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Depuis 1983 et la démo Anachronism, Voivod s’est toujours présenté en défricheur musical. Si le thrash-metal des débuts a peu à peu muté en metal progressif, l’envie des Canadiens d’aller de l’avant se fait encore sentir. Leur dernier album The Wake en est la preuve. Leur visite au Ferrailleur de Nantes était donc l’occasion pour Voivod de célébrer trente-cinq ans d’une carrière ayant connu plusieurs vies.

Le set commence sur les chapeaux de roue. Avec « Post society », plus de doute, le groupe est en pleine forme. Snake et consorts se donnent comme jamais ; et le public le leur rend bien. C’est la panacée. Les anciens jouent carrés, à l’image d’Away, virtuose aux baguettes. Snake est LE frontman : charismatique en diable. Les petits nouveaux ne font pour autant pas de la figuration : Dan Mongrain est bien le digne héritier de Piggy, tant dans son attitude que dans ses riffs. Les rythmiques post-punk de Rocky, le dernier arrivé, font mouche.

La température monte. Pendant tout le concert, les « joyeux anniversaire » animent joyeusement la soirée. Voivod est à la fête et ne boude pas son plaisir en puisant dans son imposant répertoire. On retrouve les classiques (« Technocratic manipulators », « Ravenous medecine », « The prow », « Into my hypercube »…). The Wake n’est pas en reste ; trois « pièces » (comme on le dit au Canada) sont offertes au public en ébullition.

Puisqu’il faut bien, à un moment donné, en finir, « Overreaction » sonne le glas des festivités. Le groupe n’est pas avare en serrages de mains et remerciements. Bonheur partagé, on quitte cette soirée anthologique les yeux pleins d’étoiles.

Nico.

Ps : Une interview de Away est à venir. Restez connectés.

Le vingt-neuf Septembre prochain aura lieu, à Vallet, la dix-septième édition du Muscadeath. En deux temps/trois mouvements, nous nous sommes empressés d’aller interviewer Ben, organisateur de l’évènement.

Salut Ben, entrons rapidement dans le vif du sujet. ENFIN, Agressor figure à l’affiche du Muscadeath ! On peut considérer cela comme un aboutissement, non ? Raconte-nous pourquoi ce n’est QUE maintenant que le groupe d’Alex Colin Tocquaine se retrouve dans la sélection de cette année.

Salut Nicolas ! Effectivement, Agressor était quasiment le seul groupe des pionniers du Metal français à ne pas être venu au Muscadeath. Une absence qui s’explique par des aléas : dispo du groupe, programmation, etc.. Il fallait trouver l’affiche dans laquelle Agressor aurait toute sa place et surtout sans redondance avec les autres groupes. Cette année, ça colle parfaitement dans le sens où Agressor et son thrash/death old-school, est le seul à proposer ce style en haut de l’affiche.
On peut donc dire que leur présence cette année est comme un aboutissement dans le sens où tous les grands noms du death thrash français seront passés au Muscadeath.

Les têtes d’affiche du festival sont généralement des groupes « classiques » du genre. Cette année, Benediction tient le haut du pavé. Question que je te pose tous les ans : comment fait-on pour avoir un tel groupe à l’affiche du Muscadeath ? Étant donné qu’il se fait assez rare…

Déjà parce que nous apprécions Benediction, les pionniers du style ! Et surtout, on ne les voit plus dans des salles mais uniquement en festival. Voilà, nous avons pensé à eux et nous avons tout fait pour les faire venir au Muscadeath! Nous avons de nouveau travaillé avec Fred de Garmonbozia, tourneur qui a de très bons groupes en la matière.

Concernant Benediction, étant donné que Dave Hunt est au chant, n’y aurait-il pas eu moyen de s’arranger pour avoir une affiche avec Anaal Nathrakh ?

A vrai dire, je n’y ai pas pensé ! Après, avoir deux fois le même chanteur dans une soirée, je ne suis pas trop fan même si les styles sont complètement différents. Je préfère aussi garder les places pour les groupes qui sont sur nos listes de souhaits et Anaal Nathrakh n’y est pas encore.

Cette année, la programmation est encore très variée. On rajoute cette fois du grind (SDC), du death avec Saxo (Wild), des vieux de la vieille (Agressor, Benediction) et du slamming death metal. Je vais faire le vieux con, mais qu’est-ce que c’est le slamming death metal ?

