Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Un peu plus de deux ans après notre dernière rencontre, quoi de neuf ?

SF : Eh bien un nouvel album ! Un changement de marque guitares, de micro aussi, de nouveaux projets à venir, une nouvelle maison de disque, de nombreux changements… Des changements subis ou provoqués ? Provoqués. A partir du moment où je sens qu’un truc ne va pas comme je veux, que cela pourrait être mieux optimisé ou mené plus à fond, j’y vais sans me poser trop de questions.

 

02. Sur la page Facebook d’Adagio, on peut lire le 17 septembre 2013 Oui je sais ce que tu vas dire « You guys like Underworld right ? Stéphan Forté just sent us a message to tell he's writing a new song for Adagio's next album, and this is on the good way to be the new "Next Profundis" About the famous question: When will the new Adagio be released: Answer: November 2014 ! And yes, it's gonna be more progressive than ever Cheers”. Donc on se dit le voici le nouvel ADAGIO… Pourquoi ce renversement ?

Nous ne sommes pas encore en Novembre (rires) ! Il faut préciser que ce disque Enigma Opera Black n’a jamais été un potentiel nouvel album d’ADAGIO. Le disque d’ADAGIO est en fait quasiment terminé, depuis assez longtemps d'ailleurs. Je dois encore bosser sur les arrangements et on doit enregistrer également quelques petites choses ici et là. Mais ce "retard" est voulu, j’avais besoin de prendre du recul par rapport au groupe, une certaine lassitude s’était installée pour des tas de raisons, le management de l’époque voulait nous diriger vers une voie qui ne me plaisait pas pour le groupe et donc j’ai eu besoin de prendre l’air. Il fallait que je respire.

 

03. Donc ton précédent album solo a fait naître une envie qui t’a poussé à enchainer avec un second opus solo dans la foulée ?

Oui absolument. Je me suis tellement éclaté que je me suis dit qu’il fallait que j’attaque un un nouveau disque solo dans la foulée. Enfin "dans la foulée" est une expression exagérée car je suis assez long à travailler. Cela fait quand même déjà deux ou trois ans pour The Shadows Compendium donc tu vois ce n’est pas si rapide que cela.

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04. Quel est ton état d’esprit à quelques semaines de la sortie "dans les bacs" de Enigma Opera Black ?

Les guillemets autour de "dans les bacs" sont importants mais nous y reviendrons. Je suis excité, motivé enthousiaste. Je ressors extrêmement positif de la période précédente autour de The Shadows Compendium. Oui ces albums solo, des instrumentaux, ne s’adressent et n'intéresseront peut-être qu'une partie réduite du public métal mais ce qui est fou c’est que les retours que j'ai reçu avec cet album instrumental ont été bien meilleurs qu’avec l'ADAGIO des derniers temps. Avec le groupe nous étions un peu dans le flou, dans un certain stand-by. Un exemple, plus de gens me suivent sur mon Facebook que sur celui d’ADAGIO. C’est révélateur.

Mais il s’agit aussi du reflet de l’enthousiasme que je mets dans les choses. Je passe beaucoup de temps à correspondre avec les gens, à répondre aux messages sur les médias sociaux… Ma carrière perso prend le dessus en ce moment, j’ai fait des dates avec Marty Friedman dans toute l’Europe, des changements au niveau de mes partenaires et je progresse de côté-là aussi. Et j’ai fait tout cela sous mon nom.

 

05. Je vais être honnête avec toi ADAGIO a commencé comme une bombe avec un super premier disque, David Readman, de supers visuels, le deuxième pas mal et ensuite une lente descente aux enfers, des galères de chanteurs, une orientation plus extrême qui ne me plaisait pas… Pour beaucoup ADAGIO devenait synonyme de galères.

Tu résumes le parcours du groupe depuis ces débuts… Et tu mets le doigt sur les raisons pourquoi j’avais besoin de respirer. ADAGIO doit rester pour moi une activité dans laquelle je peux prendre beaucoup de plaisir, être content de faire de la musique avec mes camarades, mes potes. Cela doit rester un truc d’amis. Et là je ne me reconnaissais plus, je n’aimais pas le chemin que nous étions en train de prendre… Nous devions formater la musique d’une certaine façon parce que, voilà…

Je mets beaucoup de temps à sortir le nouvel ADAGIO parce que j’ai d’abord essayé de coller aux demandes du management, enregistrer, refaire, encore et encore à la demande du management. Il s’agissait alors d’un management anglais, de chez Sanctuary (qui a géré IRON MAIDEN…) et sa volonté était d’aller vers le mainstream, de faire d’ADAGIO à groupe à hits, si cela est possible, dans un genre métal mélodique. Donc moi bêtement j’ai essayé d’aller dans cette direction là et cela m’a gonflé. Il fallait des structures format chanson diffusables en radio, uniquement basé sur le refrain, un refrain super accrocheur et ADAGIO ce n’est pas ça. Mais on l’a fait, j’ai les bandes, avec deux chanteurs, Mats Leven et Kelly Carpenter.

Il y a des trucs cool que je pourrais réutiliser dans le futur peut-être. Vu le temps que j’y ai passé, les refrains sont top mais l’ensemble n’est pas ADAGIO. Peu ou pas de soli, très courts, pas trop techniques… bref plus une obligation qu’un plaisir. J’ai besoin de liberté et c’est pourquoi je suis autant à fond sur mon truc solo.

