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couv_2933On ne saurait trop dire que la biographie de Deep Purple par Jean-Sylvain Cabot, intitulée Deep Purple. Rhapsody in Rock et parue chez l'éditeur Le Mot et le reste, est bienvenue. D'abord, car c'est la première en français : le groupe d'Ian Gillan et Roger Glover n'avait jamais fait l'objet d'une biographie dans la langue de Molière alors que celles de Led Zeppelin ou Black Sabbath (pour évoquer des groupes au profil proche) ne manquent pas. Mais aussi car il y a toujours une actualité de Deep Purple, qui a repris la route après avoir sorti un excellent dernier album, Now What ?!. Donc l'accueil ne peut être que bon. 

Il sera d'autant meilleur que l'ouvrage est de qualité. Jean-Sylvain Cabot est un ancien journaliste de Rock 'n' Folk dans les années 80, mais aussi l'auteur de deux ouvrages chez le même éditeur sur les plus importants disques du métal et du hard rock. Il connaît son affaire et tout particulièrement le hard rock et le heavy metal des années 70. Cela donne une biographie très maîtrisée, ne négligeant aucune des périodes du groupe, notamment l'époque du Mark I, qu'il réhabilite d'une certaine manière, à travers une analyse fouillée et empathique que l'on retrouve dans la partie « discographie » du livre. De même, on lira avec intérêt l'explication du rôle important du fameux Concerto For Group And Orchestra (1970) dont Cabot fait remarquer le caractère plus qu'honorable d'un point de vue musical et le succès, notamment en terme d'écho médiatique, de l'album pour le groupe. 

Saisir l'esprit d'un groupe et son itinéraire musical

Au delà de la simple érudition et de la qualité de la langue de Cabot, on remarquera une capacité à saisir l'esprit d'un groupe et la dynamique musicale globale du Deep Purple des années 60 et 70. Cette dynamique est une dynamique marquée par les scansions, les tensions, les ruptures, les crises et les redémarrages. Et ce, à un rythme très soutenu. Les line-up Mark I, II, III et IV se succèdent en l'espace de huit ans, les musiciens vont et viennent, l'apogée succédant au marasme et donnant souvent lieu à des explosions de rancœur voyant l'éviction de Rod Evans puis de Roger Glover et de Gillan, le départ volontaire de Blackmore pour finir dans le split décidé par Lord et Coverdale après un concert catastrophique du Mark IV à Liverpool en 1976.

Il est assez stupéfiant de constater qu'une dynamique presque auto-destructrice ait pu accoucher d'une telle créativité, débouchant sur, au moins, trois albums essentiels : In Rock (1970), Machine Head (1972) et Burn (1974). Albums auxquels on pourrait d'ailleurs rajouter Stormbringer (1974) et Come Taste The band (1976), que Cabot louange avec beaucoup d'à propos. Plus généralement le Mark III et IV du groupe plaisent particulièrement à Cabot, qui n'est pas loin de penser qu'il s'agit des meilleurs moments du groupe (une idée qui se défend tout à fait).

Réhabilitations

Au registre des réhabilitations, on lira avec plaisir les lignes sur le malaimé Slave and Masters (1990), qui était le disque préféré de la reformation par Blackmore, un point sur lequel l'auteur s'accorde presque avec le guitariste. De même, l'époque Steve Morse est bien présentée et l'analyse sur le fameux Perpendicular (1996) très judicieuse.

Il est dommageable que quelque coquilles parsèment la deuxième partie du livre, Cabot s'obstinant à vouloir faire de « Knockin' At Your Back Door » le single de Perfect Strangers (1984) et de House Of The Blue Light (1986). Cela ne serait pas bien grave si l'époque des années 80 ne faisait l'objet des négligences de Jean-Sylvain Cabot, qui ne semble pas apprécier généralement cette période. D'où des imprécisions dommageables : Perfect Strangers n'est en rien un disque teinté d'AOR (p. 211), mais plutôt un disque très (trop) classique du groupe. C'est le disque suivant qui verra le groupe verser dans cette direction. 

De quoi sursauter

C'est surtout le point de vue de Cabot sur Machine Head qui fera sursauter. L'auteur en fait un disque totalement surestimé, et ce non pour choquer (p. 186), mais avec des arguments qui se veulent solides. Au delà de la question des goûts personnels – qui font dire à Cabot que « Never Before » est « médiocre » –, il y a l'argument clé avancé : le succès de Machine Head est en fait rétroactif. Il serait dû tout d'abord aux qualités du live de la tournée, le fameux Made In Japan, qualités qui auraient été indûment étendues au disque studio. Par ailleurs, la réputation du disque aurait été aussi construite à partir de « Smoke On The Water », une chanson qui déplaît à l'auteur, qui la réduit injustement à son légendaire riff.

À mon avis les raisons de la notoriété du disque sont ailleurs. Si les années 70 raffolaient des lives notamment dans leurs aspects les plus outranciers, il est aujourd'hui bien plus facile d'aborder par exemple « Space Truckin' » à partir de Machine Head que par Made In Japan (sur lequel il totalise presque 20 minutes). De même pour « Lazy » ou « Smoke On The Water ». Car certains gimmicks du live n'ont pas survécu aux années 80. Par ailleurs la qualité de la production de Martin Birch, injustement décriée par Cabot, rend tout à fait justice au disque, quarante ans après sa sortie. Les remixes de 1997 de Roger Glover, contestés du fait des changements des solos de Blackmore notamment, parachèvent cette mise à jour. Jean-Syvlain Cabot, qui est né en 1955, est d'une génération musicale où Get Yer Ya Ya's Out ou Live At Leeds étaient plus prestigieux que les disques studio des Rolling Stones ou des Who. Les choses ont changé.    

