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01. Tout d’abord merci de prendre le temps de répondre à nos questions

Dan Kenny: Pas de souci, que le jeu commence !

 

02. You Can't Stop Me est désormais disponible en Europe. Avez-vous déjà reçu des réactions de sites internet / fans et de personnes ayant téléchargé l’album illégalement ? Dans l’affirmative les réactions sont-elles positives ?

Eh bien, nous avons donné le disque à de très nombreux media pour qu’ils publient des chroniques avant la sortie et donc nous avons eu les première reactions environ un mois avant la sortie en magasin. Honnêtement les gens l’ont vraiment aimé et ils sont très fiers de nous. Et putain, je suis très reconnaissant de cela. C’est la première fois que les chroniques sont toutes positives de toute part.

 

03. Quel était votre état d’esprit au moment de rentrer en studio pour l’enregistrement de l’album ?

Nous voulions donner le maximum pour que Mitch soit fier et que chaque fan soit persuadé que le groupe est bien vivant et heureux de continuer l’aventure.

 

04. A travers tout l’album, nous pouvons sentir une vibration typique de SUICIDE SILENCE, il est aisé de vous reconnaître. Penses-tu qu’il s’agit là de votre marque de fabrique, de votre son ou avez-vous fait le choix de proposer un album « prévisible » pour faire plaisir aux fans qui auraient été déçu du fait que le groupe continue même sans Mitch (car pour eux sans Mitch plus de SUICIDE SILENCE) ?

Nous ne sommes pas aussi intelligents et calculateurs, nous avons simplement le maximum pour être heureux des nouvelles chansons. Si nous sommes satisfaits, nous savons que les fans le seront aussi car nous fonctionnons ainsi depuis toujours. Nous avons essayé de nous contrôler et de suivre le programme prévu mais nous avions cette fois-ci de nombreuses muinitions et nous avons joué avec beaucoup d’émotions. Nous avons composé ce qui nous rendaient heureux, une musique qui nous a fait du bien.

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05. Il s’agit de votre premier album sans Mitch et, avant même la sortie, certains fans ont exprimé leur déception par rapport à votre décision de continuer malgré sa disparition. Peux-tu comprendre cette réaction ou penses-tu que SUICIDE SILENCE ne se résume pas à Mitch et que les fans devraient tourner la page comme vous l’avez fait ?

C’est beaucoup plus profond que cette question superficielle en pièce jointe d’un email qui patiente dans ma boite mail depuis quelques semaines. Je peux comprendre le point de vue de chacun sur le groupe et leurs opinions face à la décision que nous avons prise. Mais à la fin ce qui est arrivé est arrivé et nous sommes là où nous sommes. Et je tiens juste à remercier ceux qui me lisent d’être encore avec nous.

 

06. Après la mort de Mitch, avez-vous envisage de changer de nom ou même de splitter ou était-il clair dans votre esprit que vous ne pouviez pas arrêter et qu’il fallait continuer ?

Toutes les idées nous ont traversé l’esprit comme tu peux l’imaginer. Il faut bien comprendre que nous venions de perdre l’un de nos meilleurs amis et notre chanteur. Le groupe constitue notre activité à temps complet et nous vivions un rêve qui était devenu réalité. Donc perdre Mitch a été comme se réveiller de se rêve et être privé d’une personne fabuleuse. Donc ce fut un sacré traumatisme pour nous tous.

 

07. Quelle a été l’apport d’Eddie pour cet album ? A-t-il apporté des idées neuves pour que SUICIDE SILENCE soit encore meilleur ou n’a-t-il fait « que » chanter ?

Il a été présent dès le début, dès le premier jour de composition du disque. Ce groupe est une famille et nous voulions qu’il le comprenne. Il nous a tous beaucoup aidé et il était présent tous les jours pour la composition et l’enregistrement, il a apporté son énergie et son excitation. Il voulait que nous soyons fiers de nous et que Mitch le soit aussi et il a vraiment tout défoncé pour cela.

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08. A propos d’Eddie, les membres d’ALL SHALL PERISH ont déclaré dans une intrview qu’il avait été forcé de les quitter car le management de SUICIDE SILENCE leur a dit ce qu’ils pouvaient et ne pouvaient pas faire (par exemple ASP ne pouvait pas se produire en concert tant qu’Eddie n’était bien établi en tant que nouveau chanteur de SUICIDE SILENCE). Es-tu au courant de cela ? Et dans l’affirmative, n’est-ce pas un peu délirant de « voler » ainsi le chanteur d’un autre groupe ?

