Archive for the ‘ Interviews ’ Category

itw_oshy_on_wa_Mirro_01

Bon, trois semaines après la publication de notre chronique, vous revenez vers nous pour solliciter une interview à laquelle, je cite, vous répondrez en toute honnêteté… Vous avez pas l’impression que vous tendez le bâton pour vous faire battre ? Et pourquoi vous adresser au "zine de merde" qui vous a taillé un costard pour une interview alors que vous auriez pu avoir, par exemple, un simple droit de réponse ?

En fait une interview peut être un simple droit de réponse non ? Et puis on t'aime bien ! On a eu le culot de vous demander cette interview parce que quelques personnes qui nous soutiennent ont eu des réactions virulentes à l'égard de votre zine. Une interview peut permettre de mieux comprendre certaines choses. Mais c'est surtout que tu as l'air d'avoir écouté l'album en entier pour pondre ton article et du coup tu es bien placé pour faire une interview version « haine ».

Finalement tu passes pas mal de temps à t'occuper de One-Way Mirror. Si tu continues comme ça, tu vas finir par nous acheter des t-shirts que tu porteras en toute discrétion, un peu comme un mec marié qui porte les petites culottes de sa femme quand il est tout seul chez lui. Tu écouteras peut-être nos chansons en te regardant dans le miroir comme Buffalo Bill dans "le Silence Des Agneaux" ! En tout cas, merci de jouer le jeu ! Et filmes-toi quand tu écoutes notre musique, ça fera des vues sur Youporn !


2000 clics en moins de trois jours, une « discussion » sans fin sur le mur de Guillaume… Au final, cette chronique négative n’a-t-elle pas fait parler plus de vous (et inciter davantage de monde à jeter une oreille à cet album) que toutes ces chroniques standard tiédasses sur les autres zines ?

Bien évidemment ! T'es une star mec ! Effectivement, je pense que personne n'a vraiment apprécié ta chronique au sein du groupe mais c'est normal. Ce n'est jamais plaisant de voir le boulot pour lequel tu passes beaucoup de temps se faire détruire par un mec qui ne te connaît pas, qui déteste ce style de musique, et qui veut juste dire aux gens ce qu'il pense de toi personnellement. Niveau chronique, comme tous les groupes, on a vraiment de tout, et je vois ce que tu veux dire quand tu parles de « chroniques standard tiédasses ». En fait, ta chronique a le goût d'un slip de marathonien, mais au moins tu as jeté une oreille sur l'album. Dans certaines chros, tu sens carrément que le rédacteur a à peine écouté l'album, fait une synthèse rapide, puis court au magasin d'occasion pour revendre les dizaines de skeuds qu'il a reçu afin de s'acheter des petites culottes qu'il portera quand il voudra se faire plaisir. Mais bon, on doit avoir de la chance car pour l'instant nous avons très peu d'articles de ce genre.

 

À l’époque du premier album (qui avait récolté une belle note, soit dit en passant http://metalchroniques.fr/wp3/2008/one-way-mirror-st/), Guillaume avait censuré notre chronique sur le forum officiel parce que, je cite et je laisse la faute d’orthographe, « Ça fait dix ans que je fais ce boulot et que je le fais bien et voir mon travail dénigré de façon aussi peu objective a mené a une suppression de ton post. ». Cette fois, il partage notre chro. Où est la logique dans cette démarche ? Est-ce que cela ne dessert pas le groupe de ne pas partager les avis plutôt positifs pour la bonne et simple raison qu’un des membres n’est pas d’accord avec un point de l’article (globalement positif) ? Ca ne vous fait pas passer à côté d'une bonne pub (meme si elle n'est pas aussi bonne que vous ne l'espériez) ?

Ce n'est pas plutôt la chro du deuxième album qu'il ne voulait plus voir ? Bref, je m'en tape un peu personnellement. Je peux comprendre sa réaction. Guillaume se donne vraiment à fond dans tout ce qu'il fait, et crois-moi, ce n'est pas simple tous les jours quand tu ne fais que ça. On en chie vraiment. Il a eu une réaction autant virulente envers ta chronique que toi envers notre album. Je pense qu'il a partagé la tienne parce que tu parles surtout de lui. Nous ne sommes pas non plus dans un « clash », comme les autres taches de Roff et Booba. Je pense que personne ne s'attendait aux réactions suscitées suite au partage de ton œuvre, merdique soit dit en passant.

Nous n'avons pas de vraie logique concernant la promo. On partage ce qu'on veut. Nous ne sommes pas encore assez riches pour avoir un mec derrière chaque musicien qui te dit quoi faire pour améliorer ton image ! Du coup quand un pauvre mec se prend pour Jean Pierre Coffe ça nous fait marrer. Alors pourquoi ne pas partager ça comme on partagerait une vidéo de Jean Claude Van Damme qui parle du nucléus ?

Un des points qui revenaient régulièrement dans cette discussion était le manque d’objectivité. Honnêtement, est-ce que tu aurais réclamé plus d’objectivité si ma chronique avait été un concours de suçage de boules avec un 9,5/10 « vous êtes trop beaux, faites-moi un enfant » en conclusion ?


Bien sûr que non ! On t'aurait envoyé un message en te disant "merci". Ceci dit, on peut quand même te remercier pour ta chronique. Concernant ton manque d’objectivité, c'est un point de vue et un ressenti que certains ont eu en te lisant. En tout cas, plusieurs passages de ton récit nous ont vraiment fait marrer. C'est devenu limite culte !


Venons-en maintenant à l’album. Si tu devais me vendre ton album, quel(s) serai(en)t ton (tes) argument(s) ? En quoi Capture est-il mieux que ses deux prédécesseurs, ou que les autres sorties dans le même genre ?

One-Way Mirror c'est une sorte de rock-metal « friendly » pour gens « friendly ». Une musique catchy qui s'écoute entre potes pour faire la fête. A foutre à fond dans ta caisse quand tu vas à la plage ! C'est le genre de musique sur laquelle tu balances ta tête d'avant en arrière en gardant le ourire. À ce jour Capture est notre album préféré car il est tout frais. On s'est vraiment bien éclaté à le composer et à l'enregistrer. Nous travaillons de façon très simple (J'imagine ta tête à cet instant, te disant :"ça m'étonne pas". Hahaha). En gros, comme on le dit toujours, on fait la musique que l'on aime écouter et que l'on aime jouer quand on est ensemble. Rien ni personne ne peut nous l'enlever, et je suis sûr que tu peux le comprendre. Quand tu as un projet avec des potes et que tout roule, peu importe de quoi il s'agit, tu en tires une certaine fierté.


