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01. Pour quelqu’un qui découvrirait MONSTER TRUCK avec cet album, que peux-tu nous dire sur le groupe ?

Jeremy Widerman : Nous avons depuis tourné sans cesse et donner un maximum de concert. Depuis que l’album est sorti en mai dernier, nous somme sur les routes. Nous avons écumé les Etats-Unis, joué dans de nombreux festivals. Nous avons pu nous produire beaucoup dans notre pays au Canada en tant que tête d’affiche et ça c’était vraiment cool. Nous voici maintenant en Europe pour nous faire connaître, sur le continent et puis en Grande-Bretagne. Et dès la fin de ces concerts nous retournons de l’autre côté de l’Atlantique pour trois semaines avec ALTERBRIDGE et ALICE IN CHAINS. Ensuite nous repartions pour les festivals d’été et il sera alors enfin temps de nous intéresser au nouvel album.

Jon Harvey : Donc pour résumer, nous sommes un groupe de rock travailleur ! A l’origine nous voulions tout simplement prendre du plaisir et nous amuser en créant ce groupe. Et nous voulons conserver cette approche maintenant que notre carrière est lancée.

 

02. D’où est venue l’étincelle ?

JH : Nous étions chacun dans nos groupes respectifs et nous trainions ensemble. De là, nous avons voulu nous amuser et jouer tous ensemble. Et la mayonnaise a pris entre nous et c’était parti, de façon inattendu et assez naturelle. Nous nous sommes donc assis tous ensembles et avons fait ce que nous savons faire écrire la musique qui nous plaît et nous excite.

JW : l’étincelle est venue du fait que nous ne trouvions pas autour de nous la musique qui allait nous exciter, que nous voulions entendre. Donc nous l’avons fait nous-même. Tu écoutes des groupes de qualité qui possèdent des éléments que tu aimes mais avec également des choses qui te déplaisent. Tu adores quatre ou cinq minutes puis les mecs prennent une autre direction ensuite et tu es déçu. Au début c’était très égoïste pour nous sans l’idée d’aller plus loin et d’en faire une carrière. Mais l’évidence s’est imposée à nous et nous avons alors bossé très sérieusement sur notre musique.

 

03. Si l’on revient un moment sur la période de sortie de vois deux EPs. Que retiens-tu de cette époque ?

JH : Ce fut le pied, très amusant d’être capable de faire des choses concrètes et de sortir des disques. Nous sommes allées à New-York pour enregistrer le premier EP puis ensuite enchainé le deuxième EP avec des personnes de confiance que nous respectons. Le plaisir était évident et immédait et nous ressentions alors beaucoup de pression. Je retiens de cette période les bons moments que nous avons partagés, vivre l’instant sans se prendre trop la tête.

JW : J’ai le souvenir de me poser et d’écouter ce que nous venons d’enregistrer. Je me revois en studio en train de suivre la progression de l’enregistrement et être très fier de notre travail. Je réécoutais aussi nos démos pour le fun. Mon groupe était et reste encore mon groupe favori et ça c’est génial.

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04. Un an après la sortie de ce deuxième album comment vous sentez-vous vis-à-vis de ces chansons ?

JW : Je sais que quand nous avons travaillé sur ce disque et au moment de sa parution nous avions donné le meilleur de nous et c’est la quintessence de ce que nous pouvions donner de mieux à ce moment-là. Nous étions tous supers fiers et nous le sommes toujours. Maintenant avec le recul et après avoir beaucoup pratiqué ces chansons sur scène, je ne peux m’empêcher d’écouter ce qui me plait moins ou les approches différentes que nous aurions pu choisir à tel ou tel moment. Je ne souhaite pas changer une note sur ce disque mais cela nous appris beaucoup de choses et nous agirons différemment sur certains aspects pour le nouvel album. Ce n’est de toute façon pas sain de t’arrêter et de regretter ce qui est déjà fait. Le passé reste le passé. Nous n’avons pas encore notre sommet artistique et c’est tant mieux. Nous avons une vision très claire et très forte de la direction que nous voulons désormais emprunter et c’est encourageant. Je détesterais penser que nous avons déjà atteint notre plein potentiel que nous nous ne ferons jamais mieux que notre premier album.

 

05. Quelle est la chimie au sein du groupe, comment naissent les chansons ? Est-ce le résultat de jams ?

JH : En gros, l’un de nous deux arrive avec le squelette de base d’une chanson avec quelques riffs, des arrangements très succincts et à partir de là, nous travaillons tous ensemble, chacun ajoutant sa patte et sa contribution. C’est un mélange de chansons déjà bien avancées et de jams pour donner corps et épaisseur à la chanson. Nous la réécrivons alors tous ensemble.

JW : De mon point de vue, ce processus est assez génial et cela la première fois que je peux ainsi expérimenter dans un groupe auquel j’appartiens. Nous travaillons de façon très collaborative et je peux écrire et proposer un passage mais je sais que j’ai un filet de sécurité et que si je suis bloqué je peux transmettre à Jon qui va y mettre son grain de sel et avancer. Cela fonctionne dans le deux sens. Il arrive souvent avec des chansons déjà bien avancées alors que moi j’ai des tonnes de petites idées qu’il faut pouvoir assembler pour en faire quelque chose d’intéressant. C’est très amusant de travailler en tant que groupes, tous les quatre.

 

06. Comme vous le disiez précédemment, vous tournez énormément. Donc êtes-vous capables d’écrire sur la route et avez-vous déjà pleins d’idées de chansons bien avancées pour le prochain album ?

JH : Pour moi c’est assez difficile d’écrire lors des tournées. Je travaille et j’avance bien mieux quand je suis de retour à la maison. Mais les soundchecks restent quand même des moments propices pour composer en tournée. En Amérique du Nord, nous avons le luxe de pouvoir profiter d’un bus et cela me permet de m’isoler et de travailler, d’expérimenter de mon côté. C’est alors beaucoup plus facile.

JW : Mes meilleures idées arrivent à l’improviste, n’importe quand et donc j’enregistre sur mon téléphone tout ce qui me plait. J’ai actuellement une grosse bibliothèque de sons et de riffs dans mon téléphone que je réécouterai et je retravaillerai plus tard, au calme. Cette redécouverte sera amusante car biens souvient j’oublie mes idées ou les choses que j’ai enregistrées donc c’est un peu la surprise à chaque fois. Donc il faut souvent que je réapprenne à jouer tel ou tel riff.

JH : Nous tous va bien nous espérons avoir complété l’essentiel de la composition pour le nouvel album pendant l’été, l’enregistrer à l’automne pour une sortie en début d’année prochaine. Mais on verra, il faut utiliser le temps disponible avec intelligence et sagesse.

 

07. Aimez-vous travailler sous pression, dans l’urgence ?

JW : Non je déteste cela, cela ne me convient pas du tout. Cela me rend absolument dingue car j’ai besoin d’être sûr que c’est nous qui aurons la décision finale et qui déciderons quand nous estimons le travail terminé. Quand nous entrons en studio tout est presque entièrement écrit et les versions finales seront finalement assez proches des démos. Il se peut que nous laissions quelques trous ici et là à compléter en studio mais assez peu finalement. Sur des détails, une partie de chant ou sur des chœurs par encore tout à fait en place. Nous ne laissons que de petits détails à régler sur le moment.

