Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Avec Freak Show en 2013 puis Dirtylicious deux ans plus tard, les roumains de DIRTY SHIRT avaient su très agréablement nous surprendre, ils possèdent un art certain pour faire taper du pied et secouer la tête. Leur pot-pourri mélangeant bases métal et punk à de l’électro et du folk roumain apporte un vent de fraîcheur assez original. Vous ne trouverez pas un tel cocktail à tous les soins de rue (à part peut-être RUSSKAJA). Après Live in the Truck enregistré en 2011, il était temps que le groupe grave dans le marbre un nouveau concert, symbole de leur progression depuis plus de cinq ans maintenant.

DIRTY SHIRT et son label Apathia Records ont décidé de mettre les petits plats dans les grands avec un FolkCore DeTour très touffu. Les fans pourront largement être rassasiés avec vingt titres pour presque quatre-vingt minutes de musiques. Histoire d’enfoncer le clou et de proposer un spectacle encore plus complet, les roumains ont joint leurs forces avec l’Ansamblul Transilvania, un orchestre folklorique traditionnel roumain pour six concerts. Ce disque retranscrit le spectacle donné au Arenele Romane, à Bucarest, le 1er avril 2017.

Les deux formations se complètent à merveille tout au long du disque. DIRTY SHIRT apporte les mélodies accrocheuses et la puissance alors que l’orchestre adoucit un peu les mœurs et apporte une touche mélodique supplémentaire. Encore une fois, ce ne sont pas des sonorités ou un univers musical que nous rencontrons si souvent. Tous les albums sont sollicités (à l’exception du tout premier Very Dirty mais le groupe évoluait alors dans un autre style Hardcore, Thrash). Freak Show et Dirtylicious se taillent assez logiquement la part du lion. Tous les tubes du groupe y passent comme « Freak Show » ou « Bad Apples ». Le contraste des voix entre les deux chanteurs fonctionne toujours aussi bien. L’Ansamblul Transilvania n’est pas en reste et ajoute son grain de sel en interprétant différentes pièces comme l’archi-connu la « Danse hongroise N°5 » de Johannes Brahms. Une fois passé au tamis folk, cela constitue un joli interlude.

Avec FolkCore DeTour la quantité ne manque pas et comme la qualité s’avère également être au rendez-vous, les fans ne pourront être que comblés face à ce témoignage live. La démarche musicale et artistique est faite pour la scène et DIRTY SHIRT le prouve de façon éclatante ici. Le groupe semble prend un pied monstre et on les comprend. Si vous aimez les titres métal folk à la fois enlevés et excitants, DIRTY SHIRT saura répondre à votre attente. Si vous ne les connaissez pas, cet album constitue une belle introduction à leur univers.

Oshyrya (08/10)

 

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Apathia Records- Season of Mist / 2018
Tracklist (78:29 mn) 01. Rapsodia Romana 02. Ciocarlia 03. Moneyocracy 04. Dulce-i Vinu’ 05. Cobzar 06. Ride 07. Freak Show 08. UB 09. Balada 10. Manifest 11. Rocks Off 12. My Art 13. Dirtylicious 14. Hungarian Dance No.5 15. Mental Csardas 16. Hotii 17. Maramu’ 18. Calusarii 19. Saraca Inima Me 20. Bad Apples

 

 