Quelle est, selon vous, la valeur ajoutée de One Way Mirror dans votre carrière / sur votre CV déjà bien fourni ?

Pour moi One-Way Mirror est une porte ouverte sur la diversité. Concernant le CV des zicos, ça fait 3 albums de plus et des dizaines de dates. On retient surtout l’expérience de vivre une aventure musicale sans prise de tête et très fun entre potes. Je vois One-Way Mirror comme une autre preuve que le Métal n'a pas de limite d'esprit, et que bien que nous jouons tous dans des groupes plus violents, on peut se réunir et jouer une musique qui ouvre des portes à certaines personnes hermétiques aux hurlements et aux distorsions « malfamées ».

itw_oshy_on_wa_Mirro_02


En l’espace de trois albums, vous êtes passés de Metal Blade Records qui vous présentait comme la meilleure chose depuis l’invention des nouilles japonaises en sachet (pour rappel : ONE-WAY MIRROR‘s debut album is nothing short of a killing machine with potential mega hit after mega hit, including future anthems ‘Empty Spaces’, ‘As You Are Now’, ‘Destination Device’ as well as their mind blowing rock version of ‘Relax’ by eighties band Frankie Goes To Hollywood! / ONE-WAY MIRROR‘s brand of rock driven metal is on the verge of triggering a revolution in the world of metal and hard rock) à un obscur label ricain dont le plus gros nom actuellement est (Hed)p.e. Il s’est passé quoi pour que votre statut de jeune poulain de Metal Blade ne se confirme pas et que vous en êtes maintenant à votre troisième label en autant d’albums ?

Pour info Pavement Entertainment à été l'un des plus gros labels de Métal avec des groupes comme Crowbar, Malevolent Creation, Kreator, Therion, The Gathering, Gorefest, Gilby Clarke (Guns N' Roses) avant que son distributeur BMG ne mette la clé sous la porte. Ils ont eu les couilles de faire revivre le label récemment après avoir pris le temps de retrouver un distributeur, en l'occurrence SONY. Alors si tu ne connais pas ce label, sort un peu la tête de ton cul et prouve nous que les métalleux sont cultivés !

Concernant Metal Blade, on a vraiment eu de la chance de signer avec eux. Nous n'avions pas contacté beaucoup de labels, et eux ont répondu très vite. Ils étaient ultras motivés et ont fait de leur mieux, nous aussi. Mais tout ça réunit n'a pas suffi pour que l'on puisse rester chez eux. Nous leur avions présenté Destructive By Nature, et la branche Européenne du label nous avait proposé une date de sortie, mais la maison mère américaine ne voulait plus de nous par manque de ventes sur leur territoire. Du coup les boss européens n'ont pas voulu prendre le risque de sortir l'album sans le soutien de la maison mère.

En cherchant ailleurs nous n'avons pas trouvé le deal que l'on voulait, on a donc sorti Destructive sur notre propre label. Même avec un super agent de promo, on n'a pas eu le même soutien qu'avec Metal Blade. Nous avons essayé de nous concentrer sur la France, mais on s'est vraiment senti seul. Guillaume est parti pas mal de temps avec Mnemic au même moment, et du coup nous n'avons pas eu la chance de tourner comme l'aurait fallu. Bref… Destructive By Nature n'a pas été l’opération du siècle ! C'est sûrement pour ça que nous avons eu une grosse envie de refaire de la musique l’esprit libre et fun en composant l'album que tu aimes tant : Capture ! On s'est retrouvé dans la situation du premier album : rien à perde, on fait ce qu'on veut et basta. Finalement on a trouvé un label américain. Alors à tes yeux, c'est peut-être un « obscur label ricain », mais tu as dû être sollicité par le mec qui fait notre promo en Europe pour en venir à faire une chro, donc c'est pas si mal. C'est un bon label qui fonctionne bien aux USA. Ils ont vraiment des groupes cool qui marchent. (Hed)p.e cartonne, ils ont aussi The Veer Union, Soil, Dark New Day… ! Ce label nous correspond bien plus que Metal Blade avec qui nous étions certainement trop mainstream musicalement. On a eu l'occasion de rencontrer les gens de Pavement. Ils sont vraiment à fond avec nous. Ils aiment et croient en notre musique et c'est le plus important.
Il y a des milliers de groupes qui sortent tous les jours… des bons et des moins bons. On sait la chance qu'on a eue en trouvant ce deal, surtout après un moment de creux.


Étant donné qu’on joue la carte de l’honnêteté : One Way Mirror, ça représente combien de ventes depuis la sortie il y a environ un mois ?

Nous n'aurons aucun chiffre avant quelques mois, c'est comme ça avec tous les contrats de distribution ! Mais je peux déjà te dire que ça ne sera probablement pas plus élevé que pour le premier album. Comme tu le sais, le marché du disque s'est grave cassé la gueule, et la façon d'écouter la musique chez les nouvelles générations a beaucoup changé.

Avant quand on se payait un album, on le vénérait parce que l'on s'était donné du mal pour l'avoir. Maintenant entre les plates-formes d'écoutes et les sites de téléchargement illégaux, tout le monde a accès à tout gratuitement jusqu'à s'en foutre totalement de l'objet. C'est un peu comme se retrouver par hasard la nuit dans un supermarché et que tu peux faire ce que tu veux. Au lieu de te concentrer sur une bonne bouteille que tu aimerais déguster, tu consommes de tout jusqu’à t'en faire péter le bide. Je n'ai rien contre cette nouvelle forme de consommation de la musique, mais ce n'est pas la mienne… bref, redemande-moi les chiffres des ventes dans 6-8 mois ! Et si on passe les 10 000 albums vendus on t'invite en Corée du Nord avec nous !


En d’autres termes : est-ce que ça vaut vraiment le coup de prendre du temps, d’entrer en studio et de sortir ce qui, à mes yeux, est une galette Kleenex (à jeter après une utilisation) ? Ou est-ce que, justement, ce style est plus vendeur que vos autres groupes (et vous ne faites donc plus de la musique en fonction de vos goûts, mais en fonction de ce qui plaira au plus grand nombre) ?