Live et studio

Au final, Cabot insiste beaucoup sur l'importance de la qualité des live du Pourpre profond qui en ferait un groupe de scène plus que de studio : « il est regrettable, par exemple, que dans sa formation la plus célèbre principalement, Deep Purple ait sacrifié les disques studios aux prestations en public, en ne voyant dans chaque album qu'une manière de renouveler son répertoire scénique et n'ait pas démontré d'avantage d'ambition ». Il me semble que de nombreuses analyses détaillées de disque proposées par Cabot lui-même vont à l'encontre de cette remarque qui pêche par une généralisation hâtive à partir de quatre albums (car le Mark II des années 70 n'a enregistré que quatre disques, dont le dernier dans la douleur). 

Par ailleurs, cette sentence introduit la suggestion suivante de l'auteur : 

« Il leur aura peut-être manqué, finalement, un leader qui ne soit pas “seulement” un guitariste et un showman remarquable mais aussi un compositeur émérite, un producteur et un homme de studio comme Jimmy Page ».

Au delà de la comparaison somme toute convenue entre les deux groupes – que je ne chercherai pas à discuter en tant que telle –, il y a ici une conception des éléments qu'il faudrait assembler pour arriver au meilleur résultat musical : un homme, une direction, un travail en studio, etc. Cabot se fourvoie là. Les recettes n'existent pas en musique, rock ou non. Deep Purple a créé dans le contraste des personnalités et des influences, dans l'urgence et dans les volte-faces. En s'inspirant d'autres modèles de création, il n'aurait sans doute pas fait mieux. Son identité réside d'ailleurs là : à la croisée des qualités musicales et des tempéraments humains. À leur entrechoquement, on pourrait même dire. 

Actuellement, cette alchimie n'existe plus car tout semble bien plus calme depuis le départ de Ritchie Blackmore et l'arrivée de Steve Morse. La musique du Pourpre Profond s'en ressent d'ailleurs : plus apaisée, elle ne dévoile pas les mêmes qualités que celle des années 70, sans en être dénuée pour autant. Cabot fait remarquer un peu cruellement que le groupe est presque devenu son propre « tribute band » avec ses set-lists truffées de classiques et ses passages obligés. Ce n'est pas faux, même si Gillan et les siens font un point d'honneur à interpréter des morceaux récents, sans démériter. Cabot « plaide » pour une douce mise à la retraite, l'excellent Now What ?! constituant un parfait point d'orgue à une carrière, certainement pas exemplaire, mais exceptionnelle. On ne peut que le suivre ici.   

Ce Deep Purple. Rhapsody In Rock n'est pas qu'une plate biographie mais le livre d'un amateur, certes érudit, mais doté aussi un d'un avis très souvent pertinent. Une « pertinence » qui n'incite pas à le suivre aveuglément mais à revenir encore et une fois sur un des trois piliers d'un genre qui se dirige doucement vers le demi-siècle. À lire absolument. 

Baptiste

 

Page sur le site de l'éditeur

Le Mot et le reste / 2013, 267 pages.  23 € 

La production d'animés japonais est double. Elle se scinde entre long métrages et séries d'animation (et on distinguera même ces séries des "OAV" – Original Video Animation – commercialisés directement sur le marché sans diffusion préalable au cinéma ou à la télévision). Si les chefs animateurs sont toujours japonais, de plus en plus de coloristes et d'intervallistes sont coréens, chinois ou indonésiens, cette délocalisation de la production se justifiant par le moindre coût de la main d'oeuvre. Le monde de l'animation est très vaste. Afin de vous familiariser quelque peu avec celui-ci, nous allons commencer par en décrire les différents genres et le processus de sa création.

Une grande diversité thématique

Nous reprondrons ici, en préambule, une citation d'Olivier Paquet, chroniqueur sur France Culture : "Quand le grand public aura compris qu’il existe autant de différences entre Yu-Gi-Oh et MPD Psycho qu’entre l’île aux enfants et Seven, cela profitera à tout le monde. Cela évite surtout que l’on oppose l’un à l’autre, ou qu’on assimile l’un à l’autre, se servant des défauts de chacun et en croyant que c’est destiné au même public.". Bien que notre intention ici ne soit pas de traiter la bande dessinée japonaise, il est néanmoins utile de rappeller, enfin d'avoir une vue d'ensemble de la diversité des genres abordés par l'animation japonaise, les principaux types de manga existant.

Le shōnen (adolescent en japonais) est un manga ayant pour principal public les jeunes garçons, principalement en opposition avec le shōjo manga (manga pour jeune fille). Entouré d'un groupe d'amis fidèle, le héros traverse des épreuves initiatiques où il devra faire preuve de son sens de la justice, de l'honnêteté, d'amitié, de courage et de volonté. On trouve aussi des titres romantiques, dans lesquels le personnage principal est souvent un jeune homme peu sûr de lui qui se retrouve entouré de belles jeunes filles lui trouvant un certain charme (Love Hina).

 

Les thèmes abordés sont le sport (avec des joueurs masculins), l'action, les combats, les histoires de samouraï, les histoires de lycée ou encore les méchas.

Exemples : Olive & Tom, Dragon Ball, Naruto, Gundam Wings, Goldorak, Robotech, Kenshin

Olive et Tom
Les Chevaliers du Zodiac

 

Jeanne et Serge
CardCaptor Sakura

Le shojo se caractérise par des récits davantage centrés sur les relations entre personnages. Ces derniers sont souvent dotés d'immenses yeux supposés exprimer davantage les émotions. Les métaphores visuelles et flash-back sont omniprésents ; en général, ce type de manga se centre sur une histoire d'amour aux étapes très conventionnelles. Les thèmes abordés sont donc le sport et les histoires de romance.

 

Une catégorie de shojo est particulièrement présente. Il s'agit des magical girls, fillettes dotées de pouvoir extraordinaires et magiques.

Exemples : Jeanne & Serge, Les attaquantes, Gigi, Sailor Moon, Card Captor Sakura, Magic Knigt Rayearth…

Les shonen et les shojo forment l'essentiel de la production de séries d'animation. Néanmoins, des oeuvres plus adultes ont commencés à voir le jour.

Les versions adultes du shonen sont les seijin et les seinen destinés respectueusement à des jeunes hommes et aux adultes. Les sujets y sont généralement plus sérieux ou violents. L'équivalent féminin est le redisu (ou josei).

