Author Archive

Acheron – Kult des Hasses

Cover« Un premier morceau de huit minutes à la gloire de Satan et c’est pas signé Vital Remains ? Je sens que je vais rapidement me faire chier ». Putain, y’a des jours comme ça, je suis super perspicace. Parce que dans la série « On est méchants, on prend des poses de constipés pour la photo et on aime tellement pas Jésus qu’en fait, on avait même un Révérend de l’Église de Satan dans nos rangs », Acheron se pose là. Et ils sont tellement méchants qu’ils en arrivent même à être vindicatifs avec ceux qui s’attendaient à un bon crachat sanguinolent à la face de la chrétienté. Tu voulais une baffe dans ta gueule, petit fan ? Beh t’auras que dalle !

« Daemonum Lux » démarre à un train de sénateur asthmatique, rythmique bateau, riff bateau et il faut attendre deux longues minutes avant que la machine à blasphèmes se mette en branle. Bon, d’accord, ça fait cinq ans qu’ils n’avaient rien pondu, mais merde quoi, les gars, si vous voulez revenir, faites-le bien, en enfonçant la porte d’un bon coup de pied. Acheron fait ici figure d’une bande de barbares qui frapperait gentiment à la porte de l’église et s’essuierait les pieds avant de pisser sur l’autel et de violer le prêtre. Bordel, lâchez-vous, bande de satanistes de mes deux !

Bon, vous allez me dire « ouais, ils démarrent pèpère, mais après, ils envoient le steak, hein ? ». Mouais. Pour un groupe de Black/Death, on est en droit de s’attendre à quelque chose de plus charnu, de plus rugueux… et là aussi, Acheron fait pâle figure. D’accord, c’est plutôt pas mal dans l’ensemble… si on fait abstraction des quelques (nombreuses) redondances qui rendent cet album indigeste et trop long d’au moins 10 bonnes minutes. Vous vouliez faire mal ? Beh supprimez les préliminaires et allez-y franchement plutôt que de tourner autour du pot ! 

Kult des Hasses n’est pas indispensable. Si vous êtes fan du genre, si vous vous êtes fixé comme objectif l’achat de tous les albums qui contiennent 666 outrages envers Jésus parce que vous vous appelez Kevin, que vous avez 16 ans, que vous êtes trop dark et que vous aimez jouer du canif sur vos petits bras, Acheron fera bouillir en vous la semence du Malin. Les autres attendront quelque chose de plus consistant ou achèterons le dernier Deicide si ce n’est pas encore fait.

Mister Patate (3,33/10, bande de demi-satanistes)

Facebook officiel 

Listenable Records / 2014
Tracklist (56:26) 1. Daemonum Lux 2. Satan Holds Dominion 3. Raptured to Divine Perversion 4. Jesus Wept (Again and Again) 5. Thy Father Suicide 6. Misanthropic Race 7. Whores and Harlots 8. Asphyxiation (Hands of God) 9. Concubina do Diabo 10. Devil's Black Blood

 

Enthroned – Sovereigns

402827En l’espace de neuf albums, Enthroned a su progresser sans cesse pour arriver à un niveau de qualité qui n’a rien à envier à d’autres noms bien plus prestigieux… Mieux encore : là où certains fers de lance du genre s’essoufflent ou s’égarent, nos petits Belges restent fidèles à eux-mêmes et assènent Sovereigns, dixième album de leur discographie et, à mes yeux, l’album de la consécration pour le groupe.

La consécration après 10 albums, Patate, ce serait pas un moyen détourné de dire que les 9 albums précédents étaient moyens ?