Mais bien évidemment que ça vaut le coup ! Puisque ça nous plaît et qu'on s'amuse à faire ça. Il n'y a que du positif avec ce genre d’expérience. On n'est pas des requins de studio qui jouent pour des artistes qu'ils ne croisent jamais ! Chaque projet prend du temps et One-Way, de par sa musique, reste le projet le plus « commercial » qu'on ait ! C'est le plus gros vendeur et on aurait tort de dire « fuck, on veut rester à faire de l'underground ». Même si ce projet marche mieux que les autres, on a toujours beaucoup de difficultés. Mis à part nos studios d'enregistrement ou nos studios photos, nous n'avons rien d'autre à côté. Donc on va se donner à fond pour faire fonctionner l'affaire. Mais au-delà des ventes, on veut tourner le plus possible. C'est beaucoup plus important pour nous de partager notre musique en contact direct des « fans ». Chaque date est une sorte de fête qui commence au chargement du van et qui se termine à la gueule de bois du lendemain !

Faudrait que tu viennes voir notre orchestre si on fait un gala près de chez toi ! Ça te sortira un peu de ta chambre et ton clavier ! Je m'égare un peu, mais ne serais-tu pas du genre à avoir un rouleau de PQ à côté de ton clavier d'ailleurs ???


Un projet comme One Way Mirror, qui regroupe des musiciens de plusieurs « grands » noms du Métal français, n’est-il pas une perte de temps, un temps que vous pourriez par exemple consacrer à un nouvel album de Lyzanxia ? (Ca fait juste 5 ans, les frangins, no pressure)

OWM nous prend du temps, mais il nous en reste pour faire des choses avec nos autres groupes. On a sorti un nouvel album de Phaze I avec mon frangin l'an dernier, Guillaume est sur plein de projets, et il faut dire que trouver ton adresse lui prend aussi pas mal de temps vu qu'il connaît personne dans la police ! T.A.N.K. et General Lee viennent d'enregistrer leurs nouveaux albums. Concernant Lyzanxia, ce groupe nous manque mais dès qu'on aura du temps et la rage suffisante, on retournera en studio ! Une quinzaine de titres sont toujours en préparation. C'est comme ça… si tu veux t'en sortir, faut se sortir les doigts du cul ! Tu vois le tableau ?!


Un dernier mot pour les fans ? Et pour les détracteurs ?

Merci pour le soutien des fans. Merci pour ton temps.

Chronique de Capture

 

itw_oshy_15022015_Serio_Blac_01

01. Avant de parler de SERIOUS BLACK, un mot sur ton autre projet EMERGENCY GATE. Vous avez sorti assez récemment un album non ?

Mario Lochert: Oui tu as raison, nous avons publié en septembre dernier notre nouvel album qui s’appelle Infected (chronique ici). Grâce à ce disque nous avons pu tourner et nous produire sur trois continents et c’est un très bon disque que je conseille. Les retours ont été bons et cela a représenté une étape importante pour nous. A chaque fois nous essayons d’innover et d’apporter des nouveautés. Je suis heureux de cet album. Je compte me concentrer en 2015 sur SERIOUS BLACK car il s’agit aussi de mon bébé et j’aime beaucoup jouer cette musique car revienne à mes racines.

 

02. Sur votre site nous pouvons lire l’histoire officielle du groupe, l’aventure aurait débutée lors d’une discussion entre amis. Est-ce vrai, cela semble être un peu trop beau non ?

Oui c’est bien la vérité. Je connais Roland (Grapow) depuis longtemps et je suis en charge du booking de ses tournées avec MASTERPLAN. Je gère aussi les aspects techniques du groupe pendant leurs tournées… Nous nous connaissons depuis si longtemps et c’est la même chose en ce qui concerne Thomen (Stauch). Je suis en contact avec lui depuis 2007. SERIOUS BLACK est né de ces discussions et de ce projet commun. Nous sommes tous bien occupés avec nos groupes respectifs mais au moment d’aller plus loin nous avons choisis des musiciens qui se connaissaient et surtout qui étaient compatibles les uns avec les autres.

Roland connait Thomen qui connait bien Roland et ils connaissent Urban (Breed) et lui-même connait Jan (Vacik) et Dominik (Sebastian) les connait également… Roland et moi avons beaucoup discuté ensemble en Espagne et nous sommes tombés d’accord sur le fait de tenter l’aventure. J’ai suggéré alors le nom de Thomen à Roland qui m’a dit « oui c’est le bon musicien, demandes-lui ». C’est ce que je fais et en deux minutes la question était réglée, Thomen voulait intégrer le groupe. Le suivant était je crois Dominik. Je lui ai demandé car nous nous connaissons tous les deux depuis des années. Et il a dit oui.

Le suivant était Jan et ce fut facile car c’est mon partenaire dans les Dreamsound Studios. Et lorsque nous nous sommes tous retrouvés pour une première session de composition, nous avons tous su qu’il nous fallait alors trouver une âme pour le groupe, une voix. Et Thomen a alors proposé d’appeler Urban. Et ce fut une révélation, bien sûr Urban serait la parfaite dernière pièce du puzzle.

 

03. Et pourtant Urban habite outre-Atlantique, ce fut facile de le convaincre ?

Oui ce fut facile. J’ai essayé de l’appeler au téléphone mais cela ne fonctionnait pas. Donc j’ai pris contact avec lui via sa fille sur Facebook lui demandant son adresse mail. Je lui ai de suite écrit et cinq minutes plus tard il me répondait qu’il faisait partie de l’aventure lui aussi. En réalité avec des mecs sérieux et passionné comme les membres de SERIOUS BLACK, le processus n’est pas plus compliqué. En quatre jours nous avions le line-up du groupe prêt à travailler.

Pour être honnête avec toi nous n’avons pas signé de contrat entre nous, tout est né de la confiance que nous nous faisons tous mutuellement. Si tu es obligé de signer des contrats entre les membres d’un groupe tu peux commencer à t’inquiéter car cela ne veut alors plus rien dire. Tu ne parles alors plus d’amitié mais de business. Nous avons fait ce disque sans contrat, nous partons bientôt en tournée et c’est la même chose nous donnerons notre meilleur sur scène et cela suffit largement.

itw_oshy_15022015_Serio_Blac_02

04. Le groupe est très varié avec des membres de différents pays. Cela n’a pas posé de problème ?

Oui tu as raison, Urban Breed est suédois mais il vit aux USA, Jan est tchèque, Roland est allemand mais il vit en Slovaquie, Dominik vit à Linz en Autriche moi j’habite Munich et Thomen Düsseldorf. De nos jours cela ne fait plus une grande importance. Si tu es bien organisé les vols ne sont pas très chers et si tu es prévoyant cela passe tout seul. Nous étions souvent tous ensemble pour travailler. Pour te donner un autre exemple, aujourd’hui même Urban arrive en Europe pour travailler avec nous tous.