 

Exemples : Berserk, Ken le Survivant, Serial Experiment Lain, Apple Seed, Gunm, Cowboy Bebop, Perfect Blue, Tôkyô Godfathers, Paprika, Akira, Ghost in the Shell…

Perfect Blue

 

Urotsukidoji Je vous vois venir, bande de petits cochons, on a pas encore parlé cul (et vu toutes les sources d'Urotsukidoji disponibles sur le net, nous n'allons pas nier que ce genre existe). Les animés à caractère pornographique sont appellés hentai. En plus du hentai hétérosexuel, il en existe d'autres formes : le Yaoi pour l'homosexualité masculine (à noter que son sous-genre, le shonen-ai, n'est pas pornographique) et le Yuri pour l'homosexualité féminine.

Nous voyons donc ici une étonnante diversité de la production nippone qui n'a pas une visibilité complète sur le marché français. On peut constater la présence de manga adaptés à chaque tranche d'âge et à chaque catégorie socio-professionnelle. C'est qu'à la différence de l'Europe et des Etats-Unis, la bande dessinée est une phénomène de masse (on estime à 50% le nombre de japonais lisant au moins un manga par semaine) qui génère une importante activité économique.

Une activité impliquant différents acteurs

Au contraire de l'activité de bande dessinée japonaise où les "mangaka" (dessinateurs de manga) sont généralement indépendants hormis quelques assistants qui les déchargent des parties les plus fastidieuses telles que les tramages et les répétitions de dessin, la création d'une oeuvre d'animation implique une équipe technique importante. La méconnaissance du public à ce sujet a permis, à de nombreuses reprises, des abus de la part de nos amis publicitaires afin de booster des ventes. Ainsi, on peut lire en couverture du DVD Origine que l'auteur original, Umanosuke Iida à travaillé sur Le Château dans le Ciel et Nausicäa, ce qui est vrai mais uniquement comme intervalliste (personne chargé du travail technique de fabrication des dessins intermédiaires) et donc sans aucun rôle de conception du scénario ou de réalisation.
Pour nous rendre compte de l'ensemble des métiers de l'animation, nous allons décrire sommairement ici les différentes étapes de conception d'un animé que nous illustrerons par des oeuvres majeures des studios d'animation Ghibli : Porco Rosso et Laputa le château dans le ciel. Nous commencerons par le producteur qui est le garant du financement d'un projet et de sa rentabilité, il est amené dans ce rôle a un rôle de choix du réalisateur mais également de décideur sur les choix de production. Le réalisateur, lui, impose ses choix artistique, du cadrage et de la mise en scène. En fonction de sa formation, il pourra participer ou non à l'animation proprement dite (c'est le cas de Hayao Miyazaki mais pas de Goro Miyazaki).

La préproduction

L'aventure commence à partir d'un scénario écrit par un scénariste. Il comporte l'intention globale de l'oeuvre ainsi que toute la succession d'évènements sous forme écrite. A partir de ce matériel, un script est constitué, comportant l'ensemble des dialogues et spécifiant les séquences de l'animation. Commence alors le travail de recherche sur les personnages et les différents mécanismes (machines volantes ou roulantes, armes, etc) qui aboutira à la définition d'un "model sheet" (voir un exemple de recherche et de model shit associé ci-dessous). Ce travail appartient au réalisateur, ou, en fonction des cas, aux char-designer et mech-designer respectivement. Sur les personnages s'y ajoute un travail de définition des différentes attitudes.

Recherches sur les Hydravions - Porco Rosso
Model sheet d'hydravion - Porco Rosso

 

storyboard de Laputa (extrait)

L'étape suivante consiste à faire évoluer les personnages et les machines précédement définis afin de raconter l'histoire. C'est le travail du story-board, un script imagé définissant les cadrages et le contenu de chaque image. Le décors y est décrit de façon très sommaire mais les dialogues et les bruitages, dans leurs intentions, sont déjà fixés.

 

Enfin, le layout est constitué, version plus complète du story-board explicitant les poses et les décors "clés" (les postures et les décors principaux permettant de comprendre le mouvement). A noter que certains réalisateurs un peu fou-furieux dessinent des story-board tellement complet que l'étape de layout n'est presque qu'un formalité (Satoshi Kon notamment).

 

La production

A partir des model-sheets et du layout, l'étape de production peut enfin commencer. Celle-ci est coordonnée par un chef-animateur supervisant l'activité d'animateurs principaux chargé des poses clés et des intervallistes qui remplissent les étapes entre ces poses. Ce matériel passe ensuite entre les mains des cleaners qui vont remplacer le crayonné des animateurs par l'encrage définitif et des coloristes. Décors et personnages sont enfin associés sur l'image définitive au cours d'une étape de premier compositing.

La post-production

Au cours de la post-production, le deuxième compositing permet d'intégrer les effets numériques 2D ou/et 3D à l'animation. On intègre également la musique (souvent réalisé par un seul compositeur) et les bruitages. A noter qu'en fonction des réalisateurs l'enregistrement des voix intervient à diverses étapes de la production. Celle-ci est réalisée par des doubleurs professionnels qui, au Japon, un véritable jeu d'acteur et d'appropriation du personnage, ce qui n'est pas toujours le cas avec les doubleurs français manquant souvent de conviction.

Bien, maintenant que vous êtes un peu plus familié avec l'animation nippone, nous allons en décrire quelques exemples en passant par l'évolution de l'animation et les grands studios qui y sont associés.

