Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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Nombreux étaient les pisse-vinaigres en France à pester contre l’absence de grands événements métal dans l’hexagone. Le Hellfest a bien sûr mis un sacré coup de pied dans la fourmilière surtout avec une affiche exceptionnelle année après année. Et pourtant, en Lorraine, le Rock n'Roll Train Festival connait lui aussi un beau développement, il entame sa troisième année d'existence. Ce festival très sympathique, mené par des passionnés, vous offre l’opportunité de prendre votre pied grâce, encore cette année, à une pléthore de groupes connus et moins connus. Et tout cela à Longwy à 330 km de Paris !

Donc les franciliens, les gens de l’Est, du Nord, bref de toute la France et des environs, vous n’avez aucune excuses pour ne pas y aller. Il reste encore des places, ne vous privez pas ! Nous avons pu rencontrer Vincent, l'organisateur pour parler de son événement et en découvrir les coulisses.

 

01. Peux-tu te présenter à nos lecteurs, ton passé et ton background dans le monde de la musique ?

Vincent : Je suis Dragon de 1976, Vierge ascendant Balance… C’est bien cela (rires) ? Plus sérieusement j’ai 38 ans, je suis Président d’une association qui s’appelle All Inclusive qui organise le festival. J’ai créé une émission de radio qui s’appelle Rock n’Roll Train associant bien sûr le tube d’AC/DC du même nom. Et puis je suis passé de l’émission à l’organisation de concerts et donc tout cela a débouché sur la mise en œuvre de ce festival.

Sinon je suis métalleux depuis l’âge de treize ans, avec GUNS N’ ROSES, SKID ROW et MEGADETH, ALICE COOPER pour mes débuts et mes premiers émois. Ensuite les premiers concerts comme toujours GUNS N’ ROSES à l’hippodrome de Vincennes, METALLICA au même endroit, AEROSMITH au Galaxy d’Amnéville… Etant dans une région frontalière beaucoup de choses en Belgique, au Luxembourg et en Allemagne pour vivre complétement sa passion. On est gâté.

 

02. Avant le festival vous aviez fait des concerts individuels histoire de vous chauffer ?

Oui nous avions fait par exemple AQME et BLACK BOMB A chez Paulette à Toul, quelques-uns comme cela en one shot. Puis nous nous sommes lancés dans les festivals. Pas uniquement le Rock n’Roll Train Festival aussi un second, le CryStoner Fest 2015, qui a eu lieu début mai et ça a été vraiment bien, très orienté stoner, avec THE ATOMIC BITCHWAX et OIL CARTER. Le pied ! Là c’est en salle.

 

03. Vu de l’extérieur le festival est un exercice bien casse-gueule, pourquoi ?

Oui tu as raison, première édition en 2013 mais nous n’avions alors pas pris trop de risques car nous avions fait le pari de faire du gratuit et donc nous savions que nous pouvions équilibrer avec le soutien de beaucoup de sponsors, la mise en place d’un dîner spectacle pour financer le projet donc on a été prudent. Avec l’entrée libre mais la présence de 500 personnes qui ont consommé au bar, on a assuré l’essentiel. Là par contre, avec la deuxième édition, nous avons agi différemment et là effectivement nous avons pris de gros risques. Et d’ailleurs nous avons été déficitaires et nous n’avons pas encore été remboursés de tous les risques pris à l’époque mais nous le savions.

C’est ce que j’explique à nos partenaires, il faut du temps et ce type d’événement mettre quelques années à devenir rentable. Cette année nous perdront encore de l’argent, un peu moins que l’année d’avant et nous progresserons à chaque fois. Les gens le comprennent et nous soutiennent. Bien sûr si au bout de cinq éditions, nous restons dans les difficultés ce sera le signe que quelque chose ne tourne pas bien et qu’il nous faudra nous remettre en cause.

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04. Comment fixer la date entre les festivals en France et à l’étranger ?

Il faut prendre en compte bien des facteurs. La météo d’abord donc tu restreins à Juin – Juillet – Août. Juin tu oublies car les programmations qui existent déjà sont incroyables, Août pareil car en Lorraine, les gens partent en vacances et vont plutôt du côté de la mer et donc reste Juillet. Début du mois, les Eurockéennes de Belfort et avant le 14 juillet car ensuite les gens sont barrés ailleurs. Donc on a pris le 11 et 12 juillet.

