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403742Après un dernier album en demi-teinte il y a moins d’un an, Autopsy a décidé de déjà remettre le couvert en nous proposant Tourniquets, Hacksaws and Graves, son troisième opus depuis son retour aux affaires. Les Ricains ont-ils su rectifier le tir ou ont-ils poursuivi leur descente dans l’oubli pour rejoindre tous ces groupes qui auraient mieux fait de ne pas tenter un come-back ?

Après quelques écoutes, je suis plutôt satisfait. Certes, Autopsy ne risque pas de remporter le concours du disque le plus ambitieux, le plus technique ou le plus original. Autopsy nous sert son Death lourd, poisseux, parfois teinté de Doom, ce Death qui est devenu sa marque de fabrique avec les années. Par ailleurs – et contrairement à l’album précédent –, ce nouvel opus comporte moins de longueurs, bien qu’il affiche près de 50 minutes au compteur. Là où on s’emmerdait parfois grave sur The Headless Ritual, Tourniquets… comporte son petit lot de morceaux bien plus efficaces, un peu comme sur Macabre Eternal

The Headless Ritual semblait marquer le début du déclin d’Autopsy après un retour de qualité. Tourniquets, Hacksaws and Graves vient remettre les pendules à l’heure. Malgré quelques petits passages un poil moins convaincants, l’impression générale est très positive et vient faire oublier le petit accident de parcours sur la sortie précédente. Rassurant, en quelque sorte…

Mister Patate (8/10)

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Peaceville Records / 2014
Tracklist (49:18) 1. Savagery 2. King of Flesh Ripped 3. Tourniquets, Hacksaws and Graves 4. The Howling Dead 5. After The Cutting 6. Forever Hungry 7. Teeth of The Shadow Horde 8. All Shall Bleed 9. Deep Crimson Dreaming 10. Parasitic Eye 11. Burial 12. Autopsy

Reality Grey – Define Redemption

403658Au fil des semaines, je commençais tout doucement à m’inquiéter de l’état de la scène Metal italienne, étant donné que la plupart des albums qui nous arrivaient de chez les Ritals étaient de bien piètre qualité. Même Fleshgod Apocalypse y était allé de son petit album décevant. Heureusement, un des seconds couteaux de la scène Death italienne vient remettre quelque peu les pendules à l’heure, j’ai nommé Reality Grey.

Avec ce deuxième album en 10 ans de carrière, on ne peut pas dire que Reality Grey va révolutionner le monde du Death mélodique, loin de là. Les Transalpins restent gentiment dans les balises du genre, sans vraiment se mouiller et en optant pour une approche somme toute classique. Gros son qui met bien en valeur les facettes mélodiques du groupe, morceaux suffisamment travaillés pour capter l’attention sans coller la migraine et surtout des musiciens qui se donnent à 100 % dans leurs compos : Reality Grey compense son manque d’originalité par une envie et un enthousiasme flagrants… et vu que les cadors du genre ont parfois des difficultés à être aussi convaincants qu’avant, on peut voir en Reality Grey un plan B, un groupe qui n’a pas la carrure de ses modèles mais qui se débrouille suffisamment bien pour contenter les fans du genre.

Mister Patate (7/10)

Facebook officiel 

Bakerteam Records / 2014
Tracklist (40:14) 1. Ascension Lapse 2. Deadlock 3. Rot of Nation 4. I Despise 5. Equilibrium 6. Departed Designs 7. Burn the Sky 8. Hypocrisy Breeds Hatred 9. Define Redemption

 

On l’avait déjà constaté par le passé, mais cette tendance se confirme et se généralise avec le temps : pour survivre dans la jungle du monde du Metal, les groupes, petits et grands, ont besoin d’exposition médiatique. Si personne ne parle de ton groupe, tu n’existes pas. Tu te fais monter sur la gueule par les centaines, voire milliers d’autres groupes qui essaient de se faire une place au soleil. Tu restes dans l’ombre et tu crèves. Aujourd’hui, pour percer, il ne faut donc plus forcément être le meilleur groupe sur le plan musical. Il suffit d’avoir la meilleure équipe de comm’ et compter sur quelques articles racoleurs pour attirer l’attention de l’auditeur moyen.

Cette tendance a un effet pervers. Aujourd’hui, quand un groupe ne reçoit pas une brouette d’éloges, il est presque choqué. Ses fans, eux, crient au scandale. « Jaloux », « il est passé à côté de l’album », « il ferait mieux d’écouter NRJ » : ces exemples ne sont pas fictifs, ils ont été postés au cours des 24 dernières heures en réaction à ma chronique du dernier album d’Akroma, qui avait récolté un beau 15/20. Dans le cas présent, j’apprécie toutefois l’attitude du groupe, qui a partagé la chronique et lancé le débat. En effet, dans de nombreux autres cas, ni les labels, ni les groupes ne prennent pas la peine de relayer une chronique en-dessous du 18/20. Parce qu’une note inférieure à 18, c’est un désaveu. Une publicité négative, qui risque de leur coûter des ventes… Mais s’ils lisaient les chroniques plutôt que de se focaliser sur la note, ils verraient peut-être les compliments. Ils comprendraient peut-être le point de vue exposé dans nos articles. Ils se remettraient peut-être en question, le cas échéant.

Cette attitude des groupes et des labels aussi a une répercussion fâcheuse. Les zines, à l’instar des groupes, se multiplient sur la toile, et la chasse au clic semble aussi acharnée que la chasse aux fans. Résultat des courses : la surenchère. Le sens critique sur OFF. Le léchage de boules généralisé. Quand je lis certaines chroniques d’albums que j’ai pourtant appréciés et auxquels j’ai moi aussi donné de bonnes notes, j’ai l’impression d’être sur Youporn. Quand je lis certains chroniqueurs, je me demande s’ils sont vraiment critiques ou s’ils sont plutôt dans une optique « marketing à outrance », tant leurs articles s’apparentent systématiquement à de la prose publicitaire qu’aurait pu pondre le label lui-même. Personnellement, je ne suis pas là pour faire plaisir aux groupes ou aux labels. On me demande mon avis, et je le donne, au revoir et merci, quitte à faire grincer des dents, quitte à voir systématiquement mes mails destinés aux labels finir dans leur corbeille parce que la note n’est pas « juste » à leurs yeux, n’est pas assez vendeuse. Dommage pour eux, cela ne nous fera pas changer notre fusil d'épaule.

Au final, nous sommes tous perdants : les labels vivent dans leur monde artificiel où les seuls chroniqueurs tolérés sont les Bisounours qui les flattent et les caressent dans le sens du poil, les autres chroniqueurs voient leur travail ignoré s’il est trop critique, les groupes sont survendus et l’auditeur moyen, s’il se laisse uniquement guider par ces avis unanimes glanés via les canaux « officiels » du groupe, risque bien de tomber de haut lorsqu’il aura la galette entre les mains, car l’écart entre ce qui est dit au sujet de l’album et l’album lui-même est parfois abyssal.