Les années 80 à 90

Bien que les studios d'animation Mushi Productions et Toei animation existent depuis la fin des années 50, les animés japonais apparaissent sur les écrans français à la fin des années 80 avec Récré A2. En effet, cette émission de télévision pour la jeunesse a été créée par Jacqueline Joubert le lundi 3 juillet 1978 autour d'une équipe d'animateurs composée de Patrick Simpson-Jones, Dorothée, respectivement speaker et speakerine, de Gérard Chambre, Ariane Gil, William Leymergie, Cabu, Isabelle, Jacqueline Vauclair, Jean Martin. Puis les ont rejoint petit à petit : Jean Lacroix, Alain Chaufour, Elfie, Jacky, Véronique, François Corbier, Marie Dauphin et Charlotte Kady. Des intervenants récurrents participaient aussi à l'aventure comme Gérard Majax, Gaston Cassez, Chantal Goya, Henri Dès et Jacqueline Joubert elle-même.
L'émission prit fin en juin 1988 dans la plus grande discrétion. Elle fut en concurrence dès ses débuts avec TF1 en face des Visiteurs du mercredi de Christophe Izard et Croque-vacances à partir de 1980 puis Mercredi-moi-tout et Les Pieds au mur dès 1982, Vitamine dès 1984, et enfin le Club Dorothée (1987-1997).
La médiocrité des dessins animés obtenus par animation limitée (voir plus loin), alliée à la violence des séries diffusées (Ken le Survivant, Les chevaliers du Zodiac et Dragon Ball en tête), donnent mauvaise réputation aux productions japonaises. Il s'agit plutôt d'une méconnaissance de la part des responsables de programmation français d'alors, ces séries n'étant pas destinées au public auquel elles ont été présentées.

Les trois studios qui dominent alors sont Mushi Productions, la Toei Animation, Nippon Animation et le franco-japonais DIC.

Mushi Productions

Mushi Productions a été fondé en 1962 par Tezuka, le père du manga moderne. Son style est très influencé par les américains, c'est lui qui introduit les grands yeux de toons dans la BD japonaise. Mushi est le premier studio d'animation a sortir des séries régulières de dessins animés pour la télévision. Tezuka est également l'inventeur du concept d'animation limitée. Le principe est de limiter le nombre de dessin à réaliser pour obtenir une minute de film. Le seuil de 5 dessins par seconde est alors atteint, réduisant considérablement les coûts et le temps de fabrication. Ceci est obtenu en réemployant de dessins ou d'enchaînements plus ou moins longs qui servent plusieurs fois. Les plus grands succès de ce studio sont Astro Boy (1963-1966), Princesse Saphir (1967) et le Roi Léo (1972).

astroboy

AstroBoy : En l'an 2003, les robots vivent en société avec les hommes. Le Dr Tenma construit un robot à l'image de son fils récemment décédé. Le pinocchio n'arrivant pas à remplacer totalement l'enfant perdu, il est abandonné puis recueillit par le Pr Ochanomizu qui décide de faire de lui un super-héros pour préserver la paix, la justice et la tolérance.

 

A noter qu'une version 2003 a été produite par les studios Mushi (51 épisodes de 24 minutes).

Le Roi Léo

Le Roi Léo : Pandja le roi de la jungle est mort. Sa femme, enceinte est ramenée en Europe où elle accouche du petit Léo. Elevé comme un animal domestique, il lui prend l'envie de retourner en Afrique. Mais les autres animaux de la forêt n'ont pas oublié son père. Léo arrivera-t-il à dépasser son complexe d'Oedipe ? Toute ressemblance d'une certaine oeuvre de Disney avec Le Roi Léo n'est absolument pas fortuite.

 

Le Roi Léo a été décliné en deux séries télévisées animées de 26 épisodes en 1965 et 1966 suivies d'un film.

 

La Toei Animation

Cette société est fondée en 1951. La majeure partie des séries d'animation présentées sur Récré A2, et maintenant devenues cultes, proviennent de ces studios qui ont produit, entre autres :

  • Goldorak (Ufo Robot Grendizer) (1975 – 1976)
  • Candy (1976-1979)
  • Albator (Uchū kaizoku Captain Harlock) (1978 – 1979)
  • Albator 84 (Waga seishun no Arcadia – Mugen kidō SSX) (1982 -1983)
  • Capitaine Flam (Captain Future) (1978 – 1979)
  • Embrasse-moi Lucile (Aishite Night) (1983-1984)
  • Les Chevaliers du Zodiaque (Saint Seiya) (1986 – 1989)
  • Dragon Ball (1986-1989), Dragon Ball Z (1989-1996) et Dragon Ball GT (1996 – 1997)
  • Sailor Moon (Bishōjo Senshi Sailor Moon) (1992-1996)
  • les Digimon (Digimon Adventure, Digimon Tamers, Digimon Frontier, Digimon Savers)
  • Ken le survivant (Hokuto no Ken)
  • Xenosaga
  • Yu-Gi-Oh!
goldorak

Goldorak : Actarus, prince d'Euphor, s'enfuit de sa planète avant sa destruction en dérobant Goldorak. Arrivé sur Terre, il est pourchassé par les forces de Véga. Il devra lutter pour que la Terre ne subisse pas le même sort qu'Euphor.

 

Adapté du manga de Go Nagai en 74 épisodes de 26 minutes.

ken le survivant Ken : un signe particulier : sept cicatrices, une phrase fétiche : "Tu ne le sais pas encore mais tu es déjà mort !". Dans un monde dévasté par une guerre nucléaire, Ken erre, à la défense des innocents.
Les doubleurs français refusent de poursuivre leur travail devant la violence de la série. Après négociations, ils reprennent le travail à condition d'avoir carte blanche sur les dialogues. C'est là que viennent les jeux de mot foireux comme "hokuto de cuisine", "Nanto de fourrure", etc.
Deux séries tv de 109 et 43 épisodes suivis d'un film d'animation et enfin 3 OAV (sans oublier deux films live américain et chinois)
Dragon Ball Z

Dragon Ball et consorts : nous suivons l'aventure de Son Gokû, garçon doté d'une queue de singe dans un monde où sa force sera sans cesse remise à l'épreuve.

 

Dragon Ball 163 épisodes, Dragon Ball Z 291 et Dragon Ball GT 64 épisodes. 18 films d'animation associés.

Originellement inspiré de la légende chinoise du Roi-Singe.

Outre une imposante production, la Toei sera le berceau d'animateurs prestigieux dont Hayao Miyazaki et Isao Takahata (les deux compères comptant parmi les syndicalistes responsables des grèves de 1964).

