Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Peux-tu présenter à nos lecteurs STEREOTYPICAL WORKING CLASS ? Pourquoi ce nom ?

Nous sommes un groupe de rock un peu énervé mais assez porté sur les mélodies, nous existons depuis 1999, on vient de Lyon et on va là où le rock’n roll nous emmène !! Pour notre nom il signifie les stéréotypes de la classe travailleuse, bref les beaufs, et on aime bien le contraste entre le sens peu glamour et la consonance très « american ». Après il paraît que la longueur c’est souvent pour compenser autre chose, probablement notre absence de panache capillaire.

 

02. Quel est votre état d’esprit quelques semaines après la sortie de Every Cloud Has A Silver Lining, quels sentiments dominent sur ce disque avec le recul ? Cinq années de silence discographique c’est long, non ?

On vient de faire les concerts de sorties de l’album sur Paris et Lyon et on est très contents, les retours sont bons, les gens qui nous suivent accroche toujours et d’autres gens nous découvre. On est très fier de cet album, on a abordé son enregistrement avec une idée assez claire du chemin que nous voulions prendre et nous sommes arrivés à destination. Nous voulions quelque chose d’assez brut, proche du live pour mettre en avant l’émotion et la spontanéité des morceaux et Fabrice Boy nous a vraiment aider à emmener notre bateau à bon port.

Concernant ces cinq années entre Day after Day et Every Cloud Has a Silver Lining, je comprends que ça puisse paraitre long mais de notre côté entre les dates liés au précédent album en France et à l’étranger, la composition de nouveaux morceaux et l’organisation de l’enregistrement, il y a toujours eu une continuité et des étapes dans notre activité musicale même si la visibilité de celle-ci fait parfois défaut. Et puis il y a un temps de « gestation » propre à chaque groupe aussi bien du côté artistique qu’au niveau des moyens pour réaliser un album cohérent et qui correspond à ce qu’on veut donc on a fait les choses à notre rythme et à notre manière.

 

03. Comment s’opère la magie au sein du groupe et nait une nouvelle chanson ? Au niveau des paroles quel message voulez-vous mettre en avant ?

On recherche sur Google des morceaux libre de droits, on les dépose à la Sacem et on apprend à les jouer après !! Après de temps en temps l’un d’entre nous arrive avec un riff où un schéma de morceau et si tout le monde accroche on travail jusqu’à obtenir un résultat qui nous convienne mais ça reste exceptionnel comme démarche. Concernant les paroles , les chansons permettent de parler de tranches de vies, de situations qui nous touche, il n’y a pas vraiment de message en tant que tel, l’atmosphère du morceau va évoquer un thème à celui qui va écrire les paroles et la musique deviens une sorte de décor pour raconter une histoire, des fois il y a un thème défini avant même le morceau et d’autres c’est le morceau en fonction de ce qu’il dégage et inspire qui créera ce thème.

 

04. Que pouvez-vous nous dire des sessions d'enregistrement d’Every Cloud Has A Silver Lining ? Avez-vous changé votre façon de travailler par rapport à Day After Day ?

Les sessions d’enregistrements ont été répartis entre deux studios, les basses/ batteries ont été réalisé à l’Hacienda à Tarare et les guitares ainsi que le chant au studio Inglorious à Villeurbanne. Nous avons abordé cet album avec la volonté de coller le plus possible au live et de limiter la « production », donc il fallait réaliser les meilleurs prises possibles. On a eu la chance d’être très bien accueilli dans ces studios et Fabrice qui nous connait bien à sût nous mettre en confiance pour aborder tout ça le plus sereinement possible.

Les sessions ce sont donc passé de manière assez détendues plus que pour les albums précédents. Pour Day After Day nous avions enregistré à Oullins au studio Soic Box qui à malheureusement fermé depuis, les sessions d’enregistrement avait été un peu plus longues et on avait tendance à ajouter des choses au fur et à mesure ce qui n’a pas été le cas pour ECHASL, nous étions moins sereins. 

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05. De votre point de vue quelles sont les principales différences entre Every Cloud Has A Silver Lining et Day After Day ?

Premièrement le fait de basculer en quatuor nous a fait aborder la composition de manière différente en ouvrant peut être un peu plus le champ d’expression de chacun et en essayant d’aller plus vers l’essentiel. Ensuite nous avons aborder l’enregistrement avec la volonté de garder un esprit le plus « live » possible et de mettre l’accent plus sur l’émotion, nous avions une idée assez précise de ce que nous voulions ce qui était moins le cas sur Day After Day où le fait de bosser avec Mark Trombino faisait qu’on attendait plus de voir qu’il vision il pouvait avoir lui des morceaux.

Enfin justement par rapport à Day after Day, au niveau de l’enregistrement comme du mix Fabrice Boy à eu un rôle très important dans la mise au monde de l’album il nous a suivi pendant les répétitions et durant la composition de l’album, il a réalisé les prises de sons comme le mix d’Every Cloud has a Silver Lining, ce qui a permis une continuité et une cohérence par rapport a Day after day ou le mix avait été fait aux US dans un autre esprit que les prises.

 

06. Comment avez-vous travaillé l’aspect visuel comme la pochette ?  Quels échanges/relations entretenez-vous avec les artistes en charge ? Vous préférez désormais la photo ?

