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Betraying The Martyrs – Phantom

Bon, dans mes deux premières chroniques de nos amis de Betraying The Martyrs, j’avais opté pour un ton léger et une petite touche d’humour pour mettre le doigt sur le manque de qualité criant de leur premier EP et de leur premier album. Mais là, fini de rigoler. Merde, à la fin, arrêtez de nous survendre BTM, ce groupe ne deviendra jamais le fer de lance du Deathcore, même en France.

Pourquoi ?

Tout d’abord, Betraying The Martyrs n’a aucune personnalité. BTM est l’équivalent musical du papier-carbone : bien pratique quand il s’agit de faire une copie bon marché. Dès « Jigsaw », le premier morceau, il suffit d’attendre 37 secondes pour un premier break qui crie « REGARDEZ-MOI, JE N’AI AUCUNE PERSONNALITÉ ! ». Phantom est un album de Deathcore tout ce qu’il y a de plus générique, pas mal exécuté, certes, mais déjà entendu des centaines de fois. On lorgne ici sur le Winds Of Plague du pauvre avec les lignes de clavier, et là sur un Suicide Silence de troisième rang (vous croyez franchement qu’on a pas capté que l’intro de « Legends Never Die » pue la montée en puissance à la « You Only Live Once » ?). Mais bon, si ce n’était que ça, on pourrait s’en contenter. Enfin, les moutons qui bouffent du Deathcore tous les jours auraient pu s’en contenter.

Mais il y a « Let It Go ».

Et là, putain, on touche le fond. Et c’est moche, parce qu’il y avait vraiment un coup à jouer.

Parce que reprendre un morceau tiré d’un dessin animé Disney (Frozen, pour les connaisseurs), il fallait l’oser. Et quand on y pense bien, il y avait moyen d’en faire un truc énorme. Tout ce qu’il aurait fallu faire, c’est dénaturer l’esprit Disney, le « pervertir » en quelque sorte pour en faire une reprise à la fois originale et décalée. Mais non. Ici, BTM a fait le pari de garder l’esprit positivo-infantile de Disney et propose au final du Deathcore pour princesses. Les gars, vous allez vendre des diadèmes à paillettes lors de vos prochains shows ou quoi ?

« Oui, mais le groupe véhicule un message positif ».

Il fallait pas faire du Metal alors. Fallait faire de la pop, un truc radio friendly, et pas essayer de combiner image de tough guy couvert de tatouages et fleurs dans les cheveux.

Faut voir les choses en face : Betraying The Martyrs surfe allègrement sur la vague Deathcore, et mis à part sa Bisounourserie aiguë, rien ne distingue ce groupe de la chiée d’autres formations qui officient dans le même courant. Si j’avais vraiment du temps à perdre, je leur demanderais en quoi leur groupe se distingue de la meute. Qu’ils me donnent ne fût-ce qu’un argument qui devrait me pousser à les préférer eux à tous leurs concurrents. Il n’y en a pas. C’est la même soupe à la fois fade et indigeste, cent fois réchauffée, et redégueulée autant de fois… et ce n’est pas en y ajoutant quelques paillettes et une pincée de sucre qu’elle passera mieux.

Mister Patate (Walt Disney/10)

Facebook officiel

Sumerian Records / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Jigsaw 2. Where The World Ends 3. Walk Away 4. Let It Go 5. L'Abysse des Anges 6. Phantom (Fly Away) 7. What's Left For You 8. Afterlife 9. Legends Never Die 10. Lighthouse 11. Your Throne 12. Our Kingdom 13. Closure Found

 

Masters@Rock 2014 – Torhout, Belgique

Les 29 et 30 août, c'est le Masters@Rock à Torhout ! 

Au programme
PAPA ROACH/AIRBOURNE/ KAMELOT/ FINNTROLL / AGNOSTIC FRONT/ BIOHAZARD /DISCHARGE/ HACKTIVIST / CORRODED /EVERGREEN TERRACE / CRUCIFIED BARBARA / KORITNI / BLACK TARTAN CLAN / BORN FROM PAIN/ ALL FOR NOTHING/ KING HISS / AFTER ALL / DEATH ENTERS MY OCEAN / THE IGNORED


En bref, que du beau monde !


Toutes les infos sont disponibles sur le site officiel du festival 

Insain – Enlightening The Unknown

Dans la série « on a vraiment pas eu de bol », j’avoue que je fais fort avec Insain. Alors que leur précédent effort a pris la poussière pendant des mois sur ma pile d’arrivages pour cause de surcharge de travail et de journées de seulement 24 heures, voilà que j’arrive enfin à me pencher sur leur cas pour apprendre qu’ils se séparent. Bon, ça c’est fait. À la limite, si le propos qu’ils proposent sur Enlightening The Unknown était moyen, je pourrais me consoler en me disant que je ne rate pas grand-chose, mais après plusieurs écoutes, je suis en droit d’avoir des regrets. Des regrets de ne pas les avoir vus plus tôt, par exemple, des regrets d’avoir perdu mon temps avec une chiée de groupes tous aussi superflus les uns que les autres et d’avoir ainsi délaissé Insain.

Parce qu’Insain fait du Death avec un très grand D, le genre de Death qui te fait tendre l’oreille immédiatement. « Tiens, c’est frais et efficace », me suis-je dit après la première écoute, et les écoutes suivantes sont venues confirmer le talent de ces zicos. Sans tomber dans les extrêmes de la brutalité à outrance ou de la technicité échevelée, Insain livre un dernier effort équilibré et foutrement efficace. Le mix est très bon, les compos sont suffisamment complexes pour mériter l’attention de l’auditeur sans le noyer sous un torrent d’informations et le tout passe comme une lettre à la poste. L’air de rien, on tient là un groupe qui a de l’avenir…

… et qui décide de mettre la clé sous le paillasson. C’est moche. Ils ont certainement des raisons valables de prendre une telle décision, mais c’est un beau gâchis. Là où trop de groupes peu inspirés s’entêtent à occuper les ondes, des formations comme Insain partent sur un coup de génie, avec une galette plus que recommandable et qui laisse sur sa faim. Allez, les gars, faites-nous le coup du comeback dans quelques années, on vous en voudra pas, promis !

Mister Patate (8,5/10)

Facebook officiel 

Kaotoxin Records / 2014
Tracklist (25:00) 1. Abyssum invocatis 2. Absorbing 3. The Faceless One 4. Beyond Stellar Remnants 5. The Scourge 6. Enlightening the Unknown 7. Apex