandon de chanter.
Photos: Non disponibles

En cette magnifique journée où les gens se pressent vers les terrasses, votre humble serviteur est lui caché dans un des nombreux souterrains de la capitale écossaise pour essayer d'en savoir plus à propos de Cheap Thrill, le nouveau bébé de Jeff LaBar et Eric Brittingham (Cinderella) et de Brandon Gibbs (Gibbs Brothers). C'est aussi avec plaisir que le concert de ce soir voit Troy Patrick Farrell (White Lion) s'ajouter au line-up de cette première tournée européenne. Eric nous explique pourquoi Troy apparaît soudainement dans le groupe: 

« Nous utilisons plusieurs batteurs pour des raisons pratiques, tout simplement. Nous sommes tous basés à Nashville, et quand nous tournons dans le grand Sud, mous trouvons plus utile de prendre Chenney Brannon avec nous. Pour cette tournée en Europe, il était logique pour nous de choisir Troy qui est un bon ami, a l'habitude de jouer nos titres et est surtout très efficace sur la route pour garder une organisation sans faille et mettre une batterie en place en quelques minutes. »

La capacité de Troy à gérer une situation d'urgence sera prouvée le soir-même lorsque après avoir prévenu le groupe de première partie Shock! Hazard qu'il ne prendrait pas de pincettes avec la batterie, Troy détruisit la caisse claire durant une reprise de White Lion, devant ainsi interrompre le concert pendant quelques minutes pour pouvoir changer de matériel… Mais ce choix multiple de batteur nous ammène aussi au tout début de ce qui devait devenir Cheap Thrill, comme Jeff nous l'explique:

« Notre choix de batteur est très simple. Nous avons commencé en tant que trio acoustique, et on aurait très bien pu en finir là aussi si ce n'aurait été pour la demande qui a suivit notre concert sur le Monsters of Rock Cruise 2013. Tout d'un coup les promoteurs nous disaient: 'Vous devez vous trouver un batteur et on vous offre telle et telle date ' Alors on a regardé autour de nous et qui était là ? Troy et Chenney, on leur a demandé si ça les tentait et nous voilà ! »

Le groupe semble semble prendre un immense plaisir à jouer en live. Un plaisir facilement transmis au public durant la nuit qu'ils passent à Edimbourg. Après que Guttergodz aient chauffé la salle avec leur sleaze rock sympa mais sans prétention, Shock ! Hazard tentent de sortir l'artillerie lourde mais malgré tous leurs efforts et acrobaties (Le chanteur/guitariste disparaît de scène à un moment pour aller jouer dans le bar adjacent), le groupe ne peut que mettre un petit sourire sur nos visages qui ne se transformera en excitation que lorsque Troy nous annonce depuis la scène :

« Bon allez on va démarrer ! Je ne vais pas faire ma star et sortir de la salle comme les autres, j'ai déjà assez galéré à me retrouver derrière ma batterie ! »

Le groupe nous avoue sans complexe qu'ils ne se prennent pas au sérieux, comme nous le disait Brandon :

« On est fier de pouvoir dire que l'on se nourrit d'un bon public. On aime être sur scène »

Et à Eric de rajouter :

« On ne souhaite pas se la jouer groupe trop sérieux sur scène et on veut que le public puisse ressentir ça. Au final nous ne sommes que quatres gars marrants qui aiment se marrer sur scène et partager ça de la meilleure façon possible avec le public. »

Et effectivement on peut voir ce soir là que le groupe aime partager son énergie avec l'audience présente. Troy s'éclate derrière son kit comme jamais, Brandon prend un plaisir incommensurable à arranguer la foule pendant que Jeff joue les grognons dans son coin mais violente sa guitare comme jamais sur chacun des titres de la soirée, pour le plus grand plaisir d'un public déjà conquis à l'avance par la renommée internationale des musiciens. Mais s'il semble que le groupe s'en donne à cœur joie sur scène, nous nous devons tout de même de leur demander si leurs tournées frénétiques sans même un album sont un choix ou plutot une représentation de notre époque où un groupe préfère tourner que d'enregistrer un cd qui ne se vendra pas aussi bien que prévu. Eric nous répond :