Oui, nous essayons de varier les plaisirs tout en restant sur notre style de prédilection, le death-metal ! Le slamming death-metal est un sous-genre du brutal death que j’écoute depuis quelques années déjà. C’est assez simple avec des mosh part et des voix ultra gutturales.
Je pense que c’est vraiment à découvrir et c’est pourquoi nous avons fait le choix de prendre directement une des références du style avec les Portugais d’Analepsy.

Parlons de la précédente édition. Avez-vous rempli tous vos objectifs ? Le public augmente t’il au fil des années ?

On a rempli nos objectifs l’an dernier et je dirais même mieux que l’année précédente ! Nous avons fait 520 entrées, et il nous en fallait 500 pour être à l’équilibre, donc l’objectif a bien été rempli. La fréquentation augmente d’année en année, ce qui est carrément cool, car nous pouvons investir un peu plus à chaque édition et avoir de belles têtes d’affiche.

Cette année, pas mal de festivals, tout genres confondus, se plaignent du manque de soutien de l’Etat ou des subventions qui baissent. Quel est le point de vue du Muscadeath par rapport à tout cela ?

Alors pour nous c’est très simple, nous ne demandons aucune subvention, hormis celle de la mairie qui consiste à avoir une réduction sur le prix de la salle. Cette réduction est accordée d’ailleurs à n’importe quelle association valletaise. Donc ça ne change rien pour nous.

Le Muscadeath a lieu le même jour que le concert de Wardruna au Château des ducs de Bretagne. Tu n’as pas peur qu’une partie du public préfère assister au concert des Norvégiens ?

Quand nous avons appris ça, je dois dire qu’on s’est dit « cette année ça va être très chaud !! » Après, on espère quand même avoir notre public habituel ; certaines personnes viendront aussi après le concert de Wardruna qui ne doit pas finir trop tard, et il n’y a que 20 minutes de route.

As-tu déjà des idées pour l’année prochaine, et surtout pour les 20 ans qui se profilent doucement, mais sûrement ?

Avant de savoir ce que l’on fait pour 2019 on va attendre sagement que cette édition 2018 se passe.
En fonction des retours on verra pour de nouveau programmer du lourd, bien sûr !! Nous avons notre liste de combos en prévision… Pour la 20eme édition, pas de projet pour le moment, quelques idées mais rien de décidé. Chaque année est une remise en question totale.

En tout cas, merci à toi pour ton soutien et rendez-vous à tous le 29 septembre pour le Muscadeath XVII.

Merci à Ben pour sa disponibilité et ses réponses. Pour plus d’info sur le Muscadeath, il suffit de cliquer ici.

Nico.

Après l’impressionnant Bronze, Crippled Black Phoenix s’est trouvé dans une position délicate : donner un successeur à un chef d’œuvre. Great Escape, qui nous intéresse aujourd’hui, est donc sujet à toutes les attentes. Même si entre temps, le groupe de Justin Greaves n’a pas chômé : une tournée passant par le Hellfest et un E.P (Horrific honorific) qui ont confirmé tout le bien que nous pensions de CBP.

Ce huitième album ne se livre pas facilement. Plusieurs écoutes sont nécessaires. Il faut du temps pour décrypter les objectifs musicaux de Justin Greaves. Ces derniers sont assez flous, à l’image de cette mystérieuse photo en couverture. Mais la tambouille habituelle est au rendez-vous : rock progressif, cold wave, post-rock. L’ensemble fonctionne la plupart du temps. « Times, they are raging », du haut de ses onze minutes, nous donne un aperçu du meilleur de CBP : une musique libérée de toute contrainte. « Nebulas » nous rappelle la cold wave des eighties, tandis que « Madman » propose une approche plus électronique. L’affaire se conclue sur le gros morceau éponyme séparé en deux parties. Vingt minutes massives dont les envolées évoquent leur influence principale : Pink Floyd.

Great escape est pourtant un album ambivalent. Son principal « problème » est de passer après l’indispensable Bronze, même si le niveau reste très élevé. A l’auditeur régulier d’être partagé entre déception et enthousiasme, aux nouveaux venus d’être fascinés par ce groupe indéfinissable mais passionnant.

Nico (7,5/10)

Site Officiel : http://www.crippledblackphoenix.co.uk/

Season Of Mist/2018

01. You Brought It Upon Yourselves 02. To You I Give 03. Uncivil War (Pt. I) 04. Madman
05. Times, They Are A Raging 06. Rain Black, Reign Heavy 07. Slow Motion Breakdown 08. Nebulas 09. Las Diabolicas 10. Great Escape (Pt. I) 11. Great Escape (Pt. II)