Après un retour en demi-teinte (un vrai succès de foule en live, un album décevant) et le décès de Phil Banneux, je ne donnais pas cher de la peau de Channel Zero. Et pourtant, ils sont de retour, avec un nouvel album enregistré pour l'occasion avec le batteur de Stone Sour derrière les fûts. L'écoute du premier single, "Electronic Cocaine", n'avait pas été en mesure de me rassurer, et c'est donc avec une certaine appréhension que je me suis penché sur Kill All Kings.
"Dark Passenger" ouvre les hostilités de bien belle manière : c'est pêchu, le groupe nous colle une bonne décharge d'énergie et on se prend à rêver d'une galette qui renouerait avec le niveau d'avant le split. Hélas, dès le deuxième morceau, Channel Zero s'essouffle violemment. Le single manque de punch, "Burn The Nation" a du mal à redresser la barre avec un refrain pas particulièrement mémorable et ce ne sont pas les morceaux suivants qui viendront du remettre du baume au coeur. On retiendra à la limite "Duisternis" sur un plan purement musical (parce que putain, le chant en néerlandais, c'est loin d'être une bonne idée… et que dire de la partie en français ?) et "Heart Stop" qui est une version plus musclée d'"Angel", le morceau sorti à l'époque du décès de Phil (et qui enterre au passage "Heart Stop" parce que tellement plus rempli d'émotion). Pour le reste, et n'en déplaise à ceux qui avancent l'argument de l'évolution du groupe, nous avons ici un groupe qui n'est plus que le pâle reflet de lui-même. Ses morceaux "typés" Channel Zero ne font pas mouche, ses expérimentations tournent court et ne sont pas suffisamment convaincantes pour nous faire oublier ce que Channel Zero savait faire de si bien…
Channel Zero est mort avec Phil, et "Angel" aurait été une épitaphe parfaite. Kill All Kings n'apporte rien au groupe, n'apporte rien à la discographie du groupe et écorne encore un peu plus la légende. Parfois, il faut savoir s'arrêter tant qu'il est encore temps de le faire…
Mister Patate (2/10)
CNR Music Belgium – Metal Blade Records / 2014
Tracklist (45:18) 1. Dark Passenger 2. Electronic Cocaine 3. Burn the Nation 4. Digital Warfare 5. Ego 6. Crimson Collider 7. Kill All Kings 8. Brother's Keeper 9. Army of Bugs 10. Mind over Mechanics 11. Duisternis 12. Heart Stop
Récemment, j’ai appris que certains groupes n’osaient pas envoyer leur galette à Metalchroniques de peur qu’elle soit chroniquée par bibi. Haha. Je me marre. Comme si mon seul boulot au sein de la rédaction était de tailler sans retenue tout ce qui passe. Face à une telle attitude, une seule pensée me vient à l’esprit : s’ils étaient vraiment convaincus de la qualité de leur album, ils n’hésiteraient pas à l’envoyer. Un peu comme Eyes Of The Insane, petite formation belge qui m’a contacté il y a peu en insistant pour que ce soit moi qui chronique leur première sortie, un trois titres. Même pas peur. J’aime ça… mais est-ce que j’aime pour autant leur musique ?
La Belgique regorge de talents, je n'arrête pas de le dire. Et si certains groupes ont réussi à percer pour maintenant jouer dans la cour des grands, il ne faudrait pas pour autant ignorer la chiée de "petits" groupes du plat pays qui ont tout pour réussir et méritent toute notre attention. Parmi ces seconds couteaux, les Wallons de Neverlight Horizon se rappellent à notre bon souvenir, 7 ans après No Heaven… Only Torment. Au menu : cinq morceaux. C'est peu, certes, mais si la qualité est au rendez-vous, on ne fera pas la fine bouche, bordel !