 

05. Comment décrirais-tu la philosophie générale de votre programmation ?

Notre idée est vraiment de devenir exclusivement métal et être un peu le petit frère, cousin ou neveu du Hellfest avec de nombreux styles différents pour que chacun puisse s’y retrouver et découvrir de nouvelles choses. Il n’y a pas de Black Métal cette année mais il aurait pu en avoir, tu auras du Thrash, du Death, ru Rock, de l’Heavy du Hardcore. J’aime cette variété et cet éclectisme, je ne veux pas tomber dans un festival spécialisé. On aborde de tout, car je suis ainsi, j’ai des goûts très larges entre PRO-PAIN, DELAIN, LACUNA COIL, CRUCIFIED BARBARA…

Je ne m’interdis rien et ne rejette aucun courant. Tu ne verras plus jamais de groupe comme LES STRANGLERS que nous avions l’année dernière, c’est terminé. Nous avons fait une croix sur cette identité-là. Par contre PORN QUEEN qui reste très Rock n’ Roll oui. Nous en avons souffert l’année dernière car ils n’ont finalement pas leur place dans ce type de festival. Cela a desservi l’événement car nous avions fait un grand écart et une partie du public n’est pas venu à cause de cela. Dans certains festivals plus gors avec de multiples scènes mais cela fonctionne mais nous, non. Restons dans ce que nous savons faire de mieux.

 

06. Pour cette édition 2015, quand avez-vous commencé ?

Et bien après l’édition 2014, nous nous sommes laissés un mois et demi de vacances pour bien tout digérer. En septembre dernier nous avons débuté le booking. Nous sommes 4 personnes à travailler là-dessus. Nous discutons entre nous sur nos envies, la philosophie de l’affiche, les groupes ou les genres que nous voudrions avoir. Tu sors de là avec une grosse grosse liste calibré selon les possibilités et nos budgets. Mais si Lars de METALLICA me lit et qu’il veut venir, ils sont les bienvenus ! On se dispatche alors entre nous les groupes et nous contactons alors les tourneurs en France, en Angleterre et en Allemagne. On vérifie alors la disponibilité des groupes, les budgets et si cela correspond à notre bourse on négocie. Tu as une enveloppe totale au départ et tu gère précisément cet investissement.

On se revoit alors tous avec le retour des tourneurs et tu réduis ainsi ta liste des possibles : pas dispo, trop cher, pas en Europe… Et donc ensuite on recontacte les tourneurs et on pose les options. Il y a souvent moyen de négocier c’est d’ailleurs souvent assez étonnant. Pour certains groupes, il ne faut pas s’effrayer du premier chiffre annoncé. Ils essayent… Certains sont plus sérieux et cela se joue alors à quelques % pas plus. Certains annoncent 25 000 et tu finis à 18 000, ce n’est pas négligeable.

 

07. Donc pour 2015, vous avez deux groupes américains de référence : BIOHAZARD et PRO-PAIN, ce fut difficile ?

Tu sais, parfois les plus gros sont les plus faciles à booker. BIOHAZARD est en Europe pour le Hellfest, ils avaient donc besoin de dates en Europe pour amortir le déplacement et maximiser leur exposition donc cela tombait bien. PRO PAIN tourne beaucoup en Europe et donc ils ont l’habitude. Et annoncer les têtes d’affiche est primordial pour convaincre et attirer les autres. Les tourneurs te demandent presque en premier qui tu as déjà sur ton affiche et qui tu comptes avoir. Cela parle et te crédibilise. Dès que BIOHAZARD est confirmé, tout le monde veut venir derrière.

08. Allez un scoop, qui est le groupe mystère ?

Ah, c’est une journée promo c’est con mais je ne peux pas te le donner. Cela reste en négociation mais donc que tout est signé, on le diffuse largement. (NDLR : finalement il s’agit de NO ONE IS INNOCENT). Ce sera une tête d’affiche, un groupe d’une certaine aura, très connu. Mais nous avons l’ambition de faire connaître et de mettre en avant la scène française. Nous avons huit groupes très connus et huit groupes plus découverte. Ces derniers sont quasiment tous français et c’est important pour nous. COSMOGON est luxembourgeois.

 

09. Cette troisième édition à lieu dans un superbe décor, site historique, cela a-t-il été difficile et quelles contraintes cela peut vous imposer ?