Nous avons une nouvelle fois travaillé avec notre pote Frederic Chiodelli qui est un graphiste/photographe qui nous suit depuis longtemps et qui a réalisé nos deux dernières pochettes d’album, c’est un ami qui nous connaît bien et qui arrive à poser des images sur notre univers musical. On a évoqué avec lui les pistes qui nous inspiraient et il à sût digérer le tout et nous faire cette proposition qui nous a plût tout de suite. On aime bien les photos oui après il faut que ça évoque quelque chose, on adore la pochette de FAITH NO MORE, Album of the Year, par exemple.

 

07. Quelles sont vos principales influences ?

Nous avons tous des goûts assez différents mais il y a un socle commun avec des groupes comme FOO FIGHTERS, GLASSJAW, JIMMY EAT WORLD, TOOL, HELMET… 

 

08. Que retenez-vous de votre tournée 2011 outre-Atlantique ?

Une magnifique expérience on a fait beaucoup de route (11 états) et rencontrer plein de gens, on a joué dans des salles mythiques comme dans des petits bars perdus, c’était une véritable aventure et puis cette musique viens de là-bas donc c’était un peu comme remonter la source, jouer et échanger avec des groupes locaux et voir la place que la culture rock peut avoir là-bas c’est vraiment quelque chose. Nous venions de passer à quatre donc c’était pas toujours évident mais ça nous a fait prendre confiance dans cette formule. On espère avoir l’occasion d’y retourner !!!!

 

09. Comment voyez-vous la scène métal française ?

Pour être franc comme les choses évoluent rapidement et qu’on ne suit pas tout on ne peut pas avoir une vision très globale, mais comme toujours il ya des vrais bon groupe en France comme LIZZARD, EZEKIEL, GOJIRA, nos potes de YOUNG CARDINALS et plein d’autres, c’est pas évident car les lieux et associations qui font des évènements ont tendance à se faire rare alors qu’il y a un vrai public. On a l’impression que du coup beaucoup de groupes ont tendance à aller jouer de plus en plus à l’étranger.

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10. Quels sont vos espoirs et attentes pour STEREOTYPICAL WORKING CLASS ?

On vise le disque de polystyrène et une tournée en croisière Costa en première partie de Christian Morin !!! Franchement continuer de pouvoir faire des albums et des concerts un peu partout en se faisant plaisir et en faisant plaisir aux gens qui nous suivent !!!

 

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview :

01. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

"Gnosienne 1 Erik Satie"

 

02. Premier album acheté ?

Use Your Illusion Part 1 des GUNS N’ ROSES

 

03. Dernier album acheté ?

Maceo Parker avec Funk Overload, un classique perdu dans un déménagement

 

04. Quel son ou bruit aimez-vous ?

Le bruissement des sachets de pâtisserie

 

05. Quel son ou bruit détestez-vous?

Le réveil

 

Tous nos remerciements à Marion Perrié (Promotion Klonosphere)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

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01. Quelques semaines avant la sortie de ce nouvel album dans quel état d’esprit êtes-vous concernant cette nouvelle aventure ?

André Olbrich : Il y a forcément un double sentiment, entre excitation et soulagement. Je dois bien avouer avoir senti un profond soulagement à la fin de cet enregistrement, la touche final d’un processus de près de dix-huit mois. Il s’agit toujours d’une période de forte pression, à un moment ou un autre des dates limites apparaissent et il faut pouvoir finaliser le disque à temps. Mais notre musique en demande beaucoup et il faut savoir s’arrêter alors que notre musique peut toujours évoluer, tu peux toujours intégrer de nouvelles idées…

Donc le soulagement est un sentiment naturel quand tout est enfin finalisé. Je suis très satisfait de ce disque et nous attendons avec impatience la réaction des fans. Jusqu’à présent tout le monde est très enthousiaste, excité par ces chansons et je ressens une vibration très positive. Tout va bien pour l’instant.

 

02. Tu mentionnais la nécessité de gérer des dealines. D’où viennent ces obligations, de vous-mêmes ou du label ?

Au début nous n’avons aucune pression d’aucune sorte, nous n’avons de calendrier fixé à l’avance, nous travaillons sur ce que nous voulons, quand nous le voulons, au rythme que nous voulons. Mais à un moment, ton travail doit bien sortir vers le public et être fabriqué pour pouvoir être commercialisé. Tu ne peux pas vouloir presser des milliers de disques du jour au lendemain, il faut s’organiser, fixer une date de fin de l’enregistrement pour convenir d’une date de publication. Donc les deadlines apparaissent toujours, une date à laquelle tu dois livrer les masters.

En général, tu fixes ainsi ton calendrier quand la moitié de disque est terminée en termes de production. Mais encore bien des choses peuvent alors se produire et retarder la finalisation de la deuxième moitié. Et en fait, nous sommes toujours en retard (rires).

 

03. Mais ne serait-ce pas un rêve pour vous de pouvoir publier votre musique sans cette grosse machine commerciale, presque juste après la fin de la production ?

