Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Outre-Tombe est un groupe de branleurs. Le genre qui ne respecte rien, qui se vautre dans la fange, qui te crache au visage sans penser au qu’en dira-t-on. Le cas social au fond de la classe qui restera à jamais dans la catégorie des cancres. Pourtant, malgré toutes ces tares, Outre-Tombe mérite tout votre intérêt.

Depuis leur première démo (2012), ces fiers Québécois se vautrent dans un death-metal putride rappelant le meilleur d’Autopsy, Nihilist ou encore les défunts Bolt Thrower. Plus old-school que le old-school. On ne se refait pas.

Abysse mortifère, troisième album, est la suite logique du travail de sape effectué sur Répurgation et Nécrovortex. Crachat (voix et guitare basse) et consorts ne s’embarrassent pas en fioritures ; ils enregistrent l’affaire en deux/trois jours et réussissent, malgré tout, à impressionner l’assistance.

Véloce, rapide, méchant, le métal de la mort d’Outre-Tombe touche sa cible à chaque fois. Les premiers mollards que sont « Coupe-gorge », « Abysse mortifère », « Cenobytes » et le délicieux « Désossé » sont juste une mise en bouche ; un échauffement pour la suite. Avec « Exsangue », Outre-Tombe bascule alors dans le plus bel hommage que l’on puisse faire à la formation de Karl Willetts, Gavin Ward et Jo Bench. Le quartet concasse, écrase, détruit avec une puissance de feu intarissable. On en ressort soufflé malgré ce sale sentiment de trop peu.

Avec Abysse mortifère, Outre-Tombe gagne une fois de plus la bataille et annihile la concurrence en trente-six trop courtes minutes. Sortez vos vieux patchs de Mantas, votre t-shirt usé de In battle there is no law et il ne vous restera plus qu’à vous ruer sur ce troisième opus sorti chez le vénérable label québécois Temple of mystery records. Ces mecs méritent autre chose que le succès confidentiel dans lequel ils sont encore confinés. Tabarnak !

Nico (9/10)

Site Officiel : https://www.facebook.com/people/Outre-Tombe

Temple of mystery /2021

1. Abysse Mortifère 2. Cenobytes 3. Coupe-Gorge 4. Désossé 5. Exsangue 6. Tombeau de Glace 7. Haut et Court 8. Nécrophage 9. Haruspex

Il y a encore peu, Corpus Diavolis se complaisait dans les tréfonds de l’underground. Existant depuis plus de 10 ans, les Marseillais aimaient vivre cachés. Avec leurs deux premiers albums auto-produits à très peu d’exemplaires et un troisième distribué par un obscur label italien (Aeternitas Tenebrarum Musicae Fundamentum), le quatuor n’était pas au top de l’exposition médiatique. Distribué par les Nantais des Acteurs de l’Ombre, et bénéficiant donc d’une promotion beaucoup plus conséquente, ce quatrième opus risque bien de changer la donne.

Apocatastase est une invitation au sabbat luciférien. Ici, on célèbre le grand cornu dans la tradition. Rien de nouveau au programme. Tout ce que vous pouviez attendre d’un album de black-metal se trouve ici, prêt à satisfaire l’auditeur. Et même si les deux premiers morceaux ne nous emballent pas plus que ça, malgré quelques passages réussis, la suite mérite que l’on se penche avec une plus grande attention sur ce quatrième effort.

« The Dissolution And Eternal Ecstasy In The Embrace Of Satan » est le morceau qui fait définitivement basculer Apocatastase dans l’univers de Corpus Diavolis. On passe d’un black-metal relativement standard à un black incantatoire ; profond ; malade ; malsain. Le rythme se fait plus haletant, la voix ne fait qu’un avec la musique. Satan est au centre de tout. Mieux encore, l’ ombre d’Inquisition plane sur ces sept minutes et quarante-sept secondes. On a vu pire comme référence.

La suite est du même tonneau. Le vicieux « The pillar of the snake » se fait grandiloquent tandis que « Triumphant black flame » se noie dans une noirceur opaque. C’est impeccable de bout en bout.

« At The Altar Of Infinite Night » est la parfaite conclusion à Apocatastase : une célébration rituelle qui ne laisse que peu d’espoir de revoir un jour la lumière. Corpus Diavoli s’enfonce avec son auditoire dans les ténèbres pour ne plus en sortir.

Espérons qu’Apocatastase apporte gloire et fortune à Corvus Diavolis. Ou en tous cas la reconnaissance que cette formation mérite plus que jamais. Il s’agit, en tous cas, de la révélation black de l’année.

Nico (666/10)

Site Officiel : https://corpusdiavolis.bandcamp.com/

Les Acteurs de l’Ombre /2021

01. Apocatastase 02. Colludium 03. The Dissolution And Eternal Ecstasy In The Embrace Of Satan 04. The Pillar Of The Snake 05. Triumphant Black Flame 06. At The Altar Of Infinite Night

Avec son premier album, GastiR – Ghosts Invited , Gaahl a confirmé qu’il pouvait exister par lui même en dehors de l’entité d’un groupe. Aux commandes de Gaahls Wyrd, le Norvégien est comme Diego : libre dans sa tête. Il n’a plus de compte à rendre et fait ce que bon lui semble. Tant mieux pour lui et tant mieux pour nous ; la qualité étant jusqu’à maintenant présente. La suite de cet album acclamé se présente sous la forme d’un E.P de cinq titres : The humming mountain.

Alors que l’on s’attendait a un appendice logique de son prédécesseur, Kristian Eivind Espedal prend le parti de nous surprendre. « The seed », premier titre, nous envoûte par son ambiance doucereuse. La voix est chaude, profonde. Le morceau nous emporte vers les rives d’un dark-metal qui n’a plus grand-chose à voir avec le black originel. « The humming mountain » navigue dans les mêmes eaux quoique plus électrique. Une ambiance se pose et nous emporte vers ces montagnes bourdonnantes. Ces deux premiers morceaux sont comme un cocon, presque rassurant, dans lequel l’auditeur peut se réfugier. On y est bien et on y retourne bien volontiers. Les adeptes de son travail dans Wardruna y trouverons probablement leur compte.

La machine s’emballe avec le dyptique « The Dwell/Awakening Remains – Before Leaving » où l’on retrouve les repères auquel Gaahl nous avait habitué. Amples, violents et ambitieux, nous avons à faire à deux morceaux épiques qui emballent dès les premières secondes. C’est du tout bon, tout comme cette volonté de ne pas ajouter du chant hurlé.

L’affaire se conclut avec un « The sleep » retrouvant les calmes ambiances du début.

The humming mountain est unique. A l’image de Gaahl, personnage qui n’a pas fini de nous surprendre avec ses différents projets. De quoi sera faite la suite ? Nous ne le savons pas, mais une chose est certaine, nous l’attendrons avec une grande impatience.

Nico (9/10)

Site Officiel : https://gaahlswyrd.bandcamp.com/

Season Of Mist /2021

01. The Seed 02. The Humming Mountain 03. The Dwell 04. Awakening Remains – Before Leaving 05. The Sleep