 

06. Le site internet officiel d’Adagio n’est plus mis à jour depuis 2011, inquiétant ? Quel est le devenir du groupe ?

Du bon est à venir. Ma décision a été de revenir à ce que j'aime, ce qu’est ADAGIO pour moi et j’ai donc arrêté ma collaboration avec ce management. Effectivement les sites d’ADAGIO sont en pause pour l’instant. Mais je veux revenir sur ce que tu disais sur le fait qu’ADAGIO est un groupe qui est parti en trombe. Le bordel est venu des changements de line-up aussi c'est sûr mais aussi de l'environnement du groupe. Le label a mis le paquet pour lancer le truc au début. Et puis ensuite le deuxième album ne lui plait pas, il est trop progressif donc il a tout arrêté, démerdes-toi. Donc d’un coup nous sommes passés de tout en haut à tout en bas en termes de soutien autour de nous, de support de notre label… Un solide budget a été mis dans la production, c’est vrai il faut le reconnaître, mais l’enthousiasme du label n’y étais plus.

 

07. Et en plus cela commence alors à foirer avec Readman

En plus oui, nous avions recommencé à tourner un peu avec lui mais cela devenait compliqué. Pas avec David directement d’ailleurs mais avec une partie de son entourage. Chaque fois que j’avais un plan ou un concert, il fallait rediscuter et le cachet augmentait. Je n’ai rien de négatif à dire sur David que j’aime beaucoup mais ce n’était pas lui qui décidait en réalité. Le management devenait une barrière. ADAGIO lui plaisait, il était mis pas mal en avant, sa voix était bien utilisée, il pouvait faire la preuve de sa palette vocale mais il a préféré rester accrocher à son autre groupe (PINK CREAM 69). Pour revenir au début de te question. Quand je compose cela sort comme du ADAGIO ou comme autre chose. Ce qui sortait naturellement était plutôt dans la veine de The Shadows Compendium, cela me plaisait énormément et donc le choix naturel s’est fait pour un second opus solo avant un nouvel ADAGIO.

 

08. Combien de temps as-tu mis pour composer, enregistrer… ce nouvel opus ?

Cela représente environ un an de travail, un an de demi en fait. Mais j’y suis allé tranquille j’ai choisi de prendre mon temps et de ne pas brusquer les choses. Je me fixe un agenda, pas au quotidien mais au moins une deadline, la date où tout devra être bouclée au niveau de la composition. A partir de là, j’agence mon emploi du temps avec mes autres obligations quotidiennes. Le risque n’est pas de ne rien avoir au moment fatidique mais que finalement à posteriori, après réécoute, cela ne me plaise pas. Si c’est le cas, et bien je reprends tout. A tout moment je peux enregistrer sur mon téléphone ou écrire sur le coin d’une nappe une idée une inspiration soudaine. Je peux même me coucher, m’endormir et tout d’un coup une mélodie me trotte dans la tête et malgré la fatigue je me lève, je rallume l’ordi et je l'enregistre. Parfois tout viens d’un coup, très précisément et je grave alors sur bande le tout, les arrangements, les orchestrations… C’est un flot.

Sur une année, certains moments sont très calmes, rien ne vient ou cela ne me plait pas. Et d'un coup les digues lâchent et là je peux y passer des heures et des heures. Je jette énormément. Des fois ce n’est pas génial sur le moment mais je le garde car parfois je le réécoute à froid et une autre idée va faire tilt et cela va me lancer sur une autre piste. C’est un rebond d’un rebond d’un rebond et cela fonctionne tout le temps ainsi pour moi. L’inspiration peut venir à chaque instant. C’est marrant car tous les matins, je n’ai pas le souvenir d’un matin ou ce ne soit pas arrivé, je me lève avec un air dans la tête et cela peut rester ainsi toute la journée. Et il faut que je l’écoute pour l’exorciser. J’ai de la musique dans la tête tout le temps.

Cela peut venir de tout, un jingle, une pub ou parfois des mélodies qui viennent de chansons connues. Cela peut-être Cabrel ou un chanteur de ce genre mais je n’entends dans ma tête que le thème et pas les accords réels. Derrière, dans ma tête, j’entends mes accords. Je transpose automatiquement dans mon univers. Ce ce qui fait la musique ce n’est pas le thème mais bien les accords derrières. Transformer ces accords peut changer radicalement le truc et les gens ne peuvent souvent pas deviner d’où cela pourrait venir. 

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09. Parle-nous de ta collaboration sur Enigma Opera Black avec Marty Friedman, comment s’est-il déroulé ? Que représente ce dernier pour toi ?

Je commence par le deuxième point. C’est une de mes plus grandes influences avec Jason Becker. Les deux forment un ensemble avec CACOPHONY bien sûr. L’un est très technique, Jason, et l’autre est, à son sens… Tous les deux sont très techniques et mélodiques mais l’autre est… un peu comme Murray et Smith dans IRON MAIDEN, ils se complètent admirablement bien. L’un joue sur le mélodique et l’approche des notes alors que l’autre est peut-être un peu plus véloce. Et là c’est le même principe, à un autre niveau de maîtrise guitaristique bien sûr. Oui Marty Friedman c’est une référence, tous les solos de Rust in Peace, pour moi, il n’y a rien à jeter, ils sont prodigieux.

