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Svart Crown – Profane

368605Dès ses premiers méfaits, Svart Crown a su attirer l’attention par son professionnalisme et sa puissance. Là où certains gravissent péniblement l’échelle vers les premiers rangs de leur genre, Svart Crown montait les échelons quatre à quatre, prenant la concurrence de vitesse avec Ages Of Decay, un premier effort solide et réussi. Witnessing The Fall, quant à lui, a permis au groupe d’encore évoluer, de progresser et de renforcer sa notoriété… Il est maintenant temps pour Svart Crown de concrétiser, de vraiment asseoir sa position, de passer définitivement du statut d’« espoir » de la scène française à celui de « valeur sûre ».

Profane s’inscrit dans la droite lignée de son prédécesseur : son massif et rugueux, ambiances poisseuses, déferlante de haine… Svart Crown n’y va pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de coller des torgnoles bien senties. Le groupe aligne les compos solides, et les seuls temps morts tolérés sont ceux que le groupe aménage lui-même, quand il lève le pied, ralentit le tempo pour mieux écraser l’auditeur. Qui dit « cassures de rythme » pourrait penser que l’album perd en force d’impact, en dynamisme. Il n’en est cependant rien. Au contraire, ces variations permettent d’« alléger » l’album, de le rendre moins hermétique. 

Amateurs de Black et de Death, Svart Crown frappe à nouveau un grand coup avec un Profane homogène et puissant. En l’espace de cinq ans et trois albums, la bande à JB confirme – si c’était encore nécessaire – qu’elle fait bien partie des formations françaises de premier plan qui sont promises à un bel avenir. Il en faut, du talent, pour combiner avec une telle maîtrise brutalité et ambiances noires. Un des indispensables de l’année 2013.

Mister Patate (9/10)

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Listenable Records / 2013
Tracklist (43:16) 1. Manifestatio Symptoms 2. Genesis Architect 3. Intern. Virus. Human 4. In Utero: A Place of Hatred and Threat 5. Until the Last Breath 6. Profane 7. The Therapy of Flesh 8. Venomous Ritual 9. Ascetic Purification 10. Revelation: Down Here Stillborn

 

Cathedral – The Last Spire

368108Ils sont rares, les groupes qui, arrivés au sommet de leur carrière, préfèrent partir en beauté plutôt que d’entamer une longue descente aux enfers jalonnée d’albums de plus en plus médiocres. Certes, un tel départ laisse toujours un goût amer, un sentiment de trop peu, même si la boucle est bouclée, mais n’est-ce pas préférable à toutes ces formations qui vivotent sur leurs acquis depuis maintenant des années, voire des décennies pour certains ? Après un Guessing Game qui m’avait tout de même quelque peu déçu (l’éternel syndrome du double album), Cathedral a annoncé la sortie d’un tout dernier album en guise d’épitaphe, The Last Spire, histoire de clôturer sa carrière en beauté. Nous voici donc arrivés à la fin d’une époque, et cette dernière offrande aux fans vient conclure l’aventure Cathedral en beauté.

Contrairement à The Guessing Game, qui s’avérait parfois léger, voire souriant, The Last Spire renoue avec les ambiances grises et pesantes. On ne sourit pas à un enterrement. Par ailleurs, le groupe se veut plus concis (enfin, si l’on peut parler de concision pour du doom, on frôle quand même l’heure de musique, mais cela ne pèse pas bien lourd face aux 84 minutes de son prédécesseur), donnant ainsi l’impression de ne pas répéter une deuxième fois l’erreur du double album, d’écrémer au maximum pour ne conserver que le meilleur. Une excellente initiative : The Last Spire se déguste d’une traite, sans ennui, sans lassitude. Et c’est bien là que l’on reconnaît la valeur d’un groupe comme Cathedral : oui, un morceau peut dépasser les 10 minutes et rester passionnant à écouter. Oui, un album peut faire une heure et nous tenir en haleine du début à la fin.

Cathedral me manquera. Ses riffs, son groove, ses rythmiques pesantes me manquent déjà, et The Last Spire est un condensé de toutes ces qualités, de tout ce talent. Oui, ce départ fera grincer des dents et fera des déçus, immanquablement. Cathedral a simplement décidé de partir en feu d’artifice, plutôt que de s’éteindre tout doucement comme une bougie trop longtemps allumée…

R.I.P. Cathedral

Mister Patate (9/10)

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Rise Above Records – 2013
Tracklist (58:19) 1. Entrance to Hell 2. Pallbearer 3. Cathedral of the Damned 4. Tower of Silence 5. Infestation of Grey Death 6. An Observation 7. The Last Laugh 8. This Body, Thy Tomb

 

Hypocrisy – End Of Disclosure

365297Se pencher sur le cas d’Hypocrisy n’est jamais évident. Depuis ses débuts au début des années 1990, Peter Tägtgren nous a en effet gratifiés d’une série d’albums de qualité et, mis à part le cas épineux de Catch 22, il est plutôt ardu de trancher et de désigner un album qui sort vraiment du lot. Les uns ne jureront que par les débuts du groupe, tandis que d’autres leur préfèrent les derniers efforts en date que sont Virus ou A Taste Of Extreme Divinity. Pour ce nouvel effort, Peter a annoncé un retour aux sources et nous livre maintenant End Of Disclosure. Alors, simple effet d’annonce ? Tenons-nous là l’album qui plaira à tous les fans du groupe, toutes époques confondues ?

Dans un premier temps, la réponse pourrait être un « oui » franc : « End Of Disclosure » lance les hostilités avec un petit je-ne-sais quoi de « Fractured Millenium » avant d’être suivi par un « Tales Of Thy Spineless » sensiblement plus énervé et plus proche des morceaux proposés sur les derniers albums. Peter ménage la chèvre et le chou, histoire de contenter tout le monde, et ça marche plutôt bien pendant la première partie de l’album. Le tout, bien entendu, est enrobé par une production signée Peter, un petit bijou (une fois de plus, mais ce gars a-t-il déjà foiré son coup à ce poste ?). Ca s’annonce donc plutôt bien.

Malheureusement, l’album s’essouffle méchamment sur la doublette « Hell Is Where I Stay » – « Soldier Of Fortune », un enchaînement plus (trop ?) posé qui coupe la progression de l’album dans son élan. Dommage, d’autant plus que la suite vaut le détour, avec « When Death Calls » et surtout un « The Return » magistral en clôture.

Malgré son lot de morceaux de qualité supérieure, End Of Disclosure peut difficilement prétendre au titre de meilleur album du groupe, à cause justement de ce manque d’homogénéité et du sérieux coup de mou à mi-parcours. End Of Disclosure n’est pas mauvais, loin de là, et je pense que beaucoup de ses concurrents voudraient pouvoir proposer un album d’une qualité comparable, mais il s’agit ici d’Hypocrisy. Et quand on est fan d’Hypocrisy, on est peut-être plus exigeant que les autres…

Mister Patate (8/10)

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Nuclear Blast / 2013
Tracklist (43:45) 1. End of Disclosure 2. Tales of Thy Spineless 3. The Eye 4. United We Fall 5. 44 Double Zero 6. Hell Is Where I Stay 7. Soldier of Fortune 8. When Death Calls 9. The Return