Non, certainement pas. Sur les trois derniers albums, par exemple, Enthroned avait su proposer une recette qui tenait la route, un Black Metal racé et énergique qui, s’il ne brillait pas par son originalité, compensait par une efficacité à toute épreuve. Sovereigns, par contre, va plus loin que ses prédécesseurs et ouvre de nouveaux horizons. L’évolution la plus flagrante se situe au niveau des guitares, de ces percées presque lumineuses sur « Of Feathers And Flames » et « The Edge Of Agony », comme autant de bouffées d’air dans une atmosphère viciée… Et c’est justement cela qui rend Sovereigns si particulier, si efficace. Enthroned a su sélectionner ses ingrédients, les combiner de telle sorte qu’aucun ne prédomine sur l’autre et nous servir au final un album parfaitement équilibré, qui allie brutalité, ambiance et une touche de mélodie dans une folle sarabande noire. Alors que tous les fans de Black Metal attendent avec impatience la nouvelle offrande de Mayhem également prévue pour cette année, Enthroned a peut-être déjà coupé l’herbe sous le pied des Norvégiens. Sovereigns, album de Black Metal de l’année ? Il est trop tôt pour le dire, mais les Belges ont toutes les cartes en mains pour réaliser ce tour de force.

Mister Patate (9/10)

Facebook officiel 

Agonia Records / 2014
Tracklist (40:23) 1. Anteloquium 2. Sine Qua Non 3. Of Feathers and Flames 4. Lamp of Invisible Lights 5. Of Shrines and Sovereigns 6. The Edge of Agony 7. Divine Coagulation 8. Baal al-Maut 9. Nerxiarxin Mahathallah

 

A Day To Remember – Common Courtesy

A_Day_to_Remember,_Common_Courtesy_2013_albumIncroyable, les vendeurs de yaourts. Les gars, ils nous fourguent chaque semaine leur came moisie en usant et abusant de superlatifs. On pourrait penser que c'est suffisant. Beh non, Léon ! Non contents de nous refiler leurs nouvelles bouses, ils arrivent à dénicher des groupes qui ont pondu une galette il y a un an aux States (soit une éternité dans le monde de la musique) et se la jouent : "WOW, les gars, regardez ce que vous avez failli rater sans nous !".

Wéééé, merci les gars, sérieux, comment ai-je pu vivre sans A Day To Remember !

Oui, parce que A Day To Remember, c'est la collision frontale entre Good Charlotte et le Metalcore. Et le pire dans l'histoire, c'est que les deux influences ont survécu et copulent allègrement pour un résultat des plus déconcertants. Ca se veut funny et décontracté du slip, tout en gardant en réserve quelques breakdowns Metalcore à tendance virile ("Sometimes You're The Hammer, Sometimes You're The Nail") et une ou deux balades gnangnan pour ratisser large. C'est de la merde, en somme. C'est vendeur aux States. Par palettes entières.

Putain mais comment ce groupe n'a-t-il pas été signé par Victory Records ?

Beh en fait, si, ils étaient signés chez Victory Records, puis ils se sont engueulés et c'est finalement un juge qui a tranché et a permis au groupe de sortir cet album sur une base indépendante en 2013. MAIS COMMENT VOULEZ-VOUS QU'ON FASSE CONFIANCE À LA JUSTICE ? MEEEERDE ! C'est à cause d'un juge ricain que cet album n'a pas fini aux chiottes, à cause de ce juge que j'ai perdu mon temps à décortiquer ce énième album inintéressant de pop-metalcore comme les States nous en chient par paquets de 12 chaque jour. Pour vous dire à quel point c'est mauvais, je trouve "Wrecking Ball" de Miley Cyrus plus réussi. 

Du Good Charlotte sous stéroïdes, sur le papier, ça donnait déjà pas envie, mais faites-moi confiance, à moins que vous n'ayez 17 ans et que vous soyez ricain, vous n'aimerez pas… À l'heure d'écrire ces lignes, ce groupe a 4.776.711 fans sur Facebook. Soit deux fois plus qu'Anthrax. Soit quelques centaines de milliers de plus que Slayer… Mais si le nombre de likes était vraiment une indication fiable de la qualité de la musique, ça se saurait.

Mister Patate (a band to forget/10)

Facebook officiel 

Autoproduction – Him Media / 2013-2014
Tracklist (53:11) 1. City of Ocala 2. Right Back at It Again 3. Sometimes You're the Hammer, Sometimes You're the Nail 4. Dead & Buried 5. Best of Me 6. I'm Already Gone 7. Violence (Enough Is Enough) 8. Life @ 11 9. I Surrender 10. Life Lessons Learned the Hard Way 11. End of Me 12. The Document Speaks for Itself 13. I Remember