Author Archive

Dark Sermon – In Tongues

367105Certains ont décidément le cul bordé de nouilles. Prenez les ricains de Dark Sermon : formation en 2012, une démo sous le bras et directement le jackpot en signant chez Nuclear Blast Records. Bon, l’histoire récente nous démontre que la maison Donzdorf n’a pas toujours la main heureuse quand il s’agit de dénicher de nouveaux talents (qui a dit Thy Art Is Murder ?), mais on pouvait espérer que la jeunesse de Dark Sermon ne soit pas un handicap, qu’ils ne seraient pas du genre à suivre bêtement le troupeau…

En plus, ils viennent de Tampa, Floride, la Mecque du Death Metal. Bon signe, hein ?

Hein ?

Arrêtez tout de suite de vous toucher la nouille en pensant qu’on tient le nouveau Deicide, le nouveau Morbid Angel ou le digne successeur d’Obituary. Vous vouliez du vrai Death Metal, avec supplément d’odeur d’aisselle et poils bien bouclés sur la poitrine ? Désolé de vous décevoir, même si le background Death Metal est présent, Dark Sermon ne joue pas dans la même ligue. Pour l’orientation musicale, ces petits ricains ont plutôt pêché leur inspiration chez All Shall Perish, Job For A Cowboy et The Black Dahlia Murder. Je sais, ça risque d’en refroidir plus d’un pour qui « Tampa = gros rouge qui fait des taches », mais il faut voir le bon côté des choses :

1. On a déjà vu pire comme source d’inspiration.
2. Le talent et la maîtrise sont au rendez-vous.
3. Vous avez vu ce que sont devenus Deicide, Obituary et Morbid « TOO EXTREME » Angel ?

Au final, Dark Sermon tire bien son épingle du jeu en proposant un album qui n’entrera pas forcément dans les annales mais qui a le mérite d’être bien né. Sans se contenter de singer leurs influences, ces petits jeunots livrent un premier effort appréciable. Bon, la production est un peu faiblarde et quelques passages fleurent bon le remplissage « core » de base (plus particulièrement dans la doublette « Forfeit I – Forfeit II »), mais ces quelques imperfections n’entachent pas trop le tableau final. Le potentiel est là, reste à voir s’ils sauront le développer et l’utiliser à bon escient à l’avenir.

Mister Patate (7/10)

Facebook officiel 

Nuclear Blast Records / 2013
Tracklist (43:53) 1. The Shepherd’s Staff 2. Imperfect Contrition 3. Hounds 4. The Scales of Justice 5. Cursed 6. Forfeit I: The Crooked Quill 7. Forfeit II: Worn Thin 8. The Tree of New Life 9. Carcass 10. Testament 11. In Tongues

Krypts – Unending Degradation

kryptsLorsque l’on évoque la scène Death Metal scandinave, le débat tourne souvent très rapidement autour de la seule Suède. Une telle orientation des discussions est compréhensible, tant la Suède inonde le genre de groupes plus ou moins majeurs dont le dénominateur commun est la qualité. La Norvège, ce bastion du Black Metal, peine à proposer des formations de premier rang dans ce genre (le seul me venant à l’esprit étant Blood Red Throne)… Et la Finlande, dans tout ça ?

Eh bien, la Finlande a bien plus à nous proposer qu’on ne pourrait l’imaginer. Certes, elle compte parmi ses rangs Convulse – qui a su gagner ses galons dans les 90’s avant de disparaître jusqu’à l’année passée –, mais se limiter à Convulse serait regrettable, au vu des dernières sorties de Vorum, Hooded Menace et Krypts dont nous parlerons aujourd’hui.

À l’instar de Hooded Menace, Krypts assaisonne franchement son Death d’une empreinte Doom indéniable. Le riffing déjà lourd du Death scandinave s’alourdit encore : guitares grondantes, basse aux relents de secousse tellurique, rythmiques pachydermiques… Unending Degradation s’inscrit dans la lignée des efforts précédents du groupe et a su conserver son mordant, sa puissance, sa lourdeur. Ajoutez à cela une vraie voix d’outre-tombe, grave, puissant, qui vient du fond des tripes, un chant presque inhumain et vous obtenez une des galettes de Death-Doom de l’année. Si Asphyx était scandinave, voici certainement le genre d’albums qu’il sortirait….

Mister Patate (8/10)
Site officiel 

Dark Descent Records – Clawhammer PR / 2013
Tracklist (38:39) 1. Introeon: Perpetual Beyond 2. Blessed Entwinement 3. Open the Crypt 4. Dormancy of the Ancients 5. Inhale… 6. The Black Smoke 7. Day of Reckoning 8. Beneath the Archaic

 

Years Of Tyrants – Leading The Blind

339361Vous l’aurez compris au fil de mes chroniques : je ne porte pas forcément le Deathcore dans mon cœur. À quelques rares exceptions près, ce style me porte rapidement sur les nerfs, la faute à ses exagérations, son auto-parodie (vous savez, ce petit jeu « qui fera le breakdown le plus pesant ? »). J’avais donc quelques craintes lorsqu’on m’a confié Years Of Tyrants, groupe français clairement estampillé Deathcore…

Et la surprise n’en a donc été que meilleure. Là où je m’attendais à un de ces albums manquant cruellement d’originalité et masquant la pauvreté de ses compositions à grands renforts de production qui fissure le béton, je me retrouve avec un EP pour le moins intéressant. Loin du Deathcore « chug-chug-chugga » de base, Years Of Tyrant nous propose un style plus technique, plus varié, fait de soli supersoniques et de rythmiques variées. Voilà enfin un groupe qui ose la carte de la difficulté, qui ne se contente pas de nous pondre un album « bête et méchant » sans la moindre once d’originalité.

Certes, tout n’est pas parfait, et le groupe verse parfois dans le balourd, comme sur la fin de « This Is Meat », mais ces quelques passages moins inspirés ou plus typés Deathcore ne pèsent pas lourd face au reste de la galette qui combine allègrement brutalité et technique. Une bonne surprise !

Mister Patate (7/10)

Myspace officiel 

Kaotoxin Records / 2013
Tracklist (23:40) 1. Stronger Than All 2. Through Infamy 3. Infestation of Larvae 4. Interlude 5. Euthanasia 6. This World Is Our 7. Leading the Blind 8. This Is Meat 9. Of Those Who Wasted It All