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heart_fanaticlive_CDHeart fait partie de ces groupes de classic rock des années 70 qui ont parfaitement négocié commercialement le tournant des années 80 à la manière d'un Styx, d'un Journey ou d'un Chicago. Le groupe des deux sœurs Ann et Nancy Wilson, après des disques de rock hard ayant déjà obtenu un vrai succès, comme Little Queen ou Dog & Butterfly, a connu la consécration dans les années 80 avec les disques multiplatines Heart (1985), Bad Animals (1987) ou Brigade (1990), dans un genre certes franchement AOR et arena rock, mais de haute tenue. Les années 90 et 2000 ont été évidemment moins fastes et les productions se sont clairsemées. Avec Red Velvet Car et le plus récent Fanatic (2012), Heart a repris du poil de la bête en remusclant son propos et en se rapprochant du son plus heavy de ses origines. 

Les lives de Heart ne manquent pas et les sœurs Wilson se doivent à chaque fois de varier le menu. Ici, pour ce DVD intitulé Fanatic Live From Caesars Colosseum, ce menu est constitué de cinq titres de Fanatic, de trois hits « rescapés » des années 80 (« What About Love », « These Dreams » et « Alone ») et de six titres, cette fois extraits des seventies : les classiques « Crazy On You », « Barracuda », « Dog And Butterfly » et tutti quanti. Si l'on recherche la période AOR de Heart, il vaut mieux s'orienter vers le plus ancien Rock The House ! Live (1991). Mais si, par contre, on apprécie le réussi Fanatic et que l'on est réceptif à toute la carrière de Heart, du musclé (« Barracuda ») en passant par l'acoustique (« Dog And Butterfly » ou « Walking Good »), on a tout lieu d'être intéressé par ce Fanatic Live From Caesars Colosseum, tout bonnement excellent. 

Heart a toujours été un bon groupe de concert, ne serait-ce que du fait du chant unique d'Ann Wilson, une des plus belles voix féminines du rock. Encore une fois, malgré les années, la chanteuse sexagénaire, chante superbement. Les puristes et les amateurs remarqueront quelques défaillances dans certaines montées dans les aigus (notamment sur « Crazy On You »), mais étant donné son âge (et ses excès passés), Ann Wilson tient parfaitement son rang. 

À ses côtés, sa guitariste (et parfois chanteuse) de sœur, Nancy, emmène un groupe parfaitement cohérent et en osmose. Les images du DVD sont particulièrement belles et l'orchestre qui intervient sur certaines ballades bien mis en valeur. Les deux sœurs Wilson rayonnent de charisme et l'on remarquera que Nancy Wilson porte tout particulièrement bien le poids des ans, ravie manifestement d'être là. Les autres musiciens sont très à l'aise, même si leur présence scénique est moins évidente ; ils ont toutefois une présence réelle lors des prises de vue. Et ils semblent bien contents d'être où ils sont.

Ainsi Heart sur scène dégage à la fois une impressionnante impression de cohésion et de professionnalisme poussé, mais aussi de chaleur et d'empathie. Cette combinaison est loin d'être facile à atteindre. Voilà bien une des raisons de prêter attention à ce nouvel live de Heart qui n'est en rien un énième enregistrement live à ranger puis à oublier.   

Baptiste (8/10)

 

Site officiel

Frontiers / 2014

Tracklist (68 :00) : 1. Fanatic  2. Heartless 3. What About Love 4. Mashallah! 5. Even It Up 6. 59 Crunch 7. Straight On 8. Dog And Butterfly 9. Walking Good 10. These Dreams 11. Alone 12. Dear Old America 13. Crazy On You 14. Barracuda

purplestrangersliveTous les efforts de Gillan et de ses siens n'arriveront jamais à faire oublier le Deep Purple Mark II. Et ce malgré les qualités indéniables d'un Now What ?! unanimement considéré comme excellent. « Deep Purple c'est avec Blackmore (et accessoirement Jon Lord) » pensent beaucoup et on ne peut pas leur donner entièrement tort. Eagle Vision l'a bien compris en commercialement ce DVD issu du concert de Sidney de la tournée de la reformation « Perfect Strangers », le 12 décembre 1984. Perfect Strangers a une bonne réputation justifiée et on sait que le groupe n'était pas encore en proie aux tensions qui allaient resortir au grand jour lors de House Of The Blue Light. L'album est d'ailleurs bien représenté dans la setlist avec quatre morceaux. L'idée était donc plutôt bonne, même si certains afficionados ont fait remarquer que d'autres dates étaient bien meilleures en Australie. 