Pour ma première rencontre avec lui, je travaillais alors pour un magazine qui s’appelait Guitariste et je m’occupais de la rubrique pédagogique métal. Et donc j’avais eu à l’interviewer, cela doit faire six ou sept ans. Il était venu à Paris et j’avais assuré l’interview à travers une private lesson, j’avais été dans le bus avec ma gratte. Et au bout d’un moment il me dit que cela le gonfle et qu’il préfère que nous jammions tous les deux. Donc je dis ok et nous avons joué deux heures ensembles et tu devines que j’étais aux anges, nous avons jammé sur des trucs de CACOPHONY de MEGADETH… Nous nous sommes alors liés d’amitié avant de perdre finalement contact. A la sortie de mon album solo, The Shadows Compendium, mon agent me demande si je suis partant pour faire le Guitare Universe Tour avec Marty en Europe. Tu devines le kiff et donc là nous avons pu passer beaucoup de temps ensemble. Le lien était rétabli et quand j’ai bossé sur ce nouvel album j’ai pensé à lui naturellement. J’aime bien avoir mes potes avec moi sur mes disques. C’était l’occasion de voir si cela le branchait. Il accepté et je lui ai donc envoyé les parties sur lesquelles je voulais qu’il joue.

Pour l’anecdote, c’est assez drôle, la première partie que je lui ai envoyé, j’avais anticipé le fait qu’il me dirait oui car la tournée s’était bien passée et donc j’avais composé une rythmique à la MEGADETH, car c’est ça qui me manque, son travail avec MEGADETH période Rust in Peace. Tout y est au niveau de la progression et si tu l’écoute, même sur le solo tu sais que c’est MEGADETH. Et je me suis dit, parce qu’il a quand même un peu d’amertume envers son ancien groupe, qu’il fallait tenter le coup mais qu’il pourrait ne pas adorer la surprise. Et il m’a répondu qu’il préférerait que je lui envoie autre chose car c’était trop progressif trop compliqué, il n'a pas dit parce que cela sonne trop MEGADETH… Il voulait quelque chose de plus simple et rock n’roll. Bref j’ai compris et je n’ai pas insisté. Donc j’ai refait une rythmique et il m’a envoyé son solo en me disant qu’il en avait trouvé un deuxième mais qu’il voulait que je sorte l’album d’abord avant de me l’envoyer. Depuis j’ai écouté et je préfère la première version.

 

10. Un mot des autres guests, pourquoi eux ? Marco Sfogli, Paul Wardinghamn & Andy James ?

Je connais vraiment bien Marco et Andy et le public aussi un peu à travers leur projet comme les disques de James LaBrie pour Sfogli. Les gens connaissent sans doute un peu moins Paul Wardinghamn, il a un concept cyber assez intéressant mais son solo sur cet album est absolument fou, prodigieux. C’est un mec phénoménal. Je le connais via Facebook, il habite en Australie et ne voyage pas aux USA ou en Europe. Nous avons beaucoup échangé mais je ne l’ai jamais rencontré. Mais je suis fan de ce jeu. Notre approche et notre technique sont très similaires mais si son positionnement n’est pas néo-classique : tapping, sweeping des trucs comme ça. Très heureux de sa contribution.

 

11. Pourquoi ce choix de lancer son label Zeta Nemesis Records ? Démarche surprenant et à priori à contre-courant de l’histoire qui veut qu’il n’y a plus d’argent à gagner avec des disques… Déçu du music system ?

Il y a plein de raisons et surtout pas une brouille avec Listenable qui avait sorti The Shadows Compendium. J’apprécie beaucoup Laurent de Listenable, ils ont fait un super boulot avec le disque. Il a bossé un disque instrumental de guitares comme il travaille un groupe de métal et ça c’est rare. Mais pour moi le modèle a encore évolué, chaque année cela change sur le moyen de consommer de la musique, de générer des revenus… Et je voulais être libre de savoir comment et avec qui je bossais. Et la grosse différence finalement quand tu es avec un indépendant petit ou moyen, pas un major ou un très gros indépendant, se place au niveau de l’investissement pour couvrir les coûts.

Généralement le label avance les sommes nécessaires pour l’enregistrement et la mise en bas et il récupère ensuite une belle partie des ventes. Et moi j’ai trouvé que ce n’était plus vraiment intéressant pour moi, vu le paysage, de sortir un album en bac, donc devoir verser de l’argent à un distributeur pour cela, à un label pour cela, payer pour une promo alors que je préfère faire tout cela moi-même car je vise la marché nord-américain et Listenable n’est pas implanté là-bas. Donc je préfère investir moi, gérer moi-même la promo en France et en Europe grâce à mes contacts et mon carnet d’adresse car je tourne depuis 10 ans avec ADAGIO donc j’ai les contacts, embaucher une assistante pour la mise en place… Le budget ainsi dégagé par le DIY me permet de mettre le paquet sur les Etats-Unis via une grosse agence de relations publiques là-bas.

En fait je sors le disque sur toutes les plateformes numériques et ceux qui l’ont pré-acheté le recevront le 28 octobre. En physique il ne sera disponible que sur deux endroits, je fais un essai. Amazon, donc j’ai fait un deal avec eux (le site US, le site Japon…) et uniquement sur mon site via une boutique en ligne refondue est optimisée.

 

12. Donc à la FNAC on ne trouvera pas le disque en version digipak ?

Non car aujourd’hui, en discutant avec beaucoup, qui va encore à la FNAC pour acheter ses sds ? Beaucoup commande sur Amazon ou sur les sites numériques ou de streaming. Donc est-ce que cela vaut encore le coup de donner un pourcentage à un certain nombre d’intermédiaires ? C’est un essai mais il faut s’adapter, il y a moyen de générer de l’argent.

 

13. Tu as lancé une action de financement participatif pour réaliser un clip. C’est un succès avec 7000 euros récolté. Pourquoi ne pas avoir fait aussi du crowdfunding pour financer l’enregistrement ?