« Ce nest pas un choix, nous n'avons tout simplement pas le temps ! (Jeff confirme depuis son canapé). Nous sommes tout le temps sur la route avec un groupe ou l'autre et nous ne trouvons pas le bon moment pour nous arrêter et nous poser le temps d'un album ensemble »

Brandon ajoute :

« Mais nous allons le faire à un moment, nous ne savons pas encore comment, ou sous quel format, avec quel batteur, mais nous le ferons. Peut-être que nous ferons même en sorte d'avoir tous les batteurs sur l'album ? Qui sait ? Mais nous composons ensemble et nous voulons enregistrer ce que nous faisons. »

Eric continue :

« Avec l'internet maintenant il serait facile de se poser dans un studio quelques jours et d'avoir un produit prêt à être vendu en ligne en un rien de temps, nous devons juste nous décider à franchir le pas. »

Mais puisque le groupe est toujours sur la route, ne serait-il pas plus facile de tout simplement enregistrer un album live ? Jeff approuve :

« On en a déjà parlé et certaines personnes voudraient que l'on se lance dans cette aventure. Nous y réfléchissons… »

Le groupe Cheap Thrill lui même s'est formé d'une façon incongrue. Avec une première apparition lors de la croisière Monsters of Rock, il pourrait même sembler que le groupe se soit formé pour des raisons pratiques plus qu'autre chose. Brandon revient sur les débuts du groupe :

« Je joue avec Eric depuis longtemps et nous jammions ensemble quand soudainement nous nous sommes rendus compte que je jouerai sur cette croisière en même temps que Cinderella. Le pas suivant était logique. On s'est tous assis dans mon salon avec Eric et Jeff et quelques guitares et on a  commencé à discuter des titres que nous pourrions reprendre le temps d'un concert acoustique ensemble. Sans vraiment nous en rendre compte nous avons créé une demande et les tournées ont commencé »

Et le groupe est maintenant à l'aise avec sa set-list sur scène. Une liste de titres principalement composée de reprises de Cinderella (« Nobody's Fool », « Heartbreak Station », « Save Me »…), de quelques compos de Brandon auxquelles viennent s'ajouter une reprise inattendue de Michael Jackson, une reprise de White Lion (« Radar Love ») et un titre de Mötley Crüe (« Home Sweet Home »), mais c'est bien évidemment les titres de Cinderella que le public veut entendre, ce qui nous pousse à nous demander comment Brandon gère l'idée de se retrouver à la place de Tom Keifer, il nous explique cela :

« Je suis un grand fan de ce que Jeff fait sur scène, et il le fait parfaitement. Alors je ne suis pas là pour essayer de l'imiter. Dès le départ j'ai voulu faire mon propre truc, avec mon style, et les gens l'acceptent plutôt bien ! Je n'ai encore jamais entendu personne venir me critiquer sur ce que je fais. Les gens sont encourageant et m'aident à trouver ma place dans le groupe. De plus je connaissais Eric depuis un long moment donc je savais qu'il m'aiderait à trouver ma place sur ces morceaux et qu'il me supporterait. »

Mais voir deux membres originaux de Cinderella sur scène jouer leurs morceaux quand Tom est lui en pleine tournée pour un album solo nous pousse à nous demander si cela n'apporte pas un peu de rancoeur. Eric commence :

« Evidemment lorsqu'on ne tourne pas avec Cinderella il faut bien continuer à payer les factures alors on cherche à rester sur la route. Mais Tom a vu cette opportunité de finalement sortir un album solo lui tomber dans les bras alors il ne pouvait certainement pas refuser. Tu sais avec Cinderella on fait notre tournée d'été de dix ou douze semaines et après on sait très bien que ça n'ira pas plus loin… »

Jeff ajoute :

« On ne peut pas critiquer le fait que Ton veuille faire ses propres trucs, mais on sait aussi à quoi s'attendre avec le temps. »

