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Lacuna Coil – Broken Crown Halo

Press_CoverI wish we could have
All the time in the world
But we have come too far
To give up who we are

Et c'est exactement à ce moment que j'ai éclaté de rire. Oui, quand Cristina a posé cette ligne de chant sur « Nothing Stands In Our Way », le premier morceau de ce nouvel effort de Lacuna Coil. « Nous avons été trop loin pour renier ce que nous sommes », quelques mots qui, placés dans la bouche de la frontwoman du groupe qui a exécuté le plus magistral retournement de veste au fil des 5 (voire même 8) dernières années, sont particulièrement savoureux. Comment un groupe qui a su aligner trois albums de qualité supérieure entre 1999 et 2002 a-t-il pu s'enliser aussi rapidement et radicalement pour en arriver à nous servir des opus aussi poussifs ? Shallow Life faisait déjà figure de ratage à l'époque, mais il gardait encore une petite force de frappe (« Survive » et sa montée en puissance presque convenable en intro). Ici, nous assistons à un véritable naufrage en règle du groupe milanais.

Avec Broken Crown Halo, Lacuna Coil réussit le tour de force peu commun de nous pondre un quatrième album d'affilée plus faible que son prédécesseur. Il ne reste plus rien de ce qui faisait la force du groupe. Il ne reste même plus rien de Metal dans cette mixture aseptisée et particulièrement faiblarde. Les riffs sont bateaux, les rythmiques ne suscitent aucune hausse du rythme cardiaque et le chant…. HA, le chant ! Cristina a toujours un beau brin de voix, certes, mais ce n'est pas cela qui viendra sauver cet album de l'échec total. Les titres s'enchaînent sans le moindre relief, c'est mou, c'est chiant, ça fleure le produit formaté FM pour teenagers ricains. Lacuna Coil a certainement pris des cours auprès de Faust pour vendre aussi bien son âme au diable…

Mister Patate (I sold my soul for US teenagers/10)

 

Facebook officiel

Century Media Records / 2014

Tracklist (47:35) 1. Nothing Stands in Our Way 2. Zombies 3. Hostage to the Light 4. Victims 5. Die & Rise 6. I Forgive (But I Won't Forget Your Name) 7. Cybersleep 8. Infection 9. I Burn in You 10. In the End I Feel Alive 11. One Cold Day

 

Aborted – The Necrotic Manifesto

402934Après un Strychnine .213 décevant aux yeux de la majorité des fans, Aborted avait pris le temps de revenir avec un album qui remettrait les pendules à l'heure. Le résultat, on le connaît : Global Flatline, une méchante claque, un album qui fleurait bon la filiation avec Goremaggedon. Hélas – et comme d'habitude, aurais-je envie de dire – le line-up a depuis lors de nouveau connu deux modifications, les deux guitaristes de Global Flatline ayant quitté le groupe. Qu'à cela ne tienne, pour ce nouvel album, Sven a su s'entourer de deux gratteux de talent, Mendel bij de Leij (qui a son propre projet, notamment) et Danny Tunker (ex-God Dethroned, ex-Prostitute Disfigurment, guitariste live de Spawn Of Possession où il se paie même le luxe de jouer un morceau en live les yeux bandés et guest sur les albums de Hannes Grossmann et de The Project Hate MCMXCIX, rien que ça). Les fans pouvaient donc dormir sur leurs deux oreilles, le résultat allait être à la hauteur de leurs espérances.

Au niveau de l'artwork, j'avoue être mitigé. Celui de Global Flatline me plaisait bien, cette touche apocalyptique/zombie apportait un petit plus. Ici, le chirurgien/boucher mutant me déçoit un peu. À la limite, je préfère encore l'artwork de l'EP Scriptures Of The Dead, plus so(m)bre. "Six Feet Of Foreplay", l'intro, nous plonge dans une ambiance connue, avec les cris, les bruits d'ustensiles coupants motorisés ou non, cette montée en puissance qui n'est pas sans rappeler l'intro de "Meticulous Invagination", ce "Hey" à 00:57 qui nous renvoie au "Hey, I think you should know I killed a lot of people" en intro de "Dead Wreckoning" et ces trois mots en prélude à l'avalanche de brutalité :

I

AM

PAIN

Non, Aborted ne perd pas de temps en politesse et assène en guise de premier contact "The Extirpation Agenda", un morceau dans la plus pure lignée des brûlots ultraviolents qu'Aborted a su distiller au fil de sa discographie. Mendel et Danny ont su s'intégrer parfaitement dans le groupe, à saisir l'esprit Aborted, le son de guitare, à tel point qu'il est pour ainsi dire impossible de dire que toute la section "guitares" du groupe a changé depuis 2012. Certains diront qu'Aborted fait toujours la même soupe et sonne comme du Aborted, je m'émerveille à chaque fois de voir à quel point ce groupe parvient à garder son identité malgré les nombreux changements de line-up. Au niveau rythmique, Ken Bedene affiche une forme insolente et enchaîne les morceaux avec une précision et une virulence rares. Le groupe a certes vu passer des batteurs de haut niveau (Dan Wilding, qui martyrise maintenant les fûts de Carcass et Dirk Verbeuren pour citer les plus illustres), mais Ken déroule sur cet album une prestation particulièrement bluffante, à plus forte raison parce qu'il sait alterner les assauts supersoniques et les mid-tempos pesants ("Die Verzweiflung", par exemple).