Oui tu as raison mais cela reste un rêve. Nous nous assurons toujours de bénéficier d’assez de temps et pour cela nous retardons au maximum l’annonce d’un sortie officielle. Beaucoup de groupes annoncent la sortie de leur futur album quand ils ne sont qu’au stade de la composition des nouvelles chansons. Nous attendons pour notre part que la moitié de l’album soit déjà en boite. Tout le reste est déjà en place. Nous tenons compte du temps nécessaire pour compléter la moitié du disque et nous nous imposons la même durée pour la deuxième partie.

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04. Pourquoi avoir pris tant de temps entre deux albums ? Si j’en crois Wikipedia, il s’agit d’un record pour BLIND GUARDIAN (trois jours de plus qu’entre A Night at the Opera en 2002 et A Twist in the Myth en 2006) ?

Ton information est tout à fait juste et la raison s’avère finalement assez simple. Pour ne vingt-cinq ans de carrière, nous avons publié un énorme coffret de tous nos albums remastérisés et certains mêmes remixés. Cela a pris énormément de temps. Ajoutes à cela la sortie d’un best-of Memories of a Time to Come en 2012 et cela aussi a nécessité bien des efforts. Ces deux sorties à elles-seules ont pris une année. Nous nous sommes chargé des remasterisations et des remixes des albums, dans notre propre studio, avec notre supervision pour tous les détails, nous voulions nous assurer que les albums qui sortiraient de ce processus aurait le son voulu et une véritable valeur ajoutée. Nous avons toujours eu des standards de qualité assez élevée et il fallait que nous soyons dignes de cette réputation.

 

05. Avez-vous ainsi pu corriger certaines choses que vous n’aimiez pas du premier mixage ?

Non pas de tout, j’aime les anciens mix et nous avons toujours été satisfait du son de nos albums au moment de leur publication. Mais les techniques évolues et t’offrent de nouvelles opportunités. En particuliers nos premiers disques ont été masterisés pour une sortie au format vinyle, par pour un support CD qui est apparu plus tard. Et sur disque vinyle, ils continuent de sonner extrêmement bien mais sur CD il me semble que quelque chose manquait. Et avec la technologique analogique de l’époque, tu ne pouvais pas mixer avec le niveau de détail disponible aujourd’hui. Maintenant tu programmes absolument tout, les moindres détails sont travaillés.

Nous avons donc re-digitalisé chaque piste et avec cette nouvelle matière, un nouveau mixage a été appliqué. C’était le seul moyen d’avoir, à la sortir, un résultat à la hauteur de ce que nous proposons maintenant. Donc prendre cette musique du passé et lui donner un lustre de la décennie 2010. Nous n’avions pas ces possibilités avec les tables de mixage de l’époque, il fallait alors tout faire à la main dans les années 80, pas d’ordinateurs pour faciliter le travail. Je mentionne ces détails car tes lecteurs ne se rendent peut-être pas compte de la façon de travailler des années 80, rien à voir avoir ce que l’on fait aujourd’hui. Il n’y avait pas de Pro-tools alors, ces techniques n’existaient tout simplement pas. C’est pour cela que nous nous sommes lancés dans cette démarche.

 

06. Mais alors pourquoi n’être pas allez au bout de l’idée et de réenregistrer ces albums ?

Je n’aime pas cette idée car je pense que ces chansons doivent rester des témoignages de l’époque et le réenregistrement te ferait perdre l’esprit de ces années-là. Au moment d’enregistrer tu as une ambition, une vision claire de ce que tu veux proposer et tu fais tout pour y parvenir. Tout est différent maintenant, nous visons différemment, notre environnement est différent et nous ne pourrions plus capturer le même état d’esprit. Les concerts sont un bon moyen de redonner vie et modernité à ces vieilles chansons. J’aime les albums live et cela nous permet de nous amuser et d’expérimenter certaines variations.

Tu peux à l’occasion, ponctuellement réenregistrer un titre pour un événement spécial, refaire « Imaginations from the Other Side » modernisé car c’est une chanson tellement forte qu’il est intéressant de la retravailler dans l’environnement moderne du studio. Mais pas un album complet, ce serait ennuyeux.

 

07. Beyond the Red Mirror est votre dixième album. Avez-vous ressenti consciemment ou inconsciemment une pression supplémentaire ?

Non, et nous n’en étions même pas vraiment conscients. Nous avons réalisé cela alors que tout était déjà finalisé. Mais pour moi, cela n’a aucune importance car à chaque fois que nous commençons à travailler sur un nouvel album, il a la priorité totale, j’ai alors une vision assez claire de ce que je veux faire, de la destination à atteindre. Je suis constamment en recherche de nouvelles idées pour encore améliorer notre style dans cette veine métal. Je garde toujours en tête notre dernier album et cela fixe les standards que je dois égalés. Notre dernier album est bon et il a rencontré le succès.

Nous n’avons jamais eu de mauvais albums qui soient sorti sans que je sois pleinement satisfait. Et ils ont tous rencontré le succès. Nous faisons face à chaque fois au même problème, au même dilemme, que peux-tu proposer maintenant qui puisse être compétitif avec des travaux précédents ? Cette pression est toujours présente. J’ai rapidement compris qu’il ne fallait pas chercher à dépasser tel ou tel album car chacun dans son genre a atteint les sommets, la plénitude de ce que nous voulions faire. Mais je peux essayer d’en écrire la suite, avec de nouvelles idées, un son différent, de nouvelles influences qui me font progresser et pique ma créativité malgré mon passé artistique. Quand je trouve quelque chose qui m’excite et me pousse à créer, je pense que ce même élément excitera et intéressera également nos auditeurs.