Ce qui nous ammène forcément à mentionner le fait que tant de fans éspèrent encore un album du groupe après tant d'années, et je ne peux pas résister à la tentation de mentionner que Tom dit depuis des années que la raison derrière cela est la crainte de se retrouver encore une fois dans une impasse avec une maison de disque, ce qui ne l'a pourtant pas empêcher de sortir son propre album. Jeff nous donne sa version :

« C'est clair que tu ne risques pas de nous avoir entendu dire que nous ne voulions pas enregistrer. Nous sommes prêts, quand il le veut. Mais quand on voit que cela lui a pris dix ans pour pondre un album solo… »

Eric intervient :

« Dans dix ans je ne pourrais peut-être même plus jouer… Jeff lui a pris quelques semaines pour sortir son album… »

Jeff continue :

« Oui mon album était réglé en quelques semaines. Son album solo a pris dix ans. Ces titres qu'il joue maintenant en solo, la plupart d'entre eux sont des titres que nous avons répété ensemble il y a quinze ans de cela, pour un nouvel album de Cinderella, avant le désastre qu'a été notre contrat avec Sony… Et maintenant les voilà sur un album solo. Donc je peux te le dire, je ne pense pas qu'un album du groupe se fera, mais ce n'est certainement pas notre faute… »

Cette discussion tombe également pile le jour ou un 'nouvel labum live' de Cinderella est annoncé. Stripped, c'est son nom, n'étant en fait qu'une nouvelle version sans aucun ajout du fameux live au Key Club de Los Angeles déjà sorti sous différents noms et supports. Eric et Jeff s'empressent de commenter, unanimement :

« Nous n'étions même pas au courant tu vois. Ça nous emmerde parce que les fans viennent se plaindre vers nous alors que nous n'avons strictement rien à dire dans cette décision… Tout cela est la faute de Cleopatra qui une fois de plus se décide à changer le nom et la pochette de l'album pour capitaliser sur notre nom… »

Cela n'empêche pas le groupe de s'en donner à cœur joie sur scène. Les titres se succèdent de façon intense mais toujours bon enfant. Le public ne se lasse pas d'entendre les vieux tubes cotoyant des nouvelles compos qui ont tout d'un hard rock moderne et confident mais sans grande prétention, et malgré la présence de trois vieux baroudeurs du circuit rock, la star de la soirée est clairement Brandon qui s'éclate sur scène et transmet son énergie au public avec une aisance déconcertante et un sourire à toute épreuve. Jeff nous avait prévenu :

« Si tu veux savoir à quoi t'attendre pour ce soir regarde Brandon, ce gars va t'en mettre plein les dents et les gens vont vite réaliser à quel point il est doué en tant que frontman. On est peut-être les gars connus, mais au final c'est lui le chanteur, c'est lui qui mène la danse, et il le fait extrêmemement bien ! »

Et pendant que Brandon rougit après ces compliments, il est temps de conclure sur les attentes du groupe pour cette première tournée Européenne 

Eric : « Prendre du plaisir sur scène et profiter de l'énergie que les gens ont à nous offrir… »

Jeff : « …Et profiter des seconds shows après les concerts ! On veut rester accessibles avec nos fans et ne pas aller nous planquer backstage ! Alors tu nous trouveras au bar ! »

Brandon : « Et aussi survivre à l'expérience d'un aéroport avec Eric ! Ce mec ne s'arrête pour personne et pour ma première tournée en Europe je n'ai pas vraiment le temps de souffler ! »

Mais le groupe tiendra ses promesses durant toute la soirée. Brandon prend d'assaut la scène pendant que les autres musiciens, posés dans leurs rôle de vétérans, lui offrent la liberté qui lui est nécéssaire par une solidité à toute épreuve. Malgré le public plutôt clairesemé d'une salle pas tout à fait pleine le groupe s'accroche et nous fait vibrer. Certes, on peut encore ressentir les petits problèmes d'un groupe qui se cherche encore et la présence scénique ne balance pas tout à fait les petites erreurs de placement sur les choeurs ou sur certaines transitions, mais on leur pardonnera bien cela car ils restent, comme il le disent eux-mêmes, un groupe qui ne se prend pas trop au sérieux mais cherchent à se faire plaisir et à partager cela avec le public !