Nippon animation

Concurrent direct de Toei Animation, cette société a, à son actif plus de 120 productions différentes au nombre duquel on comptera Princesse Sarah, Le tour du monde en 80 jours, Les aventures de Tom Sawyer, Alice au pays des merveilles, Olive & Tom, Maya l'abeille, Les 3 mousquetaires, Conan fils du futur, Bouba, Le petit lord, Dans les Alpes avec Annette

Les aventures de Tom Sawyer

Les aventures de Tom Sawyer : diffusée à partir de décembre 1982, cette série nous raconte les aventures de Tom Sawyer et de son meilleur ami Huckleberry Finn dans la ville de Petersburg sur les rives du mississippi à la fin du XIXème siècle.

 

Inspiré du héros de Mark Twain (Les aventures de Tom Sawyer et Les aventures de Huckleberry Finn).

51 épisodes de 26 minutes.

 

Une collaboration franco-japonaise : Jean Chalopin

Dès le début de sa société, DIC, en 1971, Jean Chalopin s'illustre comme le pape du dessin animé en France : il produit et réalise Ulysse 31 (1981), le premier long dessin animé franco-japonais. Le travail d’animation est confié à Tokyo Movies Shinsha (TMS) : Shingo Araki lui-même (Lady Oscar, Goldorak, Cat’s Eyes…) créera certains personnages dont Télémaque et Noumaïos. De ce premier travail, il conserve quelques collaborateurs talentueux tels que Dezaki et Sugino, qui s'étaient déjà illustrés sur des séries comme Rémi ou L'Île au Trésor, et qui travailleront plus tard sur Blondine au Pays de l'Arc-en-Ciel (Rainbow Brite), ainsi que Michi Himeno, une dessinatrice ayant longtemps travaillé aux côtés de Shingo Araki qui, elle, participera à la création des Entrechats.
Devant le grand succès remporté par Ulysse 31, Jean Chalopin établit avec Andy Heyward DIC Enterprises à Los Angeles en 1982 où il se charge d'utiliser des capitaux américains pour faire fabriquer au Japon des séries qui deviendront des succès mondiaux comme Les Entrechats, Les Minipouss, Les Bisounours, Jayce et les Conquérants de la Lumière, Les mystérieuses Cités d’Or sans oublier L'Inspecteur Gadget (créé et réalisé par Bruno Bianchi), qui restera le plus grand succès de DIC puisqu'il est rediffusé aux USA depuis sa création.
Pourtant, en 1987, les financiers commencent à bouder le dessin animé. DIC produira encore Denis la Malice et Les Popples avant que Chalopin n’en quitte la direction en 1988. Dès lors, la majorité de l'animation produite par DIC sera d'origine américaine (Action Man, G.I. Joe de triste mémoire…).

Ulysse31

Ulysse 31 : remixe d'Homère à la sauce science fiction. Après avoir affronté le cyclope, Ulysse s'attire la colère des Dieux et le chemin vers sa planète est effacé de la mémoire de l'ordinateur de bord. Ses compagnons de voyage sombrent dans le sommeil jusqu'à ce qu'il trouve le royaume d'Hadès.

 

26 épisodes de 24 minutes.

Les Merveilleuses Cités d'Or

Les mystérieuses cités d'or : 1953, Esteban, jeune orphelin qui semble capable d'appeler le soleil, accepte l'offre de marin Mendoza de partir vers le nouveau monde afin de découvrir les Cités d'Or. Au cours du voyage, il se lie d'amitié avec Zia et Tao.

 

39 épisodes de 28 minutes.

 

Le flop d'Akira

akira

Neo-Tokyo, en 2019, est une capitale corrompue et sillonnée par des bandes de motards. L'un d'eux, Tetsuo est capturé par l'armée pour devenir le cobaye d'un projet militaire secret pour former des êtres possédant des pouvoirs psychiques.

 

Si aujourd'hui l'Akira de Katsuhiro Otomo est devenu un film culte, c'était une autre affaire lorsqu'il est sorti sur les grands écrans français en 1989. Le film balaie tous les préjugés sur la japanimation et ce n'est que lorsque TF1 édite le film en VHS qu'il passera de main en mains et que le phénomène rencontrera l'ampleur qu'on lui connait.

La musique, composée et interprétée par le collectif Geinoh Yamashirogumi, mélangeant les sonorités japonaises traditionnelles, musique balinaise et musique classique, sera un autre élément révolutionnaire et marquante d'Akira.

Réalisation/scénario : Katsuhiro Otomo
Musique : Shoji Yamashiro
Durée : 124 minutes

Les temps modernes

Alors que l'animation japonaise arrive à maturité, sa visibilité sur les petits écrans est beaucoup plus diffuse que dans les années 90 vraisemblablement du fait de sa mauvaise réputation mais surtout de l'absence d'une émission jeunesse fédératrice. On notera que France 5 rediffuse couramment d'anciennes séries animés (Princesse Sarah et Gigi notamment) mais aussi plus récentes (Magical Doremi). Canal + se tourne vers des produits plus "adultes" (Full Metal Alchemist, GTO, Monster) alors que les émissions jeunesse de France 2 se tourne vers des séries live.
C'est donc plus par le DVD et, ne le cachons pas, le téléchargement (favorisé par le sous-titrage fournis par des fans, les fansub) que les séries japonaises se répandent le plus sur le marché français. Le premier film d'animation qui rencontre, enfin, le public sur grand écran est, sans aucun doute, Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki, ouvrant la porte à d'autres long métrages japonais.

Dans un premier temps, nous aborderons rapidement les studios dominant l'animation japonaise et enfin nous citerons quelques réalisateurs majeurs.

Le studio Ghibli

Studio fondé par Hayao Miyazaki et Isao Takahata en 1985. Toshio Suzuki, président et producteur des studios Ghibli joue un rôle très actif dans les choix du studio : c'est lui qui confiera la réalisation des Contes de Terremer à Goro Miyazaki, le fils d'Hayao, contre la volonté de celui-ci. Les studios Ghibli ne produisent qu'exclusivement des long métrages d'animation. Bien qu'ayant produit des films d'autres réalisateurs (Yoshifumi Kondo et son Si tu tends l'oreille et Gendo Miyazaki pour Les Contes de Terremer par exemple), nous nous concentrerons sur Hayao Miyazaki et Isao Takahata.