Trois grands professionnels

L'image se ressent des conditions de l'époque et on ne peut pas franchement dire qu'elle soit superbe : les couleurs sont parfois un peu laides et le cadrage douteux. Le son est, lui, supérieur, même si on déplorera le fait que Jon Lord soit trop en retrait. C'est particulièrement dommage, notamment lors des parties à l'unisson avec Blackmore, ne serait-ce que parce que Lord joue bien ce soir. Comme Glover et Paice d'ailleurs. Leur mise en place impressionnante donne une puissance assez incroyable à l'ensemble que l'on aperçoit dès le début d'un « Highway Star » très véloce. Joe Satriani soutient qu'il n'a jamais joué avec un groupe dont la mise en place soit de ce niveau : on ne peut encore une fois lui donner tort ici en écoutant la prestation des trois grands professionnels. 

Passons aux vrais maillons faibles du Mark II : il s'agit de Ian Gillan et de Ritchie Blackmore, capables du meilleur comme du pire… et surtout du pire les années passant. Ce DVD rappellera qu'en 1984, Gillan avait encore de beaux restes, malgré des pertes nettes, notamment dans les aigus. À l'époque lorsqu'il chantait « Child In Time », il était crédible bien qu'évidemment moins bon que sur Made In Japan. Et il arrive à proposer des versions de « Perfect Strangers » ou de « Knockin' At Your Back Door » supérieures aux versions de l'album où je lui trouve une voix faible et chevrottante. Ici, il est plus rugueux et âpre mais plus puissant. En 1984, Gillan n'était donc pas l'ombre de lui-même et il aurait alors mieux fallu qu'il arrête le tabac et l'alcool pour de bon, ce qu'il n'a, hélas, pas fait.

Un homme en noir en méforme

C'est plutôt à la prestation de Blackmore qui mériterait un « zéro ». Pas un « zéro pointé » non plus car ses parties rythmiques sont très correctement jouées et à le voir échanger sur « Strange Kind Of Woman » avec Gillan d'une bonne humeur qui ne semble pas feinte, on le sent tout à fait concerné par le show. Et pourtant ses solos sont calamiteux : sales, brouillons et désagréables, ils constituent souvent un vrai massacre des originaux (« Highway Star » ou, pire, « Child In Time »). Si on excepte quelques passages réussis sur « Strange Kind Of Woman », l'ensemble est très mauvais. Blackmore est pourtant tout à fait sobre et semble motivé, voire apprécier le concert : il n'en reste pas moins exécrable en solo non seulement ce soir là, mais aussi sur l'ensemble de la tournée. Que s'est-il passé ? Mystère… 

Les solos ne font pas un concert en entier et donc on peut dire que ce Perfect Strangers Live est non seulement un témoignage à avoir de l'époque mais aussi que c'est un bon témoignage. Il n'empêche que le rôle essentiel de la guitare solo dans Purple empêche de lui mettre au chose qu'un 7/10. Ni plus, ni moins. Il faudra attendre l'arrivée de Joe Lynn Turner pour revoir Blackmore reprendre des couleurs. Les voies du Seigneur…  

Baptiste (7/10)

 

Ear Vision / 2013

Tracklist : 01. Highway Star 02. Nobody’s Home 03. Strange Kind Of Woman 04. A Gypsy’s Kiss 05. Perfect Strangers 06. Under The Gun 07. Knocking At Your Back Door 08. Lazy (including Ian Paice drum solo) 09. Child In Time 10. Difficult To Cure 11. Jon Lord Keyboard Solo 12. Space Truckin’ (with Ritchie Blackmore guitar solo) 13. Black Night 14. Speed King 15. Smoke On The Water

1000x1000Genesis Revisited: Live At The Hammersmith est la suite évidente du récent Genesis Revisited II de Steve Hackett. Le succès de ce nouveau disque de réinteprétations du groupe originel de Steve Hackett a été réel et les concerts des succès (celui de Paris fut complet plusieurs mois à l'avance). Les échos des concerts étaient bons et l'on pouvait attendre avec impatience la réalisation de ce double CD/DVD (une choses de plus en plus banale de nos jours). C'est fait puisque le concert au fameux Hammersmith du 10 mai 2013 a été enregistré pour constituer un beau témoignage de la tournée. 

