Author Archive

Crawling Chaos – Repellent Gastronomy

390398Au fil des ans, l'Italie est devenue une destination de choix pour le Metal. Certes, tous les combos transalpins ne sont pas fabuleux, mais quel que soit le genre, on trouve toujours au moins une ou deux formations qui tirent leur épingle du jeu et proposent des albums de qualité supérieure. Évidemment, une fois les gros groupes découverts, la curiosité fait le reste et on se surprend à creuser un peu plus pour découvrir le reste de cette scène et plus particulièrement aujourd'hui Crawling Chaos.

Pour un premier album sorti chez Memorial Records, il faut reconnaître qu'ils n'ont pas fait les choses à moitié. Outre un artwork plutôt réussi, nos amis italiens nous proposent pas moins de 50 minutes de death à tendance plutôt brutale mâtiné de grindcore, le tout épaulé par une production moderne sans pour autant être trop artificielle. Bon, après dix ans d'existence et un petit EP au compteur, il était certes temps de se lancer, mais avouons que l'attente valait le coup. Sans révolutionner le genre ni se poser en candidat sérieux à l'album de l'année, Repellent Gastronomy fait partie des bonnes surprises de l'année écoulée, le genre de galette sans véritable prétention qui s'écoute avec plaisir. Et si, au final, c'était justement ce genre de groupes qui rendaient notre vie plus agréable ? Des petits gars qui sortent de nulle part avec un album qui fait le boulot, de manière presque humble mais foutrement efficace…

Mister Patate (7,5/10)

Facebook officiel 

Memorial Records / 2013
Tracklist (49:20) 1. Rue D’auseil 2. Blind Fiends of the Ancient Evil 3. From the Unsafe Shrines Come the Abyss 4. Plate Xii 5. Encephalitic Cyst 6. Let the Vultures Sing Our Deeds 7. Closing the Gates 8. Premature Burial 9  Visceral Breeding Army 10. Promised Unheaven 11. The Sleep of Innana 12. Manifest of Chaos 13. Glory to My Enemy

 

Chrome Division – Infernal Rock Eternal

Chrome-Division-Infernal-Rock-Eternal-300x300J'ai toujours été un peu dégoûté par les side-projects. Sous le simple prétexte de la présence d'un artiste connu et reconnu en son sein, le side-project bénéficie trop souvent d'un accès facilité et privilégié aux labels. Martin Van Drunen veut lancer un projet qui sonne comme du Asphyx ? Century Media lui ouvre les portes en grand. Tim Lambesis (anciennement chez As I Lay Dying, actuellement chez As I Lay In Jail), quant à lui, a même réussi à caser ses deux side-projects chez Metal Blade (comble de l'ironie, ces deux groupes étaient plus attrayants que son premier groupe, mais c'est un détail).

Dans le cas de Chrome Division, la présence de Shagrath dans le line-up a dû aussi ouvrir des portes. Beh ouais, c'est plus tentant de signer un projet sur la pochette duquel on pourra coller un sticker « with Shagrath (Dimmu Borgir) » que d'illustres inconnus qui ont sué sang et eau. La dure loi du bizness, mon coco.

Pour leur quatrième album, Shagrath et sa bande s'écartent encore plus de l'hommage lourdingue et appuyé à Motörhead qui caractérisait Chrome Division à ses débuts. Si vous voulez mon avis, vu l'état de santé du sieur Lemmy, c'est justement le moment de sonner comme du Motörhead, histoire d'être prêt à sauter sur l'occasion et de poser ses fesses sur le trône du wok'n'woll quand Dieu passera l'arme à gauche. Cette fois, le groupe ratisse large, en prenant ici une touche de Lemmy, là une lampée de stoner, voire même un relent de Nickelback (oui, Nickelback, vous lisez bien), pour au final nous mettre dans les esgourdes un pot-pourri pas franchement désagréable mais terriblement impersonnel. Infernal Rock Eternal est une compil de tout ce qu'il faut pour faire un bon album de rock à tendance hard ou heavy, avec un petit soupçon de punk (sur l'énergique « ØL », le seul morceau qui sera vraiment parvenu à me sortir de ma torpeur)… Mais est-ce que cela suffit pour convaincre ?