JH : Nous voulons avoir des chansons terminées ainsi si pouvons travailler et avancer très vite une fois en studio. C’est si cher en studio que nous voulons être sûrs d’utiliser de façon intelligente notre temps là-bas et ne pas gâcher ces précieuses minutes sur des détails qui pouvaient être gérés avant. Chacun sait exactement ce qu’il doit faire. Mais moi je réfléchis beaucoup, j’intellectualise pour savoir ce que je dois faire et la meilleure façon de la faire. Parfois l’inspiration vient dans l’environnement du studio avec le super son disponible…

Photo ©2013 Andrew Lipovsky / www.AndrewLipovsky.com -- Taking Back Sunday photographed in Bethpage, NY on August 17th 2013

08. Quel retour avez-vous reçu après la sortie de Furiosity et est-ce important pour vous d’être reconnus artistiquement parlant dans votre pays à travers ce Juno ?

JW : Ce n’est pas tant la reconnaissance de nos pairs qui nous intéresse que la possibilité que cela nous donne de donner des concerts et de nous produire sur de nombreuses scènes en Amérique du Nord et en Europe. Nous avons vu une énorme différence, le jour et la nuit, sur les opportunités qui nous était proposées avant et après la réception de ce trophée des Juno. C’est assez bizarre comme sentiment car c’est une conséquence normale de notre travail qui vise à construire un public intéressé par notre musique et près à nous suivre dans nos aventures musicales. Cette reconnaissance est un bonus et cela permet à notre musique de toucher plus de gens et cela en aidera certains. J’aime penser que nos chansons peuvent aider et soutenir des gens dans leurs périodes de doutes ou de peines, les moments difficiles de la vie.

JH : L’impact positif de notre musique sur la vie des gens est une récompense bien plus importante et satisfaisante qu’un Juno. Cette récompense a fait parler de nous dans des médias grand public qui sans cela ne se seraient absolument pas intéressés à MONSTER TRUCK. Tout d’un coup nous passons pour un groupe sérieux, nous ne sommes plus regardés de haut, comme une plaisanterie par ces médias mainstream. Avec notre nom, les gens pensent que nous ne faisons pas une musique sérieuse.

JW : Et il faut bien garder à l’esprit que dans notre genre musical, il est difficile au Canada pour les médias généraliste de faire la différence entre quarante groupes différents. Nous ne sommes finalement que l’un d’eux et cette récompense te permet de t’extraite, un peu, de la masse. Il y a tellement de jeunes groupes qui veulent atteindre les sommets et sortir de l’anonymat. Le Juno leur donne une étiquette à te coller et les médias sont alors rassurés et parlent de toi. Ils sont obligés de parler de toi à travers la meilleure histoire possible. Et parfois, avec surprise, ils aiment la musique donc ils parlent de nous encore plus, cela crée une demande du public, donc des concerts, cela nous tient occupés et c’est cool. C’est agréable et nous sommes très chanceux.

 

09. Que pensez-vous de la scène rock canadienne ?

JH : Cela devient intéressant, de plus en plus intéressant je dois dire. Bien sûr de nombreux groupes se développent et jouent de la musique, mais les choses intéressantes se multiplient. Ce n’est pas nouveau, nous avons des groupes très installés comme RUSH bien sûr ou NICKELBACK mais il s’agit un peu de l’arbre qui cache la forêt. Ce dernier exemple est bien sûr assez mainstream mais ils ont su largement rayonner. La scène nationale est assez étrange, beaucoup de hipsters, beaucoup de trucs dance ou électro et tu ne trouveras pas tant de groupes que cela qui formeront une véritable scène.

JW : la scène canadienne que peut que progresser et s’élever car nous partons d’assez bas. Les stations de radios subissent de grands bouleversements, elles changent et parfois disparaissent. Le niveau s’améliore.

JH : Nous sommes chanceux d’habiter près de Toronto car tu y trouves de nombreuses salles pour jouer et faire connaître ta musique. Les villes d’Ontario sont plutôt accueillantes t donc tu peux jouer encore et encore pas très loin de chez toi. Nous adorons également aller à Montréal à Vancouver c’est cool ! C’est beaucoup plus simple à Toronto qu’à Calgary.

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10. Dans la passé vous avez proposé des pochettes très colorées pour le EPs par exemple alors que pour Furiosity vous avez privilégié une approche plus simple, plus sombre. Pourquoi ?

JH : Cela se passe très bien avec l’artiste en charge de nos pochettes car c’est le groupe et Jeremy en particulier qui s’en occupe.

JW : Nous nous sommes occupés du visuel pour Furiosity. J’ai trouvé que c’était cool comme cela. Autrefois, comme adolescent, je lisais tous les notes des livrets des albums que j’achetais. Je lisais tout pour en apprendre le plus positif. Et j’aimais l’idée que si un de nos fans faisait cela pour notre disque, il verrait que nous nous sommes impliqués sur tous les aspects de ce disque, la musique bien sûr mais aussi la pochette, la co-production… Je savais que nous pouvions le faire avec un beau résultat si nous trouvions le bon concept. Cette philosophie de DIY est importante à nos yeux.

JH : C’est le moyen d’être sûr que tout te correspond et que les choses sont faites à ta manière.

JW : Ta remarque sur la pochette plus sombre me surprend. Quand je vois cela, je vois le groupe en train d’exploser dans toutes les directions. Pour moi c’est intense cela me rappelle les films de Star Wars quand ils passent en vitesse lumière. Pour moi, il n’y a rien de sombre ici c’est très vivant et bourré d’intensité. Je vois que cela peut être interprété d’une autre manière mais il n’y a pas de message caché ici. J’aime nos pochettes précédentes mais nous voulions bien sûr nous éloignés des clichés du genre et des associations d’idées trop évidentes avec notre nom. Nous travaillons de façon très spontané et si une idée émerge au bon moment et nous plait nous y allons dans trop réfléchir.

JH : Il faut que cela marque les gens, que cela attire l’œil dans les bacs. Et nous avions la version vinyle, en grand format à l’esprit en réalisant cette pochette pour Furiosity.

 

11. Etes-vous heureux que vos chansons soient utilisés dans des jeux vidéo (NHL 2013 et Rocksmith) et êtes-vous vous-même des joueurs ?

JW : C’est sympa et amusant pour nous. Plus généralement c’est également un bon moyen d’atteindre et de toucher les gens car en jouant le jeu ils sont obligés d’écouter tes chansons.

JH : Les jeux vidéo sont devenus peut-être le média le plus vendus dans le monde c’est donc tout bon pour nous. Etant de gros fans de hockey nous nous sommes proposés à Electronic Arts pour faire partie de la bande son du jeu NHL. Pour Rocksmith ils sont venus à nous.