L'alternance : voilà justement ce qui rend cet album si plaisant. Certains groupes s'égarent dans la course à la brutalité. Toujours plus vite, toujours plus bourrin et, au final, un furieux mal de crâne. Aborted sait ménager la chèvre et le chou. Oui, The Necrotic Manifesto contient quelques-uns des morceaux les plus ravageurs de la carrière du groupe, mais il sait aussi lever le pied, diffuser une ambiance. Cette capacité, le groupe l'avait déjà dévoilée sur l'album précédent avec "Extirpation Euphoria" et "Endstille", mais on atteint ici des sommets avec "Cenobites".

Et Sven, dans tout ça (parce qu'on oublie presque de parler du chant) ? J'aurais envie de dire "comme d'habitude". C'est pourtant très réducteur, car on connaît ses capacités, et il livre lui aussi une nouvelle prestation de très haut niveau sur ce nouvel opus. En fait, en tant que moteur du groupe, Sven sait mener sa barque, sait guider ses troupes, et le résultat ici est un des albums qui m'ont enthousiasmé le plus sur les 10 derniers mois, bien plus que le dernier Benighted, par exemple (qui était pourtant une de mes excellentes surprises du début 2014).

Alors, The Necrotic Manifesto, meilleur album du groupe ? Difficile à dire. Personnellement, je pourrais lui reprocher à la limite l'absence d'un véritable single qui ressort clairement du lot, mais c'est peut-être justement la force de cette galette : aucun morceau ne ressort du lot parce que tout l'album est à un niveau de qualité très élevé. Quoi qu'il en soit, si vous avez aimé Global Flatline, vous vous ruerez sur ce Necrotic Manifesto maîtrisé de bout en bout. Une belle réussite.

Mister Patate (9/10)

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Century Media Records / 2014
Tracklist (42:34) 1. Six Feet of Foreplay 2. The Extirpation Agenda 3. Necrotic Manifesto 4. An Enumeration of Cadavers 5. Your Entitlement Means Nothing 6. The Davidian Deceit 7. Coffin upon Coffin 8. Chronicles of Detruncation 9. Sade & Libertine Lunacy 10. Die Verzweiflung 11. Excremental Veracity 12. Purity of Perversion 13. Of Dead Skin & Decay 14. Cenobites

The Haunted – Eye Of The Storm

397650Unseen avait marqué une évolution sensible dans la discographie de The Haunted. Évolution est peut-être même un terme trop faible, tant cet album avait déchaîné les passions et profondément divisé les fans du groupe. Ajoutez à cela le départ du batteur, d’un des frangins Björler et de Peter Dolving (chanteur et drama queen du groupe), sans oublier la résurrection d’At The Gates (qui occupera fatalement les jumeaux) et vous avez un groupe à l’article de la mort. Honnêtement, je m’attendais à ce que les membres restants ne mettent la clé sous le paillasson. C’est donc avec surprise que j’ai appris le retour du groupe avec un line-up de rêve : Ola Englund à la gratte (le seul petit nouveau) et le retour de deux piliers du groupe, Adrian à la batterie et Marco au chant. De là à espérer un retour aux affaires tonitruant, il n’y avait qu’un pas, et ce premier EP vient remettre les pendules à l’heure : on arrête les expérimentations, on remonte dans le temps à la bonne époque One Kill Wonder et on colle des claques.

En l’espace de trois morceaux, The Haunted fait table rase des quatre albums précédents et revient à la recette éprouvée des premiers opus, un équilibre savamment dosé entre brutalité et mélodie, des morceaux brefs et percutants (deux plages de 3 minutes et des poussières et un « My Enemy » ravageur qui reste juste sous la barre de la minute) et un Marco Aro bien en voix. À ce niveau, les fans de Peter regretteront le départ de leur chouchou au registre plus varié, mais le timbre de ce bon vieux Marco colle tellement mieux au son quand il est si agressif. 

Eye Of The Storm aiguise ma curiosité. En trois morceaux, il est « relativement simple » de frapper fort, de marquer les esprits. Reste à voir si le groupe parviendra à rester aussi incisif sur un album entier, comme à la belle époque de Made Me Do It et One Kill Wonder… Curieux de voir la suite !

Mister Patate (8,5/10)

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Century Media Records / 2014
Tracklist (08 :16) 1. Eye Of The Storm 2. Infiltrator 3. My Enemy