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Archspire – The Lucid Collective

Depuis quelques semaines, Origin tease ses fans sur la toile avec cette petite phrase annonçant le futur album programmé pour cet été : You are not ready. Après Entity, en effet, on est en droit de se demander comment le groupe pourra faire plus complexe, plus carré, plus chirurgical… Mais à ce petit jeu, un outsider canadien vient de frapper un grand coup de pied dans la fourmilière Tech en balançant une galette d'une précision diabolique : Archspire.

Et pourtant, nos amis du Nord n'ont pas un bagage aussi impressionnant que leurs concurrents, tout au plus un premier album de bonne facture… Vous comprendrez donc aisément pourquoi l'effet de surprise est encore plus marqué. En trois ans, le groupe a su progresser et gagne en maturité, ce qui se ressent clairement sur ce nouvel opus sorti chez Season Of Mist. L'intro se fait en douceur, avec un petit relent d'Obscura avant d'accélérer franchement et de venir marcher franchement sur les plate-bandes d'Origin, voire même de se payer le luxe de faire encore mieux (au niveau du chant, le débit d'Oliver est plus proche de la rafale de Kalach que de ce que faire une paire de cordes vocales). C'est précis, c'est complexe, c'est ultra carré (pas un écart, pas un pet de travers, une vraie leçon de maîtrise), à tel point qu'on peut se demander si le groupe saura reproduire ceci en live (1).

Une chose est sûre : en matière de death technique, Origin devra absolument assurer un max sur son prochain album qui sortira dans quelques mois, parce que pendant que les ricains teasaient, les Canadiens s'appliquaient en studio et ont frappé les premiers. Et c'est magistral. Certains regretteront le manque de spontanéité (difficile de prévoir de la spontanéité dans un album dont chaque morceau est calé au millimètre), mais cette débauche technique a pour résultat un des albums les plus prometteurs de l'année. À écouter d'urgence !

Mister Patate (9/10)

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Season Of Mist Records / 2014
Tracklist (34:35) 1. Lucid Collective Somnambulation 2. Scream Feeding 3. The Plague of AM 4. Fathom Infinite Depth 5. Join Us Beyond 6. Seven Crowns and the Oblivion Chain 7. Kairos Chamber 8. Spontaneous Generation

(1) la réponse est oui, j'ai eu la chance de les voir sur scène.

Loudblast – Burial Ground

405381Comme (beaucoup) trop d’autres groupes, Loudblast a joué la carte du comeback il y a maintenant trois ans… et comme beaucoup d’entre eux, ce retour aux affaires n’avait pas été si inspiré. Bon, il y avait tout de même un mieux par rapport au très médiocre Planet Pandemonium, mais on était loin de frôler le génie. Trois ans plus tard (et juste à la veille des trente ans du groupe si l’on tient compte de la date de formation et qu’on oublie les années de break), Bubu et sa bande reviennent avec Burial Ground qui, à en croire nos concurrents, fait l’unanimité.

Les Bisounours étaient de sortie, à ce que je vois.

Non, Burial Ground n’est pas fantastique. J’ai beau aligner les écoutes et décortiquer les chroniques des autres zines (chose que je fais très rarement, mais une telle unanimité est si rare qu’elle en devient presque suspecte), je ne comprends pas l’engouement actuel pour cet album. Certes, l’album tient bien la route, mais peut-on pour autant parler de chef-d’œuvre ? NON.

Dans l’ensemble, Burial Ground est cohérent et bien né. Le propos est lourd, pesant, plutôt axé mid-tempo et sombre. À ce niveau, je dois avouer que Loudblast tire mieux son épingle du jeu que sur l’opus précédent et se présente sous un jour plus favorable. Bon, la prod’ manque certes un peu de puissance, de crasse et de lourdeur pour rivaliser avec les monstres du death à tendance doomesque (celui qui a osé la comparaison Loudblast – Triptykon devrait passer d’urgence chez un ORL), mais les voyants restent encore au vert et certains passages atteignent en effet un niveau de qualité supérieure (plus particulièrement le final de « The Path », mon passage préféré de l’album). L’impression globale est donc positive…

… mais Burial Ground n’est pas pour autant exempt de défauts. Ainsi, on épinglera le chant presque « artificiel » de Stéphane sur certains morceaux tant il semble forcer sur sa voix pour se donner un ton plus « evil » (et je ne vois pas la valeur ajoutée de cette démarche, honnêtement). Ajoutez à cela les quelques longueurs inévitables sur tout album de plus de 40 minutes (à plus forte raison quand l’album lorgne vers le doom, à croire que seuls les vrais doomsters sont capables de passer la barre des 40 minutes sans devenir chiants) et vous comprendrez aisément pourquoi je peux difficilement me joindre à la cohorte de suce-chibres dont les notes pour cet album sont systématiquement supérieures à 18/20.

Malgré ses quelques défauts, Burial Ground est assez bon. Il ne finira vraisemblablement pas dans mon top 10 de l’année 2014, mais il a suffisamment de qualités pour me laisser, au final, une impression plutôt positive. « Bien, mais pas top », comme dirait l’autre.

Mister Patate (6/10)

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Listenable Records / 2014
Tracklist (43:42) 1. A Bloody Oath 2. Darkness Willl Abide 3. Ascending Straight In Circle 4. Soothing Torments 5. From Dried Bones 6. I Reach The Sun 7. Abstract God 8. The Void 9. The Path

Crosses – †††

crossesDire de Chino Moreno qu’il est salement doué en matière de chant, c’est enfoncer une porte ouverte. On connaît tous les capacités vocales du bougre et son large registre grâce aux différents albums des Deftones. Mais au sein des Deftones, la voix de Chino n’est qu’un élément d’un ensemble plus grand, un contrepoids ou un complément, selon le morceau, à la lourdeur des instruments. Au sein de ††† (ou Crosses, pour ceux qui ne parlent pas en symboles), Chino se voit catapulté à l’avant-plan, pas a capella certes, mais avec une toile musicale bien plus fragile, plus discrète. Alors, pari risqué ou nouveau coup dans le mille ?

Soyons honnêtes : d’un point de vue purement musical, Crosses n’a pas inventé l’eau chaude. Certaines rythmiques sont archi-bateau, on ne croule pas sous la technicité et le groupe joue clairement la carte de l’ambiance… mais quelle ambiance ! C’est froid, épuré, simple et efficace. D’aucuns jugeront que cette sortie est un peu trop « féminine » à leur goût, et je peux comprendre cet argument, car Crosses n’a aucun véritable mordant. Là où les Deftones savent faire parler la poudre, Crosses apaise et charme l’auditeur. Et Chino, dans tout ça ? Personnellement, je trouve que sa prestation ici est plus que convaincante. Au final, qui doit-il encore convaincre, serais-je tenté de demander… 

††† est, en quelque sorte, un prolongement presque logique des Deftones. Prenez les passages les plus aériens des Deftones, ajoutez une grosse louche d’électro et vous aurez entre les mains ce recueil de 16 morceaux qui démontre que la beauté réside parfois dans la simplicité. 

Mister Patate (8,5/10)

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Sumerian Records / 2014
Tracklist (56:15) 1. This Is a Trick 2. Telepathy 3. Bitches Brew 4. Thholyghst 5. Trophy 6. The Epilogue 7. Bermuda Locket 8. Frontiers 9. Nineteen Ninety Four 10. Option 11. Nineteen Eighty Seven 12. Blk Stallion 13. Cross 14. Prurient 15. Death Bell