JW : Et nous récoltons les fruits de cela car en lisant les commentaires sur YouTube ou Facebook tu vois que les fans sont venus à nous en jouant à NHL 2013 et ont aimé ce qu’ils ont entendus. Nous apparaîtrons bientôt dans un jeu UFC bientôt je crois. Tout aide, des bandes sons de films…

 

12. Vous allez vous produire lors du Heavy Montreal festival. Excités ?

JH : C’est monstrueux et une super opportunité pour nous. Il s’agit d’un des plus gros festivals rock et métal au Canada. Nous adorons en plus nous produire au Québec et cela s’annonce comme une super fête pour tous. Les mecs sont déjà supers excités là-bas et tout le Canada s’enthousiaste pour cet événement. Depuis la première édition nous voulons y jouer et nous sommes supers chanceux. Et notre place sur l’affiche et le temps de jeu dont nous disposerons dépendront de la lumière que nous pourrons attirer sur nous les mois qui viennent. C’est comme cela que cela fonctionne. Et vois les shows de METALLICA et SLAYER sera génial.

 

13. Qu’attendez-vous de cette tournée européenne et le public est-il différent du public nord-américain ?

JW : Aujourd’hui ce sera notre premier show en France, à Paris. Et chaque public est différent. Chaque soir, chaque concert contient un part unique qui en fait une expérience spéciale. Même au Canada, l’atmosphère d’une ville à l’autre change et apporte une grande variété d’émotions pour nous. Nous avons remarqué qu’en Europe les gens sont plus excités en général pour les concerts. Nous avons tellement de nouveaux lieux à visiter et nous essayons de rester ouverts à toutes les expériences possibles.

 

14. A quelle point est-ce important pour vous que chacun des membres de MONSTER TRUCK puisse chanter ?

JH : C’est super important pour nous et cela fait partie de notre charme et de nos différences avec les autres groupes de rock. Nous pouvons ainsi proposer des harmonies complexes à plusieurs voix et cela change tout. Cela fait partie de notre concept et nous les prenons comme des instruments supplémentaires que nous pouvons utiliser.

JW : Plus largement je considère cela comme un argument artistique supplémentaire pour nous, si tu penses que dans MONSTER TRUCK les quatre membres du groupe ont une voix et s’expriment dans les chansons. Tous contribuent et chacun est une pièce importante du puzzle qui constitue le groupe. Et les gens apprécient cela, chacun possède da personnalité et apporte une valeur ajoutée. Un peu comme dans les Tortues Ninjas (rires) !

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Qui est le meilleur joueur de hockey, Wayne Gretzky or Sidney Crosby ?

JH : Gretsky

JW : je choisis Crosby. Car Gretzky jouait à une époque…

JH : où les gardiens étaient nuls, où le jeu était moins physique… blah blah blah

JW : oui mais à l’époque tu ne pouvais pas toucher les joueurs stars, ils étaient protégés. De nos jours, Gretzky n’aurait pas la place ni l’opportunité de développer aussi bien son jeu. En confrontation directe,face à face, Crosby prend sans contestation l’avantage. C’est la preuve que le jeu et la Ligue en général a changé et est devenue beaucoup plus physique qu'à l'époque.

 

02. Votre joueur de hockey favori né à Hamilton (Ontario), dans votre ville ?

JW : je n’en connais aucun !

JH : Si si, Dave Andreychuk

JW: Ouais ok Andreychuk c'est vrai

MC : Tiens, j’aurais dit Ken Dryden…

JH : Il est né à Hamilton ? non ? La honte pour nous (rires)

MC:  Et bien si ! 

JH : Je garde Andreychuk car il a joué pour les Maples Leafs !

JW : Eh bien moi je change pour Dryden. Je suis un grand fan des Habs et j’ai honte de ne pas l’avoir su.

 

03. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

JH : Beethoven la cinquième symphonie

JW : Agnes Obel « Fuel to Fire »

 

04. Premier album acheté ?

JH : PANTERA avec Cowboys from Hell

JW : Une cassette sans doute, je dirais SMASHING PUMPKINS avec Siamese Dream

 

05. Dernier album acheté ?

JH : Kingdom Come de SIR LORD BALTIMORE

JW : Aventine d’Agnes Obel

 

06. L’album qui a créé l’étincelle artistique ?

JH : PANTERA et GRAND FUNK RAILROAD

JW : NIRVANA Nevermind même si sonne vraiment cliché…

 

Tous nos remerciements à Olivier GARNIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

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Le 5 avril dernier, votre serviteur a eu le plaisir de longuement s’entretenir avec Matthieu Morand que vous connaissez à travers ELVARON, SYMAKYA, LA HORDE ou encore AKROMA. Il est venu nous parler de son dernier opus, la Cène. Voici la retranscription de cette heure de discussion ouverte, passionnante et sans tabou avec un artiste sympathique et talentueux. Merci à lui de nous avoir accordé ainsi de son temps:

 

01. Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, qui est AKROMA ?

Le projet est né en 2003 et nous avons monté le groupe avec Alain Germonville qui est l’ancien chanteur de SCARVE. J'avais envie d’écrire quelque chose d’extrême et j’avais déjà le sujet des sept péchés capitaux en tête. Nous avons traité ce thème au sein du premier album. A l’époque en 2003, je jouais dans ELVARON dans une veine métal prog et je ne pouvais pas assouvir alors mes envies d’extrême. Je connaissais Alain depuis des années, il chantait dans de nombreux groupes de Nancy. Je l’ai rencontré par hasard, et, de fil en aiguille je lui ai parlé de ce projet et cela lui a plu.

Donc je me suis mis au boulot, une musique assez extrême avec quand même des touches progressives au niveau des structures et du concept, sept morceaux de sept minutes chacun. Nous avons passé trois ans sur le premier disque et à sa sortie l’accueil a été incroyable, nous avons été très surpris et heureux.

 

02. Trois ans parce que vous n’aviez le temps et les moyens de ne travailler dessus que par petites touches ?

Ce fut beaucoup de travail dans l’écriture. Pour la première fois je travaillais vraiment tout seul sur un disque. Avec ELVARON je suis le principal contributeur mais j’ai aussi de l’aide. Donc un gros boulot solitaire pour la musique et un long travail également pour les textes. Enfin la réalisation aussi nécessité beaucoup de temps avec sept guitaristes invités chacun faisant un solo. Donc il a fallu bien des efforts pour récupérer les parties de chacun, enregistrer moi-même la musique, jongler avec les emplois du temps pas forcément super compatibles. Bob venait d’être papa donc retard.

Mais finalement pour le deuxième opus autour des dix plaies d’Egypte, la réalisation a été quasiment aussi longue, aussi trois ans. C’est peut être un cycle sain et normal. Sur le nouvel album, la Cène, c’est encore pire car cela nous a pris cinq ans. Il y a plus de chansons, beaucoup plus d’orchestrations et donc un travail énorme à boucler. La composition a été très longue. Et là vraiment la réalisation a été très chronophage, récupérer tout le monde,  les parties des douze apôtres s'est révélé être un beau défi.

 

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03. Pourquoi ce choix d'un concept album et ce thème religieux de la cène ?

C’est vrai que dès le début nous ne nous sommes pas facilités la vie en choisissant déjà un thème biblique pour le premier album à travers les sept péchés capitaux. Même chose pour le dix plaies d’Egypte et puis là en réfléchissant au troisième album on s’est rendu compte que les sujets bibliques collaient bien à l’univers d’AKROMA. Finalement le choix de ces thèmes reste un prétexte pour écrire un scénario et une histoire. La Bible elle-même regorge d’histoires avec énormément de symbolique des nombres. Le côté mystique vient de la musique et des textes, pas par le côté religieux.