Oui tu as raison un site classé patrimoine mondial par l’UNESCO. Ce n’a pas été très difficile d’avoir les accords mais les contraintes sont nombreuses. Le maire était intéressé et nous avions fait nos preuves avant donc avec ce soutien ce fut plus facile. Le bon exemple du Hellfest aide bien sûr. Nous devons nous assurer de ne jamais détériorer le patrimoine mis à notre disposition. Il faut protéger certaines zones, séparer certaines zones donc la location de barrières surtout a un coût bien sûr. Mais il faut rendre le site comme nous l’avons trouvé.

Notre public reste très français, à 80% je pense, et nous avons beaucoup de mal à faire venir les publics frontaliers. On a encore du mal car les mecs restent souvent chez eux car ils ont de quoi en profiter via les multiples festivals organisés localement. Pourquoi alors passer une frontière ? Maintenant nous ne baissons pas les bras et nous accentuons la Com de ce côté-là. Les plus frontaliers viennent, Belgique surtout, mais peu au-delà. Cela ne reste pas évident et nous voyons là des pistes pour encore grandir et nous améliorer. Je joue sur le site et l’accueil exceptionnel du public.

 

10. Vous êtes suivis et soutenus localement ?

Oui nous sommes bien suivis par le tissu d’entreprise au niveau local. Ils nous aident, nous donne de l’argent et apparaissent sur les divers visuels. Beaucoup disent aussi qu’ils ont déjà donné et tout le monde souffre de la crise mais le ressenti général reste très positif. Nous sommes malheureusement encore un peu trop petits pour intéresser les sponsors les plus gros comme les brasseurs ou ce type de sponsoring. Mais cela viendra. Encore une fois localement, on nous prête du matériel, c’est un début. En ce moment nous sommes sur la promo comme aujourd’hui, la construction des différents dossiers comme tous les aspects sécurité à prendre en compte…

Il nous faut contacter les divers prestataires pour la mise en place des infrastructures par exemple. Et les malheureux événements récents n’ont pas compliqué ni alourdit les choses nous sommes proches de l’organisation de l’année dernière. Nous aurons du merchandising avec des exposants dont tout cela aussi cela s’organise. Nous multiplions les demandes, beaucoup d’exposants veulent se joindre à la fête. Là nous sommes beaucoup sur les visuels, les autocollants, le billet. Nous avons une Community Manager qui gère les aspects réseaux sociaux pour diffuser le plus largement possible l’évènement et encourager les préventes.

 

11. Que voudrais-tu dire pour faire venir les métalleux au Rock n’Roll Train Festival ?

Une affiche de rêve, une programmation exceptionnelle, un site magnifique et un accueil du public 4 étoiles, tous les ingrédients d’un festival réussi. Le tarif est modique avec 20 euros par jours, 35 euros les deux jours, 3 euros le camping. Longwy est une jolie ville. J’espère que nous aurons du public de l France entière. Notre capacité est de 4000 personnes par jour, nous serions satisfaits avec 2500 personnes chaque jour.

 

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

« You Can’t Bring Me Down » de SUICIDAL TENDENCIES. Et je finirai par les avoir, j’essaye tous les ans. Avec LACUNA COIL aussi que je veux avoir.

 

2. Premier album acheté?

GUNS N’ ROSES avec Use Your Illusion 2

 

3. Dernier album acheté ?

OIL CARTER, un très bon groupe de Toulon.

 

4. Le groupe ou artiste mort ou vivant que tu voudrais pouvoir avoir sur l’affiche de ton festival ?

METALLICA ! Sinon un artiste disparu j’aurais bien dit PANTERA mais avec Dimebag Darrell.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

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01. Un mot sur la tournée que vous menez en ce moment même. Quatrième concert européen ce soir à Paris, hier en Bulgarie. Comment cela se passe-t-il jusqu’ici ?

Dave Lombardo : La nuit dernière, notre performance personnelle a été géniale, étonnante. Plus nous jouons tous les trois ensembles, meilleurs nous devenons. Et ce soir à Paris j’espère que ce sera encore mieux que hier en Bulgarie. Et le public la nuit dernière est passé par de nombreuses étapes émotionnelles. Surpris et un peu interloqués lors de la première chanson mais plus enthousiastes sur la deuxième puis complétement dingues sur la troisième, la quatrième et les suivantes. Ils dansaient et s’immergeaient progressivement dans notre univers. De nombreuses femmes s’étaient déplacées et ce n’est pas si courant pour moi. J’ai été surpris car pour un mec comme moi qui vient d’un groupe de métal c’est plutôt la « fête de la saucisse ».