Hayao Miyazaki

Né en janvier 1941 à Tokyo, son enfance est marquée par l'image du Japon dévasté par la seconde guerre mondiale. Son oeuvre en portera toujours la trace. Ses héros sont systématiquement des adolescents ou des jeunes adultes dans un monde marqué par la guerre. Ce cadre lui permet d'explorer des thèmes écologiques. Le héros de Miyazaki, bien qu'il soit dans une situation initiale assez problématique, se bat pour changer les événements en cours.

Hayao Miyazaki sera à la réalisation de :

  • 1984 : Nausicaä de la vallée du vent (Kaze no tani no Naushika)
  • 1986 : Laputa – Le Château dans le ciel (Tenku no shiro Rapyuta)
  • 1988 : Mon voisin Totoro (Tonari no Totoro)
  • 1989 : Kiki la petite sorcière (Majo no takkyubin)
  • 1992 : Porco Rosso (Kurenai no buta)
  • 1997 : Princesse Mononoké (Mononoke Hime)
  • 2001 : Le Voyage de Chihiro (Sen to Chihiro no Kamikakushi)
  • 2004 : Le Château ambulant (Hauru no Ugoku Shiro)
  • 2008 : Gake no ue no Ponyo – (Ponyo en haut d'une falaise, traduction littérale)

C'est grâce aux bénéfices réalisés sur son premier long métrage d'animation, Nausicaä, qu'a pu être fondé les studios Ghibli.

mononoke hime

Princesse Mononoké : le prince Ashitaka est frappé d'une malédiction après avoir tué un dieu-sanglier devenu démon à la suite d'une blessure. Il part à la recherche de l'origine de son malheur.

 

Les principaux thèmes de Miyazaki sont présent : la défense de la nature et de la vie dans sa diversité, la dénonciation de la guerre…

Joe Hisaishi, compositeur, arrangeur, chef d'orchestre et pianiste japonais, compose la bande originale de toutes les productions de Hayao Miyazaki depuis Nausicaä. Takeshi Kitano lui demandera de créer la musique du film A scene at the Sea en 1991, coopération qui se reconduira sur d'autre films du réalisateur.

Isao Takahata

Isao Takahata a rencontré Hayao Miyazaki à la Toei Animation. C'est avec Le Tombeau des Lucioles qu'il signe son chef d'oeuvre. Il réalise :

  • 1968 : Horus, prince du Soleil (Taiyo no oji : Horus no daiboken)
  • 1972 : Panda Kopanda
  • 1981 : Kié la petite peste (Jarinko Chie)
  • 1982 : Goshu le violoncelliste (Cello hiki no Gôshu')
  • 1988 : Le Tombeau des lucioles (Hotaru no haka)
  • 1991 : Souvenirs goutte à goutte (Omohide Poro-poro)
  • 1994 : Pompoko (Heisei tanuki gassen pompoko)
  • 1999 : Mes voisins les Yamada (Houhokekyo tonari no Yamada-kun)

Contrairement au héros de Miyazaki, ses personnages ne sont pas acteurs sur le contexte qui leur est défavorable, ils le subissent, tachant de faire de leur mieux pour survivre, cela passant par une étape d'acceptation des événements. Du fait de ce désaccord idéologique avec Miyazaki, Takahata quitte les studios Ghibli en 1999 tout en restant salarié de cette structure. Des rumeurs circulent néanmoins selon lesquelles Toshio Suzuki se serait rapproché de Takahata pour lui proposer un nouveau projet.

Le tombeau des lucioles

Le Tombeau des Lucioles : Japon pendant la seconde guerre mondiale, Seita et sa soeur Setsuko perdent leur mère au cours d'un bombardement. Leur père parti depuis le début de la guerre, ils sont livrés à eux-mêmes parmi les décombres.

 

Adapté du roman autobiographique de Akiyuki Nosaka.

 

Le studio Madhouse

Filiale du producteur et distributeur Index Corporation, le studio Madhouse a été fondé en 1972. Parmi la liste de productions assez énorme de ce studio, nous retiendrons :

  • Animatrix (segments : Programme et Record du monde)
  • Gunnm
  • Cardcaptor Sakura – avec CLAMP
  • Chobits – avec CLAMP
  • Chroniques de la guerre de Lodoss
  • Devil May Cry
  • DNA²
  • Gunslinger girl
  • Metropolis
  • Millennium Actress
  • Monster
  • Nana
  • Ninja scroll (Film et série télévisée)
  • Paranoia Agent
  • Patlabor 3
  • Perfect Blue
  • Petshop of horrors
  • Pita-ten
  • Space Pirate Captain Harlock Outside Legend OAV
  • Tokyo Godfathers
  • Trigun
  • Vampire Hunter
  • Vampire Hunter D : Bloodlust
  • X 1999 (Film)
  • X OAV
  • X TV
Les chroniques de la guerre de Lodoss

Les chroniques de la guerre de Lodoss : Un groupe constitué Parn le chevalier, Deedlit la haute-elfe, Ghim le nain, Woodchuck le voleur, Slayne le sorcier et Eto le prêtre, essaie de contrecarrer les projets de la sorcière Karla (qui est aveuglée par sa soif d'équité entre le Bien et le Mal) surtout de Vagnard (qui est possédé par Kardis) dont le but est de ressusciter la déesse du Mal, Kardis.

 

13 épisodes de 30 minutes.

metropolis

Metropolis : À Metropolis, une cité futuriste, humains et robots cohabitent, mais vivent dans des espaces bien délimités… Dans une atmosphère baignée par la musique de jazz, cette cité est le théâtre d'une enquète de police menée par un inspecteur japonais et son jeune neveu, Kenichi, au sujet d'un savant accusé de trafic d'organes, le docteur Laugthon, et qui va s'avérer être au service de l'homme le plus puissant de la ville. Celui-ci utilise les services du savant pour créer un robot ultra-moderne, ayant l'apparence d'une petite fille, Tima. Ce robot est la clé d'une arme secrète destinée à lui assurer la domination du monde, la Ziggurat, une haute tour à l'image de la tour de Babel, conçue pour égaler Dieu.