Il n’y a pas de démarche revendicative chez nous, c’est une histoire, un prétexte avec la Cène comme pour les deux autres. J’aime bien prendre l’image de David Fincher. Fait-il une attaque de la religion dans Seven ? Moi en tant que spectateur je ne pose pas la question. Et dans le métal pour certains groupes cela peut être un folklore. Mais pour nous ce n’est pas le cas, le raccourci ne se justifie pas pour AKROMA. Il n’y a pas de message de controverse pro ou antireligieuse.

 

04. Sans trahir de secret, as-tu déjà une idée du concept du prochain ?

Eh bien… Nous évoquons des choses mais pour l’instant nous ne voulons pas nous précipiter. Là le nouvel album sort, il est plutôt bien très bien accueilli même des médias et radios et donc nous sommes très heureux. Cela récompense notre boulot Concentrons-nous sur le présent et nous verrons ensuite. Je veux prendre le temps de profiter sans me projeter très loin, et j’ai d’autres projets sur le feu avec SYMAKYA et ELVARON.

 

05. Pourquoi le choix du chant en français ? Cela risque de limiter le potentiel du disque non ?

Oui nous avons fait un choix et en commençant nous nous sommes bien entendu posés la question de la langue. Nous ne savions pas trop où nous voulions aller mais nous ne voulions surtout pas éliminer cette option avant de la tester. Et lors de la première session d’enregistrement avec Bob, il avait ses textes dans les deux langues et on a essayé les deux. Le premier test a été en français sur « la colère », un titre du premier album, et il avait à peine chanté quatre phrases que nous nous sommes tous regardés en nous disant que nous tenions quelque chose de particulier. En français, l’expression du sentiment passait mieux, cela devenait une évidence. On s’est dit que le chant dans notre langue s’imposait à nous et nous n’avons pas réfléchi plus loin en nous demandant si cela allait nous limiter dans notre diffusion.

La meilleure preuve est qu’AKROMA est beaucoup écouté et vendu en Amérique Latine, Brésil, Chili et Argentine et je ne pense pas que les mecs se posent la question de la langue. Nous développons un univers concept et conceptuel qui ne peut être compris que si tu parles français. Comme quoi la musique se suffit aussi à elle-même, comme nous quand nous écoutons des chansons chantés en suédois, japonais ou allemand. Le choix du français a été une évidence. 

 

06. Comment rassemble t-on la crème de la scène extrême underground française sur un tel projet ?

C’est toujours difficile, même avec deux albums déjà sous le bras. Il faut arriver à crédibiliser son projet, à le vendre quelque part aux autres. Il y a sur ce disque quelques chanteurs de groupes très établis voir culte pour MISANTHROPE, pionniers du style en France. Donc j’utilise au maximum mon réseau construit petit à petit depuis des années.

 

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07. Il te faut leur faire écouter ou certains disent ok sans rien avoir écouté ?

Oui il te faut des compos sous le bras à transmettre pour qu’ils écoutent mais certains aussi acceptent d’emblée, sans avoir rien écouté. Ceux que nous connaissons, Patrick (NDLR : Germonville) de MORTUARY c’est le frère d’Alain, Frank (NDLR : Laprévotte) de LA HORDE avec lequel je travaille déjà, Laurent (NDLR : Gisonna) de DEFICIENCY c’est un groupe de mon label… Pour les douze personnes que j’ai démarchées, nous leur avons tous envoyé la musique pratiquement terminée et enregistrée pour qu’il sache à quoi cela allait ressembler.

 

08. Donc tu as composé avec un chanteur en tête avant de savoir si le mec allait accepter ?

Non j’ai composé vraiment avec un apôtre en tête et nous avions déjà planifié quel personnage intervenait à quel moment. Nous savions que nous voulions des chanteurs de métal extrême et après je me suis inspiré du texte d’Alain écrit pour chacun pour définir une ambiance et composer une musique adaptée. Le choix de la personne s’est fait par la suite et il faut convaincre. Pour S.A.S de l'Argilière nous sommes rentrés en contact avec lui grâce à Gaël Féret le batteur de MISANTHROPE qui a officié un temps avec MORTUARY. Donc le contact a pu se faire.

Mais le plus dur reste à faire, tu sais que l’artiste a reçu ta musique mais encore faut-il qu’il accepte ton projet. Il est important de dire ici qu’à aucun moment des questions financières rentrent en jeu. AKROMA est un projet collaboratif et aucun des participants n’est rémunéré. Nous avons déjà un mal de chien à sortir le disque… C’est quand même une niche bien spécifique. Ce n’est pas une histoire de gros sous. Et en plus, dans le cahier des charges il fallait que les mecs enregistrent leurs parties eux-mêmes. Donc pas de mercenaires ici.

 

09. Sans dénoncer personne, tu as tous ceux que tu voulais ?

Non bien sûr, j’ai eu plus de dix refus. J’ai contacté je pense autour de vingt-cinq chanteurs, certains de gros groupes et sur ces vingt-cinq, au final, douze ont accepté le pari. Le plus chiant ce n’est pas les mecs qui te disent non de suite, c’est ceux qui te disent oui et au bout d’un an te disent finalement qu'ils ne vont pas le faire. Et c’est arrivé bien sûr. Tu as tout planifié et c’est mort donc il te faut un plan B et un plan C au cas où. A un moment donné tu épuises aussi ton réseau et donc cela devient difficile pour atteindre de nouveaux gars…

Le seul exemple que je peux donner c’est Stéphan Forté d’ADAGIO à qui j’ai demandé car il a fait un peu de chant extrême sur ces albums comme Archangel in Black. Mais cela n’a pas pu se faire pour x raisons et ce fut vraiment dommage. J’aurai adoré l’avoir sure le disque mais au niveau timing cela ne collait pas. Mais je comprends. Mais comme je le disais ce n’est pas le plus chiant. Nous avons ramé pour nous retourner suite à l'abandon de certains, d’où le temps de réalisation.

 

10. Donc tu récupères les pistes de chant de chacun et tu assembles après le patchwork ?

Au niveau de la musique tout est enregistré par AKROMA en studio tous ensemble au même endroit. Nous sommes cinq dans le noyau dur du groupe : Thomas Das Neves le batteur, Pierre-Yves Martin : à la basse, Alain « Bob » Germonville au chant, Laura Kimpe au chant féminin et puis moi. Tout est enregistré et sauf les blancs des douze apôtres. Bob a écrit les paroles a chanté ses parties et les interventions des autres ont été toutes définies.

A ce moment-là, j’envoie le mp3 au chanteur en lui précisant que son intervention est entre 2 mn 15 sec et 5 mn 32 sec et qu’il doit chanter ça. Et pour surtout tu chantes dans ton style donc pour S.A.S de l'Argilière : « tu nous fais du MISANTHROPE ». Il faut que le mec l’interprète selon son style et sa patte. Nous lui laissons une liberté totale, il peut même changer les paroles, des mots, il fait comme il veut.