Pancho Tomaselli : Nous avons connu une réponse du même genre, très forte également à Bucarest et en Russie.

 

02. Lors de l’enregistrement de ce dernier album avez-vous à certains moments agis en pensant au public, pouvoir lui donner des passerelles, des biscuits pour que les fans puissent s’accrocher au wagon, ne pas faire qu’un truc un peu égoïste pour votre seul plaisir ?

Pancho : Si tu regardes le processus de création avec un peu de recul tu verrais que tout coule de façon de très naturelle. Nous nous sommes faits plaisir et avons laissé parler notre créativité. Bien sûr tu trouveras ici et là des clins d’œil pour le public dans telle ou telle chanson comme sur « Fire From The Evening Sun » avec ce passage clairement thrash. Mais nous l’avons adapté à notre sauce, nous avons tout déstructuré et cette partie thrash s’accompagne d’un groove particulier, le solo de guitare s’enroule bien même si lui n’est pas thrash. Rien n’est calculé ou proposé dans la perspective que tel ou tel fan apprécierait.

Dave : Toutes les chansons de ce disque ont été composées et structurées collectivement par nous trois et nous avons suivi notre instinct, notre cœur. Si cela sonnait bien pour nous, cela suffisait et nous l’enregistrions comme cela. Nous en sommes tous très fiers.

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03. Tu mentionnais sentir le groupe plus fort après chaque nouveau concert pourquoi ?

Dave : Et bien nous enchainons les concerts dans temps mort, sans journée de repos. Nous devons assurez dix-neuf concerts en vingt jours. Et en suivant ce rythme, les musiciens finissent par ne faire plus qu’un. Nous nous côtoyons tous les jours, c’est une équipe, une machine. Au fur et à mesure, nous devenons meilleurs et la musique s’en ressent positivement. C’est bizarre.

Pancho : Il s’agit d’une pyramide, chaque morceau est essentiel, chaque partie doit faire telle tâche et s’assure de bien réaliser son devoir. Oui nous avons l’habitude de jouer ensemble mais avec ce rythme, nous sommes impliqués plus que jamais, cela devient une activité de plein temps et nous nous consacrons désormais au groupe. Il faut pratiquer pour parfaire ton art et cela s’applique bien entendu à nous aussi, .surtout si tu aimes ce que tu fais.

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04. Votre musique est complexe et technique, tout est calculé d’avance ou pouvez-vous vous laisser de splages de liberté ?

Dave : chacun prend la liberté qu’il veut !

Pancho : C’est un très bonne question. Mon plus haut degré de précision vient du côté physique. Je n’utilise pas de pick, je fais tout avec les doigts et si je ne suis pas échauffé et hydraté convenablement je vais souffrir avec des crampes par exemple. La musique tire beaucoup de l’intérieur mais il faut que ton corps puisse suivre ce que ton esprit imagine. Et je dois faire attention à mon corps.

Dave : pour te donner un exemple, la nuit dernière, nous avons commencé une chanson, Gerry a débuté ses parties de guitares et a commencé à chanter et d’un coup sa guitare s’est tue et Pancho et moi avons alors pris les rênes tous les deux dans un groove commun et nous avons créé tous ces mouvements en pure improvisation. En temps Gerry a réparé son problème de guitare et il ne savait pas où nous étions car cela ne correspondait à rien de connu, nous étions en impro. Et à son tour il a commencé à improviser et puis à un certain moment nous nous sommes retrouvés et nous avons pu alors reprendre notre chemin habituel et terminer la chanson.

Pancho : les joueurs de jazz sont habitués à ce type d’exercice et retombent systématiquement sur leurs pieds.

 

05. L’album est-il bien le résultat de jams entre vous ?

Dave : oui en grande partie mais quand j’entends cette question j’ai l’impression parfois que vous les médias, et certains fans pensent que les compositions elles-mêmes sont des jams. Mais non, il s’agit bien de titres structurés avec méthode et beaucoup de travail. Le processus est simple. Nous créons toute la musique à trois, en tant que groupe et nous nous réunissons alors dans notre local de répétition, nous lançons l’enregistrement et nous jouons, 10 ou 15 minutes.