Je suis aujourd’hui à Paris pour cette journée Promo mais nous serons tous demain à Munich pour travailler déjà sur de nouvelles chansons et à la fin de la semaine nous attaquons l’enregistrement d’un clip vidéo. Je comprends que les exemples de supergroupe sans réelle existence ni substance sont légions. Mais ce n’est pas notre cas. Et je peux te donner un exemple de cela : connais-tu beaucoup de groupe rassemblant de beaux noms comme le nôtre qui accepte de jouer trente-cinq minutes en première partie d’HAMMERFALL sans que cela ne lui rapporte rien financièrement parlant ? Mais nous le faisons car c’est notre moyen de nous présenter au public et de mieux nous faire connaître.

Et Cela ne nous dérange pas car nous savons comment cela fonctionne et nous devons parcourir les routes et nous frotter à la poussière pour progresser. C’est ainsi que le groupe va se forger une identité et souder les liens entre chaque membre.

 

05. Donc vous penser déjà à l’avenir et chacun s’investit dans cette perspective ?

Oui bien sûr sinon nous ne commencerions pas déjà à composer de nouvelles chansons pour le futur album et nous ne nous préparions pas ainsi sérieusement pour la tournée à venir. Nous avons livré ce disque à notre label il y a déjà plusieurs mois de cela et nous avons déjà trois ou quatre chansons sous le coude pour le prochain. Et notre processus de création, de composition est très sain. Bien sûr quelqu’un allume la mèche en proposant une idée et nous nous échangeons ces idées à travers Skype, Urban propose alors des mélodies vocales sur ces idées et l’idée évolue progressivement. Je pense que mes voisins sont déjà en train de de devenir fous.

Personne ne tire la couverture vers lui, dans SERIOUS BLACK tu as six forces créatrices, six maîtres du jeu. L’effort est collectif mais nous nous appuyons sur les compétences et les forces de chacun. Je m’occupe plus du management et de l’organisation des concerts, Thomen gère les parties graphiques et le merchandising, Jan prend ne charge toutes les orchestrations, chacun sait ce qu’il doit faire te sa place. Urban s’occupe du site web… Chaque pièce du puzzle s’emboite harmonieusement. Chacun est complémentaire.

 

06. Composez-vous beaucoup pour ensuite faire un gros tri ou ne travaillez-vous que les chansons qui apparaitront finalement sur le disque ?

L’album dans sa version standard compte onze chansons et c’est ce que tu as eu pour la promo. L’édition limitée ne compte pas moins de trois titres supplémentaires, quatorze chansons en tout donc, quinze pour le Japon. Et si tu as aimé ces onze chansons de l’édition standards je t’encourage à acheter la version limitée car tu ne seras alors pas déçu des trois titres supplémentaires. Nous avons vraiment jeté une pièce en l’air pour faire la sélection à pile ou face des chansons de l’édition standard et de l’édition limitée. Ce fut un processus un peu foi car chacun avait son avis et se battait pour que tel titre ou tel autre apparaisse au sein de l’édition standard. La qualité est la même, toutes ces chansons sont fantastiques.

itw_oshy_15022015_Serio_Blac_03

07. Comment avez-vous défini le style adopté par le groupe ?

C’est là d’où je viens, là d’où nous venons tous. Plus jeune, j’ai commencé à écouter du heavy métal à travers GUNS N' ROSES, MÖTLEY CRÜE, IRON MAIDEN, METALLICA. C’est mon genre de musique. J’ai moi-même évolué à partie de cette base, de ce terreau fondateur et cette mutation s’entend à travers EMERGENCY GATE. Nous avons beaucoup évolué et l’arrivée de Matthias Kupka (ex-SUIDAKRA) a encore fait changer notre son. Les démarches d’EMERGENCY GATE et de SERIOUS BLACK sont très différentes. Avec ce dernier, je suis revenu à mes racines et même si je prends beaucoup de plaisir avec EMERGENCY GATE, je trouve autre chose, un nouvel enthousiasme avec SERIOUS BLACK. J’ai maintenant c’est deux priorités.

 

08. Vous allez bientôt débuter comme tu le disais une tournée avec HAMMERFALL et ORDEN OGAN. Que pouvons-nous en attendre ?

Nous proposons un très bon show avec de belles performances de chacun de nous. Nous serons concentrer sur le groupe et nous ne proposerons que du matériel issu de ce premier album sans emprunter à nos autres groupes présent ou passé. Nous ne voulons pas créer une confusion et mélanger les styles et les groupes. Et c’est pourquoi sur Facebook par exemple nous faisons très attention de ne pas mélanger les genres et poster des news SERIOUS BLACK sur le compte MASTERPLAN… SERIOUS BLACK reste seulement SERIOUS BLACK et nous ne voulons pas nous appuyer sur les autres groupes pour exister. Les concerts seront supers.

 

09. Au fait d’où vient le nom du groupe ?

Oh c’est assez simple, je suis étonné que tu le saches pas, cela vient bien sûr d’Harry Potter et c’est un clin d’œil à l’un des personnages. C’est très sérieux ! Les concerts à venir seront magiques, chacun de nous sera équipé d’une baguette magique et d’un chapeau et il se peut que nous fassions alors apparaître des lapins ! (rires)

 

10. Comment avez-vous travaillé la pochette de l’album ?

L’artiste en charge de la pochette a été Daniel Hofer d’Archetype Design. Il vient d’Italie et c’est un type super talentueux et très sympa. Il a signé également des pochettes pour EMERGENCY GATE. Si on revient un moment sur le titre de l’album, As Daylight Breaks, il s’agit pour moi, car je ne peux parler que pour moi, de l’Archange qui envoie le feu sur Terre. Il arrive sans cesse tellement de catastrophes sur Terre, les morts, la violence, alors que si chacun de nous faisait un petit effort pour prendre soin de l’autre et faire le bien, la vie, serait tellement plus belle. Même chose pour la politique… Et un jour il se passera quelque chose de grand et alors la lumière du jour traversera les nuages et sera à nouveau visible de tous. C’est ma vision personnelle.

itw_oshy_15022015_Serio_Blac_04

11. Vous proposez un boxset très limité pour l’album avec des dédicaces, un t-shirt… A quel point est-ce important pour vous de proposer ces éditions limitées pour les collectionneurs ?