A la base je n’ai pas très favorable à ce moyen de financement. Car pour moi cela fait genre, l’artiste n’a vraiment pas de thunes, il n’a aucun moyen donc il a recours à cela pour avancer. Et en voyant que STEEL PANTHER le fait, que Georges Benson le fait alors que c’est un énorme artiste donc avec la multiplication des expériences le système a évolué et remet le fan au centre. Et c’est bien lui le plus important. Il aime ta musique et il te soutient donc autant travailler avec lui plus en lui offrant des choses en échange plutôt qu’avec un label qui va faire des deal à 360 et prendre sur tout car ils ne s’ne sortent pas uniquement avec les disques. Donc je me dit allez, j’essaye sur le clip.

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14. Mais cela reste surprenant car cela sert encore à quelque chose un clip de ton point de vue ?

A l’origine je ne voulais pas faire de clip mais pour la promo US eux ils ont besoin de matière pour bosser et cela passe par un clip. Même pour YouTube cela prend une telle ampleur maintenant. Toi ou moi on doit être de la même génération donc on a du mal à se rendre compte mais aujourd’hui c’est vital. Regarde le nombre de gens devenucélèbres uniquement par YouTube ! Il existe des stars de la guitare sur YouTube. Donc il me fallait investir dans une vidéo chiadé pour exister et avoir une vitrine sur les plateformes vidéos.

Je parle avec mes neveux qui ont dix-huit ou vingt ans et eux ne fonctionnent plus comme nous les vieux. Je leur demande comment ils consomment, je fais mon petit sondage. C’est fou, ils ne consomment plus du tout comme nous, ils n’ont même pas d’appareils pour lire des cds… Tu vois, le promo de ce nouveau disque est sur une page internet plus de version physique. Et j’étais comme toi avant très attaché aux versions physique et maintenant j’ai tout viré, tout numérisé et c’est un gain de place fou. Même mes vinyles, j’avais tous les MAIDEN de mon adolescence. Désormais plus rien.

 

15. Petit tremblement de terre dans le landerneau métal, passage de LAG à Ibanez. Que cela t’apporte-t-il ?

Avant toute chose comme pour Listenable, je suis très respectueux et reconnaissant envers mes anciens partenaires et je ne les remercierai jamais assez du boulot fait. Donc après une super collaboration de quinze ans avec LAG, j’ai changé. Je suis ultra fan d’Ibanez depuis des lustres mais avant j’étais sans doute trop jeune et pas assez exposé pour pouvoir les intéresser. Quand j’étais chez LAG il était hors de question de passer chez qui que ce soit d’autre. Je vais chaque année au selon de la musique à Los Angeles (NAMM) et je rencontrais là-bas les représentants d'Ibanez. Ils sont venus me voir lors d’un concert avec ADAGIO en Hollande, bref bous étions en contact.

A un moment l’opportunité est apparue et c’est plutôt bien tombé. J’avais fait mon temps chez LAG cela ne pouvait plus t’apporter alors ce dont tu as besoin car ils ont pris une direction différente de la mienne. C’était le bon moment et j’ai donc sauté le pas, j’ai accepté de travailler avec Ibanez et je suis super heureux. Une guitare signature arrive, le proto est fini nous attendons juste le micro pour boucler.

 

16. Donc pour terminer quelle est la suite des événements ?

La sortie de ce second disque le 28 octobre avec une tournée masterclass dans toute la France à partir de novembre. Facebook pour avoir toute les infos. Et donc rappeler que le disque sera uniquement disponible sur Amazon.com et sur le site du label.

 

17. En 2012, je t’interrogeais sur la malédiction du chanteur chez ADAGIO ? Tu me disais alors ton espoir que Kelly Sundown Carpenter soit le bon. Alors deux ans plus tard ?

Et bien je n’en sais rien. Cela peut être lui, cela pourrait être Mats voir même les deux j’en sais rien encore. Le but comme pour mon projet solo n’est pas commercial, l’idée est de se faire plaisir, tous ensemble et comme ces deux chanteurs ont deux timbres différents cela peut s’avérer intéressant et complémentaire. Pourquoi pas deux chanteurs. C’est peut-être la solution… Donc peut-être pour 2015 sur mon label.

 

Tous nos remerciements à Ingrid pour avoir rendu cette interview possible.

 

Facebook de Stéphan Forté

Site du label

Boutique de Stéphan Forté

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01. Tout d’abord merci de prendre le temps de répondre à nos questions

Dan Kenny: Pas de souci, que le jeu commence !

 

02. You Can't Stop Me est désormais disponible en Europe. Avez-vous déjà reçu des réactions de sites internet / fans et de personnes ayant téléchargé l’album illégalement ? Dans l’affirmative les réactions sont-elles positives ?

Eh bien, nous avons donné le disque à de très nombreux media pour qu’ils publient des chroniques avant la sortie et donc nous avons eu les première reactions environ un mois avant la sortie en magasin. Honnêtement les gens l’ont vraiment aimé et ils sont très fiers de nous. Et putain, je suis très reconnaissant de cela. C’est la première fois que les chroniques sont toutes positives de toute part.

 

03. Quel était votre état d’esprit au moment de rentrer en studio pour l’enregistrement de l’album ?

Nous voulions donner le maximum pour que Mitch soit fier et que chaque fan soit persuadé que le groupe est bien vivant et heureux de continuer l’aventure.

 

04. A travers tout l’album, nous pouvons sentir une vibration typique de SUICIDE SILENCE, il est aisé de vous reconnaître. Penses-tu qu’il s’agit là de votre marque de fabrique, de votre son ou avez-vous fait le choix de proposer un album « prévisible » pour faire plaisir aux fans qui auraient été déçu du fait que le groupe continue même sans Mitch (car pour eux sans Mitch plus de SUICIDE SILENCE) ?