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08. Donc si je comprends bien, tu envisages ta carrière non pas comme une progression mais comme de nouvelles interprétations d’une même base ?

Non pas vraiment, nous essayons à chaque fois non pas de retravailler les mêmes éléments mais plutôt d’élargir notre spectre musical et artistique. Dans les années 80, nous proposions un Power/Speed métal assez strict et rigoureux et puis nous nous sommes ouverts en comprenant qu’il y avait plus que simplement ce speed métal. Essayons une approche plus mid-tempo et avec Imaginations From the Other Side et même avant, nous avons essayé une approche différente un ralentissant les rythmes, en proposant des ballades. Notre spectre, notre paysage a ainsi pu grandir. Ensuite nous avons travaillé sur des chansons épiques, travaillant avec des samples d’orchestres. Tu trouveras cela sur A Twist in the Myth avec la présence de ces orchestrations programmées. Et ce fut un beau défi à relever.

La suite impliquait de travailler avec un orchestre réel et de voir comment nos approches allaient se combiner. Et sur le nouvel album nous avons continué ces expérimentations en composant une chanson orchestrale et en intégrant dans un deuxième temps seulement la dimension métal de notre musique. Nous avons laissé l’orchestre jouer en premier et sur cette base nous avons ajusté les parties électriques typiquement métal. Cela peut sembler être un détail mais cette approche change du tout au tout notre travail. Nous trouvons à chaque fois des idées pour faire sonner BLIND GUARDIAN de façon différente.

 

09. Il s’avère toujours difficile et risqué de donner ainsi une suite à un album culte. Pourquoi avoir choisi ce défi ?

Il ne faut prendre cet album sous cet angle là je pense. Ce n’est pas un Imaginations From the Other Side 2. L’histoire est simple, Hansi Kürsch a été inspiré par certaines paroles des chansons « Imaginations From the Other Side » et « Bright Eyes ». L’histoire de ce petit garçon qui dans ce premier album prend une décision. Hansi a décidé de continuer à dérouler la pelote de cette histoire en prenant le parti que l’enfant avait finalement pris la mauvaise décision. Il s’agit un peu d’une quête futuriste du Saint Graal. Comme d’habitude, Hansi laisse beaucoup de place à l’interprétation et chacun se fera son idée. Même la fin n’est pas évidente, tranchée, beaucoup de choses restent ouvertes… Une suite est possible.

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10. Comment fonctionne la chimie créatrice au sein de BLIND GUARDIAN ?

Cela fonctionne de façon géniale. Au niveau de la composition, je commence à travailler sur la réalisation de parties instrumentales que j’enregistre moi-même dans mon studio. Mais il ne s’agit alors que de fragments, une minute de musique par exemple et je transmets le tout à Hansi qui crée les lignes mélodiques pour le chant sur cette base-là. Donc en dialoguant ainsi entre nous, une direction se dessine petit à petit. Nous travaillons chacun de notre côté, nous aimons travailler seuls et ensuite nous échangeons des fichiers, nous discutons beaucoup sur nos idées et de la direction à prendre, des nouveautés que nous pourrions introduire, des expérimentations à essayer…

Mais cela ne revient pas à assembler un puzzle d’idées disparate, nous ne faisons pas un patchwork. Nous travaillons de façon très linéaire, nous commençons par l’introduction puis je construis là-dessus un premier couplet qui prépare la ligne vocale etc… Et quand le processus est lancé et que notre base est solide, nous cherchons un refrain fort qui pourrait entrer alors dans la danse. A partir de ces fondations, qui font souvent un tiers de la chanson finale, nous cherchons alors la bonne dynamique qui permettra de rendre la composition intéressante jusqu’à la fin. Nous ne nous intéressons jamais à la durée de la chanson, le flot créatif parle pour lui-même et indiquera naturellement quand il faudra terminer. Nous pourrions toujours continuer mais à un moment j’ai le sentiment que nous avons atteint une certaine apogée, le sommet dramatique et cela aide à conclure. Mais il s’agit alors d’un sentiment très personnel. Il faut toujours s’assurer de la dynamique des chansons, c’est le plus important.

Tellement de chansons sont intéressantes pendant une minute avant que l’intérêt ne disparaisse progressivement. Tu regrettes alors que le début soit si fort mais que l’excitation ne tienne pas. C’est le plus dur, le plus grand défi quand tu composes, maintenir l’intérêt en insérant de nouvelles idées.

 

11. Ressens-tu un plaisir particulier quand tu viens à bout d’un titre long et compliqué avec de nombreuses orchestrations ?

Non, le plaisir est le même, ce que ce soit une longue et tortueuse chanson ou un titre très simple. La chanson est-elle forte, suis-je excité par elle ? Sa longueur ou sa complexité n’ont aucune importante, simplement les sentiments qu’elle génère en moi et donc chez les auditeurs. Peut-elle survivre à tout ? Quelquesoit la situation, avec une simple guitare acoustique ou accompagné d’un orchestre complet… Si j’ai sentiment que la chanson est complète, j’en suis heureux. Et je n’ai pas besoin pour savoir cela d’avis extérieurs, de demander à tel ou tel ce qu’il ou elle en pense, jamais.