Je suis moi-même un gros acheteur de musique avec près de quatre-cents vinyles et peut-être deux milles Cd à la maison. Je ne me considère pas comme un collectionneur mais j’achète ce qui me plait et qui sonne bien. Pourquoi le boxset ? Nous l’avons fait pour les fans sans trop calculer, pour leur faire plaisir. Si tu l’achètes sur Amazon, cela te coutera 29,99 euros avec à l’intérieur le cd en édition limitée qui tout seul vaut dix-sept euros plus le t-shirt qui vaut quinze euros.

Donc déjà là, tu dépasses les trente euros. En plus de cela, tu as des visuels signés, des bons d’achat pour notre merchandising avec une réduction de 10 % lors de la tournée et encore d’autres cadeaux. Bref nous avons fait cela pour les fans et la valeur est excellente car d’autres groupes commercialiseraient ce même coffret pour cinquante ou soixante euros. Mais nous avons fait un effort.

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

« Kickstart My Heart » de MÖTLEY CRÜE

 

02. Premier album acheté ?

Appetit for Destruction de GUNS N' ROSES

 

03. Dernier album acheté ?

Greatest Hits de BON JOVI lors du dernier Wacken.

 

04. L’album qui a allumé ton étincelle artistique, qui t’a poussé à jouer de la basse et vouloir en faire ta vie ?

J’ai joué dans le passé à un haut niveau au football au sein des ligues allemandes. Et un jour des mecs que l’école m’ont demandé si je connaissais quelqu’un qui jouait de la basse. Et j’ai dit « oui, moi ». Et pourtant ce n’était pas la vérité, je savais juste que ma mère avait une basse et un petit ampli à la maison. Et ils m’ont alors demandé de les rejoindre le dimanche suivant dans leur salle de répétition.

Et donc j’ai alors dû faire un choix entre une carrière à vingt-deux acteurs (le football) ou à seulement cinq (la musique). L’histoire est très longue et je te raconterai tout de mon choix de la basse lors de la tournée autour d’une bière après le concert de SERIOUS BLACK. Et je t’assure que tu riras alors énormément.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

oshy_itw_sata_jok_1

Nous nous étions vu en janvier 2013 pour la sortie du précédent opus. Que de neuf depuis ?

RH : Il n’y a pas eu que du très beau. Pas mal de conférences préventives avec Laurent Karila et plusieurs sont encore programmées. Et ce n’est pas toujours très positif pour moi car cela remue vraiment la merde. En particulier une conférence que nous avons donnée il y a un an de cela, à Ancenis (et d’ailleurs nous y retournons très bientôt), a provoqué une vraie rechute. Finalement ce fut l’effet inverse. Donc cela a été six mois très problématiques, j'ai vécu ma vie à un rythme effréné que je n’avais jamais connu. Mes rapports avec la substance étaient devenus très ponctuels et là ça été tous les jours, tous les jours. Tu sais quand le cerveau est malade, le cerveau est malade. C’est une maladie et je ne bats pour que les gens le comprennent.

Et pourtant il y a eu sur cette période un album en solo, Tout recommencer

Oui mais ce fut un album de rupture, une rupture avec ma femme qui s’est barrée pour des raisons… Elle a été beaucoup plus forte que moi et elle est partie pour sauver sa peau. Et je n’ai pas pu lui donner ce qu’elle voulait. Et un album constitue bien sûr une catharsis, c’est ainsi pour tous les artistes, en particulier les auteurs compositeurs…

Mais aussi pendant cette période, SATAN JOKERS de retour et dont tu annonces pourtant la fin dans…

(il me coupe) Oui alors ça je vais y répondre tout de suite, comme tu vas y venir. J’y ai peut-être été un peu fort sur cette idée. D’abord il ne faut jamais dire jamais avec ce groupe et deuxième point je suis fan d’arts martiaux et de boxe et je suis fan de Mike Tyson et que pense que ce dernier a livré six combats de trop. Oui six combats de trop dans lesquels il est tombé. Alors que je suis fan de lui, pour moi c’était le meilleur. Il était dur, d’une violence absolue alors qu’en réalité c’est un tendre, un sensible. J’ai lu son autobiographie et il a un phrase magnifique sur l’addiction: « il était un artiste de la rechute ». Cela reste une phrase magnifique !

Tout cela pour dire quoi, pour dire qu’il a fait l’erreur de ne pas savoir s’arrêter à temps et je ne veux pas faire moi aussi le combat de trop avec SATAN JOKERS. Tu vois ce que je veux dire ? Je ne veux pas faire l’album de trop et donner ainsi le bâton pour me faire battre alors que là c’est unanime sur Sex Opera et qu’enfin le groupe est reconnu à une valeur méritée. Depuis Addictions, le groupe est vraiment redevenu le groupe avant-gardiste que tout le monde reconnaissait déjà dans les années 80. Donc voilà, la trace est laissée, nous sommes reconnu par les autorisé et le gouvernement. Addictions est un objet de prévention, il est reconnu est utilisé par la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues Et les Conduites Addictives (MILDECA). Donc pour moi la boucle est bouclée.

Oui et puis Sex Opéra clôt l’aventure et referme un chapitre…

Oui c’est un triptyque et il faut le comprendre. Pour des gens le hard c’est juste secouer la tête mais pour nous c’est un tout petit peu plus intellectuel et nous faisons attention à notre propos, au message et nous avons désormais bouclé un triptyque avec le docteur Karila avec cette fois-ci un album sur les addictions et les perversions sexuelles.

oshy_itw_Sata_Jok_01

0Comment travailles-tu et comment se fait la sélection avec ta carrière solo et SATAN JOKERS quand tu composes chez toi ?

Cela n’a rien à voir. Quand je suis très avancé sur un projet, je m’emmerde très vite. Donc de là vient la nécessité de faire autre chose. Donc alors je travaillais sur Tout Recommencer et avant même d’avoir fini l’album j’étais déjà en partie sur FURIOUS ZOO. Quand j’étais bien avancé sur ce deuxième projet, je me suis attelé au live de SATAN JOKERS qu’il fallait alors mettre en forme. Mais c’était facile car c’était fait déjà. Mais surtout une fois le live publié, il fallait un nouveau SATAN JOKERS. Donc pendant le live j’étais déjà en train de me projeter sur le futur album. J'ai une structure mentale qui fait que je vais bien au bout de tout, rien ne reste dans mes tiroirs.