 

11. Et donc tu reçois son fichier en retour et… ?

Là, la chanson prend tout son sens ! Et Je ne pense pas que sur les interprétations des chansons telles qu’elles apparaissent sur le disque, tu puisses noter des ratés. Les mecs bossent sérieusement et puis ils vont apparaitre sur un disque. Pour certains avec une expérience établie, ils ne peuvent pas faire n’importe quoi.

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12. Donc j’ai bien compris, pas de mauvaises surprises, mais alors des bonnes, des approches que vous n’aviez pas du tout envisagées ?

Non pas vraiment car nous n’avions rien envisagé. Nous avons été soufflé par certains comme par Matthieu Jouvert de GRAZED qui interprète l’apôtre Thomas. Il a fait un truc de fou, totalement déjanté et génial dans l’esprit et l’interprétation. Mais tout était sinon calé d’avance. Et nous avons imposé les apôtres aux chanteurs sollicités sans possibilité de choix. Bien sûr on s’est posé la question pour Judas mais finalement pas de souci.

 

13. Comment trouve-t-on l'équilibre entre douceur des orchestrations et violence du chant et des riffs ? Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes….

La phase de composition se fait toujours en deux parties. D’abord ce que j’appelle l’ossature du morceau où j’écris uniquement la partie guitares. Et donc là cela sort des tripes. A partir de cette base j’écris les arrangements et les orchestrations, une démarche donc beaucoup plus réfléchies et posées. Pour cette deuxième phase, pas de tâtonnement, j’écris de manière académique à travers des partitions. Enfin j’attaque la réalisation avec Cubase, avec des séquenceurs… C’est difficile pour moi de te dire combien de temps cela a pu prendre car je ne fais pas que ça. Cela s’étale toujours sur des mois. J’ai toujours des idées, des bribes de (peut-être) futures chansons mais j’ai toujours un moyen de les enregistrer ou les écrire sur mon téléphone…. Je ne laisse rien passer et ensuite je le retravaille.

Chez moi, j'ai souvent l’oreille accroché par des éléments rythmiques. Par exemple, et je ne sais pas si je devrais le dire, dans mon ancien appartement, chaque fois que je faisais la vaisselle, l’eau s’écoulait dans l’évier pendant une demi-heure et par intermittence il y avait des bruit d’écoulement, comme  un rythme et à l’époque je construisais des chansons à partir de ça. Comme quoi l’inspiration peut venir de tout et n’importe quoi, vraiment. C’est totalement chaotique, aléatoire et pourtant tu peux construire à partir de ça. Mais le plus souvent j’ai des idées pour la guitare et je les mets en œuvre rapidement. Je pars toujours d’une ligne de guitare pour faire mes arrangements, orchestrations.

Bref, pour revenir à ta question, il n’y a pas de volonté consciente entre violence et douceur, c’est naturel et cela fait partie du style AKROMA qui ne me semble pas très commun, en tout cas en France. Ce mélange entre une musique mélodique et un chant très violent ce fait mystérieusement.

 

14. Question de béotien mais au niveau des orchestrations, tu peux toujours en rajouter, donc à quel moment tu t’arrêtes ?

Il existe quand même des traités d’orchestration qui ont été écrits notamment celui de Berlioz au XIXème siècle. Il y a des notions de timbre par exemple et moi je suis limité de toute façon par l’orchestre en lui-même. Tu ne peux pas faire jouer un nombre infini d’instruments en rajoutant bêtement des couches. Ma limite reste ce qui est jouable réellement par un orchestre symphonique relativement imposant. Je voulais pouvoir porter cela sur un spectacle si l’opportunité se présentait. Et c’est pour cela qu’il n’y a pas de parties de synthés sur le disque tout est fait par des instruments d’orchestre. C’est important pour moi au niveau du rendu, j’ai fait un travail d’orchestration et de direction virtuelle comme un chef d’orchestre avec les nuances et les coups d’archer que je voulais quand cela doit être arco ou pizzicato… Mon approche a été vraiment celle d’une écriture orchestrale.

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15. Vous avez tourné un clip pour « Simon ». Comment cela s'est passé et aimes-tu ce genre d'exercice ?

Et bien c’est la première fois dans ma carrière que je faisais filmer un clip de manière professionnelle. J’ai trouvé cela extrêmement intéressant et surtout très différent à mes attentes. Cela s’est passé de manière très fluide et nous n’avons pas eu à refaire douze mille fois les mêmes choses. Nous avons tournée dans une véritable église, à Dieue-sur-Meuse. Et ce n’a pas été très difficile de convaincre le prêtre qui s’appelle Bertrand Monnier et qui est fan du groupe depuis plus de dix ans. Donc cela aide, il savait que nous n’étions pas armés de mauvaises intentions. C’est un prêtre extrêmement actif en Meuse pour essayer de dé-diaboliser l’image du métal et il travaille avec une association localement…

Nous nous étions engagés à respecter le lieu, pas de sang, de croix en feu, de vierges… Et à nouveau le thème biblique est un prétexte, on ne prend pas parti. Avec Maxime Fournier qui a réalisé, un jeune réalisateur parisien qui a fait des merveilles et nous avons tout bouclé en une journée. C’est un exercice très amusant et nous avons activement participé à tous les aspects car le mec nous a fait un prix donc le deal était que nous mettions les mains dans le cambouis. Quand nous ne tournions pas, nous nous occupions des lumières… Pour la scène où Laura est dans la nef latérale, c’est le batteur qui fait le réflecteur pour éclairer comme il faut, ambiance bougie.

Ce fut très marrant. Et ce n’est pas exclu d’en faire d’autres selon le retour, nos moyens et le scénario que nous pourrions monter. Si j’avais le choix et un budget illimité, l’idéal serait de faire Judas et d’illustrer le dénouement de l’album. Je ne veux pas dévoiler l’intrigue… Cela voudrait dire avoir les douze chanteurs, un gros budget décor…

 

16. Gros travail sur la partie visuelle et graphique de l'album le livret. Comment as-tu bossé avec l'artiste ?

Pour cet album nous avons bossé avec Florian "Le Chromatorium" Le Guillou à la création graphique. Je suis très sensible à cet aspect et cela revêt une grande importante pour AKROMA et ceci depuis le premier album, cet aspect est indissociable de la musique et des textes à nos yeux. Pour la Cène, nous avons changé de graphiste. Ce fut le résultat d’une rencontre, une envie de changer, d’avoir un œil neuf sur notre musique. J’avais vu le travail de Florian et j’ai senti que son univers pouvait coller à notre projet, qu’il pouvait saisir l’essence de notre travail. Et il a fait des merveilles, il a super bien bossé et je le recommande à tous mes collègues.

L’histoire de cette pochette est assez rocambolesque. C’est lui qui est venu avec cette idée, il avait carte blanche. Et il a visé au centre, génial. Ce fœtus entouré de cette couronne d’épines dit tout, il n’y a rien à expliquer. Il ne pouvait pas faire mieux. Florian a aussi fait tout le livret. Au début nous voulions reprendre la célèbre peinture de Léonard de Vinci mais sont rentrés en jeu des questions de droit que nous n’avions pas prévues. C’est assez compliqué donc le travail rapide et de grande qualité de Florian, avec une vision juste, nous a séduit.