Je ne vais pas me lancer dans la polémique et commencer ici un drame. Les mecs d’ALL SHALL PERISH sont en réalité revenus sur leur parole. Ils ont essayé de nous allumer en affirmant que nous leur avions volé Eddie mais ils lui ont donné leur bénédiction et puis ils l’ont viré de façon assez brutale. Nous n’allons pas de notre côté entretenir cette controverse et les allumer à notre tour. Je leur souhaite le meilleur et j’’spère que nous pourrons à nouveau partager ensemble une scène dans le futur. Eddie pense de même.

 

09. Quelle est la suite (en plus de la tournée européenne avec TAIM et FFAA) ?

Nous allons être co-tête d’affiche avec BLACK DAHLIA aux Etats-Unis en octobre, avec en support ALTERBEAST et CHELSEA GRIN. Nous nous produirons au KNOTFEST également avec en particulier le retour de SLIPKNOT. Mais avant tout, nous allons nous faire plaisir en jouant notre musique et rencontrer certains des meilleurs fans dans le monde qui nous ont soutenus depuis le début.

 

10. Sur FaceBook vous avez plus d’abonnées que des groupes très établis comme CANNIBAL CORPSE, MORBID ANGEL… Penses-tu que SUICIDE SILENCE est plus gros que ces groupe et mérite plus de concerts en tête d’affiche que ces « vieux » groupes ?

Non, non même pas en rêve. Si le nombre d’amis Facebook déterminait qui assure la tête d’affiche d’une tournée, nous serions vraiment dans un monde à la con, qui a perdu la tête. Le rayonnement au sein de ces nouveaux média n’est pas optimal pour ces vieux groupes car, soyons un peu rationnel ici, leurs fans ne sont pas sur FaceBook à cherches leur actualité. Ce n’est pas la façon de faire des fans de la vieille école, ces groupes sont d’une autre génération que nous. Nous sommes des enfants d’internet et nos fans aiment utiliser Facebook pour rester en contact avec nous de la même façon ils utilisaient avant MySpace et avant cela Friendster. Je te parie que si tu demandes à David Vincent s’il a déjà utilisé Friendster dans sa vie, il te répondra sans doute qu’il n’a aucune idée de quoi tu peux bien parler.

 

11. Un dernier mot pour nos lecteurs ?

J’espère que vous avez apprécié la lecture de cette interview autant que moi pour en rédiger les réponses. Cela ne devrait pas être difficile !! Mais si vous voulez vraiment prendre du bon temps, venez nous voir en concert et devenez dingues avec nous car nous faisons cela pour ça. Merci à tous et j’espère vous voir bientôt sur la route. Faites que tout cela reste une réalité !

 

Chronique de l'album ici

Site internet 

Babymetal – Babymetal

Se pencher sur le cas de Babymetal n’est pas évident : entre les fanboys qui vouent au groupe une admiration sans faille qui frise la masturbation et les haters qui n’en finissent pas de déverser leur bile et de dire tout le mal qu’ils pensent de ce projet, il semble qu’il soit aujourd’hui obligatoire de choisir son camp. Ma curiosité ayant été aiguisée au fil du temps par plusieurs facteurs (notamment ces bons vieux rosbifs de Carcass qui prenaient la pose avec les filles de Babymetal au Sonisphere), je me suis penché sur ce phénomène tout droit sorti du pays du soleil levant. Je vous entends déjà, les gars : « ouais, Patate s’attaque à des ados parce qu’il sait qu’il ne risque pas de représailles ». Mouais, des pseudo-rockstars qui habitent à moins de 300 bornes de chez moi menacent aussi de me casser la gueule depuis 3 ans après une chronique, et elles ne sont toujours pas venues me rendre visite non plus.

Babymetal, donc.