Nous ne sommes pas aussi intelligents et calculateurs, nous avons simplement le maximum pour être heureux des nouvelles chansons. Si nous sommes satisfaits, nous savons que les fans le seront aussi car nous fonctionnons ainsi depuis toujours. Nous avons essayé de nous contrôler et de suivre le programme prévu mais nous avions cette fois-ci de nombreuses muinitions et nous avons joué avec beaucoup d’émotions. Nous avons composé ce qui nous rendaient heureux, une musique qui nous a fait du bien.

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05. Il s’agit de votre premier album sans Mitch et, avant même la sortie, certains fans ont exprimé leur déception par rapport à votre décision de continuer malgré sa disparition. Peux-tu comprendre cette réaction ou penses-tu que SUICIDE SILENCE ne se résume pas à Mitch et que les fans devraient tourner la page comme vous l’avez fait ?

C’est beaucoup plus profond que cette question superficielle en pièce jointe d’un email qui patiente dans ma boite mail depuis quelques semaines. Je peux comprendre le point de vue de chacun sur le groupe et leurs opinions face à la décision que nous avons prise. Mais à la fin ce qui est arrivé est arrivé et nous sommes là où nous sommes. Et je tiens juste à remercier ceux qui me lisent d’être encore avec nous.

 

06. Après la mort de Mitch, avez-vous envisage de changer de nom ou même de splitter ou était-il clair dans votre esprit que vous ne pouviez pas arrêter et qu’il fallait continuer ?

Toutes les idées nous ont traversé l’esprit comme tu peux l’imaginer. Il faut bien comprendre que nous venions de perdre l’un de nos meilleurs amis et notre chanteur. Le groupe constitue notre activité à temps complet et nous vivions un rêve qui était devenu réalité. Donc perdre Mitch a été comme se réveiller de se rêve et être privé d’une personne fabuleuse. Donc ce fut un sacré traumatisme pour nous tous.

 

07. Quelle a été l’apport d’Eddie pour cet album ? A-t-il apporté des idées neuves pour que SUICIDE SILENCE soit encore meilleur ou n’a-t-il fait « que » chanter ?

Il a été présent dès le début, dès le premier jour de composition du disque. Ce groupe est une famille et nous voulions qu’il le comprenne. Il nous a tous beaucoup aidé et il était présent tous les jours pour la composition et l’enregistrement, il a apporté son énergie et son excitation. Il voulait que nous soyons fiers de nous et que Mitch le soit aussi et il a vraiment tout défoncé pour cela.

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08. A propos d’Eddie, les membres d’ALL SHALL PERISH ont déclaré dans une intrview qu’il avait été forcé de les quitter car le management de SUICIDE SILENCE leur a dit ce qu’ils pouvaient et ne pouvaient pas faire (par exemple ASP ne pouvait pas se produire en concert tant qu’Eddie n’était bien établi en tant que nouveau chanteur de SUICIDE SILENCE). Es-tu au courant de cela ? Et dans l’affirmative, n’est-ce pas un peu délirant de « voler » ainsi le chanteur d’un autre groupe ?

Je ne vais pas me lancer dans la polémique et commencer ici un drame. Les mecs d’ALL SHALL PERISH sont en réalité revenus sur leur parole. Ils ont essayé de nous allumer en affirmant que nous leur avions volé Eddie mais ils lui ont donné leur bénédiction et puis ils l’ont viré de façon assez brutale. Nous n’allons pas de notre côté entretenir cette controverse et les allumer à notre tour. Je leur souhaite le meilleur et j’’spère que nous pourrons à nouveau partager ensemble une scène dans le futur. Eddie pense de même.

 

09. Quelle est la suite (en plus de la tournée européenne avec TAIM et FFAA) ?

Nous allons être co-tête d’affiche avec BLACK DAHLIA aux Etats-Unis en octobre, avec en support ALTERBEAST et CHELSEA GRIN. Nous nous produirons au KNOTFEST également avec en particulier le retour de SLIPKNOT. Mais avant tout, nous allons nous faire plaisir en jouant notre musique et rencontrer certains des meilleurs fans dans le monde qui nous ont soutenus depuis le début.

 

10. Sur FaceBook vous avez plus d’abonnées que des groupes très établis comme CANNIBAL CORPSE, MORBID ANGEL… Penses-tu que SUICIDE SILENCE est plus gros que ces groupe et mérite plus de concerts en tête d’affiche que ces « vieux » groupes ?

Non, non même pas en rêve. Si le nombre d’amis Facebook déterminait qui assure la tête d’affiche d’une tournée, nous serions vraiment dans un monde à la con, qui a perdu la tête. Le rayonnement au sein de ces nouveaux média n’est pas optimal pour ces vieux groupes car, soyons un peu rationnel ici, leurs fans ne sont pas sur FaceBook à cherches leur actualité. Ce n’est pas la façon de faire des fans de la vieille école, ces groupes sont d’une autre génération que nous. Nous sommes des enfants d’internet et nos fans aiment utiliser Facebook pour rester en contact avec nous de la même façon ils utilisaient avant MySpace et avant cela Friendster. Je te parie que si tu demandes à David Vincent s’il a déjà utilisé Friendster dans sa vie, il te répondra sans doute qu’il n’a aucune idée de quoi tu peux bien parler.

 

11. Un dernier mot pour nos lecteurs ?

J’espère que vous avez apprécié la lecture de cette interview autant que moi pour en rédiger les réponses. Cela ne devrait pas être difficile !! Mais si vous voulez vraiment prendre du bon temps, venez nous voir en concert et devenez dingues avec nous car nous faisons cela pour ça. Merci à tous et j’espère vous voir bientôt sur la route. Faites que tout cela reste une réalité !