Et ensuite au sein de ces tentatives, nous trouvons ce que j’appelle des diamants c'est à dire tel ou tel enchainement et nous discutons entre nous pour en extraire que le meilleur, la substantifique moelle. Et à partir de ces petites sections improvisées nous recréons une chanson réfléchie et nous la structurons. Tout est parti de là pour ce groupe c’était bien là l’idée qui a mené à la création du groupe.

Pancho : Et cela fonctionne très bien car nous voulons que chaque album soit différent et propose des montagnes russes émotionnelles, une multitude d’ambiances pour l’auditeur. C’est PHILM, nous ne savons pas de quoi sera fait l’avenir. Les BEATLES agissaient ainsi, tout révolutionnant d’un disque à l’autre, tournant hippies puis explorant d‘autres univers.

Dave : A travers ce processus, nous pouvons obtenir chaque jour de travail au minimum trois ou quatre idées, des diamants, sur lesquels construire et capitaliser.

Pancho : Nous travaillons sur un projet qui s’appelle PHILM Noir avec une formation simplifiée, piano, batterie et basse électrique. Pas métal pour un sou, très calme mais l’atmosphère s’avère très différente, Dave joue avec une technique particulière, il utilise des balais (brush) et nous avons pu dernièrement nous constitué un stock d’une vingtaine d’idée forte récemment en studio pour construire le disque. C’est un moyen pour nous de sortie de note zone de confort et c’était génial.

Dave : Je voulais vraiment enregistrer un jour un disque d’improvisations jazz car j’avais déjà connu cela dans la passé en collaborant avec le saxophoniste John Zorn. Et je poussais mes camarades pour tenter l’aventure. Et j’ai rencontré un ingénieur du son à New York qui possède un studio et il m’a dit que nous pouvions aller là-bas quand nous le voulions et enregistrer. Donc j’ai fait venir ces mecs plutôt que prévu à New-York avant les cinq shows de préparation donnés sur place, et nous avons mis en boite dix-neuf pièces. Le disque va s’appeler PHILM Noir et certaisn chansons se nomment « Club Night », « The Actress », « Spiders on the Window »…

Pancho : Et nous travaillons également sur un album heavy, nous avons le titre Blood in the Basement, et cela s’annonce un peu fou. Mais très différent de Fire From the Evening Sun. Nous y avons introduit une double grosse caisse au niveau de la batterie, c’est assez difficile à décrire. Le son est assez bizarre, avec des éléments de blues influencés par la toute fin des années 60 et le tout début des années 70.

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Et enfin "Le Quizz de Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

Pancho: “Sandworms” de Dave Matthews (BOF Dune)

Dave: on me pose souvent cette question et je suis incapable de choisir. Regardes mon téléphone et tu trouveras des centaines de chansons que j’adore dans des genres infinis. Impossible pour moi.

 

02. Premier album rock acheté ?

Pancho: IRON MAIDEN avec le Live After Death

Dave: Alive de KISS, il était monstrueux à l’époque !

 

03. Dernier album acheté ?

Pancho: Il s’agit du dernier disque d’un musicien de jazz éthiopien qui s’appelle Mulatu Astatke. Ces parties rythmiques et de basse sont tellement non-orthodoxes. La musique éthiopienne n’avait pas jamais été influencée par les rythmes occidentaux.

Dave: Un vieil album de Jimmy Hendrix pour compléter ma collection. 

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

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01. Le nouvel album, God-Given Right, sortira d’ici quelques semaines. Quel est ton état d’esprit concernant ce nouveau chapitre ?

Michael Weikath : Je dois bien avouer avoir été agréablement surpris des premières réactions face à ce disque, de la part des médias surtout. C’est important pour nous d’avoir ce retour car tu n’es jamais sûr de rien malgré les années et l’expérience. Tu as beau être heureux du résultat, être confiant, le juge de paix reste les fans, une fois que le disque sort du cercle restreint du groupe et du label. Depuis quelques jours, les compliments peuvent de la part de ceux que nous rencontrons, certains affirment même que ce disque est encore meilleur que Straight Out of Hell. C’est étrange. Nous n’avons pas trouvé de formules magiques malgré les années pour être sûrs qu’un disque va plaire et avoir du succès.

Je préfère finalement adopter la méthode Coué et me dire que nous n’avons rien proposé de mauvais sur ce disque et que nous restons dans la continuité de ce que nous offrons depuis le Keeper of the Seven Keys 3. Notre line-up est stable et nous avons à chaque fois appliquée la même recette. Nous avons trouvé notre confort, notre bonne façon de faire pour composer, enregistrer et mixer un disque, entourés de la même équipe. Ces gens et cette façon de faire ont fait leur preuve dans le passé, cela nous convient ainsi. Nous avons confiance, qu’est-ce qui pourrait aller mal ? Notre producteur (Charlie Bauerfeind) fit partie de la famille et il nous dirait honnêtement si tel ou tel élément ne lui convenait pas ou lui semblait être hétérogène avec le reste. Et il n’est pas intervenu cette fois-ci et donc tu avances dans ton processus de création en essayant d’être le meilleur possible.

 

02. C’est la première fois que vous enchainez cinq albums avec le même line-up. Avez-vous trouvé les bons membres du groupe ou êtes-vous devneus trop vieux pour virer des membres (rires) ?

Je pense être entouré des bonnes personnes et je l’espère vraiment. Je serai déçu si l’avenir me donnait tord mais nous avons désormais un très bon environnement de travail. Nous aimons tout simplement passer du temps entre nous et nous prenons alors beaucoup de plaisir, l’ambiance passe vite à la franche rigolade. Nous pouvons faire des vannes les uns sur les autres sans blesser personne car nous savons qu’il ne s’agit que de blagues, rien de très sérieux là-dedans. C’est comme une famille, ou un mariage si tu veux, et nous avons tous mis tellement d’effort pour arriver à ce résultat qu’il serait désormais contre-productif de bouleverser cette organisation. La simple logique, la recherche d’efficacité plaide pour la continuité actuelle.

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03. Tu le mentionnais mais c’est le sept ou huitième album avec Charlie. Peux-tu désormais envisager de travailler sans lui ?

Ce serait difficile car nous nous connaissons tellement bien maintenant, nous savons les bons et les mauvais côté de chacun, les forces et les faiblesses de l’autre. Si je devais dans l’avenir travailler avec un autre producteur, il vaudrait mieux que ce soit un projet amusant qui vaille le coup. Charlie travaille vite et bien car il possède une grosse expérience et applique une méthode et des paramètres efficaces. Je devine que d’autres producteurs sont plus aventureux et pourraient atteindre le même objectif mais je ne pense pas qu’ils puissent être aussi préparés que lui.

Même avec beaucoup d’expérience il serait ardu d’égaler tous les réglages et les configurations préparées et maîtrisées par Charlie. Il anticipe tout et possède une parfaite maîtrise technique. Pour te donner un exemple il travaille sur une ébauche de mastering alors qu’il prépare à peine la phase de mixage puisqu’il termine la phase d’enregistrement. C’est fou d’agir ainsi, il sait ce qu’il fait de façon logique et il anticipe de façon extrêmement rigoureuse et d’une rare efficacité. Je serais bien incapable moi-même d’agir ainsi. Je connais certaines personnes avec qui il serait très amusant et agréable de travailler mais pas sûr qu’ils puissent obtenir les mêmes résultats.

 

04. J’ai lu sur internet que le groupe avait atteint de nouveaux sommets de vente avec l’album précédent dans les charts (en Allemagne, Japon et Finlande par exemple). As-tu été surpris de cela après plus de trente ans de carrière ?

Oui c’est vrai mais finalement, si tu parviens années après année à conserver de très hauts standards de qualités, t’améliorant ici et là par petites touches à chaque fois, tu peux atteindre un tel résultat. Si tu prends Gambling with the Devil ou Seven Sinners, cela a chaque fois été réalisé par des gens d’expérience et tu construis petit à petit ta confiance, à force de faire du deviens encore meilleur et tu peux encore parfaire ton art. Nous conservons un process très similaire à chaque fois et tu peux simplement espérer ne pas dégrader la qualité de ton travail avec le temps. Si nous ne faisons pas les idiots et conservons ainsi cette esprit, cette éthique de travail, nous continuerons à nous améliorer et cette tendance positive peut perdurer avec de plus en plus de gens qui apprécieront notre musique.

Nous sommes sur une pente ascendante et je ne voudrais pas interrompre cette tendance. Je préfère un groupe solide, avec des fondations consolidées et saines que tout le monde respecte et qui génère des promesses positives concernant son travail. Je conserve un grand souvenir de notre concert à l’Olympia ici à Paris. Ce n’était pas le stade de France mais une salle prestigieuse et un environnement magnifique. Ce fut un vrai pas en avant pour HELLOWEEN, un moment à marquer d’une pierre blanche. Je préfère l’Olympia à d’autres salles parisiennes car tu y trouveras un supplément de magie, un goût d’inattendu. Tout sonne mieux.

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05. Quelle a été ta contribution en tant que compositeur pour ce nouvel album ? Dans la passé du composait beaucoup, un peu moins ces temps-ci. Comment trouvez-vous l’équilibre entre les trois principaux compositeurs dans le groupe ?

Eh bien j’ai composé « Battle’s Won », « Creatures in Heaven » et « Claws », soit trois chansons au total. Sur Master of the Rings (1994), nous avions finalement utilisé pas mal de titres composés précédemment. En effet, pour Chameleon (1993), j’avais composé beaucoup et il me restait pas mal de matériel inutilisé. Ces chansons existaient déjà sous une forme ou une autre (à l’exception de « Soul Survivor »), sous forme de démo par exemple. Et à chaque fois, il me restait des choses à la fin de chaque disque. De l’époque Master of the Rings, j’ai utilisé certains éléments pour Time of the Oath… Mais plus tu avances ainsi plus tu épuises ton stock et plus tu dois travailler et composer de nouvelles chansons. Et le temps passe à toute vitesse et je ne peux composer aussi vite.

Une chanson comme « Kings will be Kings » prend du temps car elle contient des passages complexes, beaucoup de détails. De la même manière, des titres plus simples et directs comme « Can Do It » (Gambling with the Devil) nécessitent aussi un certain travail, comme sur la partie de piano de cette chanson en particulier. J’en suis fier car tout a été édité, je ne joue pas de piano et pourtant je suis parvenu à un joli résultat. Mais cela prend du temps… Pour ce disque, je travaillais sur environ six chansons en même temps et puis j’ai préféré en terminer trois qui avaient un joli potentiel et sonnaient déjà bien plutôt que livrer cinq titres à moitié composés seulement. Voyant le temps filer, j’ai arrêté de travailler sur les trois autres chansons pour fournir à temps les démos des autres. Il fallait que je rédige les paroles, que j’ajoute le chant sur ces démos…

A la fin, tout doit être propre, optimisé pour pouvoir les présenter aux autres. Les titres restés en rade ne sont pas perdus, je les retravaillerai sans doute pour la prochaine fois, tout cela avec les nouvelles idées qui me seront venues d’ici là.

 

06. Pourquoi avoir resigné avec Nuclear Blast, le precedent datait de l’époque Rabbit Don’t Come Easy ?

Le temps de notre renégociation de contrat était arrivé après Straight Out of Hell et une personne en particulier au sein de management de Sony nous avait voulu à l’époque et nous avait récupéré alors que SPV connaissait de grosses difficultés. Mais cette personne était en partance, peut-être pour prendre sa retraite ou s’occuper de sa famille et donc nous ne savions pas qui allait alors s’occuper de nous alors que jusqu’à présent nous pouvions bénéficier d’un bel environnement de la part de Sony. Et alors que nous ne savions plus vraiment sur quel pied danser, Nuclear Blast nous a fait une proposition.

Nous nous connaissons, et ils continuaient à nous suivre. La proposition s’est avérée intéressante et nous avons signé. Finalement, ce processus est la façon normale de faire du business, chacun agit au mieux de ses intérêts sans esclandres si sang sur les murs. Tu fais face à une certaine situation et tu y réagis avec les éléments que l’on te propose. Un manager de qualité doit pouvoir alors saisir les bonnes opportunités pour son groupe, anticiper le futur.

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07. Allez-vous tourner un clip pour le premier single, « Battle’s Won » ?

Non, ce n’est pas prévu. Au moment où nous parlons tous les deux, un clip vidéo avec les paroles vient juste d’être rendu disponible sur internet. Il s’agit de faire parler du disque à venir et d’encourager l’appétit des fans. Par contre une vidéo pour la chanson éponyme est bien dans les tuyaux.

 

08. Vous avez à nouveau travaillé avec Martin Häusler pour la pochette. Elle s’avère être pas mal mais je continue à regretter les visuels magnifiques comme ceux de Better than Raw. Quelle importance a les visuels, à tes yeux, pour un album ?

