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The Resistance – Scars

scarsAvec un premier ep qui avait tout pour plaire, The Resistance était parvenu à se faire un nom, à attirer les projecteurs, et ses membres s’étaient ainsi rappelés au bon souvenir de ceux qui les avaient enterrés trop tôt. C’est bien beau, me direz-vous, mais il ne suffit pas de quatre malheureux titres pour s’ouvrir une voie royale et s’assurer un succès retentissant. Il n’aura donc pas fallu longtemps pour que le groupe revienne avec un véritable album sous le bras, et le résultat vaut clairement le détour, malgré ses défauts.

Scars est en effet victime de sa volonté de coller des droites sans cesse. Alors ouais, on prend cher. Gauche, droite, uppercut : dans un premier temps, les morceaux se suivent et se ressemblent furieusement, Marco beugle sa colère avec entrain (putain, ce gars a beau avoir un registre très limité, sans incursion dans le gros growl ni dans les aigus, mais qu’est-ce qu’il y met du cœur et des tripes !), les riffs et la section rythmique tabassent à tout va, et on en ressort sonné. Agréablement sonné, certes, mais sans pour autant parvenir à retenir un moment fort. Puis, on réécoute, on apprivoise la bête, on en prend toujours autant mais on parvient à dégager quelques passages marquants, comme un « I Bend – You Break » qui fait dans la dentelle de tympans et la charpie de rotules ou un « The Serpent King » qui rappelle furieusement les méfaits de Marco sur One Kill Wonder de vous savez qui.

Cerveau sur OFF, cervicales bien échauffées : Scars fera votre affaire. Mis à part quelques cassures de rythme (histoire d’éviter la surchauffe), la bande à Marco et à Jesper ne fait pas de cadeau et nous gratifie d’un album qui lorgne plus vers le thrash/death ou le hardcore que vers les premières amours de ces braves compères… Et c’est tant mieux ! Les plus sensibles regretteront le manque de variation et le jusqu’au-boutisme de la galette, les autres s’en réjouiront. Les coups et les douleurs…

Mister Patate (8,5/10)

Facebook officiel 

e.a.r. Music / Replica – 2013
Tracklist (xx:xx) 1. Clearing The Slate 2. Your Demise 3. To The Death 4. Expand To Expire 5. Imperfected 6. I Bend – You Break 7. The Serpent King 8. Eye For An Eye 9. My Madness 10. Warmonger 11. Scars 12. (I will) Die Alone

 

 

Burzum – Sôl Austan, Mâni Vestan

371031C’est plutôt agaçant, cette manie qu’ont certains artistes de ressentir le besoin de prouver qu’ils existent en alignant les sorties, quitte à oublier quelque peu l’aspect qualitatif de la chose. Quantité vs qualité, l’éternel débat, et il n’existe aucune règle applicable à tous en la matière. Certains pondront de petits chefs d’œuvre tous les ans (oh, pas forcément toujours des albums entiers, mais aussi des EP, des splits), d’autres laisseront filer quelques années avant de revenir avec un album solide… mais beaucoup confondent vitesse et précipitation et nous proposent tout ce qui leur passe par la tête. 

Dans le cas de Burzum (dont c’est déjà le cinquième album en trois ans), la démarche est encore différente. En effet, ce brave Varg ne s’est pas contenté de nous pisser cinq copies presque identiques. Après le retour au Black, il nous avait ainsi proposé un album de réenregistrements, suivi d’un Umskiptar plus bancal, moins inspiré. En bref, nous avions pu découvrir non pas une, mais trois facettes différentes de Burzum, et voilà qu’il nous en propose une quatrième pour le moins surprenante.

Tiens, ils l’ont de nouveau coffré ?

Eh oui, Varg renoue avec ses amours instrumentales, un peu comme à l’époque Dauði Baldrs ou Hliðskjálf, les deux albums sortis alors qu’il passait du temps au frais et en cabane. À l’époque, les obligations liées à son statut de prisonnier expliquaient l’utilisation d’un synthétiseur (les autres instruments étant interdits). Ici, le choix est délibéré. Varg serait-il conscient des limites de sa voix ? Impossible à dire, ce brave bougre est trop occupé à déverser ses théories plutôt douteuses sur son site officiel. Ou à gambader dans les forêts, déguisé en soldat du Moyen-âge. Non, la raison est plus simple… 

On navigue ici dans le dark ambient, la musique de film… et c’est là qu’on découvre l’existence de Forebears, un film de Marie Cachet (madame Vikernes) et de Varg Vikernes. Le sujet ? « Varg VIKERNES embarks on a spiritual journey back in time, to the Stone Age (around 30 000 BC) to a previous life. He sees the distant past through the eyes of his former self, and doing so understands the meaning of the forgotten bear cult rituals, that still influences the modern mind. He discovers that these age-old rituals are the roots to all philosophies, traditions and religions ». En gros, pour faire un raccourci très réducteur, le personnage de Jésus a été inspiré par un ours. Et la soundtrack ? Dans le mille, Émile !

Bon, je ne jugerai pas le film (je ne l’ai pas vu, et je ne compte pas le regarder), mais s’il est à l’image de la musique, je sens qu’on va s’emmerder grave. Sôl Austan, Mâni Vestan est long, contemplatif, répétitif, et son seul véritable avantage par rapport aux albums « prison » est la qualité du son, rehaussé par la présence d’une guitare sèche à de trop rares moments. Burzum cherche en vain à créer une ambiance de réflexion, de contemplation… Mais le seul sentiment qui pointe rapidement le bout de son nez, c’est la lassitude. 

Mister Patate (ennui/10)

 

Site officiel 

Byelobog Productions / 2013

Tracklist (58:05) : 1. Sôl austan 2. Rûnar munt þû finna 3. Sôlarrâs 4. Haugaeldr 5. Feðrahellir 6. Sôlarguði 7. Ganga at sôlu 8. Hîð 9. Heljarmyrkr 10. Mâni vestan 11. Sôlbjörg

 

Enabler – Shift Of Redemption

a0465874969_2En sortant All Hail The Void, les ricains d’Enabler nous avaient laissés avec une joue gauche endolorie et une furieuse envie d’en entendre encore plus. Bon, au vu de leur productivité, on se doutait que l’attente ne serait pas longue et, en effet, moins d’un an après cet album percutant, les voilà déjà avec un nouvel EP qui allie concision et efficacité.

Au menu, quatre titres dans la droite lignée des efforts précédents. Le hardcore proposé par Enabler transpire la haine et saisit l’auditeur à la gorge pour ne plus le lâcher. « Fuck you, fuck you, fuck you forever » : s’il ne fallait retenir qu’une seule phrase des textes de cet EP, ce serait bien celle-là, une violente éruption de colère à la face du monde, un défouloir radical qui vous laissera vidé, exténué… et impatient d’entendre la suite.

On regrettera dès lors la durée de cette sortie (un petit quart d’heure), d’autant plus que l’on sait que le groupe est en mesure de proposer un album entier de la même trempe. Ceci dit, vu le rythme auquel ces gars bossent, je doute que nous devions attendre longtemps avant d’encore entendre parler d’eux… Fans de Trap Them, de Black Breath, si vous n’avez toujours pas mis l’oreille sur ce groupe, bougez-vous le cul et prenez votre claque. Vous me remercierez plus tard…

Mister Patate (8/10)

Bandcamp officiel 
Facebook officiel 

Think Fast! Records / 2013
Tracklist (xx:xx) 1. Shift Of Redemption 2. Live Low 3. Sacrifice 4. Fallselflessly