Je ne fais écouter mes chansons à personne à l’exception de Hansi. Et quand nous sommes tous les deux satisfaits, en accord sur le fait que les chansons ont atteint leur maturité, alors seulement nous les faisons écouter à Charlie (Bauerfeind). Et il nous donne alors son avis. Il apprécie toujours nos idées et ce que nous proposons. Hansi et moi avons déjà des influences et des goûts très divers et différents mais une vision commune. Et nos standards de qualité sont très élevés. Nous sommes nous-mêmes des juges impitoyables et nous ne présentons que ce qui a atteint ces standards personnels très stricts.

Nous ne demandons pas à Charlie son opinion sur les chansons elles-mêmes, cela ne nous intéresse pas. Si les chansons correspondent à nos standards à tous les deux nous poursuivons le processus.

 

12. J’ai été surpris par le côté énorme, presque joyeux, coloré de la première chanson « The Ninth Wave » alors que vous êtes plutôt connus pour des ambiances plus sombres. Quel était votre idée ?

Le choix de mettre ce titre en premier a été évident, car pour moi il s’agit de notre chanson la plus surprenante. Je n’aime pas quand les groupes sont prévisibles et que les fans trouent immédiatement leurs marques. Ton objectif en tant que musicien n’est pas de donner aux gens ce qu’ils veulent, répondre à leurs attentes. J’aime les surprendre et prouver encore et encore que la musique n’est pas sclérosée et qu’il y a toujours de la place pour de nouvelles idées, de nouvelles expérimentations.

Nous avons travaillé étape par étape dans avoir spécialement la volonté de faire une chanson extrêmement ambitieuse et complexe. Je disposais de parties instrumentales qui avaient une vraie dimension de musique de film, à la fois fantastique et futuriste. Nous étions surpris et ravis. Les idées se sont alors bousculées chez moi ou chez Hansi et cette introduction a pris de plus en plus de place car nous y avons intégrée toutes nos idées. Ce fut un travail collaboratif vraiment génial. Et avec une telle introduction, il est alors devenu évident que cette chanson allait ouvrir l’album.

Cela sonne comme du BLIND GUARDIAN avec un son très moderne. Et nous aimons le fait que chaque fois que nous avons fait écouter ce disque à quelqu’un tu pouvais lire sur son visage qu’il ne s’attendait pas à cela de nous. J’adore cette réaction !

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13. La pochette signée Felipe Machado est très réussie comme d’habitude. Quelle importance cela a-til pour vous et comment travaillez-vous avec l’artiste en charge de sa réalisation ?

C’est un aspect très important pour nous. Et ce n’est jamais une tâche facile pour nous de choisir l’artiste. Nous avons travaillé avec plusieurs personnes avant Machado comme Andreas Marschall ou Paul Raymond Gregory. L’artiste reçoit l’histoire développée par Hansi, des pages de l’histoire et il peut choisir une scène de cette histoire pour l’illustrer. Mais cela doit s’incarner notre univers et cela s’avère parfois très difficile car chaque artiste a d’une façon ou d’une autre sa propre vision de telle ou telle scène. Pour Beyond the Red Mirror, nous n’avons pas défini la scène à illustrer c’est son choix.

Et nos standards sont très élevés que ce soit pour illustrer l’album ou les singles comme « Twilight of the Gods ». Il a beaucoup dessiné et proposer beaucoup de visuels différents. Nous n’avions pas que Machado sous la main, nous avons fait travailler quatre artistes sur la même histoire et chacun est venu avec son interprétation. Nous avons choisi à la fin notre visuel préféré. Nous n’agissons pas ainsi à chaque fois, pour le précédent nous avions fait travailler deux ou trois artistes. Dans le passé, nous n’avions qu’un artiste et c’est une stratégie risquée.

Une fois nous ne travaillions avec qu’un artiste et il a soudainement disparu alors que nous approchions de la deadline. Nous n’avions alors rien à proposer pour illustrer l’album. Et donc nous avons dû trouver une solution en deux ou trois jours et donc ce fut merdique pour nous et également pour l’artiste. Fort de cette mauvaise expérience, nous ne mettons désormais plus tous nos œufs dans le même panier. Et celui qui fournit le meilleur travail gagne le contrat. Felipe est un artiste talentueux et très efficace. Nous pouvons compter sur lui, il livre en temps et en heure et foisonne d’idées. Quand tu verras le livret de l’album tu seras ébloui, il a fait un dessin pour chaque chanson.

 

14. Ne regrettes-tu pas l’époque où les pochettes étaient peintes et s’apparentaient alors de vrais tableaux ? Maintenant tout est fait à l’ordinateur avec un supplément d’âme en moins, non ?

Je comprends le choix de certains de vouloir conserver l’ancienne méthode face aux créations par ordinateur. Tu ne peux jamais à 100% reproduire une œuvre peinte contrairement à ces dessins réalisés sur un écran. Mais il faut que tu comprennes que la coopération entre les artistes est extrêmement difficile et que nous avons une vision qu’il est difficile de partager. Et nous mettons l’artiste dans une position difficile, il doit nous satisfaire, nous donner l’illustration de notre vision de l’album alors que lui-même aura une sensibilité différente.