Au risque de vous surprendre/décevoir, je dois reconnaître que Babymetal est une bonne surprise. Babymetal est peut-être même le coup Marketing le plus fumant depuis Ghost. Voire même depuis Slipknot, dont l’un des principaux arguments de vente était cette image de tarés dangereux. Parce que Babymetal a su à la fois saisir quelques lignes directrices du Metal pour les « pervertir » à sa façon et exploser toutes les barrières du genre en y ajoutant tout ce qui leur passe par la tête. Electro, dubstep (avec un résultat équivalant à la collaboration entre Korn et Skrillex), pop japonaise, flow rap, même une touche de reggae : rien n’est trop fou, rien n’est exclu, tout est permis. Dans un univers du Metal qui, à quelques exceptions près, tourne majoritairement en rond, Babymetal se distingue par sa liberté totale, son attitude « no limits ». En fait, à ce niveau, Babymetal a plus de couilles que la majeure partie des groupes actuels qui se contentent de reprendre les quelques ingrédients standard éculés du Metal. C’est frais, c’est osé, c’est catchy as fuck sur certains morceaux et ça, ça fait plaisir. À part Diablo Swing Orchestra, je ne vois pas quel groupe m’a autant surpris depuis au moins 5 ans.

Et pourtant, je ne comprends pas tout à fait comment on peut tant porter ce groupe aux nues. Ok, c’est super bien foutu (pas mal de groupes de Metalcore devraient en prendre de la graine, d’ailleurs), l’album contient son lot de morceaux mémorables et efficaces en diable, mais de là à faire de Babymetal un album excellent, il y a un sacré pas que je ne franchirai pas. Ainsi, certains éléments (je pense surtout à l’incursion reggae sur « 4 No Uta » ou au passage rap sur « li ne! ») auraient pu être mieux intégrés aux morceaux. Ici, ces idées affaiblissent justement ces morceaux en cassant leur dynamique. À vouloir être à tout prix original, l’album souffre donc d’un manque d’homogénéité au niveau de la qualité, et le très bon côtoie donc le très moyen.

Au final, j’aurais donc envie de me positionner entre les deux camps. Sans être parfait, Babymetal parvient à être plus convaincant que bon nombre de groupes purement Metal, et je suis persuadé que l’effet « pop » n’y est pas étranger, car ces compos sont taillées sur mesure pour être catchy et mémorables… et contrairement au Metalcore de base, elles sont originales.

Par ailleurs, ce groupe est clairement le fruit d’une opération marketing énorme (on voit aussi les efforts au niveau visuel dans les clips réalisés avec des images live, rares sont les groupes de Metal capables de proposer une telle expérience audioVISUELLE) et à la différence d’un Ghost, il a su conserver un peu plus de Metal dans ses veines… mais si on en parle aujourd’hui hors du Japon, ce n’est pas en raison des qualités musicales du groupe, mais bel et bien parce que ce groupe a eu la chance, contrairement à des centaines d’autres, de bénéficier d’un arsenal Marketing énorme. Sans ce petit coup de pouce, la déferlante Metal débridée de Babymetal n’aurait probablement jamais atteint nos côtes…

Mister Patate (5/10*)

Facebook officiel

Universal Music Japan / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. BABYMETAL DEATH 2. Megitsune 3. Gimme Choko!! 4. Ii ne! 5. Benitsuki -Akatsuki- 6. Do・Ki・Do・Ki☆MORNING 7. Onedari Daisakusen 8. 4 no Uta 9. U.ki.U.ki★Midnight 10. Catch me if you can 11. Akumu no Rinbukyoku 12. Headbanger!! 13. Ijime, Dame, Zettai

* oui, c’est donc un point de plus que le dernier Behemoth. Vous ne rêvez pas.

Son : bon
Lights : pas mal
Affluence : beaucoup de monde
Ambiance : boueuse
Moment fort : Malevolent Creation

Photos

Au vu de la qualité des éditions précédentes, j’avoue que le Méan faisait figure de prétendant au meilleur fest d’un jour de l’année, à plus forte raison étant donné que cette année marquait le dixième anniversaire du festival. Hélas, une programmation un peu moins évidente combinée à des conditions climatiques dignes d’un mois d’avril et quelques problèmes d’orga a débouché sur une journée en demi-teinte. 