 

Chronique de l'album ici

Site internet 

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01. Imagine que quelqu’un vit depuis vingt ans dans une grotte. Pourrais-tu résumer le groupe en quelques mots ?

Je dirai que nous proposons un mélange entre la vitesse d’un SLAYER, le côté accrocheur de BON JOVI ou des BACKSTREET BOYS et l’application, le sérieux d’un STEVE VAI. Et je ne dis pas que je suis aussi bon techniquement que ce dernier (rires). Bref dans tous les cas il s’agit d’un groupe spécial.

 

02. Mais si on revient aux débuts du groupe, tel était votre projet, mélanger toutes ces influences ?

Oui en partie mais en fait à l’époque nous aimions beaucoup les groupes comme ANGRA, STRATOVARIUS et HELLOWEEN et nous nous disions dommage qu’ils ne proposent pas de titres plus rapides. Je m’éclatais en écoutant de beaux albums comme Visions de STRATOVARIUS avec trois chansons absolument géniales mais le reste s’avérait un peu ennuyeux. J’aurais voulu que tout l’album soit comme cela et même en plus rapide. Surtout qu’à l’époque j’écoutais beaucoup de thrash et de trucs très rapides donc ce rythme effréné me plaisait. J’aimais bien mais il y avait trop de ballades à mon goût.

 

03. Si nous revenons sur la période The Power Within. Quels souvenirs en gardes-tu ?

A posteriori nous sommes très heureux de cette période et de ce que nous avons réussi à faire à ce moment là. Je garde le souvenir d’une période très existante surtout en travaillant avec un nouveau chanteur qui venait d’intégrer le groupe. Cela a augmenté nos possibilités, ouvert de nouveaux horizons pour nous. Nous savions qu’il disposait d’une large palette vocale, du grave vers l’aigu et cela a excité notre inspiration. De point de vue de la composition de nouvelles chansons c’était vraiment cool. Avant je pouvais être limité en me disant je sais que mon chanteur ne peut monter au descendre que jusqu’à cette note et donc cela pouvait frustrer ma créativité. Là j’ai pu me lâcher et composer ce que je voulais.

J’aime beaucoup des artistes comme Kiske (UNISONIC) ou Kotipelto (STRATOVARIUS) et avec Marc j’ai trouvé un chanteur avec des qualités assez similaires. J’ai toujours trouvé que le mec de LABYRINTH était génial (NDLR : Roberto Tiranti), je rêvais alors de bosser avec un mec comme cela car lui peut tout chanter !

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04. Quelques mois avant la sortie de ce nouvel album comment vous sentez-vous vis-à-vis de ces chansons ?

Je continue à encore beaucoup l’écouter et je prends encore bien du plaisir. Avec le recul maintenant que le disque est fini et dans les tuyaux du label je peux l’écouter sans stress alors que je dois être attentif à tout lors des phases d’élaboration et d’enregistrement.

Donc maintenant que j’écoute ces chansons dans le train ou avec une bière dans la main lors de moments de détente, je me sens moins impliqué, plus extérieur et je peux bien plus en profiter. Tu oublies tous les efforts investis dedans. Certains artistes affirment ne jamais écouter leurs albums et cela me surprend toujours car je ne comprends pas cet état d’esprit. C’est ma musique et je la propose car je l’apprécie beaucoup. Donc je l’écoute encore très souvent en prenant mon pied. C’est la musique que j’aime tout ce que j’attends d’un groupe comme le nôtre.

 

05. Comment avez-vous travaillé pour composer Maximum Overload ?

Nous avons agit différemment cette fois-ci car d’habitude je trouve tout seul dans mon coin avant de soumettre des démos et de travailler avec les autres membres du groupe. Cette fois-ci nous nous sommes retrouvés avec Fred (Leclercq, basse) pour travailler et composer tous les deux ensembles. C’est la première fois que nous agissons ainsi. C’est cool car ainsi nous évitons les batailles pour telle ou telle chanson car nous avons investis tous les deux sur toutes les chansons. Si je travaille égoïstement de mon côté je risque de vouloir favoriser mes chansons, sans permettre aucun changement.

Je composais un morceau et lui complétais ensuite par sa création puis je prenais la suite, et tout ça pour une seule et même chanson. Dans le passé, je me suis retrouvé parfois bloqué pour cette chanson car je ne trouvais pas une suite qui convienne. Là à deux, l’un peut compenser l’autre dans le processus créatif. Nos backgrounds sont assez similaires au niveau musical, nous nous comprenons bien et nous complétons à merveille. Et nos différences enrichissent également notre musique. Cette façon de faire a bien fonctionné cette fois-ci et nous risquons bien d’agir ainsi également pour la suite.

Pour The Power Within je crois avoir tout composé à l’exception d’une chanson. Donc je voyais arriver un nouvel album et je me désespérais un peu de devoir à nouveau composer dix nouvelles chansons tout seul. C’est épuisant car l’inspiration connaît parfois certaines limites. Donc à deux c’est toujours mieux.

 

06. Il s’agit de votre deuxième disque avec Marc Hudson. Cela a-t-il été différent cette fois-ci alors que vous connaissez mieux ?

Oui il y a forcément eu une évolution même si les chansons restent l’œuvre de nous deux, Fred et moi. Mais il a forcément apporté sa pierre à l’édifice de ce nouvel album car il nous connaît désormais mieux, il sait comment nous travaillons et il aussi plus d’expérience en studio pour l’enregistrement. Il a proposé quelques idées sur le chant, en ajoutant ici ou là un cri ou une montée dans les aigus, ce genre de suggestions. Et c’était cool. Il se sent plus ancré dans le groupe et c’est bien mieux ainsi.