Tu ne peux que difficilement modifier une peinture si je n’aime pas tel ou tel détail et tu es alors coincé. Et c’est le cas avec nous, nous voulons avoir le contrôle de tout et donc de la pochette également. C’est notre monde nous choisissons, et nous imposons nos choix à tous, Charlie, le label ou l’artiste de la pochette. Ils doivent s’ajuster à nous. Felipe est très bon dans sa capacité à livrer ce que nous voulons, à s’adapter à nos goûts. Il faudrait des mois pour faire une peinture réelle à nos goûts, ce n’est plus possible.

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

Il y en a tellement mais je vais te répondre. Une de mes chansons préférée reste « Sweet Sister Mary » de QUEENSRYCHE.

 

02. Premier album acheté ?

Le Double Platinum de KISS. J’avais déjà beaucoup d’albums à la maison car ma mère en écoutant beaucoup. Donc elle avait déjà les DEEP PURPLE, les LED ZEPPLEIN et les HENDRIX. Elle n’écoutait pas KISS, ils avaient un son plus hard et donc c’était l’étape suivante pour moi.

 

03. Dernier album acheté ?

Le nouveau SANCTUARY.

 

04. L’album qui a allumé ton étincelle artistique ?

A l’âge de 12 ans j’ai découvert KISS et Ace Frehley était mon héros. Je voulais alors faire comme lui et devenir le nouvel Ace Frehley !

 

Tous nos remerciements à Valérie

 

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01. Pour les métalleux qui ne vous connaissent pas, pourrais-tu nous en dire plus sur le groupe ?

Helena: Nous nous appelons EKLIPSE et nous sommes un quatuor à cordes. Nous proposons des reprises de chansons rock à notre sauce, en version orchestrale adaptée à nos quatre instruments. Nous ne favorisons pas spécialement de chansons du répertoire du heavy métal. Notre choix est varié, des trucs assez modernes et très populaires comme Justin Timberlake mais aussi des tubes orientés rock connus de tous. Le tout est instrumental, sans chanteur.

 

02. Comme tu le dis, vous ne reprenez pas spécialement des chansons métal donc pourquoi pensez-vous que la communauté métal pourrait être intéressée ?

Nous prenions un risque mais nous avons commencé à offrir cette musique sur scène en compagnie de NIGHTWISH il y a deux ans de cela pendant une partie de leur tournée. Ce fut un joli pari mais nous avons toutes un solide background musical sui nous rapproche de cette communauté. Ma théorie est assez simple, nous nous sommes surtout produites avant des groupes de power métal symphonique mais nous partagions à chaque fois la première partie avec un second groupe très métal. Donc le package de la tournée fonctionnait bien ainsi, le public avait la partie symphonique avec nous, la partie métal avec le second groupe de première partie puis le tout mélangé avec le groupe principal. C’est le mariage parfait et le public a très bien réagi à chaque fois.

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03. Liberté, Egalité, Sensualité un nouvel EP va sortir très bientôt, dans quelques semaines. Quels sont tes sentiments à posteriori sur cette nouvelle aventure ?

Nous fondons de grands espoirs sur cet EP afin de mieux nous faire connaître du public français et espérons intégrer d’une façon ou d’une autre de votre paysage musical. Nous souhaitons pouvoir venir jouer chez vous très souvent, le plus possible. Cet EP est vraiment dedié uniquement à la France et il n’y aura pas de versions adaptées pour d’autres pays. Pas de versions anglaises ou japonaises de prévues. Nos concerts en France avec NIGHTWISH ont été géniaux et nous avons voulu vraiment faire un effort pour progresser dans votre pays et faire grandir la bonne impression laissée deux années auparavant.

Le public a été génial lors des concerts, chantant sur nos reprises même si nous n’étions pas très connues d’eux puisque notre album venait de sortir. Cela nous a marquées et donc il devenait évident de devoir poursuivre sur cette voie et battre le fer tant qu’il était chaud envers notre public français. Donc avec notre management nous avons laissé ce projet grandir et maturer et c’était désormais le bon moment pour se rappeler au bon souvenir de nos amis français.

 

04. Comment travaillez-vous en général, et comment cela s’est-il déroulé pour Liberté, Egalité, Sensualité ?

Nous avons modifié notre façon de travailler par rapport à l’album précédent. Au début cela passe par beaucoup d’essais, tu tentes et souvent cela rate donc tu refais en modifiant des petites choses jusqu’à arriver au bon équilibre. Cela nous a fait enregistrer beaucoup de chansons, plus que prévues. A l’époque il fallait que nous apprenions à nous connaître nous quatre et à travailler en harmonie. Pour le deuxième album et cet EP le processus a été facilité par l’expérience que nous avions emmagasinée et notre meilleure connaissance les unes des autres. Les tournées ont renforcé notre collectif et cela rend les choses plus faciles. Nous avons beaucoup progressé.