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17. Ton avis sur les ténors du genre black symphonique comme BEHEMOTH ou DIMMU BORGIR ?

Je connais très mal la carrière de BEHEMOTH, je suis plutôt amateur de DIMMU BORGIR qui reste une grosse influence pour nous. Et toute la controverse sur le fait qu’ils soient devenus accessibles et donc vendus pour certains ne cesse de me surprendre. Les mecs ont vraiment écouté ce qui passe à la radio ? Il faut relativiser et en plus on s’en tape. Je ne vais pas me faire des amis mais il ne faut pas pousser.

J’ai vu récemment à la TV une émission où les mecs se filment dans un bar entre « acteurs » du métal. Et un des mecs disait : « oui les mecs qui sont signés chez Nuclear Blast, ils font que de la m… » car ils n’ont plus la rage en étant chez un gros label. C’est complétement idiot comme idée, et DIMMU BORGIR considérés comme des vendus cela me défrise… Ils n’ont jamais fait de true black Métal et je trouve très bien qu’ils soient plus exposés et que des artistes représentent la scène quelque soit leur esthétique. Je ne veux pas rentrer dans la guerre.

 

oshy_itw_Akrom_0718. Que peux-tu nous dire de tes activités de patron de label (FANTAI’ZIC Production) ? Nécessité lié au business ? Tu commences à t'ouvrir à des groupes hors de tes projets, quelles sont tes ambitions ?

Tu as bien résumé. J’ai créé le label en 2004. Au départ, cela me permet d’abord de faire de la coproduction et de mettre le nom d’une association sur une réalisation de groupe. Et finalement quand Thundering et consorts se cassent la gueule, en 2009, c’est là que je me retrouve devant un mur. J’avais déjà sorti cinq albums sur ce label alors défunt et du jour au lendemain, en 2009, tous les disques sortent du circuit de distribution. Les albums n’étaient plus disponibles sur les plateformes type iTunes et autres, tout le stock a été revendu aux enchères… Donc ce fut très violent, le lendemain j’allais à la FNAC et je voulais acheter un album d’ELVARON et la réponse était, "ELVARON connait pas". Tout sort du réseau. Donc si je ne passe pas ce mur, non seulement je n’avance pas mais en plus j’existe plus. Donc je me suis sorti les doigts…

A ce moment-là, je ne voulais plus d’intermédiaire. J’avais assuré mes arrières avec la structure en 2004. Et donc je suis reparti à zéro pour m’assurer d’une distribution et d’une disponibilité de mes albums, uniquement eux d’abord, dans les bacs. Donc j’ai eu la chance de rencontrer un bon distributeur qui nous met les disques en rayon. Et donc rapidement, en tant que label, même si tu ne sors que tes albums, tu es sollicité. Je reçois des choses régulièrement. Il y a trois ou quatre mois de cela je reçois un super truc venant d’Ukraine, ils voulaient que je les signe. Mais avec les événements géopolitiques là-bas, je n’ai plus de nouvelles. J’ai beaucoup hésité à sortir des albums en dehors de mes projets mais j’ai finalement publié le DEFICIENCY sans prendre beaucoup de risques car l’album était déjà sorti mais sans distributeur. Je l’ai fait rentrer dans mon catalogue et il devenait donc disponible en numérique. Leur projet m’intéresse et je les ai signés pour qu’ils bénéficient eux-aussi de ce que j’avais pu avoir avec Thundering au début des années 90.

Je pense avoir fait un bon choix, je savais que les mecs allaient se défoncer pour le disque et c’est un groupe local, vers chez moi. Je vise d’abord avec FANTAI’ZIC des groupes lorrains, une mission de service public au niveau local. Je reste ouvert aux propositions, j’écoute et je réponds toujours. Je ne veux pas faire du volume, .je ne sors pas plus qu’un album tous les six mois. Jusqu’à début 2016, mon calendrier de sortie est déjà fixé. Nous devons sortir dans les mois qui viennent le nouvel album de LA HORDE puis celui d’ELVARON et puis un SYMAKYA, trois de mes albums. Et alors début 2016, DEFICIENCY peut-être s’ils souhaitent continuer à bosser avec moi. 

 

19. Des nouvelles de tes autres projets comme SYMAKYA et ELVARON ?

ELVARON l’album est écrit et en cours de réalisation. Maïa Mazaurette va nous en écrire le scénario mais aussi des textes à partir de ma musique. Pour SYMAKYA, pour l’instant rien n’est écrit mais j’ai beaucoup d’idées, tout dans la tête. Pour LA HORDE, la réalisation est pratiquement terminée, en espérant le sortir en octobre.

 

20. Que penses-tu de la scène métal hexagonale vue de Lorraine ?

Et bien je la vois surtout en Lorraine malheureusement. Je dois bien avouer malheureusement être beaucoup moins actif en tant que spectateur que je n’ai pu l’être dans le passé. Moi j’ai toujours cru et soutenue nos groupes. Je trouve notre scène française très novatrice, elle prend des risques parce que nous sommes en France, bien éloigné des courants mainstreams. Nos meilleurs groupes sont ceux qui osent et ne se fixent aucune limite. Il existe beaucoup de groupes mais le problème de notre pays se concentre surtout au niveau des infrastructures : labels, salles…

A Nancy, il existe pas mal d'endroits mais pour jouer il te faut produire ton show et cela me gonfle. L’aspect concert me fatigue. AKROMA sur scène sera envisageable dans de bonnes conditions, avoir les artistes, théâtralisé le spectacle… Comme pour les albums, nous ferons les choses si nous pouvons les faire dans de bonnes conditions sinon nous nous abstiendrons.

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

« Cygnus X-1 Book II: Hemispheres” de RUSH sur l’album Hemispheres. Elle fait vingt minutes, le summum de tout, je l’écoute depuis la naissance… J’ai grandi avec cette musique.

 

2. Premier album acheté ?

Trilogy de MALMSTEEN

 

3. Dernier album acheté ?

DREAM THEATER le dernier

 

04. L’album qui a allumé ton étincelle artistique ?

Pas un disque mais une cassette vidéo : Concert à Tokyo de MALMSTEEN en 1985. Grâce à cette vidéo j’ai eu envie de faire de la guitare. J’étais jeune et avant de voir cette vidéo, je croyais que Malmsteen c’était le chanteur (rires)

 

05. Son ou bruit que tu aimes ?

Non, rien de spécial ne me vient là à l’esprit.

 

06. Son ou bruit que tu détestes ?

Le polystyrène, je ne supporte pas.

 

Chronique de l'album ici

Site internet

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01. Pour quelqu’un qui découvrirait AVATAR avec cet album, que peux-tu nous dire sur le groupe ?

Nous sommes nés au début des années 2000 sous l’impulsion de notre batteur John (NDLR : John Alfredsson) et de l’un de nos guitaristes. Ils se sont rencontrés quand ils étaient encore adolescents, à l’âge de 14 ou 15 ans. L’un d’eux avec un t-shirt METALLICA et l’autre IRON MAIDEN et donc la magie a pu agir. Et depuis nous avons grandi ensemble, en apprenant à jouer de mieux en mieux à être un groupe, à jouer de ensemble fort et uni. Nos racines sont clairement dans le métal extrême, du Death métal en particulier, assez mélodique parfois mais très technique et brutal.