Lors de la phase de démo, j’enregistre les lignes mélodiques du chant à la guitare pour ainsi donner les instructions à Marc et lui faire entendre ce qu’il doit proposer. Les paroles sont stupides et seront difficiles plus tard. Après je lui donne les démos, il les écoute énormément pour s’en imprégner et apprendre sa partie et alors en studio il pose ses lignes de chant et nous pouvons alors modifier telle ou telle chose selon les suggestions des uns et des autres.

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07. De ton point de vue quelles sont les principales évolutions entre The Power Within & Maximum Overload ?

Je ne vois pas chaque album comme une progression vis-à-vis du précédent. C’est une image de DRAGONFORCE en 2014 tout simplement, ni meilleur ni moins bon que nos travaux précédents. Je suis fier de tous nos albums qui étaient un bon reflet à l’époque de ce que nous étions, avec nos forces et nos faiblesses. Cela montre de quoi nous étions capables à ce moment précis. Nos personnalités sont capturées dans chacun de nos disques, les goûts et influences de cinq ou six mecs…

 

08. Que peux-tu nous dire des sessions d’enregistrement de Maximum Overload ? Pourquoi avoir choisi de travailler avec Jens Bogren aux Fascination Studios en Suède ?

Là aussi nous avons agit différemment de notre habitude car nous agissions avant toujours de la même façon pour l’enregistrement en studio avec Karl Groom en Grande-Bretagne, avec toutes les guitares mises en boite dans notre studio à la maison… Nous travaillons avec Karl depuis l’époque de nos premières démos, cela fait plus de dix ans sans forcément connaître sa carrière d’artiste avec THRESHOLD ou les autres groupes prog que tu mentionnais. J’ai tout découvert à posteriori dans être trop fan de ce type de musique. Mais c’est un super producteur et nous sommes 100% satisfaits de son travail avec nous.

Cette fois-ci nous avons voulu changer pour voir autre chose tout en sachant que nous retravaillerons tôt ou tard à nouveau avec Karl. Il y a de fortes chances que le prochain soit également réalisé avec Karl ou Jens. Nous avions entendu beaucoup de bonnes choses à propos de Jens et en écoutant les albums qu’il avait produit nous avons essayé d’imaginer ce que cela pourrait donner avec nous. Tu fais en réalité à chaque fois un pari en choisissant un producteur et surtout en changeant. Je dois bien avouer avoir été très stressé en me demandant si c’était vraiment une bonne idée d’agir ainsi. Pourquoi changer alors que ce sera bon avec Karl. Mais les autres étaient enthousiastes et ou pire si c’était catastrophiques nous aurions un plan B.

Je m’inquiétais aussi pour toutes les parties avec des chœurs, assez massives, et je ne crois pas que Jens avait l’habitude de gérer cela. Et c’est important à mes yeux même si beaucoup trouve que ce genre de chœurs sonne de façon un peu ridicule et pompeuse. Et effectivement ce n’est pas trop son truc à Jens, son background est plus du côté de la musique gothique. Mais à partir du moment où Jens a compris ce que nous voulions et où nous voulions aller, il a fait du beau travail. Et c’est cool. Nous avons utilisé différents studios en Suède, l’un pour la batterie et le studio de Jens également. Cela a pris assez longtemps car le processus avance par étape selon les disponibilités des uns et des autres.

 

09. En composant, comment trouvez-vous le bon équilibre entre les différentes marques de fabrique de DRAGONFORCE, les soli stratosphériques… ?

Il me semble que nous sommes désormais plus en contrôle de notre style et tu remarqueras que sur nos deux derniers albums les passages consacrés aux soli de guitares sont désormais bien plus courts. Si tu n’aimes pas spécialement les soli de guitares DRAGONFORCE n’est pas un groupe pour toi et je suppose que ces fans là ne s’intéressent pas beaucoup à nous. Cette évolution a été naturelle mais tout a fait consciente car moi-même je n’apprécie plus tellement d’écouter des chansons qui durent systématiquement dix minutes avec de très longs soli. Et je n’apprécie plus non plus de les jouer.

Avant je faisais des efforts pour composer des chansons de sept ou huit minutes que cela me semblait être nécessaire, notre norme. Donc je me disais qu’il me fallait une introduction à la guitare puis du chant puis le refrain puis un passage instrumental à la guitare, puis quatre soli… Et donc si tu veux mettre systématiquement cela dans chaque chanson tu arrives rapidement à des durées de huit minutes. Désormais je suis assez heureux de n’avoir que deux soli de guitares car cela sonne mieux. Et je peux également écrire des mélodies vocales toute la journée mais cela devient de plus en plus difficile pour moi de proposer de bonnes sections instrumentales. J’ai peut de finir par me répéter, mon inspiration n’est pas illimités comme certains autres.

La composition est dure, dans le passé j’avais tellement d’idée que je pouvais composer des titres de treize minutes mais avec le temps cela s’avère plus ardu. Je ne compose pas pour les autres, pour proposer ce que les gens veulent entendre, le processus reste égoïste et je compose ce que j’ai envie et la tendance va plutôt vers la concision, des compositions plus courtes et ramassées.

 

10. Avec le recul que penses-tu de vos débuts avec la démo téléchargeable gratuitement sur le net… ?

C’était une période très heureuse et amusante à vivre tu sais. Nous étions tellement heureux de pouvoir propose notre musique et faire partie d’un groupe, de notre groupe ! Etant plus jeune j’écoutais et jouais plutôt du black ou du death métal principalement parce que nous ne connaissions personne qui savait chanter et nous avions la fausse impression que dans l’extrême tout le monde peut chanter. Vers dix-huit ans j’étais aussi attiré par une musique plus rock ou power mais pas de chanteur de ce style l’horizon. Donc cette première démo nous remplissait de joie, c’était très cool de notre point de vue.