Les titres attendus sont presque tous là

Les connaisseurs savent que le premier Genesis Revisited avait déjà donné lieu à un enregistrement live de la tournée japonais : The Tokyo Tapes. Live In Japan en 1996. Le line up y était classieux, avec John Wetton au chant et à la basse et Chester Thompson à la batterie. Le résultat était très probant. Il fallait essayer de faire mieux. D'abord par la durée : ici presque trois heures de musique c'est énorme et ça permet de revisiter quasiment tous les classiques de l'époque progressive de Genesis. À vrai dire seuls « The Cinema Show » et « One For The Wine » manquent ici franchement à l'appel mais ce sont des morceaux sur lesquels Steve Hackett n'avait pas un grand rôle. 

Nous avons donc droit aux incontournables « Firth Of Fifth », « Supper's Ready » ou « The Musical Box » plus certains morceaux composés majoritairement par Steve Hackett comme le très beau « Entangled » ou « Blood On The Rooftops ». Mais aussi à quelques raretés inattendues telles « The Lamia » ou « Eleventh Earl Of Mar » ou « Dancing With The Moonlit Knight » pas joués en entier par Genesis depuis 1980 ! Les fans (dont je suis) seront donc ravis. 

L'interprétation est elle-même impeccable, Steve Hackett se révélant toujours étincelant, seul ou lors d'un duo avec Steve Rothery sur la fin de « The Lamia ». John Wetton ne fait qu'une courte apparition sur un très émouvant « Afterglow » mais il y démontre qu'il n'a en rien perdu sa voix malgré les années. Roger King fait une bonne doublure de Tony Banks dont il affiche la même réserve. La présence de Rob Townsned aux instruments à vent est bienvenue, notamment lorsqu'il lui arrive de jouer à l'unisson avec Steve Hackett. Ses développements jazzy sur « I Know What I Like » sont de même excellents. Et la version réarrangée de « Los Endos » lui permet de briller tout spécialement. La section rythmique est franchement impeccable et on s'étonnera souvent de la virtuosité avec laquelle Gary O'Tool interprète les parties de Phil Collins alors qu'il lui arrive d'empoigner avec bonheur le micro (« Blood On The Rooftops »). 

Pointes de mollesse

Le vrai « hic » réside dans Nad Sylvan, qui effectue la plupart des parties chantées sur le live. Complètement habité par une musique qu'il adore, l'ex chanteur d'Unifaun est très appliqué. Sa belle voix, à la croisée de celles de Collins et de Gabriel, fait des merveilles sur les passages les plus lents (le début de « Dancing With The Moonlit Night ») mais par contre pèche lorsque le propos se veut plus nerveux. Sa prestation sur « Eleventh Earl Of Mar » est particulièrement poussive. Le même syndrome sera constaté sur le passage « Apocalypse in 11/8 » de « Supper's Ready », où là c'est l'ensemble du groupe qui ne dégage pas assez de puissance. C'est un des quelques points noirs du disque. 

Le visionnage du DVD en fera apparaître un autre : malgré la qualité des images et l'ambiance de recueillement dans la salle, Steve Hackette semble plus introverti que jamais. Ne lâchant que quelques bribes de phrase, alors que l'on attendait des anecdotes sur le groupe et sur son histoire, on ne peut pas dire qu'il crée une ambiance chaleureuse ou bon enfant autour de lui. C'est bien dommage. Car si ces deux points noirs il n'y avait, le tout eût parfait. Assurément. 

Baptiste (8,5/10)

 

Inside Out / 2013

Tracklist (2 heures 41 minutes) :

CD1 : 1. Watcher of the Skies 2. The Chamber of 32 Doors 3. Dancing with the Moonlit Knight 4. Fly on a Windshield 5. Broadway Melody of 1974 6. The Lamia 7. The Musical Box 8. Shadow of the Hierophant 9. Blood on the Rooftops

CD2 : 1. Unquiet Slumbers for the Sleepers 2. In That Quiet Earth 3. Afterglow 4. I Know What I Like 5. Dance on a Volcano 6. Entangled 7. Eleventh Earl of Mar 8. Supper's Ready

CD3 :  1. Firth of Fifth 2. Los Endos 

DVD1 : Full live show

DVD2 : Behind the scenes