Personnellement, Chrome Division me fait l'effet d'un groupe qui aurait enfin arrêté de singer un groupe… pour finalement en singer plusieurs. On pourrait même faire le jeu des sept ressemblances et retrouver, une par une, les influences flagrantes tout au long de l'album. Shagrath, sérieux, ça te démange pas de retourner en studio pour donner un digne successeur à Abrahadabra ? On pourrait enfin avoir quelque chose de sérieux à se mettre sous la dent, parce qu'entre Ov Hell et Chrome Division, tes fans commencent à trouver le temps long !

Mister Patate (4/10)

Facebook officiel  

Nuclear Blast Records / 2014
Tracklist (53:49) 1. Good Morning Riot (Instrumental) 2. Endless Nights 3. (She's) Hot Tonight 4. The Absinthe Voyage 5. Lady of Perpetual Sorrow 6. The Moonshine Years 7. No Bet for Free 8. On the Run Again 9. Mistress in Madness 10. Reaper on the Hunt 11. You're Dead Now 12. ØL

Indica – Shine / Akvaario

indicaIl fut un temps, pas si lointain, où être signé chez Nuclear Blast était le couronnement de la carrière de tout groupe de Metal. Une époque où la maison Donzdorf était encore un gage de qualité. Hélas, les temps changent, et ce label qui, à ses débuts, a su donner ses lettres de noblesse à tant de groupes, fait des choix stratégiques de plus en plus discutables sur un plan purement musical (par contre, d'un point de vue purement bizness, je comprends tout à fait la logique). Ainsi, outre les quelques groupes de Metalcore et de Deathcore absolument indispensables pour faire les yeux doux à toute cette frange de fans de la vague « -core », Nuclear Blast semble avoir trouvé avec Indica l'arme absolue pour toucher un public-cible inattendu : la femme du fan de Metal. 

Oui, parce que la femme du fan de Metal n'apprécie pas forcément le bruit qu'écoute sa brute d'amour. Elle voue pour Slayer la même haine que celle que toi, fan de Metal, tu voues à Britney Spears. Indica est censé être un moyen d'écouter à la maison un produit ayant un vague rapport avec le Metal (je cherche encore le rapport, je n'ai pas trouvé) sans pour autant que madame ne tire la gueule. Bref, Nuclear Blast a signé un groupe de pop sympho poussive, dont le seul attrait est le joli minois des demoiselles sur la pochette. J'ai fait le test à la maison : j'ai mis la galette, j'ai attendu la réaction de Madame Patate et je me suis rincé l'œil en matant la pochette. Deux morceaux et un genou dans les couilles plus tard, j'ai repris mon iPod, chaussé mes écouteurs et écouté du Slayer en évitant de penser à la douleur qui irradiait de mon entrejambe.

Paroles mièvres, mélodies calibrées au millimètre pour passer sur les grandes ondes, Indica est douloureusement mielleux. « On va finir par croire que le seul métal qui reste à Donzdorf, c'est les entrepôts et les flippers du label », me disait le boss. Il croyait pas si bien dire. Histoire de rendre l'outrage encore plus sublime, Nuclear Blast nous propose l'album en deux versions (un peu comme Korpiklaani en son temps) : une version anglaise et une version finlandaise. À vrai dire, la version finlandaise remporte mes suffrages : au moins, on ne se rend pas compte à quel point les paroles sont naïves. 

Indica est au Metal ce que la Kriek est à la bière : un pâle ersatz qui n'a rien de commun avec « the real thing » et qui plait surtout aux femmes. Le seul avantage de ce disque est que maintenant, j'aurais plus de difficultés à me moquer des groupes de Guillaume Bideau, parce que j'ai trouvé plus sucré que lui. En même temps, on ne pouvait pas attendre mieux d'un groupe taillé sur mesure pour représenter la Finlande à l'Eurovision…

Mister Patate (où j'ai bien pu mettre mon insuline ?/10)

 

Facebook officiel

Nuclear Blast Records / 2013

Tracklist : 1. Mountain Made Of Stone 2. Uncovered 3. A Definite Maybe 4. Goodbye To Berlin 5. Run Run 6. Here And Now 7. Missing 8. Hush Now Baby 9. Behind The Walls 10. A Kid In the playground 11. War Child 12. Humming Bird (digipak Bonus) 13. Lucid (iTunes Bonus)