 

Librement inspiré du film de Fritz Lang
durée : 1h47

NinjaScroll

Ninja Scroll : Un village est ravagé par une épidémie de peste. La ninja Kagero escorte une troupe de soldats envoyée sur place pour enquêter mais rapidement exterminée par Tessaï, un des 8 démons de Kimon. Kagero est sauvée in extremis de la mort par l’intervention de Jubei Kibagami. Ce dernier, rônin solitaire, est contraint par Dakuan, un agent du gouvernement, de combattre chacun des 8 démons de Kimon avec l’aide de Kagero. Jubei réalise progressivement que leur chef n’est autre que son pire ennemi, Himuro Genma qui a pour dessein de prendre le pouvoir au Japon.

 

durée : 94 minutes

Le studio 4°C

Fondé en 1986 par la productrice Eiko Tanaka et les animateurs Koji Morimoto et Yoshiharu Sato, le studio 4°C est assez connu pour la qualité de ses animations mais également la liberté importante qu'elle laisse aux artistes qui ont décidé de le rejoindre. Ces studios ont produits :

  • Memories
  • Steamboy
  • Princess Arete
  • Urarochi Diamond
  • Mix Juice « Jigen Loop »
  • Keikaku
  • Table & Fishman
  • Animatrix (segments La seconde renaissance, L'histoire du Kid, Au delà et Une histoire de détective)
  • Amer béton

 

Amer Béton

Amer Béton : la ville de Takara est le territoire de deux gamins, Noiro et Blanco, jusqu'au jour où les yakusas décident de s'y installer. L'affrontement est inévitable et les pulsions destructrices de Noiro sont de plus en plus violentes…

 

Inspiré du manga de l'excellent Taiyo Matsumoto.

Durée : 1h50

 

Les grands réalisateurs contemporains

Encore une fois, l'exhaustivité étant loin d'être notre intention (et surtout une gageure tant le sujet est vaste), les réalisateurs cités ici sont, à notre avis, les plus marquant de la production actuelle. Pardon donc à ceux que nous oublions.

Shinichiro Watanabe

On doit à ce réalisateur quelques bijoux de séries d'animation comme Cowboy Bebop, Samurai Shamploo, Macross Plus et des segments d'Animatrix (A detective Story et Kid's Story).

Macross Plus

Macross Plus : Trente ans de paix se sont écoulés depuis la fin de la guerre entre les humains et les Zentradiens. La nouvelle nation a implanté des colonies sur Eden. Isamu Dyson est designé comme pilote d'essai de l'YF-19, un nouveau chasseur transformable et est envoyé sur Eden, où il retrouve Garudo pilote de l'YF-21, concurrent direct de l'YF-19. Ils se sont brouillés deux ans auparavant à cause d'une femme, Miyung Fangtone qui est devenue la productrice de Sharon Apple, une chanteuse virtuelle dotée d'une intelligence artificielle. Les ennuis commencent lorsqu'un scientifique véreux, teste sur Sharon une puce défectueuse pour améliorer son autonomie qui rend Sharon incontrolable et dangereuse.

 

OAV de 4 épisodes de 30 minutes.

Cowboy Bebop

Cowboy Bebop : En 2071, l'équipage du vaisseau spatial le Bebop voyage dans le système solaire en essayant d'appréhender des primes. A son bord, Spike Spiegel, Faye Valentine, Jet Black, Edward et Ein le "chien data". Si la plupart des épisodes tournent autour de la chasse à la prime, le centre de l'histoire concerne le passé de chaque personnage et d'anciens évènements plus généraux, qui se connectent au fur et à mesure que la série progresse.

 

26 épisodes et un film.

Outre la qualité de ces animations, Watanabe c'est entouré d'une compositrice de premier ordre : Yoko Kanno qui s'est faite remarquer très tôt par son style inspiré de la musique classique occidentale (Claude Debussy, Maurice Ravel…), évoluant par la suite vers des courants plus modernes comme le jazz et le folk.
Elle a composé pour des séries comme Cowboy Bebop, Macross Plus, Ghost in the Shell : Stand Alone Complex, Wolf's Rain, Brain Powered ou bien encore Vision d'Escaflowne (série et film), Sousei No Aquarion… Elle est l’épouse du musicien Hajime Mizoguchi, avec qui elle a contribué (et son groupe The Seatbelts) aux bandes sonores de Please Save My Earth et Vision d'Escaflowne.

Hideaki Anno

Ce réalisateur est indissociable des studios Gainax dont il est le fondateur. A ce jour, toutes les productions de Gainax ont été réalisées par Anno :

  • Les Ailes d'Honnéamise (Ôritsu uchûgun oneamisu no tsubasa)
  • Appleseed (OAV)
  • Gunbuster (Top wo nerae!) – OAV
  • Nadia, le secret de l'eau bleue (Fushigi no umi no Nadia)
  • Neon Genesis Evangelion (Shin seiki Evangelion)
  • Neon Genesis Evangelion : Death & Rebirth (Shin seiki Evangelion Gekijô-ban : Shito shinsei)
  • FLCL – OAV
  • Mahoromatic : Automatic Maiden
  • Kono minikukumo utsukushii sekai
  • Gunbuster le film (Top wo nerae! Gekijōban)
Les ailes d'Honnéamise Les ailes d'Honnéamise : au royaume d'Honneamise, l'armée a vu naître en son sein une section aérospatiale avec pour but avoué d'envoyer des hommes dans l'espace, entreprise jamais réalisée jusqu'alors et régulièrement réduite à l'échec. Alors que les autorités songent à stopper les financements de la Royal Space Force, l'incrédule Shiro se porte volontaire pour une nouvelle mission, fraîchement convaincu du bien-fondé d'un tel voyage par sa rencontre avec la pieuse Riquinni. Mais les ennuis commencent avec l'entraînement et la construction d'une fusée, car le royaume traverse une crise économique et militaire qui pousse ses habitants à attendre des mesures plus sociales de la part du pouvoir.
Neon Genesis Evangelion