 

05. Question idiote mais il semble que beaucoup de musiciens classiques apprécient particulièrement la musique métal. Et le public métal lui rend bien en saluant souvent les groupes de rock qui proposent des concerts avec orchestre. Mythe ou réalité ?

Tu as raison et la raison de cet état de fait est très facile à donner, je crois. Les deux genres musicaux reposent beaucoup sur le talent et la maîtrise technique. Il faut s’entrainer encore et encore et atteindre un bon niveau nécessite bien des efforts, cela représente un sacré défi. Certains groupes sont extrêmement techniques en jouant beaucoup sur des rythmes inhabituels et complexes. Personnellement, je voudrais bien qu’un guitariste me montre dans le détail comme il exécute un solo de guitare pour que je puisse apprendre de sa technique et peut-être l’utiliser pour faire évoluer mon jeu au violoncelle.

Cela me trotte dans le tête depuis pas mal de temps déjà et je vais un jour essayer. C’est très difficile de vouloir reproduire sur un violoncelle ce que joue une guitare à cause de la taille du violoncelle en particulier. Et le deux mondes se rapprochent de plus en plus. Et il le faut car, pour être honnête avec toi, il est maintenant très difficile de faire une carrière dans la musique classique et de bien gagner sa vie. Il faut faire face à cette réalité si tu es un musicien classique et il faut trouver des stratégies pour sortir du carcan habituel et proposer autre chose. Pour certains cela passe par l’enseignement tout en essayant de jouer avec des orchestres le plus souvent possible. Difficile d’en vivre sans faire de compromis…

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06. Si l’on revient un moment sur la période A Night in Strings, que retiens-tu de cette époque ?

Bien sûr les concerts, nous avons beaucoup aimé ces moments et j’en garde d’excellents souvenirs et puis plus simplement c’est là que j’ai trouvé la bonne façon d’agencer mes cheveux. J’aime beaucoup cela et j’étais heureuse de trouver ainsi mon style de coiffure. Combien d’heures pour arriver à ce résultat ? Tu serais surpris car j’ai besoin de cinq à sept minutes seulement. Maintenant je suis entraînée. Utilises-tu une matière explosive (rires) ? Simplement un produit pour les cheveux et une poudre spéciale, très collante avec une brosse. En cinq minutes le tour est joué !

Ce fut une petite révélation pour moi. Au début de la tournée avec NIGHTWISH j’avais adopté une autre coiffure et j’étais encore très hésitante. Puis un jour j’ai adopté celle-ci et quand je suis rentré sur scène ce fut évident, ainsi je me sentais être moi, cela me représentait bien en tant qu’artiste. Et pourtant j’avais déjà mon costume de scène et ce signe distinctif roue sur mon visage mais il manquait pourtant quelquechose. Et je veux dire que lors des tournages de vidéo c’est très pratique et assez sympa à voir, direct et intense.

 

07. Vous aviez tourné déjà plusieurs vidéos. Comment cela s’est-il passé et apprécies-tu ce type d’exercice malgré la répétitivité ? Beaucoup d’artistes considèrent qu’il s’agit d’un mal nécessaire…

Mais moi j’aime cet exercice. D’abord il se passe toujours des choses intéressantes pendant les longues périodes d’attente. En plus tu es chouchoutée avec souvent la présence de stylistes ou coiffeuses. Cela peut te donner de nouvelles idées. Par exemple pour le deuxième album, Electric Air, nous nous sommes rendues à Prague pour tourner et ce fut génial avec la présence d’une super artiste pour les photos. Je ne sais pas si tu les as vues mais elles sont superbes. Ce fut un honneur de bosser ave cette femme talentueuse. Un styliste renommé était là aussi donc le package a été très enrichissant.

Tu apprends à très bien connaître les gens en passant beaucoup de temps avec eux. Tu as parlé à beaucoup d’hommes qui ont pu moyennement apprécier l’expérience mas demande aux femmes et tu verras la différence dans leurs réponses.

 

08. Vous avez partagé la scène avec beaucoup de groups différents, de NIGHTWISH à plus récemment THE MISSION. Comment cela s’est-il passé et avez-vous vu des différences entre les publics ?

Oui même si j’ai du mal à te répondre précisément car nous avons passé un mois en compagnie de NIGHTWISH et seulement quatre jours avec THE MISSION. Cela a bien fonctionné dans les deux cas, les artistes étaient très sympas et le public nous avons été très bien accueillies par leurs publics. Nous n’étions pas inquiètes nous n’avons pas connu de mauvaises expériences jusqu’à présent. Je pense que notre arrivée sur scène peut s’avérer assez impressionnante, quatre jeunes femmes habillées et maquillées comme cela…

Cette intimidation du début, cette inconnue concernant ce que nous allons jouer, évite aux gens d’être agressifs avec nous. Nous allons rencontrer les gens sur notre stand merchandising après le concert et cette image froide et distante disparait alors. Nous sommes amicales et les gens apprécient cela. Normalement le public nous aime bien (rires).

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09. Vous jouez beaucoup avec cette image sexy/gothique. Ne pensez-vous pas parfois que cela favorise la forme au détriment du fond, le superficiel de l’image par rapport à la musique qui reste la plus importante ?