Année après année nous avons évolué en nous prenant en orientation axée sur le groove tout en conservant ces racines extrêmes. Et je ressens vraiment lez fait que depuis l’album Black Waltz, nous nous sommes trouvés et nous creusons depuis notre propre sillon. Et ce nouvel album, Hail the Apocalypse est la suite et une évolution naturelle sur ce chemin.

 

02. Si l’on revient un moment sur la période Black Waltz. Que retiens-tu de cette époque ?

Ce fut une période très cool avec beaucoup de bons moments. Mais ce qui me semble très important pour nous est d’avoir pu nous ré-établir en Europe, sortir de la Scandinavie et la Finlande où nous avions un peu concentrer nos efforts ces dernières années. Il nous fallut du temps et des efforts mais Black Waltz a été une très bonne opportunité pour nous de nous rappeler au bon souvenir des fans européens. Et puis nous avons pu jouer dans des grandes salles avec FIVE FINGERS DEATH PUNCH Et c’est cool. C’est génial d’avoir franchi ces étapes.

Autre étape importante pour nous, Black Waltz a été publié aux Etats-Unis et nous avons tout fait là-bas pour faire bonne impression et que l’on parle de nous. Nous avons eu la chance de trouver là-bas les bonnes personnes avec qui travailler et nous récoltons déjà très rapidement les fruits de ces efforts outre-Atlantique. Toutes ces aventures furent super excitantes pour nous. Nous espérons continuer à progresser et cette tournée promo en Europe et aujourd’hui à Paris est un pas de plus dans la bonne direction.

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03. Deux mois avant la sortie de ce deuxième album comment vous sentez-vous vis-à-vis de ces chansons ?

Je suis très confiant vis-à-vis de ce disque. Il s’agit vraiment d’un album avec lequel je prends beaucoup de plaisir à son écoute. Je suis excité et très heureux, sans stress concernant la façon dont le public va l’accueillir. Je suis persuadé que Hail the Apocalypse trouvera son public et c’est un album profondément honnête. Je sais que le succès vient si tu fais de ton mieux et que les chansons sont honnêtes et viennent du cœur. Et c’est ce que nous avons fait. Je peux présenter fièrement notre travail quelque soit l’avis des gens. Il est probable que nous rencontrions à nouveau le succès avec l’album mais si ce n’est pas le cas, je reste fier de ce que nous avons accompli. Je l’écoute encore très régulièrement et cela reste un plaisir.

Dans le passé, avec notre troisième album, celui qui porte notre nom, nous nous sommes perdus car nous avons travaillé en pensant beaucoup trop à ce que les autres personnes allaient penser de notre musique. Et finalement ce disque sonnait creux et les gens ne pensaient rien du tout, cela glissait sans les marquer positivement ou négativement. De bonnes chansons mais pas assez d’homogénéité. Et nous avons appris de cela, nous avons alors pu progresser en devenant égoïste, faisant la musique que nous aimons. Avec Black Waltz nous avons décidé de nous plus nous inquiéter et de faire ce que nous avons à faire. Cette formule est intéressante, quand tu arrêtes de t’inquiéter, les gens commencent à écouter.

 

04. Que peux-tu nous dire des sessions d’enregistrement de Hail The Apocalypse ?

Nous avons enregistré en Thaïlande, en condition live car nous voulions changer les choses par rapport au passé et réintroduire le facteur humain dans l’équitation de nos albums. Tu penses à des groupes comme LED ZEPPELIN ou les WHO et tu as envie de tout donner en studio dans les conditions du direct. Les façons plus modernes d’enregistrer sont géniales, il existe désormais tellement d’outils et de logiciels qui facilitent le travail, le rende plus rapide, moins cher mais tu manques alors le facteur humain.

Il est devenu si facile de tricher en studio et spécialement dans le genre métal, tout le monde court derrière le son parfait mais la perfection en musique reste un mythe. Si tu construis une maison en brique, la précision, la perfection est nécessaire pour qu’elle ne s’écoule pas mais en musique, rien de si simple et mathématique. Et une certaine dose d’échec ou d’effondrement n’est pas forcément une mauvaise chose. Là rentre le facteur humain.

 

05. Quelle était votre idée à l’aune de la composition de Hail The Apocalypse ?

En fait nous discutons entre nous pour savoir où nous voulons aller en même temps que nous composons. Et donc les deux activités se nourrissent l’une de l’autre. Mais il n’y a pas de réunion organisée pour savoir ce que nous voulons faire. Dans la plupart des cas, chacun se met dans un coin de notre local de répétition et joue avec une guitare par exemple et puis l’un commence et les autres continuent… Nous nous volons des idées entre nous, en réponse aux riffs ou aux rythmiques proposées, nous brodons jusqu’à trouver la bonne voie.

Nous partageons tous un PC portable et donc nous écoutons en permanence ce que les autres ont proposé. Je peux alors répondre émotionnellement à tel ou tel mélodie et l’inspiration vient. Un autre du groupe réagi alors à son tour à mes idées etc… Nous aimons travailler un peu éloignés de tout pour discuter et échanger et vraiment fournir un effort collectif. C’est vraiment la clé, l’exploration des uns et des autres. 

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06. Vous avez enregistré ce disque aux Karma Sound Studios, Bang Saray, en Thaïlande. C’est assez inhabituel pour un groupe suédois. Pourquoi ce choix ?

Nous sommes un groupe très discipliné et nous aimons travailler sous pression. Donc même si nous avions des conditions météo très favorables à l’extérieur avec une belle température et un beau soleil nous sommes restés consciencieusement à travailler en studio. Pour Black Waltz, nous avions enregistré à la maison en Suède. Et nous voulions absolument du changement pour le nouvel album, pour ne pas nous répéter et changer un peu notre routine. Nous aurions pu aller dans un studio établis et célèbres mais là encore nous voulions agir différemment, changer les habitudes.

Un groupe dont je ne me souviens plus du nom à par exemple enregistrer son disque dans une pyramide en Egypte. Et nous avions trouvé cela intéressant, vraiment adopter une démarche différente pour Hail the Apocalypse. Notre producteur, Tobias Lindell, nous a alors annoncé qu’il partait pour la Thaïlande et que si nous voulions encore une fois travailler avec lui après Black Waltz, nous ferions mieux d’aller le rejoindre là-bas. Nous avons dit ok, il a trouvé un studio sur place et voilà, ce fut aussi simple que cela. Le studio était génial avec des gens adorables pour nous aider lors de l’enregistrement. Nous avons été super bien traités. C’est magnifique, isolé dans la campagne, pendant la saison des pluies. Il y avait une plage mais nous avons dû y passer maximum quinze minutes pendant tout le séjour.

Etre loin de chez soi, enregistrer en condition live t’oblige à être très concentré, te mettre dans le bon état d’esprit pour fournir le meilleur de toi-même. Tout changer autour de nous, faire les choses différemment d’une journée sur l’autre te force à être créatif et te permet d’aller encore plus loin. La routine peut être mortelle au niveau artistique. Nous nous sommes promis de ne jamais nous répéter donc nous ferons encore autre chose pour l’album suivant. 

