Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

« On ne change pas une formule qui gagne » : voilà probablement quel était l’état d’esprit de nos amis de TMDC au moment d’entrer dans le studio pour pondre un digne successeur à Versvs I, son dernier opus en date. On garde donc les mêmes fondamentaux, à savoir une prod’ en béton armé, un Death brutal qui n’a pas peur de s’aventurer vers des horizons plus expérimentaux, une voix off (un David Attenborough plus vrai que nature cette fois) et une campagne promotionnelle délirante.

Et pourtant, ce Vergelding a un petit quelque chose en plus. Il a cette petite touche indus plus marquée, qui lorgne tantôt vers le Ministry de la belle époque, tantôt vers un Rammstein martial en diable (« Fist Of Stalin » a de furieux relents de « Wollt Ihr Das Bett In Flammen Sehen » à la sauce Death Metal hollandais). Et mine de rien, cette petite différence apporte une saveur plus prononcée au tout.

Si je ne devais pointer qu’un défaut, c’est la durée finalement très limitée de l’album : une intro, un intermède musical certes réussi (qui reprend une mélodie de l’intro) et deux morceaux de l’album précédent en version live au Graspop. Au final, on tourne donc aux alentours de la grosse demi-heure de nouvelle musique, un comble quand on sait que leur EP Bloodcvlts affichait 40 minutes au compteur. Mais quand on y réfléchit, il est probablement préférable d’opter pour un album un poil plus court, mais aussi et surtout plus percutant et efficace.

Mister Patate (8,5/10)

Facebook officiel 

Human Detonator Records / 2018
Tracklist (47:01) 1. Planet Wrath 2. Dawn of the Planet of the Ashes 3. Come Forth Lazarus 4. Fist of Stalin 5. The #Snowflake Anthem 6. Rise of the Dhul-Fakar 7. Die Glocke (Live at Graspop Metal Meeting 2017) 8. The Furious Gods (Live at Graspop Metal Meeting 2017)

Fukpig – Bastards

En l’espace de 5 ans, les Anglais de Fukpig avaient craché 4 albums (ou plutôt 3 albums et demi, vu que The World Is Weakening n’était qu’un réenregistrement de 3 avec de nouveaux membres) avant de sombrer à nouveau dans l’oubli pendant 6 longues années.

Et un matin, au réveil, en consultant mon fil d’actu sur Facebook tout en satisfaisant un besoin naturel pressant, la nouvelle était tombée : un nouvel album de Fukpig. Je ne l’attendais pas vraiment, même si le groupe avait semé ici et là quelques indices, et le résultat est pour le moins percutant.

En termes de composition et de style, Fukpig reprend là où le groupe s’était arrêté, avec un mix de crust, de grind et d’une pincée de black, le tout portant deux chants qui s’opposent, s’invectivent. C’est toujours aussi basique, aussi rentre-dedans et aussi bourru qu’avant. Au niveau des thèmes abordés, là non plus, pas de surprises, les Anglais sont toujours aussi portés sur l’antifascisme, la guerre, les troubles sociaux (à croire que venir de Birmimgham pousse certains à se tourner d’office vers ces thématiques). S’il faut pointer une différence, c’est au niveau de la prod’. Plus pro, plus agressive, elle permet au groupe d’encore renforcer son impact. Bon, on est encore loin d’une prod’ à la Obscura, mais on sent tout de même un effort à ce niveau. Allez, les gars, dans la foulée, si vous réenregistriez vos deux premiers albums avec ce line-up…

Pas révolutionnaire sur la forme, Bastards est un album coup de poing, avec quelques hits imparables. Trop court pour lasser, trop simple pour ne pas se digérer aisément, il marque un retour aux affaires gagnant pour les affreux masqués.

Mister Patate (8/10)

Facebook officiel 

Devizes Records / 2018
Tracklist (30:43) 1. Dogshit Hair 2. Lets Make Britain Hate Again 3. Force Fed Fucking Bullshit 4. Antisocial Media 5. Bastards 6. The Altar of Austerity 7. Doctrines of the Obsolete 8. Meathead 9. Déteste 10. Ruled by Cunts 11. The Bleakest Toll 12. Last Brexit to Nowhere

Anagnorisis – Peripeteia

Il est parfois compliqué d’expliquer pourquoi un album nous touche tellement. Parfois, les mots sont vains, ils ne suffisent pas à dévoiler pleinement l’impact d’un morceau, d’une composition sur son auditeur. Cela fait deux ans que j’écoute Peripeteia, troisième album des Américains d’Anagnorisis, et j’ai supprimé au moins dix fois mes ébauches de chronique. Parce que ces quelques lignes n’étaient qu’un pâle reflet de ce que cet album évoquait pour moi. Et encore maintenant, alors que je m’apprête enfin à pondre cette chronique, j’ai le sentiment que tout ne sera pas dit. Ou que, de toute façon, vous ne comprendriez pas parce que vous n’êtes pas moi. Et tant pis/mieux pour vous.

Peripeteia est une ode au regret. À l’amertume. Tout au long de l’album, parsemé ici et là de samples d’enregistrements du chanteur et de son père lorsqu’il n’était encore un enfant, le chanteur règle ses comptes avec sa famille, déversant un torrent de rancœur. À l’instar d’un Death Karma, Anagnorisis s’écarte des thèmes habituels du genre, privilégiant ici la vie, la vraie vie, avec son lot de déceptions. Et le résultat est poignant. Sans sombrer dans la noirceur dépressive d’un groupe de DSBM, Anagnorisis véhicule une noirceur différente, comme usée jusqu’à la corde. Les morceaux sont variés et proposent tantôt des déferlantes de blast, tantôt des passages apaisés, mélodieux et mélancoliques. Rien n’est gratuit, chaque élément, chaque ajout vient magnifier le propos.

Cet album est un voyage. La plupart des albums s’écoutent avec plaisir. Celui-ci se vit. C’est du moins mon expérience personnelle. Entre puit de noirceur et ascension vers la lumière, Peripeteia est un coup de maître. 53 minutes et pas une seconde superflue.

Mister Patate (9,5/10)

Facebook officiel

Vendetta Records / 2016
Tracklist (53:00) 1. Transparent – 2. Disgust & Remorse, Pt I 3. Disgust & Remorse, Pt II 4. 5306 Morningside 5. Night Skies over Nothingness 6. Peripeteia 7. Metamorphosis 8. Transparent +