Black Stone Cherry – Family Tree

Sixième album pour le groupe du Kentucky, aux allures  de vieux pick-up  increvable qui ne dévie pas de sa route. On note tout de même au fil de l’écoute que le groupe prend le parti plus franchement du côté du rock sudiste rugueux que du grunge de Seattle qu’il allait titiller de temps à autre, mais au delà de cette subtile évolution, la recette ne change pas. Cela dit la guimbarde n’est pas maltraitée, le groupe propose des titres qui conservent un air de famille dans la veine des albums précédents. Quelques titres accrochent les conduits auditifs, tel  » Bad Habit  » qui ouvre l’album en douceur, suivi d’un  » Burnin  » plus musclé avec une intro aux allures de ZZ Top. Les titres se suivent, agréables mais pas au point de marquer les esprits, puis survient le gros ralentissement au milieu de l’album avec  » My Last Breath  » aux allures de vieux classiques sorti des années 70, qui aurait sans doute été mieux placé en fin d’album en guise conclusion.
« Southern Fried Friday Night » reprend le flambeau, en guise d’hymne sudiste, puis Il faudra attendre trois titres plus loin pour se ouvrir les oreilles avec  » Ain’t Nobody « , un poil plus énergique. Un  » James Brown  » plus funky prend la relève, pour laisser la place à une dernière partie plus blues, dont seul  » Get Me Over You  » se distingue franchement. Au fil des écoutes « Family Tree » s’avère être un album plaisant, et plutôt bien ficelé, auquel il manque une fois encore l’étincelle pour embraser la plaine. A la place, on a une douzaine de compos variées et bien exécutées par des musiciens qui y mettent leurs tripes, mais qui restent dans une zone de confort. On reste encore une fois sur sa faim.

Hamster (06/10)

Mascot Record / 2018
Tracklist : 1. Bad Habit 2. Burnin 3. New Kinda Feelin 4. Carry Me On Down the Road 5. My Last Breath 6. Southern Fried Friday Night 7. Dancin’ in the Rain (featuring Warren Haynes) 8. Ain’t Nobody 9. James Brown 10. You Got the Blues 11. I Need a Woman 12. Get Me Over You 13. Family Tree

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Jeff Scott Soto – Retribution

Avec Soto, Jeff Scott Soto avait entamé un tournant musical vers un propos nettement plus heavy que de coutume. Inside The Vertigo et Divak avaient considérablement durci le ton et aussi modernisé le hard rock mélodique du chanteur américain. Personnellement je n’avais pas franchement suivi Jeff Scott Soto dans cette évolution : le résultat me semblait bien trop banal et calibré pour emporter la conviction. Il est difficile de savoir ce qu’en pense lui-même Soto car la communication des musiciens, surtout américains, n’est que rarement franche. Constatons toutefois que Soto est de retour sous son nom complet et revient en quelque sorte au hard mélodique dont il était coutumier sur ce Retribution. Au passage, Soto réintègre son label napolitain Frontiers, autre signe envoyé à ses auditeurs. Et il a de nouveau fait appel à Howie Simon, le guitariste l’accompagnant sur son premier début de carrière.

Toutefois, il ne faut pas croire que tous les compteurs ont été ici remis à zéro. Ce Retribution est assez éloigné des premiers efforts solo de Soto comme Prism et lorgne bien plus vers un Damage Control voire certains éléments de Inside The Vertigo. Les guitares sont ainsi au premier plan, la basse claquante et les claviers généralement inaudibles ; les paroles se font surtout vindicatives et la production est très puissante. On peut donc dire que Soto fusionne ici bien habilement ses orientations musicales. Il est difficile de ne pas taper du pied sur le heavy mélodique incarné par « Retribution », « Rage Of The Year » ou l’excellent « Bullet For My Baby » voire « Breakout » fichtrement efficace. Et même quand le propos se veut plus léger et groovy comme sur « Reign Again », évocation du passé Hard FM du chanteur, la mollesse n’est jamais de mise. Mais ces variations évitent au disque d’être trop écrasant, tout comme les ballades au demeurant peu novatrices(« Feels Like Forever » qui accumule les clichés du genre).

Une réserve, mais de taille : si Retribution est intelligemment fait et parfaitement interprété… il n’a rien d’essentiel. Je doute que les chansons de ce disque deviennent des classiques du chanteur. Il leur manque un soupçon de quelque chose pour devenir excellentes : un riff un peu plus original ou un refrain un poil plus marquant. La copie est propre mais on peine à vouloir la relire une troisième fois…

Baptiste (7/10)

 

Frontiers / 2017

Tracklist : 01. Retribution 02. Inside/Outside 03. Rage Of The Year 04. Reign Again 05. Feels Like Forever 06. Last Time 07. Bullet For My Baby 08. Song For Joey 09. Breakout 10. Dedicate To You 11. Autumn