Je comprends ta question et je ne parle ici qu’en mon nom. J’ai réfléchis à cet aspect des choses et j’ai pu en parler avec des amies très marquées par le mouvement féministe. Je craignais leurs réactions mais en fait j’ai pris la position suivante : je fais ce que j’aime et je peux ainsi jouer du violoncelle au sein d’un groupe que j’aime beaucoup. Nous sommes toutes très concentrées et travaillons dur pour progresser. Je m’habille comme je l’entends j’ai ma position dans le groupe et sur scène. Notre public est surtout métal et masculin mais nous sommes acceptées comme nous sommes. Je pense que nous les impressionnons beaucoup.

Nous ne sommes pas des poupées idiotes et nous savons ce que nous faisons. Nous sommes sûres de notre fait et cela se ressent quand nous entrons sur scène. Tout cela n’est pas une obligation extérieure, du management par exemple, qui nous demanderait de rentrer dans un moule. Nous restons maîtres du jeu. Ainsi cela me convient. J’en parle avec beaucoup de femmes qui ne trouvent pas que cela soit mauvais ou dégradant. Et les femmes du public ne sont pas hostiles envers nous, elles viennent parler avec nous facilement dans être intimidées. Personne ne nous pousse à aller trop loin, nous restons intouchables et en contrôle de notre image. Cela fonctionne bien ainsi.

 

10. De nombreux artistes (souvent de groupes extrêmes) qui se maquillent et se déguisent également expliquent qu’ils deviennent quelqu’un d’autre une fois le costume enfilé. Est-ce pareil pour vous ?

Oui c’est toujours comme ça au moment où tu rentres sur scène. Mais c’est vrai également même dans un orchestre classique au moment où tu te présentes devant le public. cela fait partie du job de musicien professionnel, il faut jongler avec différentes obligations et il y a parfois de quoi tomber dans une certaine confusion. Tu dois pratiquer et répéter encore et encore, en étant toujours très concentré, être le centre de l’univers pour monter plus tard sur scène et offrir une belle performance. Nous sommes souvent pas très loin de la schizophrénie.

Dans tous les cas tu mets un masque avant de jouer sur scène. Je pense que les autres musiciens seraient d’accord, ce n’est pas un rôle, nous ne jouons pas quelqu’un d’autre cela reste nous mais dans un configuration mentale spécifique entièrement tournée vers la performance à donner. Cela reste moi.

 

11. Vous essuyez pas mal de critiques sur le fait que finalement vous suivez avec opportunisme la voie ouverte précédemment par APOCALYPTICA sans rien apporter de bien nouveau. Comprenez-vous ces réactions ?

Je ne suis pas sûr qu’ils aient bien écouté notre musique s’ils pensent cela, le concept est totalement différent. On nous pose beaucoup cette question et nous sommes également beaucoup comparées à eux. C’est un honneur d’une certaine façon, cela ne me dérange pas. Nous proposons une démarche très différente, maintenant ils proposent des compositions originales, les reprises n’ont duré qu’un ou deux albums. Leur objectif principal n’est pas de reprendre des chansons. Ils ont un batteur et un chanteur désormais. C’est totalement différent. Mais si tu les connais, n’hésites pas à leur parler de moi (rires).

 

12. As-tu entendu parler d’un groupe russe appelé SILENZIUM ? Il vous ressemble beaucoup…

J’ai entendu parler d’elles mais je ne connais pas vraiment. Je regarderai leur site internet pour en savoir plus.

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13. Pour revenir à Liberté, Egalité, Sensualité, comment c’est fait le choix des chansons, des tubes en France mais pas très connus en Allemagne non ?

En fait certaines chansons ont également connu un beau succès en Allemagne. Il s’agit de « Poupée de cire Poupée de son » car France Gall a également fait carrière en Allemagne avec des chansons chantées en allemand. Tout le monde la connait. Pour les autres, j’ai été impressionnée par leur beauté et musicalité. « Marcia Baïla » est un titre très fort avec des jaillissements et une belle intensité. J’ai aimé cette folie et les paroles assez sombres, la vidéo… On m’a posé beaucoup de question aujourd’hui à propos de NOIR DESIR à cause de la polémique en France sur son chanteur. Nous savions que cette polémique existait mais ce n’est pas simple pour nous en tant que groupe de fille de parler de cela. Mais la chanson est géniale.

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

C’est super difficile. J’ai étudié le violoncelle baroque, différent du violoncelle moderne et je dirai donc les Sonates de Vivaldi même si cela peut sembler cliché. Elles sont sous-estimées. Pour un choix plus rock, la musique du groupe punk TERRIBLE FEELINGS et la voix magique de Manuela Iwansson ou encore les albums d’OPETH comme Damnation.

 

2. Premier album acheté ?

Imaginations from the Other Side de BLIND GUARDIAN de la part de mon petit ami. J’ai acheté moi A Night at the Opera.

 

3. Dernier album acheté ?

J’ai acheté Damnation d’OPETH car j’avais perdu le mien.

 

4. Le clip vidéo favori puisque tu aimes cela ?

Un clip de Britney Spears car c’est toujours soigné et assez trash, comme « Toxic » ! Très frais. Aussi un clip de CAUGHT IN THE ACT, un boys band. On les voit eux tout simplement, sans t-shirt. Thrash à souhait, j’adore !

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

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