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Allegaeon – Elements Of The Infinite

En deux albums, Allegaeon est devenu mon “dark horse”, ce favori secret qui est loin de remporter les suffrages parce qu’il est méconnu alors qu’il dispose de tous les arguments pour lutter avec les grosses pointures. Après un deuxième album qui m’avait tout à fait séduit, ils sont enfin de retour avec une troisième galette, celle de la consécration et, espérons-le, de la renommée qu’ils méritent.

Dès l’intro de « Threshold Of Preception », ces surdoués lâchent les chiens dans un tourbillon de maîtrise, de technique, de mélodie et ce petit je-ne-sais-quoi de mélodique qui apporte au morceau une dimension supplémentaire. Là où Fleshgod Apocalypse s’était pris les pieds dans le tapis à force d’empiler différentes couches d’un mille-feuilles musical indigeste, Allegaeon se paie le luxe de pondre une intro au son clair comme du cristal et qui rend justice à chaque instrument, à chaque arrangement… et cette intro n’est rien comparé au reste de l’album ! Toute la galette transpire la technicité et la mélodie sans pour autant devenir indigeste. Le travail au niveau des guitares est tout bonnement à tomber à terre (bordel, ces lignes de lead guitar !), la section rythmique fait des ravages (avec mention spéciale au batteur tentaculaire au jeu tout en puissance et en finesse) et on en viendrait presque à oublier la seule petite déception de l’album, à savoir le chant qui, s’il n’est pas mauvais, est tout de même un peu plus banal… Mais j’avoue que je suis dur et que l’on est loin d’un chant foncièrement mauvais qui viendrait gâcher tout à fait l’expérience d’écoute de cette galette musicalement exceptionnelle.

Amateurs de death technique et mélodique, si vous ne connaissez pas Allegaeon, il est grand temps de réparer cet erreur. Elements Of The Infinite s’impose, à mes yeux, comme un des albums de l’année du genre. Plus accessible et plus mélodique qu’un Archspire ou qu’un Origin, il saura vous charmer par sa maîtrise et son inventivité. Jetez-vous dessus, c’est de la très bonne came !

Mister Patate (9/10)

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Metal Blade Records / 2014
Tracklist (58:01) 1. Threshold of Perception 2. Tyrants of the Terrestrial Exodus 3. Dyson Sphere 4. The Phylogenesis Stretch 5. 1.618 6. Gravimetric Time Dilation 7. Our Cosmic Casket 8. Biomech II 9. Through Ages of Ice – Otzi’s Curse 10. Genocide for Praise – Vals for the Vitruvian Man

On pourrait croire que les années finissent toujours par avoir raison de la hargne de toute personne, aussi haineuse ou aussi résistante soit-elle. La preuve : même l’invincible Lemmy accuse lentement mais sûrement le poids des années et des excès. Et pourtant, certains s’en tirent encore avec les honneurs, malgré une carrière kilométrique, et un des meilleurs exemples en la matière est Impaled Nazarene. Comme quoi, le plutonium et le blasphème semblent constituer une belle cure anti-âge. Nous sommes en 2014, et Impaled Nazarene n’a pas encore dit son dernier mot, loin de là. 

D’un point de vue purement objectif, la recette d’Impaled Nazarene est plus qu’éprouvée, et le groupe n’a donc en aucun cas décidé de surprendre ses fans. On retrouve donc une nouvelle dose de Nuclear Metal plutôt bas de plafond, le genre de galette qui doit son efficacité à sa simplicité. C’est brut, c’est concis, c’est méchant et, au final, c’est ce que l’on attend de ces furieux finlandais. À l’instar d’un Slayer ou d’un Cannibal Corpse, Impaled Nazarene a trouvé son créneau, n’en démord pas et, mieux encore, parvient encore et toujours à garder son statut de référence en la matière.

Alors, Vigorous And Liberating Death est-il meilleur ou moins bon que ses prédécesseurs ? Avouons que cette question est assez piégeuse : même si le groupe ne se réinvente pas, on reste en présence d’un album maîtrisé et plaisant  à écouter. Il n’est pas original ? Cela fait longtemps qu’Impaled Nazarene a renoncé à être original. Ils sont intransigeants, et c’est pour ça qu’on les aime ou qu’on les déteste. Vous aviez déjà choisi votre camp auparavant ? Ce nouvel effort ne vous fera pas changer d’avis. Perso, cette nouvelle cargaison de Metal aux relents de soufre et d’explosion nucléaire me convient tout à fait.

Mister Patate (8/10)

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Osmose Productions / 2014
Tracklist (33:48) 1. King Reborn 2. Flaming Sword of Satan 3. Pathological Hunger for Violence 4. Vestal Virgins 5. Martial Law 6. Riskiarvio 7. Apocalypse Principle 8. Kuoleman varjot 9. Vigorous and Liberating Death 10. Drink Consultation 11. Dystopia A. S. 12. Sananvapaus 13. Hostis Humani Generis

 

Trap Them – Blissfucker

Dans cette nouvelle scène passablement énervée qui combine la hargne du hardcore et le son grésillant à la suédoise, Trap Them fait office de valeur sûre, avec des albums et des EP à l’efficacité ravageuse. Darker Handcraft avait été une baffe bien rugueuse pour notre regretté Kadaf et votre serviteur, et nous attendions de pied ferme son successeur. Après Enabler il y a quelques semaines (une autre valeur sûre au rythme de travail inhumain), Trap Them nous propose donc un Blissfucker qui devrait à la fois ravir et désarçonner certains auditeurs.

En effet, Blissfucker ne comporte pas autant « d’hymnes » que Darker Handcraft. Alors que ce dernier démarrait pied au plancher pour ne reprendre son souffle qu’à de très rares occasions, Blissfucker joue davantage la carte de l’ambiance et sait varier les tempos, en mettant même plutôt l’accent sur une certaine lenteur/lourdeur. N’espérez donc pas vous prendre une claque comme « The Facts » dont le refrain s’était instantanément gravé dans mes tympans dès la première écoute. Et pourtant, au final, cet album tient la route et s’avère tout aussi recommandable que ses petits frangins. Pas besoin d’un tempo d’enfer pour dégueuler sa haine à la face du monde, il suffit de trouver le bon ton, le bon timbre, les bonnes idées… et à ce petit jeu, Trap Them excelle. Si la première écoute s’est conclue sur une mini-déception, mon sentiment envers cet album a vite évolué vers une satisfaction non feinte. On garde le punch du hardcore, le côté brut de la prod’, parfois un petit gimmick de guitares qui renvoie à Mastodon et, surtout, une bonne louche de misanthropie vocale. Du très bon boulot, qui devrait ravir à nouveau les fans du groupe et du genre. 

Mister Patate (8,5/10)

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Prosthetic Records / 2014
Tracklist (46:11) 1. Salted Crypts 2. Habitland 3. Gift and Gift Unsteady 4. Lungrunners 5. Organic Infernal 6. Sanitations 7. Bad Nones 8. Former Lining Wide the Walls 9. Savage Climbers 10. Ransom Risen 11. Let Fall Each and Every Sedition Symptom