Possession avait la lourde tâche d’ouvrir le fest, juste après une première averse assez brève mais diluvienne. Le public se presse donc sous la tente pour assister au premier set du jour. C’est bourrin, pas toujours super carré (la faute au genre, c’est pas du death technique calé au poil de fion) et le groupe ne se ménage pas. Pas forcément ma tasse de thé, mais une entrée en matière plutôt intéressante. Petit passage au parking après Possession pour cause d’oubli d’un truc dans la voiture et deuxième averse, de grêles cette fois. Le parking tourne vite à la gadoue, les voitures sont garées n’importe comment (sérieux, l’orga, après le parking anarchique de l’année passée, vous pouviez pas prévoir ne fût-ce que deux volontaires pour gérer le parking ?), ce qui promet des moments de joie au moment de partir. Finalement, le temps de laisser passer l’averse, on rate Obliteration et on se place pour Dead Congregation qui joue extrêmement tôt pour des raisons de transport. Ici aussi, ça tourne rapidement au rouleau compresseur, le groupe aligne les morceaux avec conviction, ce qui semble plaire au public nombreux sous une tente de plus en plus difficilement accessible par son accès principal : on patauge dans la boue.

Et là, l’orga aurait dû intervenir. Honnêtement, c’était si compliqué d’être un poil prévoyant ? Les averses étaient annoncées, l’orga se félicitait d’avoir vendu plus de préventes et devait donc se douter que l’affluence serait plus élevée que l’année passée et que la combinaison de ces deux facteurs déboucherait sur de la boue. Il aurait suffi de prévoir de la paille ou des copeaux de bois à étaler aux zones stratégiques pour éviter que ces points (les toilettes, l’entrée de la tente et l’accès au fest) ne tourne au marécage. Au final, des palettes en bois seront placées au niveau de l’entrée du fest, mais la boue collée aux chaussures les rendait tout aussi casse-gueule. Pour un fest qui fête ses 10 ans, ça faisait assez amateur. Mais revenons à la musique.

Avatarium aura été la suprise du festival à mes yeux. Infiniment plus doux et mélodique que le reste de l’affiche, le groupe livrera une prestation tout en nuances et maîtrisée de bout en bout. J’ai beau ne pas être si fan du genre, je dois reconnaître que j’aurais envie de classer ce groupe dans mon top 3 du jour… et de faire l’impasse sur Aeternus qui ne m’aura pas vraiment convaincu. Après la pause « calme » du jour, Aeternus me laisse rapidement de marbre, à plus forte raison parce que j’attends Inquisition de pied ferme après la déception lors de leur passage à l’Extremefest 2012.

Et au final, Inquisition livrera un set plutôt efficace, avec un son bien meilleur qu’à l’Extremefest. Alors oui, le jeu de scène est minimaliste (normal, ils sont deux), mais la force de frappe du duo est évidente et son Black Metal sort des sentiers battus. Un des bons moments du jour, suivi par la claque Death du jour avec Malevolent Creation qui sortira un show tout en puissance et en tabassage. Le groupe est survolté (étant le seul groupe de Death pur et dur du jour, ils avaient a priori envie d’en mettre plein la gueule du public), les morceaux s’enchaînent à une vitesse dingue et le groupe clôture sur un « Malevolent Creation » qui fleure bon les dents déchaussées et le sang sur les rangers. Une bonne claque sur le museau.


Mais les retards s’accumulent, et Nifelheim monte sur scène avec plus d’une demi-heure de retard. Il fait froid, il fait humide, les clowns du Black/speed/thrash redoublent d’efforts pour aligner les grimaces et les morceaux, mais je décroche rapidement et fait même l’impasse sur le headliner et le « special ritual » de l’année… pour retrouver ma bagnole couverte de boue. La sortie du parking est dantesque, et j’en profite pour remercier le gars qui m’a poussé jusqu’à la sortie. Si tu me lis, toi, le chevelu qui a poussé successivement une Opel Astra et une Seat Ibiza vers 22h, je te remercie, parce que putain, sans l’entraide entre Metalleux, je me demande comment on serait sortis de là. Avec l’aide d’un tracteur, peut-être ?

Pour ses 10 ans, le Metal Méan nous a proposé un w-e balnéo avec bain de boue. Oui, je suis dur, mais une orga aussi bien établie aurait pu (dû) nous proposer quelque chose de plus carré. Je reste donc sur ma faim et j’espère que l’orga en tirera des leçons pour nous proposer une onzième édition qui fleure un peu moins l’amateurisme sur certains points.