Nous n’attendions rien de spécial, de devenir populaire, faire la musique était le plus importante. Nous avons pu profiter alors du développement d’internet et je n’y connaissais personnellement rien. C’est tout le travail d’Herman (Lee, guitares) qui découvrait ce nouveau monde et était super excité par les nouvelles possibilités offertes. J’ai eu ma première boite mail car il me l’a créée. Si nous avions pu émerger avant nous aurions peut-être pu rencontrer encore plus de succès et gagner des fortunes mais nous sommes loin de nous plaindre car sans internet nous n’aurions peut-être jamais vu le jour.

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11. Le 3 juin 2014, le groupe annonce le départ de Dave Mackintosh, leur batteur depuis 2004. Celui-ci annonce son départ comme la poursuite de sa carrière vers le Rock Progressif. Dave Mackintosh est remplacé par Gee Anzalone. Que s’est-il passé ?

Oui c’est bien ça, Dave est avec nous depuis dix ans et on peut comprendre qu’à la fin il en avait marre de ce type de musique, à jouer tout le temps des tempi d’enfer. Nous restons très bons amis et nous comprenons bien sa démarche. Il a raison d’agir ainsi s’il peut s’épanouir avec travers de nouveaux projets. Il joue sur l’album et il l’apprécie. Le timing était bon. Nous avions déjà vu Gee plusieurs fois quand il jouait avec KILL RITUAL, lors de festivals par exemple. Il est aussi venu voir notre show à Milan et nous sommes restés à discuter ensuite près du bar à boire des verres et être bourrés.

Fred et moi avons vu certaines de ses vidéos sur internet en train de jouer et par chance nous sommes même tombés sur une vidéo sur laquelle il joue une de nos chansons, « Fallen World » qui en plus est particulièrement rapide. Donc nous avons été impressionnés et nous nous sommes dits qu’un jour ce serait le bon musicien si Dave nous quittait. Donc quand l’opportunité est arrivée nous l’avons contacté en espérant que d’autres groupes ne nous avait pas devancés car nous aimons son style et sa façon de jouer. Il est excellent et il aime le groupe et c’est important que ce ne soit pas qu’un boulot alimentaire.

 

12. Comment travaillez-vous en général les visuels de vos albums ?

Pour certains albums précédents, nous avons simplement trouver un visuel qui nous plaisait sur internet et nous avons alors acheté les droits de l’image en question. Pour Inhuman Rampage nous avons trouvé la bonne image et nous l’avons modifiée pour s’adapter à nos besoins. Pour Ultra Beatdown nous avons commissionné un artiste qui a réalisé la pochette pour nous. Pour The Power Within nous l’avons faire nous même car elle est assez simple et avec le recul franchement pourrie. Je hais cette pochette.

Pour ce nouvel album, pour la première fois, nous avons trouvé une idée de visuel et j’ai proposé un petit croquis pour montrer ce que nous voulions à l’artiste choisi qui est brésilien (Caio Caldas, http://cadiesart.com/) il a déjà travaillé pour pour DORO ou DESTRUCTION… Le concept est venu de nous et il l’a mis en image. L’idée est que de nos jours nous sommes submergés d’informations venant de toutes parts et souvent il y a en a tellement que tu ne sais plus quoi en forme. Nous avons trouvé cette idée en discutant tous les trois avec Herman et Fred. Nous avons trouvé cela cool…

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13. Pire et meilleur souvenir de tournée ?

Quand tu commences tu adores souvent tourner car tu peux jouer tous les soirs, beaucoup t’amuser en étant souvent payer, boire des bières, faire le con et traverser de nombreux pays que tu ne connaissais pas. J’avais un peu d’expérience des tournées avec mon groupe précédent et j’aimais cela. Nous avons aussi monté le groupe pour cela, pour tourner. Quinze ans plus tard, j’aime toujours cela. La première fois c’était cool !

J’aime tout à propos des tournées, bouffe et boissons gratuites, que du bonheur. Même si parfois certains concerts sont plus difficiles avec un public pas réactif, ce n’est pas grave et cela ne suffit pas à gâcher la fête d’être en tournée. C’est mieux que de creuser des trous dans les rues. Le Japon a été extraordinaire, ce fut un rêve, une nouvelle expérience.

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

En ce moment j’aime beaucoup beaucoup « Freedom Call » de FREEDOM CALL. C’est génial !

 

2. Premier album rock acheté ?

MOTÖRHEAD avec Iron Fist

 

3. Dernier album acheté ?

Le dernier FREEDOM CALL en fait, très sympa !

 

04. Un album a-t-il été à l’origine de l’étincelle qui t’a fait vouloir devenir musicien ?

Oui bien sûr, il s’agit d’une chanson « Aces High » d’IRON MAIDEN. C’est cela qui a fait que je me suis intéressé au métal, cette mélodie, ce riff du début m’a scotché ! J’étais chez un ami et il mis cette chanson alors qu’à ce moment là le métal ne m’intéressait pas.

 

05. Et finalement, Arsenal ou Chelsea ?

Tu sais quoi cela ne m’intéresse pas. Je ne critique pas mais je trouve le football particulièrement ennuyeux. Et le pire c’est que j’habite à côté d’un stade, celui de Nottingham Forest. Mais cela me laisse froid ! (rires)

 

Tous nos remerciements à VeryCords

 

Chronique de l'album ici

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