 

07. Vous aviez tourné une vidéo pour la chanson titre de ce nouvel album. Comment cela s’est-il passé et appréciez-vous ce type d’exercice ?

Pour quoi ce style proche des vieux films de Chaplin ? C’est une expérience intéressante et en majorité gratifiante en tant qu’artiste. Le plus dur s’avère être de trouver la bonne idée, le bon concept. Et pour cette vidéo-là, nous avons vraiment ramé… Bien sûr nous avons à chaque fois beaucoup d’idée mais il faut que cela trouve une résonnance avec la chanson elle-même. Je ne sais pas pourquoi mais cette image d’un personnage qui se tient debout dans la rue avec ce panneau tourne dans ma tête depuis un petit moment en composant le disque.

L’idée de ce film noir et blanc, type film muet, vient de John. Nous avons l’habitude de travaillé avec ce réalisateur, Johan Carlén, qui fait partie de notre équipe depuis longtemps. Nous avons fait des montagnes de sessions photos avec lui, bref nous nous connaissions déjà bien. Donc le groupe s’est réuni avec lui et la personne en charge de notre maquillage et nous avons échangé des idées jusqu’à parfaire les contours du clip que tu connais. C’est vraiment une démarche presque punk-rock, « fais tout toi-même ».

L’idée vient de nous et n’a été suggéré par personne extérieur au groupe. J’apprécie ta référence à Chaplin car l’idée assez sombre de notre monde en train d’aller à sa perte, avec beaucoup de morts, reste présentée de façon presque légère, comme une farce. Et c’est la même chose pour Chaplin à son époque qui montrait sous la forme d’une comédie l’aliénation de l’homme face à la machine avec le travail à la chaine ou le fascisme rampant de son époque.

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08. Vous venez de Göteborg donc vous êtes forcément associé la scène death mélodique avec des groupes comme IN FLAMES. Souffrez-vous parfois de cette étiquette ?

Non ce n’est pas bien grave et cela ne nous affecte pas. Dison que cela fait partie du jeu et que si cela permet de faire parler de nous tant mieux. A nos débuts, avoir ces locomotives devant nous était génial, cela nous montrait que le succès était possible et le chemin semblait tracé. Cela te donne de la confiance car tu connais tous ces mecs, ils habitent à dix minutes en voiture de chez toi. Ce rôle de modèle a été un coup de pied au cul de tout le monde dans la ville pour dire, nous aussi nous pouvons y arriver et cela a certainement fait naître des talents. Ce doit être la même chose pour vous en France avec GOJIRA par exemple.

Donc au début c’était génial puis c’est devenu petit à petit un boulet car tout le monde te rattache forcément à cette scène et à ces groupes même si tu évolues différemment et propose une autre musique. Et en plus IN FLAMES a connu une de ses apogées au moment de la sortie de notre premier album. Nous le monde ne parlait que de cela et pas de nous-même en interview. Tu dis alors au mec que s’il veut vraiment parler à Anders (NDLR : Fridén, chanteur d’IN FLAMES) tu passeras un coup de fil mais que pour l’instant restons concentrer sur mon groupe ! Ce buzz est extrême à ce moment-là. Mais nous leur sommes reconnaissants car ils nous ont emmenés avec eux sur la tournée en Scandinavie en 2007. Björn Gelotte nous a fait l’honneur de jouer un solo sur la chanson « Letters From Neverend »…

Même chose lors de notre tournée avec DARK TRANQUILITY, ce fut génial. Maintenant que nous sommes plus connus, installés dans le paysage, nous avons à nouveau une énorme fierté pour notre ville d’origine. C’est un peu comme voir sa famille grandir, tout rejeter à l’adolescence pour plus reprendre contact avec ses racines.

 

09. Vous aimez jouer avec votre image et ce personnage de sombre bouffon. Quelle importance cet aspect visuel a pour vous et êtes-vous influencés par la scène shock rock avec un Alice Cooper par exemple ?

Nous aimons bien sûr ce courant shock rock et surtout nous aimons proposer un ensemble homogène, où tous les éléments d’AVATAR rentrent dans le même boite, aussi bien musicalement que visuellement. La musique fait partie d’en ensemble plus large. Donc cela impacte nos concerts, il faut que cela apparaissent de la façon à l’œil qu’à l’oreille. Des groupes comme THE HIVES proposent eux-aussi un package complet. Cette approche nous séduit et ce clown en fait partie. Ce personnage est le résultat d’un hasard heureux.

A l’origine c’était une idée pour le clip vidéo de l’époque Black Waltz mais soudainement tous les éléments se sont parfaitement assemblés comme par magie. Cela est devenu une évidence comme médium de visualisation, de personnification de notre musique. L’intérêt est avant tout artistique mais il ne faut pas contester le fait que cela aide à attirer l’attention sur nous. Comme pour GHOST, toutes les pièces du puzzle s’imbriquent parfaitement. Tout fait sens, le mystère…

 

10. La pochette est très réussie, avec de forts contrastes. Qui est l’artiste qui a œuvré ici et comment cela se passe-t-il en général avec l’artiste en charge de la pochette ?

L’album est construit autour de l’idée d’embrasser toute la noirceur, la négativité qui nous pend au-dessus de la tête en attendant l’apocalypse. Donc la pochette me montre en train de mener notre bateau dans la tempête et donc c’est une belle métaphore de ce que nous vivons sur le plan émotionnel, les explorations que nous menons à travers cet album. Black Waltz est plus axé autour du feu, celui-ci autour de l’eau. Aucune volonté consciente ici mais je m’en suis rendu compte en relisant les paroles des chansons, cette présence de l’eau. J’aime le fait que cette image possède une vibration à la fois positive, sinistre et bizarre. Et j’ai reçu une lettre d’un fan de quinze ans qui souffre de schizophrénie et qui me dit que notre musique l’aide à se sentir mieux. Il m’a envoyé un portait et il est très talentueux.

Ce message est très important pour nous et nous a beaucoup touchée. Tant mieux si notre musique peut aider positivement des gens. Cela valide d’une certaine façon notre existence. Parfois nous pouvons nous sentir inutile par rapport aux ambulanciers ou aux personnes qui s’occupent des personnes âgées ou des handicapés. Nous avons aussi à notre modeste niveau une utilité et cela fait du bien.

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Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

Une chanson des BEATLES sans aucun doute.

 

2. Premier album acheté ?

Youthanasia de MEGADETH

 

3. Dernier album acheté ?

The Satanist de BEHEMOTH

 

04. L’album qui a allumé ton étincelle artistique ?

J’avais emprunté à mon frère sa copie d’HELLOWEEN, Keeper of the Seven Keys part 2

 

05. Qui est le fan de Starcraft dans le fan ? (“Queen of Blades” sur l’album Avatar)

Principalement moi. Mais ce n’est pas la seule chanson en rapport avec le jeu. Sur l’album Schlacht, il y avait déjà la chanson encore plus geek appelée « All Hail The Queen », pas sur un personnage mais sur l’unité. J’étais super excité par le jeu Starcraft 2 au moment de composer cette chanson mais j’ai dû y jouer simplement trente minutes, je n’ai pas accroché…

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

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