Mais il y a pire : je suis déjà sur la suite. C’est ce que j’essaye d’expliquer à Serge Perathoner et Jannick Top, les arrangeurs de Michel Berger à l’époque de Starmania et la Légende de Jimmy, car je veux monter un spectacle musical pour 2015/2016. J’ai terminé l’écriture d’un bouquin qui s’appelle Rockstar, 48 h d’une vie rêvée qui montre que la vie de Rockstar n’est absolument pas une vie de rêve et que je veux décliner en album et en spectacle musical. Et là alors que je te parle dans le cadre de Sex Opera, je me suis fait les dents en termes d’écriture d’un opéra rock sur Sex Opera et j’ai déjà, au chaud, vingt-et-une chansons pour Rockstar dont deux trucs que je reprends de SATAN JOKERS que sont « Euphorie » et « Dealer » parce le spectacle raconte le parcours initiatique d’un gamin qui veut devenir une rockstar, qui va le devenir mais qui va se perdre dans la came, qui va perdre sa femme etc…

Comment considères-tu ce Live Bootleg sorti en 2014 ?

C’est un moyen de se faire plaisir, comme un collector pour notre public. C’est un truc à la con, avec un son moyen. Le premier est bien et le second reste anecdotique. Mais c’était histoire d’avoir un double-album pour le prix d’un. Nous voulions faire plaisir aux fans. Ils ont la bande son du SATAN’S FEST, un témoignage brut et vrai du concert donné l’année d’avant. Et avec cela le vrai live fait avec le mec que je viens d’avoir au téléphone, le mec de Metallian, Christophe, qui était l’organisateur d’un super festival à Laudun l’Ardoise qui disparait malheureusement parce qu'il s’est fait dégagr. Le mec qui a repris la mairie ne veut pas de hard-rock à Laudun alors qu’il y avait six ou sept cents personnes. C’est débile et quand j’entends cela me fait mal au cul.

Sur les textes que tu publies sur ton site internet tu précises que SATAN JOKERS avance sans agence de booking. Choix délibéré ou situation subie ?

Ah non c’est une souffrance. Tu me dirais, je suis manager je te dirais banco fais tout ce que tu peux, vas-y. 10 % ? Ok, fait-le ! On en a pas et tu sais pourquoi ? Car il n’y a pas les structures. Donc on a trouvé un petit booker qui a longtemps bossé avec NIGHTMARE, mais pour entrer des dates c’est compliqué. Il va rentrer plus de dates pour FURIOUS ZOO car c’est moins cher que pour SATAN JOKERS. Et ce n’est pas logique. Avec Sex Opera, nous devrions pouvoir tourner sans arrêt. Donc cela ne se fera pas.

Et quand on s’appelle Renaud Hantson, cela n’aide pas ?

Non mais cela n’as rien à voir. Déjà Renaud Hantson il tourne peu, cela fait bizarre de parler à la troisième personne, mais bref il tourne peu pour une raison très simple. Je ne veux pas baisser le tarif vis-à-vis des mairies et des organisations locales. Donc je fais allez, trois ou quatre concerts par an en solo où je prends le pactole mais je ne céderai pas.

SATAN JOKERS a déjà un peu cédé et cela me fait chier. Mais sans ça, nous ne jouerions pas du tout. Donc oui c’est l’horreur, tu as tout compris.

Et les pays limitrophes ?

Et bien honnêtement je n’en sais rien, je ne connais pas l’intérêt potentiel pour un groupe qui chante en français. Il faut pouvoir s’appuyer sur des mecs qui savent, quelqu’un de rencardé. C’est dingue, mais on n'a pas cette personne-là. C’est une tannée absolue. J’aimerai bien tourner régulièrement avec SATAN JOKERS.

oshy_itw_Sata_Jok_02

Tu disais que tu devais enchainer rapidement les projets et te projeter rapidement vers le suivant mais au niveau des concerts aussi tu alternes beaucoup entre des différents projets. Même raison, même punition ?

Ah nouveau je m’emmerde très vite et donc comme tous les mecs blasés, ce qui m’a emmené à la cave c’est d’avoir tout connu trop vite. J’ai fait la plus petite salle de Paris et la plus grande, et c'est même chose pour la France, j’ai fait toutes les plus grandes salles, tous les Zénith par exemple : je m’y suis produit entre une et dix fois dans ma vie à travers les comédies musicales, en tant qu’Hantson solo etc… J’ai assouvi 99,9 % de mes rêves ce qui doit faire chier certains envieux et aigris sur le net. Car il doit rester une dizaine de connards, un noyau de moins en moins nombreux, mais encore une petite dizaine qui essayent de colporter des conneries vis-à-vis des autres.

Donc c’est ça, je me fais chier donc je multiplie les aventures artistiques. Mais il y a un challenge aussi, tu sais moi j’aime me faire peur en passant d’un truc à l’autre. FURIOUS ZOO une date et JUDAS FEAST dès le lendemain c’est chaud, vocalement surtout. Et au niveau des textes, avec des antisèches bien sûr on fait aller.

Pourquoi un tribute band à JUDAS PRIEST ?

Ce tribute band à JUDAS est amusant, nous faisons cela deux fois par an. Tout est parti d’une vanne avec Karila, nous étions alors à un concert de JUDAS PRIEST lors de leur dernière tournée en France, il y a trois ou quatre ans de cela, et je déconne en lui disant que ce serait sympa de faire un exercice de style comme un spécial THIN LIZZY…

Et je pensais faire ça avec FURIOUS ZOO. Et j’en parle à un pote à moi spécialiste des tribute bands qui est David Lefèbvre le batteur de SHOWTIME et on monte une équipe et me propose Vid'Da, le guitariste de SNAKE EYE et moi je ramène Julien Loison de FURIOUS ZOO et Zurita mon guitariste attitré qui est un tueur et qui sait tout faire. Et c’est parti comme cela.

JUDAS PRIEST a une place particulière dans la construction de ta culture hard ?

Oui bien sûr mais vocalement nous sommes aussi différent. Je suis moins monolithique que Rob Halford, moins British Steel tu vois ? C’est vrai que quand j’entends une balade avec Halford je vais vite m’emmerder car il n’est pas mélodieux alors qu’avec Glenn Hughes je vais vibrer. Mais Glenn est plus soul, moi aussi et bien évidement je suis plus Hughes et Coverdale qu’Halford.

