Les escapades musicales de Varg, épisode 3451 : après un nouveau détour par la case prison en France, Varg revient à nouveau hanter nos journées, nos soirées, nos nuits avec un énième album post-prison. Son prédécesseur étant déjà très faiblard (pour ne pas dire chiant), je craignais déjà la première écoute du nouvel album de celui qui est passé de pilier du Black norvégien à celui de fada adepte des déguisements (soldat ou chevalier, choisissez votre camp) et, accessoirement, musicien de moins en moins inspiré. Là où Mayhem fête ses trente ans avec classe, Burzum accuse le poids des années et nous propose un nouvel album anecdotique.
En fait, si le groupe ne s’appelait pas Burzum, personne ne s’intéresserait à ce Ways Of Yore, tant il est désespérément chiant. Bordel, il ne se passe RIEN, on dirait un match de foot de l’équipe de Grèce, et encore, les Grecs, dans les derniers instants, ils mettent un goal. Ici, que dalle. C’est faussement contemplatif, répétitif à souhait et cheap as fuck (putain, ce chant moyenâgeux, on dirait Hubert de Montmirail avec un rhume des foins carabiné). On pourrait coller l’étiquette « ambient » sur cet album, mais encore faudrait-il qu’il parvienne à nous charmer, à nous transporter. Ici, le seul sentiment suscité par Burzum est l’ennui. Pour toi, cher auditeur, j’ai perdu de précieuses minutes de ma vie à subir cette galette et à chier quelques lignes qui serviront d’avertissement aux générations futures : Burzum, not even once !
Chaque album vient encore écorner un peu plus le « mythe » Burzum. À ce rythme-là, dans 5 ans et autant d’albums, les derniers irréductibles lâcheront le morceau et Varg pourra alors laisser libre cours à ses pulsions dans les bois, une cotte de mailles sur la poitrine et une lance à la main. Bon débarras.
Mister Patate (ennui/10)
Byelobog Productions / 2014
Tracklist (68:35) 1. God from the Machine 2. The Portal 3. Heill Óðinn 4. The Lady in the Lake 5. The Coming of Ettins 6. The Reckoning of Man 7. Heil Freyja 8. The Ways of Yore 9. Ek Fellr (I Am Falling) 10. Hall of the Fallen 11. Autumn Leaves 12. Emptiness 13. To Hel and Back Again
Vous aimez votre Death Metal pesant ? Vous trouvez que le meilleur allié du Metal de la mort est le Doom dans tout ce qu’il a de plus monolithique et désespéré ? Vous trouvez aussi que tous ces nouveaux groupes de Death moderne sont bien trop aseptisés ? Les Finlandais de Corpsessed devraient rapidement séduire votre petit cœur avec un premier effort qui, malgré sa lenteur trompeuse, a la force de frappe d’un parpaing balancé du troisième étage.
Chez Entrails, on ne chôme pas. En quelques années à peine, les Suédois ont su se faire remarquer avec un premier album qui fleurait bon le Death Metal à Petrov avant de confirmer, de taper dans l’œil de Metal Blade Records et de sortir coup sur coup deux albums de qualité (même si on peut regretter parfois le manque de personnalité propre). On pouvait donc se poser la question à deux balles : ce groupe est-il vraiment sorti de nulle part ou avait-il à son actif, avant son premier full-length, quelques démos qui pouvaient laisser entrevoir la force de frappe de ce combo ? Metal Blade Records nous apporte la raison avec un recueil de démos. Dismember et Grave, pour ne citer qu’eux, l’ont fait avant eux, et j’avoue que l’exercice est toujours intéressant, tant il permet d’assister aux premiers balbutiements d’un groupe. Alors, Entrails maîtrisait-il déjà le Swedeath dès ses premières sorties ?