Neon Genesis Evangelion : En 2000, une gigantesque explosion se produit en Antarctique, provoquant un cataclysme (raz-de-marées, fonte des calottes polaires) qui dévaste une grande partie de la planète. Les autorités déclarent que cette catastrophe est dûe à la chute d'un astéroïde. Quinze ans plus tard, l'humanité a surmonté cet événement, appelé le Second Impact. Mais de mystérieuses créatures nommées Anges font leur apparition, et tentent de détruire Tokyo-3, la nouvelle capitale-forteresse du Japon. Pour les combattre, l'organisation secrète NERV a mis au point une arme ultime, l'« Evangelion » ou « Eva », robot géant anthropoïde piloté. .

 

série de 26 épisodes suivie de 2 films.

Katsuhiro Otomo

Ce réalisateur est devenu mythique grace à son Akira. Il signera plus tard Memories constitué de 3 courts métrages, Rōjin Z et enfin Steamboy.

steamboy

Steamboy : Dans l'Angleterre du XIXe siècle, Ray Steam est le fils de Edward et petit-fils de Lloyd, deux scientifiques inventeurs de machines à vapeur. Ils ne sont pas reparus depuis plusieurs mois après leur départ pour l'Amérique, lorsqu'un colis contenant une boule métallique (la steamball) parvient au domicile de Ray et sa mère. Deux hommes de la Fondation O'Hara tentent de s'en emparer, forçant Ray à fuir.

 

Durée : 126 minutes.

 

Mamoru Oshii

Les films de Mamoru Oshii sont généralement composés de scènes lentes et méditatives rythmées par quelques scènes d'action rapides. Le style particulier d'Oshii a été imité par des réalisateurs nord-américains, notamment, et de leur propre aveu, les frères Wachowski pour leur Matrix. Quelques réalisation d'Oshii sont présentées ci-dessous :

  • Lamu 1, Only You
  • Lamu 2, Beautiful Dreamer
  • L'Œuf de l'Ange
  • Maroko
  • Patlabor, the Movie
  • Patlabor 2, the Movie
  • Ghost in the Shell
  • Innocence : Ghost in the Shell 2
L'oeuf de l'ange L'oeuf de l'ange : À l'aube d'un second déluge, prédisant l'arrivée d'une espèce supérieure à l'homme, une petite fille trouve un œuf qu'elle garde. Elle rencontre un jeune homme qui la suit, curieux de savoir ce que contient cet œuf.
ghost in the shell

Ghost in the Shell : Dans un Japon futuriste régi par l'Internet, le major Motoko Kusunagi, une femme cyborg ultra-perfectionnée, est hantée par des intérrogations ontologiques. Elle appartient, malgré elle, à une cyber-police musclée dotée de moyens quasi-illimités pour lutter contre le crime informatique. Le jour où sa section retrouve la trace du 'Puppet Master', un hacker mystérieux et légendaire dont l'identité reste totalement inconnue, la jeune femme se met en tete de pénétrer le corps de celui-ci et d'en analyser le ghost (élément indéfinissable de la conscience, apparenté à l'âme) dans l'espoir d'y trouver les réponses à ses propres questions existencielles…

 

Durée : 1h25

Parmi les récurrences dans l'oeuvre d'Oshii, l'apparition d'un basset et une citation biblique.

Satoshi Kon

Ce réalisateur a fait ses premières armes comme assistant d'Otomo sur Rojin Z. Il sera également présent sur Memories mais c'est avec Perfect Blue que commence sa carrière de réalisateur. Lui succèderont Millenium Actress, Tokyo Godfathers, Paranoia Agent et enfin Paprika. Son oeuvre est très inspiré par l'auteur de meta-fictions Tsutsui, l'auteur original de Paprika, ce film étant donc l'aboutissement de l'oeuvre de Kon.
Deux principaux thèmes sont abordés : le masque (dans le sens où chaque individu se forge une identité en fonction de la personne à qui il s'adresse, le contexte dans lequel il évolue) et la confusion possible entre réalité/rêve/fiction.

Tokyo godfathers Tokyo Godfathers : Gin, un homme ruiné, Hana, un travesti versant volontier dans le sentimental et Miyuki, une adolescente fugueuse, vivent dans la rue. Le soir de Noël à Tokyo, les trois sans abris trouvent un bébé au milieu d'ordures. Ils décident alors de retrouver la mère du nouveau-né, qu'ils appellent Kyoko « enfant pur » en attendant. Commence pour eux une formidable aventure qui les confrontera à leurs passés respectifs.
paprika Paprika : Dans le futur, un nouveau traitement psychothérapeutique a été inventé : grâce à une machine, le DC Mini, il est possible de rentrer dans les rêves des patients, et de les enregistrer afin de sonder les tréfonds de la pensée et de l'inconscient. Alors que le processus est toujours dans sa phase de test, l'un des prototypes du DC Mini est volé, créant un vent de panique au sein des scientifiques ayant développé cette petite révolution. Dans de mauvaises mains, une telle invention pourrait effectivement avoir des résultats dévastateurs. Le Dr. Atsuko Chiba, collègue de l'inventeur du DC Mini, le Dr. Tokita, décide, sous l'apparence de sa délurée alter-ego Paprika, de s'aventurer dans le monde des rêves pour découvrir qui s'est emparé du DC Mini et pour quelles raisons.

 

Sources

Le portail de l'animation et de la bande dessinée asiatique sur wikipedia
Buta-Connection, le site francophone dédié aux studios Ghibli
Le biographie de Chalopin sur citesdor.com
Thierry Groensteen, L'Univers des Mangas – Une introduction à la bande dessinée japonaise, 1996, Casterman.
Hayao Miyazaki, Laputa Castle in the Sky – the Original Storyboards.
Hayao Miyazaki – Porco Rosso, la légende, 1992, Glénat.

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