Je suis un fan absolu d’Halford mais aussi de Robert Plant, Dio, Coverdale, Hughes, Gillian et Steve Marriott. C’est pour moi la quintessence vocale de mes influences.

Et dans la nouvelle génération ?

Ah mais rien, que dalle. Ce n’est pas que les mecs ne sont pas bons mais tout a déjà été fait. Tu trouveras de bonnes choses ici et là, mais c’est du recyclage. Je vais revenir à Paul Rogers… Tu vas me dire oui mais ILL NINO c’est bien mais tu dire le timbre de la voix du mec j’en suis incapable alors que j’adore le groupe. Il passe de thrash à mélodieux et ça il faut savoir le faire, en plus il le fait seul mais il n’a pas un grain marqué. Dio avait une voix inimitable et reconnaissable entre mille. Pour moi, je suis désolé, si je ne dois garder qu’un gueulard, je dirais Anselmo mais les autres ne m’intéressent pas. Lui au moins il va au bout du truc.

Quelle est la première chanson composée de ce Sex Opera ?

Bonne question, je dirais « Préliminaires à l’Infini » ou alors « Sexaholic » je ne sais plus. Ce sont des chansons que j’ai composé à Valence avec ce que j’appelle l’un des songwriters extérieurs à l’album puisque j’ai utilisé comme le font Steven Tyler et Joe Perry d’AEROSMITH, j’ai utilisé d’autres mecs que Mulot, Zurita ou Ouzoulias. J’ai bossé alors avec un très jeune guitariste qui a vingt piges sur trois chansons : « Préliminaires à l’Infini », « Sexaholic » et « Royaume Décadence ». Il s’appelle Yaniss Croze. C’est la guitariste d’un groupe qui s’appelle les TOONS est qui est un tribute à QUEEN que j’avais pris à un Satan’s Fest.

J’avais alors besoin de tester les textes de Karila car je n’y croyais pas du tout, je ne croyais pas du tout au livret. J’avais un mal fou : je voyais bien qu’il se faisait plaisir mais cela ne me semblait pas aussi fort que sur Addictions et Psychiatric. Alors Psychiatric est le seul album où je ne comprends pas tout, au mieux six mots de ce que chante. Donc on a fait un album hermétique de fusion métal car il fallait bien le faire un fois dans la vie, et là sur Sex Opera je ne voulais pas me louper et faire l’album ultime de SATAN JOKERS. Donc j’ai beaucoup corrigé c’est bien pourquoi il a tant de co-signature sur les textes alors que d’habitude je touchais qu'à quelques textes.

Alors que là nous avons dû conserver deux textes de Laurent en l’état et pour le reste nous sommes passés par un vrai travail de réécriture, de changement de certains mots… Car il utilisait beaucoup des termes déjà sur Addictions et je ne voulais pas montrer uniquement le côté sombre de l’addiction, le côté misérabiliste. Je voulais que d’autres choses soient abordées. Tout est neuf sur Sex Opera, rien n’a été conservé de Psychiatric. Je n’ai plus rien pour SATAN JOKERS, il doit me rester un slow mais qui est pourri, impassable.

Avez-vous modifié votre méthode de travail pour Sex Opéra par rapport aux précédents ?

Il y a un savoir-faire aujourd’hui, ce qui a été différent c’est l’apport des songwriters extérieurs, Stéphane Nowak pour deux chansons dont la chanson finale est qui fondamentale dans l’histoire du groupe. Avec « VIP HIV » c’est la première fois qu’un album fini mal, car le héros attrape le sida et un sida ferme et définitif. La trithérapie ne pourra rien pour lui, il s’est suicidé au sexe donc il est plombé. Stéphane Nowak signe « VIP HIV » et « Asphyxie Erotique » en duo avec Virginie Goncalves du groupe KELLS.

Yaniss Croze donc sur trois chansons et ce guitariste exceptionnel qu’est Sébastien Bizeul qui a un projet qui s’appelle ALIEN BREAKFAST, sur « Promis ». J’ai fait pour ce dernier sept ou huit textes en anglais pour son projet. Et il y avait cette chanson « Promis » qui est le premier clip extrait du disque. J’avais bossé avec lui sur « From Now On » avec une super mélodie mais il ne l’utilisait pas. Donc je lui ai proposé de faire partie d’un groupe culte comme SATAN JOKERS. Avec sa chanson, nous en avons fait une bombe.

oshy_itw_Sata_Jok_03

Comment s’est fait le choix des invités sur cet Opera rock ?

Pour Buriez cela a été du sur-mesure car Laurent a toujours voulu compter sur Stéphane de LOUDBLAST comme contributeur à ce disque et en particulier dans le rôle de King Sodom. Et la description du personnage c’est carrément Stéphane, si tu reprends les paroles, « crâne rasé, la barbe taillée… », c’est lui. On se connait et on se pratique donc ce fut assez naturel de travailler ensemble avec lui. On s’aime bien et se respecte, on s’amuse. Laurent le côtoie plus que moi mais j’apprécie quand je le rencontre. Et surtout il existe de chaque côté un grand professionnalisme et cela facilite le processus de collaboration. Stéphane ce fut une heure quinze de studio : comme moi il a l’habitude, il sait ce qu’il doit faire. Il a quadruplé ses voix, sextupler ses voix même pour donner le punch nécessaire. Il a fait le thrash attendu pour ce personnage-là. Pour le reste j’ai rempli les cases. Il fallait une dominatrice et j’ai pensé à Virginie de KELLS.

Tu dis que c’est la sélection de rêve du métal français. Je t’en remercie mais je n’en suis pas sûr. En tout cas c’est une super sélection, il ne me manque qu’un seul nom et c’est TRUST. J’ai contacté Norbert (Krief) et il devait le faire. Finalement un mois avant l’enregistrement il s’est retiré de l’affaire. Comme il a refusé je suis allé voir l’ennemi, donc les autres. Pour faire le tour j’ai demandé à Vivi (Yves Brusco) et j’ai demandé à Bernard (Bernie Bonvoisin). J’avais en effet envie de faire un duo avec Bernie sur « Préliminaires à l’Infini » qui sonne très TRUST, plus exactement qui aurait pu sonner très TRUST. Et Vivi m’a dit oui pour finalement se rétracter pour partir en tournée avec un groupe australien qui s’appelle je-ne-sais-pas-comment (NDLR : KORITNI sans doute) et pour Bernard j’attends toujours la réponse.