Tu parles du passé et c’était alors une autre époque. Le style grunge était très important et tout semblait prendre une approche assez cynique. Nous avons alors proposé Better than Raw et j’en suis très fier, ce fut un gros travail et un très bon disque. Et pourtant nous avions alors de nombreux détracteurs qui nous accusaient de ne pas évoluer de tourner en rond. Et ils prenaient souvent comme argument cette pochette qui tu aimes tant. Ce visuel résumait tout. Un vieil ami d’Uli (Küsch) l’avait réalisé. Mais les temps ont changé et notre approche aussi. Martin Häusler est un type très talentueux et il maximise au maximum le travail réalisé. Il porte différentes casquettes pour nous : en plus de la pochette il s’occupe des éléments de décors sur scène, des bannières utilisées en live…

Et donc il s’assure que le visuel du disque contient bien tous les éléments nécessaires et les bonnes proportions pour également faciliter son travail pour le décor de scène. Ils anticipent tout et sans lui nous aurions dû utiliser de multiples artistes pour gérer tous ces aspects-là. Il est photographe également. Du point de vue de notre Manager, c’est le type parfait car il travaille bien et livre les choses en temps et en heure. La beauté des pochettes sera appréciée différemment selon les gens, j’ai moi-même mes préférences mais il faut aussi prendre en compte le côté pratique de ces visuels pour la suite des évènements comme les tournées.

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09. Michael, depuis le début de ta carrière, quelle chanson que tu as composée te rend le plus fier ?

Je dois avouer avoir tellement joué depuis tant d’année « Eagle Fly Free » que je sature et que je ne peux plus l’écouter avec plaisir désormais. A part cela, il y a en a beaucoup « The Saints », « Burning Sun » et je suis très fier de toutes cela. Et un « Dr Stein » ? Non je n’en suis pas particulièrement fier car il s’agit d’un amalgame entre différentes parties volées venant d’autres groupes, en particulier THE ROLLING STONES. Et c’était amusant pour moi, presque une blague, je voulais en faire une simple Face B.

Car quand Kai Hansen chante sur la démo car Mickael Kiske n’avait alors pas eu le temps, tu ressens d’évidence la patte d’un JUDAS PRIEST et c’est bien pourquoi nous la jouons souvent en fin de set. Je sais à qui j’ai volé telle ou telle idée et pourtant ce titre est devenu le single alors que j’avais eu d’autres intentions. Je suis fier de beaucoup de choses mais je reste sur « The Saints » et « Burning Sun » qui restent des chansons de qualité. Mais j’aime aussi « Can Do It » et « Do you Feel Good ». Mais pas sûr que tout le monde soit d’accord avec moi.

 

10. Quand tu as créé POWERFOOL en 1978, pouvais-tu imaginer et même espérer continuer à publier des albums et faire des tournées dans le monde des décennies plus tard ?

C’était bien notre intention au début en tout cas. C’est bien pourquoi à un certain moment j’ai quitté POWERFOOL pour rejoindre IRON FIST qui comptait dans ses rangs Kai Hansen. Nous voulions pouvoir poursuivre une carrière dans la musique et faire ce que nous avons fait depuis ce temps-là. Nous avons été chanceux d’être dans les bons wagons mais vu de l’intérieur ce ne fut pas vraiment une grosse surprise. Nous avons beaucoup travaillé pour atteindre cet objectif.

Et enfin "Le Quizz de Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

THE BEATLES, “She Loves You” ou “Let It Be”

 

02. Premier album rock acheté ?

Toujours les BEATLES, avec la compilation 1962-1966.

 

03. Dernier album acheté ?

EUROPE avec War of Kings

 

04. D’où est venue l’étincelle artistique ?

J’étais allongé dans l’herbe en train de regardé le ciel et j’ai eu alors ces idées de mélodies. Et puis j’ai entendu les BEATLES à la radio et ces chansons étaient très fortes. Beaucoup de bonnes choses alors à la radio: Petula Clark, des chansons d’Elvis. Et puis nous sommes allés au cinéma avec d’autres enfants pour voir les diamants sont éternels de James Bond et la chanson titre de Shirley Bassey m’a marqué. Et avec tous ces éléments, j’ai su que je voulais travailler en rapport avec la musique.

 

Tous nos remerciements à Valérie

 

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