Je ne fonctionne pas ainsi : on m’envoie un projet qui est plutôt un beau projet qui va faire parler et si cela ne m’intéresse pas, je réponds gentiment, c’est de la correction. Cela ne change pas qu’il faut rendre à César ce qui appartient à César et que j’ai fait du hard rock car j’ai écouté l’élite. Il faut rendre à TRUST cela et j’aurais été très fier et touché de pouvoir compter sur mon disque un ou plusieurs mecs de TRUST. Ce n’est pas le cas, tant pis pour eux, l’album n’en a pas souffert. Je suis ravi du solo de Gildas Arzel (ex-CANADA) et je ne suis pas sûr que Norbert ou Vivi aurait fait mieux. Ce dernier est le Jeff Beck français et personne n’aurait fait mieux que lui sur « VIP HIV ».

Et avec Brigitte Lahaie, la cerise sur le gâteau ?

Oui c’est la cerise sur le gâteau mais j’ai utilisé cette expression toute la journée et je n’allais pas l’employer avec toi. J’allais dire que c’était la figure imposée par Karila. Je n’en voulais pas une autre et comme il l’a connait il devait se démerder. Je ne voulais pas Zara White ou Clara Morgane, c’est Brigitte ou rien. Et elle a dit oui tout de suite. Moi j’ai déjà fait trois interviews avec elle, Laurent a fait beaucoup d’émissions aussi en tant que consultant.

Elle avait une peur c’est de chanter car elle n’a pas le sens de la rythmique. Je lui ait dit, « ne t’inquiète pas, tu ne chanteras pas. Je t’ai fait une voix témoin et tu suis le truc en faisant ce que tu sais faire. ». Et elle était parfaite. Et c’est la plus grande star du X français, elle a su avoir plusieurs vies et c’est une animatrice vedette sur RMC, nous sommes bénis du ciel. On a exactement la personne qui nous fallait. Elle s’en fout de l’image, c’est un album préventif et elle est très fière de contribuer. Et je pense qu’elle aime les nouvelles expériences.

Et la pochette ?

Et bien je suis content que tu abordes toi-même le sujet. Nous avons un nouveau graphiste qui s’appelle Thierry Guillot, un tueur, et qui est un vrai fan de métal. Je suis ravi, je n’ai pas perdu au change.

J’ai regardé tes tatouages pour voir si c’était toi le mec de la pochette…

Non pas du tout ce n’est pas moi mais je dirai à Thierry que tu as dit cela. Je n’aurais pas accepté que ce soit moi avec une tête de mort car elle me fait trop peur. Je l’ai défiée pendant vingt ans et je continue parfois mais je voudrais la vie éternelle, pour tous. J’ai pris progressivement conscience que la pochette était importante. Je n’ai pas toujours proposé des images intelligentes moi, les fils du métal en est un bon exemple.

En solo, on voit beaucoup ta gueule… Oui mais c’est normal, le marché est très différent. Regarde les disques de variété, il n’y a que ça. C’est dommage et c’est pourquoi sur le quadruple coffret live que je sors en mars, je vais rebrancher Thierry et on va faire un vrai travail avec ma gueule oui mais un travail de graphiste dessus.

Pour Sex Opera, je lui ai donné la mission: Sabbath Bloody Sabbath, on voit cela autour du lit. D’abord on voit les monstres et ensuite on voit la famille qui pleure. Et la mission de Karila c’était que l’on voit le Club « 6 Sex 6 » pour que l’on comprenne que cela se déroule dans un club échangiste. Il fallait des éléments maléfiques car King Sodom va tellement pervertir le mec que je joue, qui était déjà bien plombé, que le mec se perd. Si la question est suis-je obsédé sexuel ? La réponse est oui je le suis. Par contre je n’ai pas le VIH.

oshy_itw_Sata_Jok_04

Dans tes périodes les plus sombres, as-tu connu tous ces personnages ? Tu pourrais mettre des noms sur chacun d’eux ?

Ou bien sûr j’ai connu des King Sodom. Je connais quasiment tous les patrons des clubs échangistes parisiens. Et ils ne sont pas tous maléfiques.

Le fait que l’album soit publié le 2 décembre 2014, bicentenaire de la mort de Sade comment faut-il le comprendre ?

Oui c’est un gag en fait. Il est effectivement sorti ce jour-là car nous avons trouvé qu’il s’agissait d’une belle occasion. Cette idée m’a été soufflée par un journaliste qui s’appelle Hervé SK Guégano et qui a signé la préface du fascicule internet de l’ebook d’Addictions publié par Karila et moi, un très bon texte, un journaliste de rock très sympa, sataniste, c’est la seule chose qui me dérange avec lui. C’est un vrai et moi pas du tout. Il m’a soufflé l’idée sur Facebook en me disant que je ferais mieux de ne pas le sortir en janvier 2015 mais plutôt le 2 décembre 2014 qui marquait le bicentenaire de la mort du Marquis de Sade. Et là je lui ai dit « Hervé, très bonne idée ! ».

Les fans en auront encore pour leur argent avec le documentaire qui accompagne l’album. Cela fait encore plus fin de règne, fin de l’histoire non ?

Moi je pense encore une fois que l’aventure devrait s’arrêter là. Mais tout le monde me dit le contraire et il ne faut jamais dire jamais donc pourquoi pas. Il faut voir. Il existe d’autres envies comme celle c’un super groupe français avec Karila donc les options restent ouvertes. Ce que je veux simplement dire c’est que ce film, La Grande Illusion, est né de l’initiative d’un mec qui est venu me voir avec les cheveux longs, moi j’étais à deux grammes de Pastis et six grammes de rouge et il vient me voir faire un bœuf à Béziers il y a près de deux ans de cela. Et il me dit qu’il veut faire un grand film sur SATAN JOKERS. Et je lui réponds, « si tu veux », ce qui signifie démerde toi en résumé.

Et un mois et demi ou deux mois après, il m’envoie un montage de quatorze minutes, le premier montage, où on voit qu’il a réussi à obtenir l’accord de Francis Zégut, je lui donne le numéro de téléphone de Zouille, bref il se démerde. Et il y a ce fameux passage sur Laurent Bernat avec qui j’ai monté SATAN JOKERS qui, paix à son âme, est malheureusement décédé il y a une dizaine d’années. Et là je pleure. Et donc je lui ai ouvert tous mes tiroirs, je lui ai tout donné, les photos et les infos introuvables… Après on aime ou on n’aime pas ce travail et sa réalisation mais moi j’aime bien car cela m’évoque les documentaires historiques à l’époque sur VH1.

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet